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La domination romaine sur l’Afrique du Nord, qui a duré plus de quatre siècles, s’est finalement effondrée lorsque les Vandales, un peuple d’origine germanique, ont envahi la région. Les Vandales ont fondé un nouveau Royaume, avec pour capitale Carthage.
Image de couverture : ruines de la forteresse vandale de Henchir et Gousset, Zaher Kammoun. Employé avec permission
L’invasion vandale

Au début du 4° Siècle, l’Empire romain fait face à la menace de tribus germaniques, originaires d’Allemagne actuelle, qui envahissent son territoire et pillent ses villes. Une de ces tribus, les Vandales, occupe l’Espagne depuis 409.
En 429, les Vandales traversent le détroit de Gibraltar, prennent Tingis (Tanger) et commencent leur conquête de l’Afrique du Nord. En moins d’un an, ils prennent le contrôle de toute la Maurétanie et s’attaquent à la Numidie. En 430, ils infligent une sévère défaite aux troupes romaines, menées par le général Boniface, lors de la bataille de Calama (Guelma). Ils assiègent ensuite Hippone (Annaba) et détruisent la ville ; l’évêque Augustin d’Hippone meurt pendant le siège. En 435, ils signent un traité de paix avec les Romains, en échange de la reconnaissance de leur souveraineté sur la Maurétanie et la Numidie.
En 439, les Vandales attaquent Carthage et prennent la ville sans résistance. En 442, ils étendent leur domination sur la Sicile, la Byzacène (Sud de la Tunisie) et la Tripolitaine ; la ville de Hadrumetum (Sousse) est renommée Hunericopolis en l’honneur de leur roi Hunéric.
Le Royaume vandale

Les Vandales établissent leur Royaume en Afrique du Nord, avec pour capitale Carthage. Leur premier roi est Genséric, l’artisan de la conquête de l’Afrique. Cinq autres rois lui succèderont sur le trône.
Les Vandales ne sont qu’une petite minorité dans leur Royaume : la grande majorité de la population est romaine et amazighe.
Alors qu’ils ont été présents dans la région pendant près d’un siècle, les Vandales n’ont laissé presque aucune trace. Une des rares forteresses vandales qui subsistent encore aujourd’hui est celle de Henchir el Gousset, près de Thélepte, dans le gouvernorat de Kasserine, en Tunisie (sur l’image de couverture de cet article).
Les Vandales sont réputés surtout pour avoir pillé et détruit un grand nombre de villes qu’ils ont conquises, au point où aujourd’hui, le terme de « vandalisme » est employé pour la destruction des biens d’autrui. La plupart des historiens modernes estiment cependant que cette réputation est exagérée.
Les Vandales sont de religion chrétienne, mais ils adhèrent à l’hérésie arienne. Les chrétiens nord-africains sont désemparés face à cette nouvelle doctrine, à laquelle ils n’ont encore jamais été confrontés : Augustin d’Hippone avait écrit un livre contre l’arianisme, mais rares étaient ceux qui comprenaient encore le latin assez bien pour le lire.

Les Vandales persécutent les chrétiens nord-africains, à la fois catholiques et donatistes. Après la conquête de Carthage, l’évêque Quodvultdeus (son nom signifie « ce que Dieu veut ») est exilé avec la plupart des autres évêques nord-africains. Ces évêques sont embarqués sur un vieux bateau sans voile ni rames, qui, heureusement, parvient à traverser la mer, jusqu’à Naples. Les évêques exilés s’installent en Italie. L’un d’entre eux, Gaudiose, deviendra évêque de Naples.

D’autres évêques, comme Fulgence de Ruspe (Henchir Sbia), restent et mènent la résistance à l’arianisme, parfois au prix de leur vie. L’évêque Victor de Vite (Beni Derraj) a écrit une chronique des persécutions à cette époque.
En revanche, les Vandales mènent une politique très favorable aux Juifs d’Afrique du Nord, qui jouissent d’une liberté religieuse sans précédent. D’après certaines sources, le roi vandale Genséric, après avoir pillé Rome en 455, a emporté avec lui à Carthage les ustensiles sacrés du Temple de Jérusalem qui se trouvaient dans le trésor de la ville. Après la reconquête de Carthage par les Byzantins, en 533, les Byzantins les ont faits transporter à Constantinople, d’où ils ont ensuite été renvoyés à Jérusalem.
Après la conquête vandale de Carthage, la ville est coupée du monde romain, ce qui provoque le soulèvement des commerçants carthaginois, menacés de ruine.

Vers la fin de la période vandale, leur Royaume connaîtra néanmoins une période de prospérité et de fleurissement culturel.
En 533, une armée byzantine de 15 000 hommes, menée par le général Bélisaire, débarque en Afrique du Nord. Les Byzantins prennent le contrôle de tous les territoires vandales en quelques mois, avec le soutien des tribus amazighes locales : c’est la fin du Royaume vandale de Carthage.

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