L'Afrique du Nord romaine

Les mosaïques romaines de Gafsa : un héritage exceptionnel

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Gafsa, en Tunisie, une des villes les plus anciennes d’Afrique du Nord, était le centre d’une civilisation très ancienne : la civilisation capsienne. A l’époque romaine, elle s’appelait Capsa. Plusieurs des plus belles mosaïques d’Afrique romaine ont été retrouvées dans la région de Gafsa.

Mosaïque de Vénus à la pêche (Source : Zaher Kammoun)

Vénus, la déesse de l’amour et de la beauté dans la mythologie romaine, était particulièrement populaire dans l’art romano-africain. Plusieurs mosaïques de Vénus ont été découvertes en Tunisie, à Carthage, Hadrumetum (Sousse) et ailleurs. Celle-ci a été retrouvée dans la région du Talh, près d’El-Guettar, dans le gouvernorat de Gafsa. Elle date du 4° Siècle et représente Vénus à la pêche, entourée de deux Amours. Elle est conservée aujourd’hui au Musée archéologique de Gafsa.

Le photographe tunisien Zaher Kammoun a publié une série de photos consacrées à Vénus dans les mosaïques romano-africaines en Tunisie. Nous partageons ses photos ici avec sa permission.

Mosaïque du Talh, ou Mosaïque des Jeux athlétiques et de pugilat (Source : Zaher Kammoun)

Cette mosaïque, comme la précédente, a été retrouvée à Talh et date du 4° Siècle. Il s’agit d’une des plus grandes mosaïques d’Afrique du Nord, avec une surface de 24,3m. Elle représente les diverses activités sportives pratiquées à cette époque dans le monde romain, comme la course à pied, la lutte, le lancer de disque et le saut, avec la remise des prix aux vainqueurs des compétitions. Elle est également conservée au Musée archéologique de Gabès.

Zaher Kammoun a aussi publié une série de photos de cette mosaïque, avec le détail des compétitions et des cérémonies de remise des prix.

Mosaïque du cirque de Gafsa

Cette mosaïque, plus récente que les précédentes, n’est conservée qu’en partie. Découverte en 1888 à Gafsa, elle représente une course de chevaux. Elle est exceptionnelle en ce qu’elle représente également les spectateurs, de manière stylisée. Elle est conservée au Musée du Bardo, à Tunis.

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Les Impératrices nord-africaines

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Après la conquête romaine de l’Afrique du Nord, beaucoup de personnalités d’origine nord-africaine, issus de familles de l’élite amazighe romanisée, ont pris des responsabilités dans l’administration impériale. En plus des Empereurs d’origine africaine, dont nous avons déjà parlé, il y a eu également des Impératrices originaires d’Afrique du Nord, que nous découvrirons dans cet article.

Fulvia Plautilla : l’épouse de Caracalla

Buste de Fulvia Plautilla

Caracalla, le fils du premier Empereur nord-africain Septime Sévère, a d’abord régné avec son père, puis seul après la mort de son père.

En avril 202, alors que Caracalla a 14 ans, son père arrange son mariage avec Fulvia Plautilla. Le père de la nouvelle Impératrice, Caius Fulvius Plautianus, est préfet de la garde prétorienne. C’est un cousin et proche allié de Septime Sévère, originaire de Leptis Magna comme lui. Le mariage de sa fille avec le jeune Empereur est destiné à solidifier leur alliance.

Le mariage forcé de Caracalla et Fulvia Plautilla sera très malheureux : Caracalla méprise son épouse. L’historien latin Dion Cassius dit que la nouvelle Impératrice menait une vie de prodigalité, mais il s’agit probablement de propagande destinée à noircir son image. Des inscriptions sur des pièces de monnaie semblent indiquer qu’ils ont eu une fille, mais en réalité, leur mariage n’a probablement jamais été consommé.

En 205, Caius Fulvius Plautianus est exécuté pour trahison. Fulvia Plautilla est exilée en Sicile avec son frère. Après la mort de Septime Sévère, en 211, Caracalla les fait assassiner.

L’épouse de Macrin

Macrin, le préfet du prétoire de Caracalla, qui a régné brièvement après la mort de son maître, était originaire de Césarée (Cherchell). On ne sait presque rien de son épouse, appelée Nonia Celsa dans des sources tardives et peu fiables. Si ce nom est authentique, il pourrait indiquer qu’elle était d’origine africaine comme son mari : le nom Nonia était courant en Numidie et en Maurétanie, mais aussi en Espagne.

Les épouses d’Héliogabale

Julia Soaemias, la mère d’Héliogabale

Héliogabale est le fils de Julia Soaemias, une cousine de Caracalla. Après la mort de Caracalla, sa mère le porte au pouvoir en prétendant qu’il est le fils illégitime du défunt Empereur. La plupart des historiens modernes doutent que Caracalla était vraiment son père.

Héliogabale est d’origine syrienne : sa mère est issue de la famille royale d’Emèse (Homs). Afin de symboliser l’unité de l’Empire, il est encouragé à prendre une épouse issue des provinces occidentales. Deux de ses épouses sont parfois décrites comme d’origine nord-africaine, mais leur lien réel avec l’Afrique est ténu.

Julia Cornelia Paula

La première épouse d’Héliogabale, Julia Cornelia Paula, est issue d’une famille de la vieille noblesse romaine. On sait que sa famille possédait des terres en Afrique et que certains membres s’y sont installés. Rien n’indique cependant que Julia Cornelia Paula elle-même avait des liens avec l’Afrique.

En 220, Héliogabale a divorcé de Julia Cornelia Paula pour épouser Aquilia Severa. Ce mariage a provoqué un immense scandale à Rome : la nouvelle Impératrice est une prêtresse vestale ! Les vestales, gardiennes du feu sacré de la déesse Vesta, faisaient le vœu de rester toujours vierges. Les vestales qui perdaient leur virginité étaient enterrées vivantes. Selon certaines sources, Héliogabale aurait violé Aquilia Severa, avant de la contraindre à l’épouser pour échapper au châtiment qui l’attendait pour avoir perdu sa virginité. Pour Héliogabale, leur mariage symbolise l’union entre Elagabaal, un dieu syrien du soleil dont il était prêtre, et la déesse romaine Vesta : il espère ainsi pouvoir proclamer le culte d’Elagabaal comme nouveau culte officiel de l’Empire.

Annia Faustina

Sous la pression de son entourage, Héliogabale a divorcé d’Aquilia Severa après moins d’un an et épousé Annia Faustina, une veuve dont le premier mari, Pomponius Bassus, vient d’être exécuté pour trahison. Annia Faustina est une Impératrice bien plus acceptable pour l’élite romaine : elle est l’arrière-petite-fille de Marc-Aurèle et la descendante de l’ancienne dynastie impériale qui a précédé les Sévère. Sa mère avait un vaste domaine en Pisidie (Turquie actuelle), ou elle a grandi. Comme pour Julia Cornelia Paula, elle est parfois décrite comme d’origine africaine parce que des membres de sa famille possédaient des terres en Afrique, mais rien n’indique un lien plus profond.

Le mariage d’Héliogabale avec Annia Faustina est encore plus court que son précédent mariage : après quelques mois, Héliogabale divorce pour retourner avec Aquilia Severa, affirmant que leur divorce n’était pas valide. L’Empereur est assassiné peu après.

Héliogabale n’a jamais été proche d’aucune de ses épouses : il était homosexuel et avait une liaison avec son conducteur de chars.

Cornelia Supera : l’épouse d’Emilien

Pièce de monnaie à l’effigie de Cornelia Supera

Emilien est un militaire originaire de l’île de Djerba, qui a régné pendant trois mois en 253. Son épouse, Cornelia Supera, était également d’origine africaine. Ils se sont probablement mariés alors qu’Emilien vivait encore en Afrique.

L'Afrique du Nord romaine, Le christianisme en Afrique du Nord

Firmus de Thagaste : le droit d’asile en Afrique romaine

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Au 3° Siècle, l’évêque Firmus de Thagaste, en Numidie, a accueilli dans sa maison un homme recherché par l’Empereur romain Maximien. Lorsque l’Empereur a envoyé ses troupes pour l’arrêter, il a refusé de le leur livrer, malgré le risque pour lui-même. L’Empereur, impressionné par son courage, lui a accordé la grâce de cet homme. Cet épisode a inspiré le principe moderne de droit d’asile.

Firmus est le premier évêque connu de Thagaste (Souk Ahras), une ville de Numidie qui deviendra célèbre par la suite comme le lieu de naissance d’Augustin d’Hippone. Il a accueilli ce réfugié en 289, sous le règne de l’Empereur Maximien. A cette époque, le christianisme était probablement majoritaire dans une grande partie de l’Afrique romaine, mais le nouveau culte n’était pas reconnu et les chrétiens étaient encore régulièrement persécutés. Firmus lui-même est mort martyr plusieurs années après.

Voici comment Augustin d’Hippone raconte cet épisode : « Voilà ce que fit autrefois un évêque de Thagaste, Firmus de nom, plus ferme encore de volonté ; car les appariteurs lui ayant porté l’ordre de l’Empereur d’avoir à livrer un homme qu’ils cherchaient et qu’il cachait dans sa maison, où il s’était réfugié ; avec tout le soin dont il était capable, il répondit à ceux qui demandaient cet homme, qu’il ne pouvait ni mentir ni le leur livrer, et quelque torture qu’on lui fit subir (car les Empereurs n’étaient pas encore chrétiens), il persista dans sa résolution. Conduit ensuite devant l’Empereur, il lui parut si digne d’admiration qu’il en obtint sans peine la grâce de celui qu’il avait recueilli. »

On ne sait rien de plus sur l’identité de ce fugitif et les raisons pour lesquelles l’Empereur voulait le capturer. Le fait qu’il s’est réfugié chez un évêque montre qu’il était probablement chrétien, mais cela ne veut pas forcément dire qu’il était persécuté pour sa foi. Firmus s’inspire peut-être aussi d’une tradition d’asile dans le droit coutumier amazigh.

Au cours des siècles suivants, cet épisode a beaucoup inspiré la tradition chrétienne du droit d’asile, notamment pour l’inviolabilité des lieux de culte.

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Emilien : le dernier Empereur romain d’origine nord-africaine

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Après la conquête romaine de l’Afrique du Nord, beaucoup de personnalités d’origine nord-africaine, issus de familles de l’élite amazighe romanisée, ont pris des responsabilités dans l’administration impériale. Il y a même eu plusieurs Empereurs d’origine africaine. Dans cet article, nous découvrirons le dernier et le moins connu de ces Empereurs africains : Emilien, originaire de l’île de Djerba, qui a régné pendant trois mois en 253.

Contexte

Au cours du 3° Siècle, l’Empire romain a été ébranlé par la plus longue période de crise de son histoire. Une trentaine de prétendants au trône impérial se sont succédés en quelques décennies, la plupart n’ont régné que pendant quelques années, voire quelques mois, avant d’être tués par leur successeur. L’un d’eux était un militaire originaire de Djerba.

Origines d’Emilien

Pièce de monnaie à l’effigie d’Emilien

Marcus Aemilius Aemilianus est né en 207, sur l’île de Djerba. Il était d’origine maure, issu d’une famille qui avait obtenu la citoyenneté romaine vers la fin du 1° Siècle avant notre ère. Son épouse, Cornelia Supera, était également d’origine africaine. Ils se sont probablement mariés alors qu’Emilien vivait encore en Afrique.

Dans sa jeunesse, Emilien s’engage dans l’armée romaine, ce qui lui permet de quitter son Afrique natale. Pendant le règne de l’Empereur Trébonien Galle (251-253), il est envoyé dans les Balkans, pour commander une armée stationnée sur le Danube. Sa mission principale est de défendre les frontières romaines contre les attaques des Goths. Alors que l’Empereur est très impopulaire dans l’armée, Emilien ambitionne déjà de le renverser.

En 253, les Goths, menés par leur chef Cniva, envahissent le territoire romain. Emilien, qui commande les troupes romaines dans la région, les attaque par surprise et remporte une victoire éclatante, tuant la plupart des ennemis. Il est alors proclamé Empereur par ses troupes victorieuses, en juillet 253.

Règne d’Emilien

Pièce de monnaie à l’effigie de Cornelia Supera, l’Impératrice d’Emilien

Après sa proclamation comme Empereur, Emilien marche contre Rome à la tête de ses troupes, à la rencontre de l’Empereur légitime Trébonien Galle. Les armées des deux rivaux s’affrontent à une centaine de kilomètres de Rome. Emilien est victorieux. Trébonien Galle et son fils Volusianus s’enfuient, mais ils sont tués peu après par leurs propres gardes.

Emilien continue sa marche vers Rome. Lorsque le Sénat le reconnaît comme Empereur, il leur écrit une lettre dans laquelle il s’engage à confier l’administration de l’Empire au Sénat et à se consacrer à la lutte contre les ennemis de Rome, notamment les Goths et les Perses. Sa propagande impériale se concentre sur ses capacités militaires : il se présente comme l’homme qui a vaincu les Goths contre toute attente, le seul capable de restaurer la stabilité dans l’Empire.

Le règne d’Emilien sera cependant de courte durée. Un autre officier militaire, Valérien, le gouverneur des provinces du Rhin, marche contre lui à la tête d’une armée. D’après certaines sources, Trébonien Galle avait lui-même appelé Valérien à l’aide avant de mourir, tandis que d’autres sources affirment qu’il s’est mis en route après la victoire d’Emilien, pour lui contester le trône. Les troupes d’Emilien, craignant une guerre civile, se mutinent et tuent Emilien en septembre 253.

Par la suite

Pièce de monnaie à l’effigie de Valérien

Valérien, le successeur d’Emilien, est capturé en 260, lors d’une bataille contre les Perses, et termine sa vie comme prisonnier en Perse. Il n’aura jamais été à Rome pendant tout son règne. L’emprisonnement de l’Empereur est une humiliation pour les Romains.

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Carus, Carinus et Numérien : une dynastie impériale africaine ?

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Vers la fin du 3° Siècle, un officier militaire appelé Carus s’empare du trône impérial et lance une campagne militaire victorieuse contre l’Empire perse. Ses fils Carinus et Numérien règnent avec lui. Certaines sources décrivent cette dynastie impériale comme d’origine nord-africaine, mais les historiens modernes contestent cette origine. Dans cet article, nous découvrirons les raisons de cette confusion.

Buste de Carus

Contexte

Au cours du 3° Siècle, l’Empire romain a été ébranlé par la plus longue période de crise de son histoire. L’Empereur Aurélien (270-275) parvient à rétablir l’unité de l’Empire et une certaine stabilité pendant son règne, mais les guerres entre militaires rivaux reprennent après sa mort.

Règne de Carus

Pièce d’or à l’effigie de Carus

Marcus Aurelius Carus est le préfet du prétoire de l’Empereur Probus (276-282). Lorsque Probus est assassiné, l’armée choisit Carus pour lui succéder. Les sources divergent quant à son rôle dans la mort de Probus : certains affirment qu’il était à l’origine de son meurtre, d’autres qu’il était loyal à son prédécesseur et a accepté sa succession pour le venger.

Carus nomme ses fils Carinus et Numérien comme Césars (Empereurs auxiliaires). Début 283, il nomme Carinus, l’aîné, co-Empereur, et le charge de gouverner l’Empire en son absence. Il se met ensuite en route vers l’Orient, pour une campagne militaire contre l’ennemi mortel des Romains : les Perses. Son deuxième fils Numérien l’accompagne.

Pièce à l’effigie de Carinus

La campagne de Carus est un succès : l’Empereur perse Vahram II, affaibli par la rébellion de son frère Hormizd, ne peut défendre efficacement son territoire. Carus s’empare de Ctésiphon, la capitale de l’Empire perse, et avance au-delà du fleuve Tigre. Il s’agit de la première campagne romaine victorieuse contre les Perses depuis celle de Septime Sévère. Carus peut ainsi venger les défaites de ses prédécesseurs. Pour ses victoires, il reçoit le titre honorifique de Persicus Maximus.

Les conquêtes romaines sont interrompues par la mort subite de Carus, en juillet 283. Selon les sources officielles, sa tente a été frappée par un éclair pendant un orage. Pour certains de ses soldats, sa mort est un châtiment divin pour avoir outrepassé les frontières légitimes de son Empire. D’autres pensent que l’Empereur a été empoisonné, peut-être par son garde du corps, le futur Empereur Dioclétien. Le meurtre en pleine campagne d’un Empereur victorieux serait cependant surprenant.

Pièce à l’effigie de Numérien

Son fils Numérien, qui n’a pas les compétences militaires de son père, retire immédiatement les troupes romaines de Perse. Tous les territoires conquis sont perdus.

Pendant le voyage de retour, Numérien, malade, voyage dans un carrosse fermé. Son préfet du prétoire, Arrius Aper, commande ses troupes à sa place. Un jour, des soldats remarquent une forte odeur qui sort de son carrosse. Ils ouvrent le carrosse et découvrent le corps de Numérien, mort depuis plusieurs jours. Arrius Aper est accusé de l’avoir tué et caché sa mort. Dioclétien, le garde du corps de l’Empereur, tue Arrius Aper et est proclamé Empereur par les troupes. Il est possible que Dioclétien ait lui-même tué Numérien.

Carinus, resté à Rome pour régner en l’absence de son père, marche à la rencontre de Dioclétien pour l’affronter. Avant la bataille, ses troupes l’abandonnent et rejoignent le camp de Dioclétien. Carinus est tué et Dioclétien s’impose comme le seul Empereur.

Une dynastie africaine ?

Les sources les plus anciennes s’accordent toutes à dire que Carus est né à Narbo (Narbonne), au Sud de la Gaule, et a grandi à Rome.

Couverture d’une édition de l’Histoire Auguste

L’Histoire Auguste, une collection de biographies tardives d’Empereurs romains, qui date du 4° Siècle, affirme qu’il était plutôt d’origine illyrienne (Balkans). Le texte cite aussi un certain Fabius Cerilianus, un auteur inconnu par ailleurs, selon lequel « ses parents n’étaient point Pannoniens [la Pannonie est une région de l’Illyrie], mais Carthaginois ». (Source)

L’historien du 16° Siècle Joseph Scaliger a repris l’Histoire Auguste comme une source valide, affirmant que les autres sources se sont trompées et que « Narbo » est en fait la ville de Narona, en Dalmatie (Croatie actuelle). Scaliger ne se prononce pas sur l’idée que les parents de Carus étaient originaires de Carthage. D’autres historiens après lui, dont le classique Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain de l’historien britannique Edward Gibbon, ont repris sa version. (Source)

L’historiographie moderne a cependant démontré que l’Histoire Auguste n’est pas une source historique fiable. Les Illyriens avaient la réputation d’être de vaillants soldats, ce qui explique pourquoi une biographie romancée inventerait des origines illyriennes à Carus. De plus, les prédécesseurs immédiats de Carus étaient Illyriens, de même que Dioclétien et ses successeurs. En faisant de Carus un Illyrien, l’Histoire Auguste obtient donc une longue liste ininterrompue d’Empereurs illyriens.

Par conséquent, les historiens plus récents admettent que Carus est né à Narbo, en Gaule, et n’avait pas d’origines illyriennes ni africaines.

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Sabinianus : un prétendant au trône impérial d’origine nord-africaine

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Au 3° Siècle, l’Empire romain est passé par la plus longue période d’instabilité de son histoire : l’Anarchie militaire, marquée par les affrontements entre officiers militaires rivaux pour le pouvoir. En quelques décennies, une trentaine de prétendants au trône impérial se succèdent. En 240, alors que l’Empereur en place, Gordien III, n’a que 15 ans, le proconsul d’Afrique Sabinianus se révolte contre lui et se proclame Empereur à sa place. Dans cet article, nous découvrirons l’histoire peu connue de ce prétendant au trône d’origine africaine.

Contexte

Gordien III

En 238, après un soulèvement populaire en Afrique du Nord, le proconsul d’Afrique Gordien est proclamé Empereur à Carthage avec son fils Gordien II. L’Empereur déchu Maximin le Thrace fait alliance avec Capelianus, le gouverneur de Numidie, pour reconquérir son trône. Les troupes de Capelianus remportent une victoire contre celles de Gordien près de Carthage. Gordien II est tué au combat et son père se suicide. Peu après, le Sénat romain fait appel au petit-fils de Gordien pour devenir Empereur, sous le nom de Gordien III.

La rébellion de Sabinianus

Sabinianus, le successeur de Gordien comme proconsul d’Afrique, est issu d’une importante famille d’origine romano-africaine : il est originaire de la ville d’Acholla (Ras Botria, au Nord de Sfax). Les ruines d’Acholla, où Sabinianus est né, sont visibles sur la photo de couverture de cet article.

En 240, Sabinianus se proclame Empereur à la place de Gordien III. Basé à Carthage, il contrôle la province d’Afrique, mais il n’est pas reconnu ailleurs dans l’Empire. Sa rébellion sera de courte durée : il est rapidement éliminé par les fidèles de Gordien III.

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La dynastie des Gordien : une rébellion africaine

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Au 3° Siècle, l’Empire romain est passé par la plus longue période d’instabilité de son histoire : l’Anarchie militaire, marquée par les affrontements entre officiers militaires rivaux pour le pouvoir. En quelques décennies, une trentaine de prétendants au trône impérial se succèdent. En 238, l’année qui peut être considérée comme l’apogée de la crise, six Empereurs se sont succédés en un an ! Trois d’entre eux, sans être d’origine africaine, avaient des liens étroits avec l’Afrique et ont régné à Carthage.

Contexte

Maximin le Thrace

En 235, Sévère Alexandre, le dernier Empereur de la dynastie (d’origine africaine) des Sévère, est assassiné par ses troupes. Son assassinat marque le début de la période d’instabilité. L’armée choisit Maximin, un officier d’origine thrace, comme nouvel Empereur. Le Sénat confirme ce choix avec réticence, à cause des origines modestes de Maximin, le premier Empereur qui n’est pas issu de l’élite romaine. Pour consolider son pouvoir, Maximin commence par éliminer les fonctionnaires proches de son prédécesseur.

L’Afrique se révolte

Gordien I

Maximin s’avère être un Empereur très impopulaire. En 238, une révolte éclate en Afrique romaine, d’une ampleur telle que les propriétaires terriens arment même leurs ouvriers agricoles ! Les insurgés entrent à Thysdrus (El Jem), où ils tuent un fonctionnaire romain stationné dans la ville, puis proclament Gordien, le proconsul d’Afrique, Empereur à la place de Maximin. Gordien, âgé de 80 ans, commence par refuser à cause de son âge, mais accepte finalement, à condition que son fils, qui servait auparavant comme légat de son père à Thysdrus, soit co-Empereur avec lui. Ils règnent ensemble sous le nom de Gordien I et Gordien II et adoptent le cognomen (nom honorifique) Africanus.

Quelques jours après, Gordien entre à Carthage, avec le soutien de la population et des autorités locales. Il envoie des messagers au Sénat romain, qui le reconnaît comme Empereur à la place de Maximin.

Gordien II

Cependant, Capelianus, le gouverneur de Numidie, qui a des comptes à régler avec Gordien à cause d’un procès entre eux, fait alliance avec Maximin et envahit l’Afrique. Gordien II l’affronte près de Carthage, mais il est vaincu et tué. Ensuite, Gordien se suicide en se pendant avec sa ceinture. Les deux co-Empereurs n’ont régné que 22 jours.

Par la suite

Gordien III

L’échec de la rébellion en Afrique met le Sénat romain dans une position délicate : alors que Maximin se dirige vers Rome pour reprendre son trône, ils ne peuvent s’attendre à aucune clémence de sa part après avoir soutenu son rival. Alors, ils choisissent deux sénateurs, Pupien et Balbien, comme co-Empereurs. Ces deux hommes, issus de l’aristocratie, sont cependant honnis du peuple romain, qui proteste en jetant des pierres et des bâtons sur le cortège impérial. Sous la pression, ils font appel à Gordien III, le petit-fils de Gordien I et le neveu de Gordien II, pour régner avec eux.

En route pour Rome, Maximin assiège la ville d’Aquilée. Pendant le siège, ses troupes, qui manquent de nourriture, se mutinent et tuent Maximin. Pupien et Balbien sont tués peu de temps après par la garde prétorienne. Gordien III, le dernier Empereur survivant, règne seul.

Amphithéâtre d’El Jem, probablement construit par Gordien III

Gordien III est le plus jeune Empereur de l’histoire romaine : il n’a que 13 ans au début de son règne. A cause de son jeune âge, son trône est fragile. C’est probablement lui qui a fait construire l’amphithéâtre de Thysdrus (El Jem), le plus grand et le mieux conservé d’Afrique romaine. En 240, Sabinianus, le gouverneur d’Afrique romaine, se révolte contre lui et se proclame Empereur à Carthage, mais il est vaincu par le gouverneur de Maurétanie.

Gordien III est tué en 244, dans une bataille contre les Perses. Son successeur, Philippe l’Arabe (244-249), parvient à restaurer une certaine stabilité dans l’Empire, avant que la crise ne reprenne après sa mort.

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Bavares et Baquates : les rébellions amazighes du 3° Siècle

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Au cours du 3° Siècle, l’Empire romain a été ébranlé par la plus longue période de crise de son histoire, avec une longue série de guerres civiles, de tentatives de sécession et d’invasions étrangères. Les Amazighs de l’intérieur du continent africain, qui n’ont jamais accepté la domination romaine, en profitent pour se rebeller.

Contexte

A l’époque romaine, les grandes villes comme Carthage, Cirta (Constantine), Césarée (Cherchell) et Tingis (Tanger) étaient habitées par des populations aux origines mélangées, à la fois romaines et africaines. Les Amazighs romanisés des villes appréciaient les conforts liés à l’art de vivre romain et ont d’ailleurs acquis une forte influence dans l’administration impériale. En revanche, les Amazighs des régions rurales ont gardé leur mode de vie traditionnel et étaient hostiles à la domination romaine. Au 3° Siècle, lorsque le pouvoir romain était plus affaibli que jamais, ils ont saisi l’occasion pour se rebeller.

Inscription commémorant une victoire romaine contre les Bavares (Source)

A cette époque, deux confédérations de tribus amazighes dominent les régions rurales à l’intérieur des limes romaines. Les Bavares vivent en Maurétanie césarienne et sitifienne (Algérie actuelle) : le cœur de leur territoire est la Kabylie et il s’étend jusqu’à l’Ouarsenis et l’Oranais. L’historien français Gabriel Camps a suggéré que le terme « Berbère » ne vient pas de « barbare », comme couramment admis, mais des Bavares. Les Baquates, eux, sont situés en Maurétanie tingitane (Maroc actuel), dans la région de Taza et le Rif oriental. Les Baquates sont mentionnés dans des inscriptions dès le 2° Siècle, tandis que les Bavares apparaissent pour la première fois dans une inscription à Volubilis, qui commémore une rencontre entre un émissaire de l’Empereur Septime Sévère (222-235) et un « princeps gentis Bavarum et Baquatum » (prince des peuples Bavares et Baquates). Ces peuples sont parfois décrits comme nomades, d’autres fois comme montagnards sédentaires, ce qui semble indiquer qu’il y avait à la fois des tribus nomades et sédentaires. Le géographe romain Julius Honorius précise que le fleuve Malva (Moulouya) constituait la frontière entre le territoire bavare et baquate.

L’insurrection bavare

Carte de l’insurrection bavare (clic pour agrandir) (Source)

Les Bavares entrent en rébellion en 253 et affrontent les troupes romaines en Maurétanie. En 255, ils envahissent la Numidie. Ils attaquent Cuicul (Djemila), puis remontent le fleuve Ampsaga (Oued Rhumel), jusqu’à Milève (Mila), où ils sont battus et repoussés par le légat de Numidie Macrinus Decianus, en 259. Ces événements sont décrits dans une inscription retrouvée à Lambèse (Tazoult). Une autre inscription, retrouvée vers El-Mahdia dans la plaine de Setif, relate l’insurrection bavare en Maurétanie.

Inscription de Teniet el-Meksen (Source)

La défaite des Bavares en Numidie ne suffit pas à arrêter leur insurrection : en 260, le commandant romain d’Auzia (Sour el Ghozlane), qui avait capturé et exécuté le chef bavare Faraxen, est tué dans une embuscade. Une autre offensive a lieu un peu plus tard au col de Teniet el-Meksen, dans les Babors. Une inscription retrouvée sur le champ de bataille mentionne les trois « rois » qui ont mené cette bataille : Taganin, Masmul et Fahem. Le titre de « rois » indique qu’ils commandaient des troupes assez nombreuses.

Une nouvelle rébellion éclate entre 290 en 298, obligeant l’Empereur Maximien à venir lui-même en Maurétanie pour mener la campagne contre les insurgés.

Source

L’insurrection baquate

Autel de la paix de Volubilis, qui commémore l’accord de paix entre le chef baquate Ucmet et les Romains

Les Baquates ont causé beaucoup de problèmes aux Romains dès le 2° Siècle. Vers 117, après le meurtre du général romain d’origine maure Lucius Quietus, ils ont attaqué la ville romaine de Cartennae (Ténès). Vers 173, ils s’allient à la tribu voisine des Makanitai et détruisent ensemble une légion romaine près de Volubilis, poussant les Romains à construire de nouvelles murailles pour la ville. La paix est restaurée en 175, par un accord entre les Romains et le chef baquate Ucmet. Vers 180, le nouveau chef baquate devient citoyen romain.

Vers 235, les Baquates, mécontents de l’expansion du territoire de la ville romaine de Volubilis sur des terres qu’ils utilisaient auparavant comme pâturages, font alliance avec les Bavares. Inquiets, les Romains envoient deux légats pour les amener à rompre leur alliance. Une série de quatre colloques organisés entre 239 et 245 indique d’intenses négociations pour résoudre le problème par voie diplomatique, sans succès.

Ruines de Julia Valentia (Banasa), la première ville romaine conquise par les Baquates

Les Baquates entrent en rébellion en même temps que les Bavares. Vers 259, ils s’emparent de la ville romaine de Julia Valentia (Banasa), dans la plaine du Gharb. Un peu plus tard, ils prennent Thamusida (vers Kenitra).

La paix revient au cours de la décennie 270. Vers 277, les Romains accordent au chef baquate le statut de rex (roi). Un nouveau traité de paix, en 280, vise a établir une paix perpétuelle. Peu après, les Romains évacuent Volubilis. Les Baquates prennent le contrôle de la ville sans combats et récupèrent leurs terres.

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Après le 3° Siècle, l’Empire romain ne contrôle plus que les villes côtières d’Afrique du Nord, de Césarée (Cherchell) à Tingis (Tanger). Les tribus amazighes de l’intérieur jouissent d’une large autonomie, tout en reconnaissant symboliquement la souveraineté de l’Empereur romain. Volubilis, la capitale historique de la Maurétanie, est de nouveau une ville amazighe, tout en gardant ses infrastructures romaines.

Au 4° Siècle, les Bavares ont également participé à la révolte de Firmus.

L'Afrique du Nord romaine

L’Afrique romaine pendant la crise du 3° Siècle

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Au cours du 3° Siècle, l’Empire romain a été ébranlé par la plus longue période de crise de son histoire, avec une longue série de guerres civiles, de tentatives de sécession et d’invasions étrangères. Dans cet article, nous découvrirons l’impact de cette crise sur l’Afrique romaine.

La crise du 3° Siècle

La crise a été précipitée par la mort de Sévère Alexandre, le dernier Empereur de la dynastie (d’origine africaine) des Sévère, assassiné en 235 par ses propres troupes. Pendant les prochaines années, des officiers militaires rivaux se battent pour le trône : cette période est connue sous le nom d’Anarchie militaire. En même temps, Rome fait face à des révoltes de paysans dans les régions rurales (surtout en Gaule), à la migration en territoire romain de populations étrangères et à la menace croissante de l’Empire perse.

L’instabilité politique mène à une crise économique : la monnaie romaine est dévaluée, les routes sont mal entretenues, le commerce et la productivité s’effondrent. Entre 250 en 270, l’Empire est frappé aussi par une terrible épidémie : la peste de Cyprien, du nom de l’évêque de Carthage qui a écrit à son sujet. Au plus fort de l’épidémie, à Rome, 5000 personnes meurent tous les jours.

Monnaie à l’effigie d’Emilien

Au cours des décennies de crise, au moins une trentaine de prétendants au trône impérial se sont succédés et affrontés. La plupart n’ont régné que pendant quelques années, voire quelques mois, avant d’être tués par leur successeur. En 238, six Empereurs se sont succédés en un an, dont les trois Gordien, qui règnent à Carthage. L’Empire a retrouvé une certaine stabilité pendant le règne de Philippe l’Arabe (244-249), mais la crise a repris après sa mort. Un des Empereurs pendant cette période était un militaire d’origine nord-africaine : Emilien, né à Djerba, d’origine maure, qui a régné pendant trois mois, en 257, avant d’être tué par ses troupes, favorables à son rival Valérien.

Valérien, le successeur d’Emilien, est capturé en 260, lors d’une bataille contre les Perses, et termine sa vie comme prisonnier en Perse. Il n’aura jamais été à Rome pendant tout son règne. L’emprisonnement de l’Empereur est une humiliation pour les Romains. Avant son exil, Valérien avait lancé une féroce campagne de persécution contre les chrétiens de son Empire, au cours de laquelle l’évêque Cyprien de Carthage est mort en martyr. Les chrétiens voyaient sa capture par les Perses comme un jugement divin. Son fils Gallien, qui lui succède, accorde la liberté religieuse aux chrétiens.

L’Empire des Gaules et l’Empire palmyrénien

Après l’exil de Valérien, l’Empire sera même divisé. En 260, Postume, un général romain d’origine germaine, gouverneur de la Germanie romaine, prend le contrôle de la Gaule et de la Bretagne, où il établit l’Empire des Gaules. Il est tué en 269, mais son Empire perdure. En 270, Zénobie, la reine de Palmyre, d’origine arabe, conquiert la partie orientale de l’Empire : la Syrie, l’Anatolie et l’Egypte. Elle se présente comme la nouvelle Cléopâtre. Pendant ce temps, en Afrique, les Bavares, une confédération de tribus amazighes de Maurétanie, profitent de la crise pour se révolter contre les Romains.

L’Empereur Aurélien (270-275) parvient à rétablir l’unité de l’Empire, en reprenant le contrôle de l’Empire des Gaules, puis de l’Empire palmyrénien. Il est cependant assassiné à son tour en 275, puis les guerres entre militaires rivaux reprennent.

Cette période d’anarchie prendra fin en 284, lorsque Dioclétien s’empare du trône impérial. Après avoir écarté tous ses rivaux, il entame une réforme profonde de l’administration impériale, destinée à restaurer la stabilité.

Conséquences

Après le 3° Siècle, l’Empire romain ne contrôle plus que les villes côtières d’Afrique du Nord, tandis que les tribus amazighes de l’intérieur jouissent d’une large autonomie, tout en reconnaissant symboliquement la souveraineté de l’Empereur romain.

L'Afrique du Nord romaine

Les conquêtes de Septime Sévère dans le Sahara

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L’Empire romain contrôlait tout le contour du bassin méditerranéen. En Afrique, il ne s’est jamais vraiment intéressé aux terres situées au-delà des côtes méditerranéennes, à l’intérieur du continent. Au début du 3° Siècle, l’Empereur Septime Sévère, qui était d’origine amazighe libyenne, a cependant brièvement conquis de nouveaux territoires, étendant sa domination sur certaines régions du Sahara.

Conquêtes de Septime Sévère dans le Sahara

Avant Septime Sévère

La frontière Sud de l’Afrique romaine était une des plus dangereuses de l’Empire, attaquée régulièrement par les tribus amazighes du Sahara. Les Romains ont même créé une province militaire spéciale dans le Sud de la Numidie, avec pour capitale Lambèse (Tazoult), afin de lutter contre ces insurrections.

En 19 avant notre ère, le proconsul d’Afrique Lucius Cornelius Balbus envahit l’oasis de Cydamus (Ghadamès), qui était auparavant habitée par les Garamantes. Depuis Cydamus, il lance une expédition d’exploration du Sahara, jusqu’au fleuve Niger. Avant Septime Sévère, le contrôle romain de Cydamus était limité.

Campagne africaine de Septime Sévère

Après sa victoire contre les Perses, Septime Sévère décide de sécuriser la frontière Sud de son Empire, dans son Afrique natale. Il commence par installer une garnison militaire à Cydamus, d’où il entame une campagne militaire contre les Garamantes. Il conquiert d’abord les villes garamantes de Garbia et Gholaia (Bu Njem), au Sud de Leptis Magna, dont il fait des camps militaires. En 202, il s’empare de Garama, la capitale des Garamantes, et prend le contrôle de leur territoire.

Septime Sévère élargit également le territoire de la Numidie romaine, en conquérant une grande partie du territoire des Gétules.

Après sa campagne africaine, Septime Sévère fortifie toute la frontière saharienne. Les tribus nomades du Sahara ne peuvent à présent plus s’attaquer à l’Afrique romaine, puis s’enfuir dans le désert.

Les conquêtes de Septime Sévère seront cependant éphémères : les Romains, peu habitués au climat désertique de ces régions, ne sauront pas les défendre. Les Garamantes reprendront vite le contrôle de tout leur territoire, y compris Cydamus.