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Les Byzantins en Afrique du Nord

Olbia : une ville libyenne reconstruite par les Byzantins

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Au 6° Siècle, Olbia, une ville de Cyrénaïque qui avait été détruite par les Vandales, a été reconstruite par les Byzantins comme une ville nouvelle. Le nom moderne d’Olbia est Qasr Libya, d’après le château qui y a été construit au début de l’ère islamique. De la ville byzantine, il ne reste que deux églises, dont l’une contient certaines des plus belles mosaïques au monde.

Fresque commémorant la refondation de la ville

L’ancienne ville d’Olbia a été fondée dans l’Antiquité, par les Grecs de Cyrénaïque. Elle était située entre Barca (Marj) et Balagrae (Bayda). Son nom grec, Ὄλβια, signifie « l’heureuse » ou « la prospère ». La ville existait encore à l’époque romaine : elle est mentionnée au 5° Siècle par Synesios de Cyrène.

Olbia a été détruite par les Vandales lorsqu’ils ont envahi l’Afrique du Nord. Ce qui en restait a ensuite subi les incursions des Laguatans, une tribu amazighe de Cyrénaïque. En 539, après la reconquête byzantine de l’Afrique du Nord, l’Impératrice Théodora a ordonné la reconstruction d’Olbia. La nouvelle ville a été appelée Théodorias, en l’honneur de sa fondatrice.

Aujourd’hui, ce site est connu sous le nom de Qasr Libya (قصر ليبيا), d’après le château (qasr) qui y a été construit au début de l’ère islamique. Libya est une déformation de son ancien nom, Olbia, qui correspond au nom du pays.

Les seuls vestiges de la ville byzantine qui demeurent intactes sont deux églises, dont l’une est intégrée au qasr. De l’autre, excavée dans les années 1950, il ne reste que le rez de chaussée ; mais elle contenait une cinquantaine de mosaïques considérées comme parmi les plus belles du monde, qui sont aujourd’hui exposées dans un musée. Ces mosaïques représentent la refondation de la ville, avec aussi des paysages naturels et des scènes mythologiques, le tout riche en symbologie chrétienne. Deux mosaïques mentionnent aussi les noms de deux évêques successifs de Théodorias, Macaire et Théodore.

Mosaïques byzantines d’Olbia (Source)
Les Grecs en Afrique du Nord

Eudoxe de Cyzique : un explorateur grec au service du roi Bocchus de Maurétanie

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Eudoxe de Cyzique est un explorateur grec du 2° Siècle avant notre ère, de la cour des Ptolémée d’Egypte. Il est connu surtout pour avoir été le premier à naviguer de la Mer Rouge jusqu’en Inde en traversant l’océan au lieu de longer les côtes de l’Arabie, grâce à sa maîtrise des vents de mousson. Vers la fin de sa vie, il a effectué un voyage d’exploration des côtes africaines, pour le compte du roi Bocchus de Maurétanie. Il est probablement mort pendant cette expédition, sans parvenir à son but : naviguer autour du continent africain.

Contexte

La route de la soie, entre l’Europe, l’Inde et la Chine

Les Grecs, surtout l’Egypte des Ptolémée, faisaient du commerce avec l’Inde, en quête d’épices et des autres richesses de l’Orient, notamment la soie, un tissu luxueux produit en Chine. Les commerçants grecs n’allaient cependant que rarement jusqu’en Inde : ils s’arrêtaient à mi-chemin, dans les villes portuaires d’Arabie comme Aden, au Yémen actuel, où ils échangeaient des marchandises avec des intermédiaires. A cause des moussons, ces dangereux vents tropicaux qui agitent l’Océan indien, leurs navires ne s’aventuraient pas à traverser l’océan, mais se contentaient de longer les côtes de la Péninsule arabique.

Eudoxe en Inde

Ruines de Cyzique, la ville natale d’Eudoxe

Eudoxe est né vers -150, à Cyzique, une ville grecque d’Asie mineure (Turquie actuelle). Vers -130, il a été envoyé en tant qu’émissaire de sa ville pour un festival religieux, à Alexandrie, à la cour du roi Ptolémée VIII Physcon. Les émissaires étaient généralement élus par leurs concitoyens, ce qui montre qu’Eudoxe était très respecté par les habitants de Cyzique. Il avait déjà une réputation de navigateur et espérait profiter de ce voyage en Egypte pour remonter le Nil.

Vers le même moment, un marin indien rescapé d’un naufrage dans la Mer rouge est arrivé à Alexandrie. Pour remercier les habitants de l’avoir sauvé, ce naufragé a proposé de guider les navigateurs grecs jusqu’en Inde. Eudoxe de Cyzique a été choisi pour mener cette expédition. D’après certaines sources, Ptolémée VIII a envoyé Eudoxe en Inde pour l’éloigner, parce qu’il était l’amant de la reine, mais il s’agit d’une légende beaucoup plus récente.

Nuages de mousson en Inde

Au cours des prochaines années, Eudoxe de Cyzique a navigué deux fois d’Egypte en Inde, en descendant la Mer rouge, puis en traversant l’Océan sans longer la côte de l’Arabie. Il est ainsi devenu le premier navigateur du monde occidental à naviguer les mers agitées par les redoutables vents de mousson.

Itinéraire possible d’Eudoxe de Cyzique

Pour son premier voyage, en -118, il était guidé par le marin indien naufragé. Il est revenu avec un chargement d’aromates et de pierres précieuses, qui a été saisi par Ptolémée VIII à son arrivée. Son deuxième voyage, en -116, peu après le décès de Ptolémée VIII, a été organisé par la reine Cléopâtre III. Cette fois, il a fait le trajet seul.

Un autre navigateur grec, Hippale, est mentionné dans certaines sources comme le premier à avoir introduit la connaissance des moussons dans le monde grec. Il pourrait s’agir du capitaine du navire d’Eudoxe.

Les voyages d’Eudoxe étaient souvent mis en doute dans l’Antiquité, mais aujourd’hui, les historiens modernes les considèrent comme très vraisemblables.

Le tour d’Afrique d’Eudoxe

Carte du monde selon Eratosthène
Navire phénicien à proue en tête de cheval

Pendant le retour de son deuxième voyage en Inde, des vents contraires ont fait dériver Eudoxe vers le Sud, le long des côtes africaines, jusqu’à la péninsule somalienne. Là, il a trouvé les restes d’un navire qui avait fait naufrage. Les populations locales lui ont dit que ce bateau était venu du Sud. En examinant les vestiges, notamment la figure de tête de cheval sur sa proue, il en a déduit qu’il s’agissait d’un navire phénicien, de la ville de Gadès, en Espagne, qui naviguait autour de l’Afrique lorsqu’il a fait naufrage.

Nékao II

Cette découverte a donné envie à Eudoxe de faire le tour de l’Afrique. Cet exploit avait déjà été accompli plusieurs siècles plus tôt, par une expédition de navigateurs phéniciens organisée par le Pharaon Nékao II, mais cette expédition était peu connue à cette époque. Eudoxe, influencé par les travaux du géographe Eratosthène de Cyrène, croyait probablement que le continent africain était bien plus petit qu’il ne l’est en réalité (voir carte ci-dessus).

L’itinéraire de Vasco de Gama (1497-1499) : le rêve d’Eudoxe ?

Il est possible qu’Eudoxe avait une ambition encore plus grandiose : naviguer jusqu’en Inde en contournant l’Afrique par le Sud, ce qui lui aurait permis d’échapper au contrôle des Ptolémée, qui confisquaient systématiquement sa cargaison lorsqu’il revenait d’Inde. Ce rêve ne serait accompli que plus de mille ans plus tard par les explorateurs portugais.

Bocchus de Maurétanie

Eudoxe est donc retourné à Cyzique, où il a vendu tous ses biens pour financer son expédition. Il s’est ensuite installé à Gadès, d’où il a embarqué pour son tour d’Afrique, en suivant l’itinéraire de Hannon le Navigateur. Il s’est arrêté en Maurétanie, pour solliciter le patronage du roi Bocchus (le beau-père de Jugurtha, qui l’a livré aux Romains). Bocchus a refusé de soutenir son expédition, obligeant Eudoxe à retourner à Gadès.

Peu après, Eudoxe s’est remis en route pour une nouvelle expédition. D’historien grec Posidonius, qui vivait à Gadès et relate les expéditions d’Eudoxe, n’a que très peu à dire sur cette deuxième tentative : il mentionne seulement qu’il n’était toujours pas revenu à Gadès vers l’an -100. L’auteur romain Pline l’Ancien écrit qu’Eudoxe a atteint son objectif, mais il est bien plus probable qu’il soit mort au cours de cette expédition.

Pour en savoir plus

Les Royaumes amazighs avant l'invasion romaine

L’euphorbe : une plante découverte par Juba II

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L’euphorbe est une plante originaire d’Afrique du Nord, des montagnes de l’Atlas. Connue depuis l’Antiquité, elle a été décrite par le roi de Maurétanie Juba II, qui lui a donné le nom d’Euphorbe, son médecin de cour. Dès cette époque, elle était employée en médecine, pour ses vertus laxatives. Encore aujourd’hui, les herboristes marocains vendent cette plante comme remède traditionnel.

Euphorbia resinifera, la plante découverte par Euphorbe

L’euphorbe résinifère, daghmouss en darija (ou zaqqoum, dans d’autres régions), tikiout (ⵜⵉⴽⵉⵡⵜ) en tamazight, est une plante qui pousse dans les montagnes de l’Atlas, surtout dans la région de Beni Mellal et d’Azilal, au Maroc. Un buisson d’euphorbe peut atteindre jusqu’à 1-1,5m de haut dans son milieu naturel. C’est une plante succulente, proche des cactus, dont la tige épaisse et charnue lui permet de retenir l’eau afin de survivre longtemps dans un climat aride. Au printemps, des fleurs jaunes poussent au bout des tiges.

Juba II

L’euphorbe est connue depuis l’Antiquité : elle aurait été étudiée par Euphorbe, le médecin de cour, d’origine grecque, du roi Juba II de Maurétanie, qui a découvert ses vertus médicales. Juba II a donné à cette plante le nom d’Euphorbia, en l’honneur de son médecin. Il a ensuite écrit un pamphlet sur cette plante, décrivant ses usages médicaux.

L’euphorbe produit un latex laiteux, qui irrite la peau et provoque des nausées, des vomissements et des diarrhées s’il est ingéré. Dans l’Antiquité, le latex d’euphorbe séché était employé en médecine, pour ses puissantes vertus laxatives. Il servait aussi comme remède contre les morsures de serpent.

Le composant chimique qui donne son effet au latex d’euphorbe a été identifié dans les années 1970 : il s’agit de la résinifératoxine, un analogue naturel de la capsaïcine. Ses applications médicales potentielles, notamment dans le traitement du cancer, sont encore à l’étude.

En médecine traditionnelle amazighe, l’euphorbe est utilisée jusqu’à aujourd’hui comme remède contre les « mauvaises maladies » (el mard echine). Le miel d’euphorbe, appelé daghmouss au Maroc, est également très populaire.

Les Byzantins en Afrique du Nord

Junillus Africanus : un Nord-Africain à Constantinople

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Après la reconquête byzantine de l’Afrique du Nord, beaucoup de jeunes Nord-Africains éduqués s’installent à Constantinople pour intégrer l’administration byzantine. Junillus Africanus, un juriste d’origine nord-africaine, est devenu le principal conseiller juridique de l’Empereur Justinien. En tant que questeur du palais, chargé de l’élaboration des lois, il était une des figures les plus influentes de l’Empire.

Pièce d’or à l’effigie de Junillus Africanus

Junillus Africanus est né en Afrique du Nord pendant la période vandale. Son lieu de naissance exact est inconnu. Il grandit dans un contexte marqué par les tensions entre la population autochtone nord-africaine, de langue latine et de religion chrétienne catholique, et les envahisseurs vandales qui veulent imposer leur doctrine arienne. Il connaissait Fulgence de Ruspe, ainsi que l’atteste la correspondance entre l’évêque et une femme de sa famille.

On ne sait rien de son éducation, mais il a probablement fait des études de droit et de rhétorique, peut-être à Carthage. Il était également très instruit en théologie chrétienne.

Après la reconquête byzantine de l’Afrique du Nord, il quitte sa région natale pour faire carrière à Constantinople. Dans la capitale impériale, il se fait connaître à l’Empereur Justinien, qui apprécie son talent. En même temps, il découvre la tradition chrétienne orientale, peu connue en Occident, qui lui permet d’approfondir sa propre pensée théologique. Il est particulièrement influencé par l’évêque et théologien Théodore de Mopsueste.

Insignes de la fonction de « questeur du palais sacré »

En 542, il est nommé « questeur du palais sacré », une fonction prestigieuse qui fait de lui le principal conseiller juridique de l’Empereur, chargé de l’élaboration des lois. Il exerce cette fonction jusqu’à sa mort en 549. Son mandat est marqué par des reconquêtes territoriales, d’importantes réformes administratives et des controverses religieuses, comme l’affaire des « Trois Chapitres ».

L’historien byzantin Procope de Césarée écrit que Junillus était très versé dans les lettres latines, mais qu’il parlait très mal le grec, la langue officielle de l’Empire byzantin, ce qui posait problème dans l’exercice de ses fonctions. Procope décrit aussi Junillus comme un homme cupide et corrompu, qui faisait commerce des décrets impériaux. Cette description n’est pas à prendre au premier degré : elle exprime davantage l’hostilité de l’élite byzantine à un nouveau venu d’origine provinciale que la réalité historique.

Malgré ses responsabilités, Junillus a gardé un grand intérêt pour la théologie. Il a même écrit un traité théologique, dédié à l’évêque Primase d’Hadrumetum (Sousse), qu’il a rencontré en 542, lors de la visite à Constantinople d’une délégation d’évêques nord-africains. Lors de cette rencontre, Primase, impressionné par sa maîtrise de la pensée chrétienne grecque, lui a demandé qui est, selon lui, le plus grand théologien oriental. Junillus Africanus a répondu qu’il s’agit de Paul le Perse, un théologien syriaque de l’école de Nisibe, installé à la cour de l’Empereur de Perse. Alors, Primase lui a demandé d’écrire un livre en latin pour faire connaître ce théologien en Occident.

Le traité théologique de Junillus est une traduction-adaptation de l’exégèse biblique de Paul le Perse. L’auteur explique qu’il a lui-même assisté à un cours remarquable de Paul le Perse sur l’Épître aux Romains et qu’il a soigneusement pris des notes, mais que sa charge de travail ne lui permet pas de les mettre en ordre. Il a probablement assisté à ce cours avant sa nomination en tant que questeur. L’ouvrage de Junillus, promu par la suite par Cassiodore, qui a rencontré Junillus à Constantinople, a beaucoup contribué à familiariser les théologiens occidentaux avec la pensée théologique orientale.

Les Byzantins en Afrique du Nord

Ananeosis : quand les Byzantins reconstruisent la Cyrénaïque

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Aux 4° et 5° Siècles, la Cyrénaïque a été ravagée par les attaques des Amazighs Laguatans, puis par les incursions vandales. Après la reconquête byzantine de l’Afrique romaine, l’Empereur byzantin Justinien lance une campagne de reconstruction des villes détruites, en construisant aussi de nouvelles fortifications pour les protéger. Ce programme est appelé Ananeosis (Ἀνανέωσις), ce qui signifie « renouveau » ou « renaissance ».

Fresque commémorant l’Ananeosis, à Olbia (Qasr Libya)
L’Impératrice Théodora
L’Empereur Justinien

Dès le début de son règne, en 527, Justinien veut reconstruire la Cyrénaïque. Il y a certainement été encouragé par son épouse, l’Impératrice Théodora, qui a vécu en Cyrénaïque avant leur mariage et est restée très attachée à la région.

Justinien commence par envoyer de nouvelles troupes en Cyrénaïque, soit pour soutenir les troupes byzantines qui continuaient à résister aux Laguatans, soit pour reconquérir les territoires perdus. Des garnisons militaires permanentes étaient à présent stationnées à Paraetonium (Marsa Matrouh) et à Antipyrgos (Tobrouk).

En 533, une révolte contre les Vandales éclate en Tripolitaine. Justinien envoie ses troupes basées en Cyrénaïque pour soutenir les insurgés. Quelques mois après, le général byzantin Bélisaire parvient à conquérir Carthage et à reprendre le contrôle de tous les territoires vandales en Afrique.

Forteresse byzantine d’Arsinoë (Source)

Le programme d’Ananeosis se poursuit en Cyrénaïque. Les Byzantins reconstruisent la ville de Ptolémaïs (Tolmeita), détruite par les Laguatans en 411, et restaurent Bérénice (Benghazi), ravagée par les Vandales. Ils construisent aussi une forteresse militaire à Arsinoë (Tocra), si solide qu’à l’époque de la conquête arabe, Apollonius, le dernier gouverneur byzantin de Cyrénaïque, viendra se réfugier ici.

Ruines de Boreum (Source)

En plus de la reconstruction des anciennes villes détruites, Justinien construit un nouveau port à Boreum (Bou Grada), à côté de la ville portuaire moderne de Marsa el-Brega. En plus des deux havres, plusieurs autres vestiges sont encore visibles aujourd’hui, notamment un mur entouré d’une douve, un quai, un tunnel allant de la citadelle au port oriental, des chambres taillées dans le roc et une grande structure, appelée « bastion » par les archéologues, dont on ignore à quoi elle servait.

Eglise byzantine de Naustathmus (Source)

Cette période sera également marquée par un renouveau religieux, avec la construction de deux monastères et de plusieurs nouvelles églises, notamment à Naustathmus (Ras al-Hilal) et à Erythron (El Athroun), près de Derna.

Le joyau de l’Ananeosis est certainement la ville nouvelle de Théodorias (Qasr Libya). Construite sur les ruines d’Olbia, une ancienne ville de Cyrénaïque détruite par les Vandales, elle est nommée Théodorias en l’honneur de sa fondatrice, l’Impératrice Théodora. Une église de la ville contient une cinquantaine de mosaïques, considérées comme parmi les plus belles du monde.

Mosaïques byzantines d’Olbia (Source)

Le programme de reconstruction s’étend aussi à la Tripolitaine. Les fortifications byzantines de Leptis Magna et de Sabratha sont encore visibles aujourd’hui.

Après la mort de Justinien, la Cyrénaïque a de nouveau été largement abandonnée par ses successeurs face aux attaques récurrentes de tribus amazighes. La région était en grande partie dépeuplée au moment des conquêtes arabes.

Source

Les Perses en Afrique du Nord

Sataspes : l’explorateur perse qui a tenté de naviguer autour de l’Afrique

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Au 5° Siècle avant notre ère, Sataspes, un noble de la cour de l’Empereur de Perse Xerxès I, a été chargé de naviguer tout autour du continent africain. Parti par les Colonnes d’Hercule, il est revenu sans avoir accompli sa mission et a été exécuté.

Modèle de navire perse (Source)

Sataspes était un noble perse, issu de la famille impériale : sa mère, Atossa, était la sœur de l’Empereur Darius I. Son nom signifie « cent chevaux ».

Xerxès I, l’Empereur qui a ordonné l’expédition de Sataspes

Pendant le règne de l’Empereur Xerxès I (486-465), Sataspes est condamné à mort pour avoir enlevé et violé la fille du général perse Mégabaze. Cependant, sa mère, la tante de l’Empereur, parvient à convaincre Xerxès d’épargner la vie de Sataspes. L’Empereur lui confie alors une mission : reproduire l’exploit du Pharaon Nékao II, plus d’un siècle plus tôt, en naviguant tout autour de l’Afrique. S’il échoue, sa condamnation à mort sera appliquée.

Pour son expédition, Sataspes recrute un équipage égyptien ; à cette époque, l’Egypte fait partie de l’Empire perse. Il se met en route vers les Colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar), dans la direction inverse de l’expédition du Pharaon Nékao.

L’expédition de Sataspes n’est cependant pas allée très loin : après quelque temps, il rebrousse chemin et remonte par les Colonnes d’Hercule. D’après l’historien grec Hérodote, au point le plus éloigné où il était parvenu, il a rencontré une « race de nains, qui portait une robe en palmier ». Il n’a probablement pas même dépassé le Sud du Maroc actuel.

L’échec de l’expédition de Sataspes s’explique par les courants marins violents sur les côtes ouest-africaines, qui l’auraient empêché d’avancer plus loin.

A son retour, Sataspes affirme qu’il n’a pas pu accomplir sa mission parce que son navire s’était arrêté et ne voulait pas naviguer plus loin. L’Empereur le fait empaler.

Les Byzantins en Afrique du Nord

Bélisaire : le général byzantin qui a reconquis l’Afrique du Nord

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En 533, l’Empire byzantin a envoyé une armée à Carthage, pour reconquérir l’Afrique du Nord, occupée par les Vandales depuis près d’un siècle. Dans cet article, nous découvrirons la vie de Bélisaire, le général byzantin qui a été l’artisan de cette reconquête.

Image de couverture : L’Empereur Justinien et sa cour – Fresque, Basilique Saint-Vital, Ravenne, Italie – Bélisaire apparaît à gauche de l’Empereur

Bélisaire et né vers 500, dans l’Empire byzantin, probablement en Bulgarie actuelle. On ne sait rien d’autre de ses origines. Dans sa jeunesse, il est devenu garde de Justinien, le neveu et fils adoptif de l’Empereur Justin I. Lorsque Justinien devient Empereur, Bélisaire est chargé de la formation d’un régiment militaire d’élite, qui deviendra le noyau de sa future armée. Il fait partie du cercle rapproché de l’Empereur.

Carte de la campagne de Bélisaire – Source – Clic pour agrandir

L’apogée de la carrière de Bélisaire viendra en 533, lorsqu’il est envoyé en Afrique du Nord, à la tête d’une troupe de 15 000 hommes, pour reconquérir la région occupée par les Vandales. Pendant cette campagne, Bélisaire impose une discipline très stricte à son armée, interdisant notamment la consommation d’alcool. En quelques mois, les hommes de Bélisaire prennent le contrôle de tous les territoires vandales, sans grande résistance. Procope, le secrétaire de Bélisaire pendant cette campagne, a écrit un récit historique détaillé des événements.

Territoires conquis par Bélisaire – Rouge : l’Empire byzantin à l’avènement de Justinien – Orange : l’Empire byzantin à la mort de Bélisaire et de Justinien

En récompense de sa victoire, Bélisaire est nommé consul. Son officier Salomon devient le premier gouverneur d’Afrique byzantine. Peu après le départ de Bélisaire, une révolte éclate en Afrique du Nord. Bélisaire reviendra brièvement dans la région, pour aider à combattre les insurgés. La suite de sa carrière est consacrée à la reconquête du Royaume Ostrogoth d’Italie. Grâce à ses campagnes, le territoire de l’Empire byzantin a presque doublé pendant sa vie.

Vers la fin de sa vie, Bélisaire est accusé de complot contre l’Empereur Justinien. Le juge chargé de son procès s’appelle Procope ; on ignore s’il s’agit de son ancien secrétaire ou d’un homonyme. Il est reconnu coupable et condamné, mais ensuite gracié par l’Empereur. Il meurt en mars 565, quelques mois avant Justinien.

Les Byzantins en Afrique du Nord

L’Impératrice Théodora : une Africaine de cœur

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Théodora, l’épouse de l’Empereur byzantin Justinien, a vécu en Afrique du Nord, à Cyrène, déjà avant de devenir Impératrice. Après la reconquête du Royaume vandale de Carthage par son mari, elle montre un grand intérêt pour cette région. Plusieurs villes nord-africaines ont été renommées en son honneur.

Origines

Théodora

La future Impératrice Théodora est née vers 495. Son lieu de naissance est incertain, mais elle a grandi à Constantinople. Elle est issue d’une famille modeste : son père est un gardien d’ours pour les Verts, une des principales factions de courses de chars de la ville, tandis que sa mère est danseuse. Après le décès de son père, sa mère est contrainte d’envoyer Théodora et ses sœurs mendier à l’Hippodrome lors des courses de chars.

A l’adolescence, Théodora commence à travailler comme actrice de théâtre. A cette époque, le métier d’actrice impliquait des performances érotiques sur scène, ainsi que des services sexuels aux spectateurs. D’après l’historien byzantin Procope, elle aurait joué une représentation pornographique, au cours de laquelle des oiseaux mangeaient des graines sur son corps nu. Procope donne une description très crue de sa vie sexuelle et écrit aussi qu’elle est tombée enceinte plusieurs fois et savait comment provoquer un avortement. Le récit de Procope est certainement exagéré, parce qu’il était choqué qu’une Impératrice puisse avoir un tel passé, mais il n’y a aucun doute qu’elle se prostituait.

Pendant ces années, Théodora a eu une fille, dont le père est inconnu.

Premier séjour en Afrique

Alors que Théodora avait environ 16 ans, son amant Hécébolos est nommé gouverneur de Cyrénaïque. Théodora le suit à Cyrène et découvre l’Afrique du Nord.

Leur relation ne durera pas : après une querelle en Afrique, ils se séparent. Théodora, privée de moyens de subsistance, part à Alexandrie.

D’après certaines sources, elle aurait rencontré l’évêque Timothée III d’Alexandrie et vécu une expérience de conversion religieuse à son contact. Timothée III est un partisan de la doctrine miaphysite, considérée comme hérétique par l’Eglise officielle.

Théodora retourne ensuite à Constantinople, où elle renonce à sa carrière d’actrice et adopte un train de vie modeste, travaillant comme fileuse de laine.

Théodora Impératrice

Justinien

De retour à Constantinople, Théodora rencontre Justinien, le fils de l’Empereur Justin I. Justinien souhaite épouser Théodora, mais la loi interdit à un homme de son rang d’épouser une actrice. L’Impératrice Euphémie est virulemment opposée à leur mariage. Après la mort d’Euphémie, Justin I a décrété une nouvelle loi autorisant les anciennes actrices à se marier en dehors de leur rang avec l’autorisation de l’Empereur, rendant possible le mariage de Justinien et de Théodora.

La même loi s’applique aussi aux enfants d’anciennes actrices, ce qui permet à la fille de Théodora d’épouser un membre de la famille impériale.

Justinien devient Empereur en 527, à la mort de son père. En tant qu’Impératrice, Théodora s’implique dans les affaires de l’Empire, conseille son mari et a une grande influence sur lui. Son caractère est décrit comme déterminé et vindicatif, mais profondément loyal. Elle est considérée comme l’Impératrice la plus influente de l’histoire byzantine.

Ensemble, Justinien et Théodora construisent un grand nombre d’églises à Constantinople, dont la plus connue est l’église Ste-Sophie. Leur règne est marqué par des tensions religieuses, entre partisans de la doctrine chalcédonienne officielle et miaphysites. Alors que Justinien soutient la doctrine officielle, Théodora soutient les miaphysites. La plupart des historiens modernes pensent cependant que leur opposition était seulement feinte, afin de pousser les deux factions à faire des compromis.

Théodora meurt en 548. Justinien règne encore plus de 15 ans après sa mort.

Théodora et l’Afrique

En 533, Justinien parvient à reconquérir les anciens territoires romains d’Afrique du Nord, occupés par les Vandales. L’Afrique byzantine devient un domaine privé de l’Empereur et de son Impératrice.

Fresque commémorant la refondation d’Olbia

En 539, Théodora ordonne la reconstruction d’Olbia (Qasr Libya), une ancienne ville de Cyrénaïque, détruite par les Vandales. La nouvelle ville est appelée Théodorias, en l’honneur de sa fondatrice. Une église de la ville contient une cinquantaine de mosaïques considérées comme parmi les plus belles du monde.

Une autre ville africaine, Cululis (Ain Jelloula), en Tunisie moderne, est également renommée Theodoriana en l’honneur de Théodora.

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El África gótica: los visigodos de España en Ceuta

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En el momento de la reconquista bizantina del norte de África, los visigodos de España aprovecharon la derrota de los vándalos para apoderarse del territorio africano situado frente a España, alrededor de Ceuta. Ocuparon Ceuta durante unos diez años, antes de ser expulsados por los bizantinos.

La península de Ceuta

Cuando los bizantinos atacan Cartago en 533, el rey vándalo Gelimer envía mensajeros a España para pedir ayuda a los visigodos. Cuando llegan a Toledo, la capital de los visigodos, Cartago ya ha caído. Teudis, el rey de los visigodos, ya está informado de la derrota de los vándalos, pero los mensajeros no saben nada. Teudis recibe cordialmente a los mensajeros y ofrece un banquete en su honor, pero cuando estos le piden que se alíe con ellos contra los bizantinos, se niega y los envía de regreso a su patria para obtener noticias. Los mensajeros regresan a Cartago sin saber que su rey ha sido derrotado y son asesinados por los bizantinos a su llegada.

Teudis aprovecha entonces la derrota de los vándalos para atravesar el estrecho de Gibraltar y apoderarse de la ciudad de Ceuta y de la región circundante. La ocupación visigoda de Ceuta es la única presencia duradera de los godos en el norte de África, aunque intentaron varias veces establecerse allí sin éxito.

En 542, los bizantinos sitian Ceuta por tierra y por mar. Los visigodos envían un ejército para socorrer la ciudad, pero fracasan. Según el obispo Isidoro de Sevilla, los ocupantes visigodos se negaban a luchar durante el día del sábado, lo que permitió a los bizantinos atacarlos y masacrarlos hasta el último hombre.