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A l’époque romaine, la région à l’Ouest de la Libye était connue sous le nom de Tripolitania, en référence à ses trois villes (tri polis), anciennes colonies phéniciennes annexées par Carthage, puis par les Romains. Sabratha, la plus occidentale de ces trois villes, a connu un essor considérable à l’époque romaine et contient certaines ruines romaines les plus spectaculaires en Libye. L’écrivain romano-africain Apulée a vécu à Sabratha.


Sabratha a été fondée au 6° Siècle avant notre ère, par des colons phéniciens, originaires de Tyr ou de Sidon. C’est la dernière des trois colonies phéniciennes dans la région à avoir été établie. Son nom est d’origine libyque et signifie « marché de grain ».
Vers 550, Sabratha, comme le reste de la région, est passée sous le contrôle de l’Empire carthaginois. Le mausolée de Bès est le seul vestige punique qui subsiste à Sabratha.
Après la Deuxième guerre punique, la région a été conquise par le roi Massinissa de Numidie. Alors que Leptis Magna et Oea (Tripoli) sont devenues des villes libres sous souveraineté romaine après la révolte de Jugurtha, Sabratha est restée numide encore un siècle. Le port de Sabratha servait de débouché commercial pour l’arrière-pays saharien du Royaume de Numidie.

Sabratha a été annexée par Rome après la guerre civile romaine du 1er Siècle. Elle faisait d’abord partie de la province d’Africa Nova, puis de l’Afrique proconsulaire. L’influence punique est cependant restée forte à Sabratha : la ville frappait encore des pièces de monnaie avec des inscriptions puniques pendant le règne de l’Empereur Auguste.

A l’époque romaine, l’Ouest de la Libye était d’abord connu sous le nom de Syrtica, en référence au Golfe de Syrte, puis sous le nom de Tripolitania, en référence à ses trois villes (tri polis) : Leptis Magna, Oea et Sabratha. Sabratha est devenue une colonie romaine vers 157, pendant le règne de l’Empereur Antonin. La Tripolitaine, qui faisait d’abord partie de la province d’Afrique proconsulaire, est devenue une province romaine à part entière pendant le règne de Septime Sévère, qui est né à Leptis Magna.

Sabratha a connu un développement spectaculaire pendant l’ère romaine, surtout sous la dynastie des Sévère. Sa taille a presque doublé. La ville contient de très beaux vestiges d’édifices romains, remarquablement bien conservés. Le principal est le théâtre, construit sous le règne de Septime Sévère ou de son prédécesseur Commode. Il y a aussi un forum, plusieurs temples, dont le Temple d’Hercule, construit par Commode, ainsi que des thermes romains qui donnent sur la mer. Enfin, plusieurs belles mosaïques ont été conservées.

Au 2° Siècle, l’écrivain romano-africain Apulée, l’auteur de L’Âne d’or, le premier roman en langue latine, a été jugé pour sorcellerie à Sabratha. La basilique de Sabratha, où le procès a eu lieu, a été nommée Basilique d’Apulée. Au 5° Siècle, elle a été transformée en église.

A l’époque romaine, la Tripolitaine est devenue une des régions les plus fortement chrétiennes de l’Empire romain. En 255, l’évêque d’Oea a participé à un concile régional organisé à Carthage et pris la parole au nom de ses collègues de Leptis Magna et Sabratha. Il y avait donc une communauté chrétienne à Sabratha à ce moment-là, avec un évêque, même si on ne connaît pas son nom. Plusieurs ruines d’églises sont encore visibles à Sabratha aujourd’hui.
Sabratha a subi d’importants dégâts lors du tsunami de 365. La ville a été en grande partie abandonnée à l’époque vandale. Elle a connu un certain renouveau pendant l’ère byzantine, mais après les conquêtes arabes, elle a beaucoup perdu en importance.
