A partir du 1er Siècle, une nouvelle religion a commencé à se répandre rapidement dans tout l’Empire romain : le christianisme. L’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien. Dans cet article, nous découvrirons les principales églises et autres vestiges archéologiques chrétiens qui existent encore aujourd’hui en Libye.
Le site archéologique de Leptis Magna contient les vestiges d’une église paléochrétienne à trois nefs, très bien conservée. La Basilique sévérienne, un des édifices emblématiques de la ville, construite par Septime Sévère, a également été transformée en église à l’époque byzantine.
Les ruines de l’Eglise byzantine d’Oea (Tripoli) se trouvent près de l’ancienne Medina de Tripoli.
Basilique d’Apulée
La Basilique d’Apulée, à Sabratha, est l’ancienne basilique romaine (tribunal) de la ville, transformée en église en 440. Son nom vient de l’écrivain numide Apulée, l’auteur du roman L’Âne d’or, qui a été jugé pour des accusations de sorcellerie à Sabratha. Une autre église, la Basilique de Justinien, a été construite après la reconquête byzantine.
A Ghadamès, des tombes et des inscriptions chrétiennes ont été découvertes.
La vieille ville de Cyrène contient plusieurs églises, dont une, à trois nefs, est située juste à côté du Forum. L’église principale de Cyrène était cependant située à Apollonie, la ville portuaire.
Eglise fortifiée de Ptolémaïs
Ptolémaïs (Tolmeïta), la nouvelle capitale de la Cyrénaïque, contient également les ruines de plusieurs églises. La principale, l’Eglise fortifiée, est une des plus grandes églises chrétiennes d’Afrique du Nord. C’est ici que Synesios de Cyrène a servi comme évêque.
L’Asclépiéion de Balagrae (Al-Bayda), un important sanctuaire d’Eusculape, le dieu grec de la médecine, où les malades se rendaient en pèlerinage afin d’être guéris, a été transformé en église.
Eglise byzantine d’El Athroun
Deux autres belles églises byzantines, dans la région de Derna, sont celle d’Erythron (El Athroun), qui est particulièrement bien préservée, et celle de Naustathmus (Ras al-Hillal), sur l’image de couverture de cet article.
L’ancienne ville d’Olbia (Qasr Libya), reconstruite à l’époque byzantine, sur ordre de l’Impératrice Théodora, contient deux églises byzantines, avec une cinquantaine de mosaïques considérées comme parmi les plus belles du monde.
A partir du 1er Siècle, une nouvelle religion a commencé à se répandre rapidement dans tout l’Empire romain : le christianisme. L’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien. Dans cet article, nous découvrirons les principales églises et autres vestiges archéologiques chrétiens qui existent encore aujourd’hui en Tunisie.
La Basilique Damous el-Karita de Carthage est la plus ancienne et la plus grande église chrétienne de la capitale africaine. Elle est située au sein du site archéologique de Carthage, sur la colline de l’Odéon. Son nom arabe, Damous el-Karita (داموس الكريطة), est probablement une déformation du latin domus caritatis, « maison de charité ». L’historien et archéologue français Noël Duval décrit cette basilique comme un des « plus célèbres monuments paléochrétiens » d’Afrique du Nord, mais aussi l’un des « plus maltraités et mal connus », qui a été fouillé « incomplètement [et] dans des conditions désastreuses » (Noël Duval, Études d’architecture chrétienne nord-africaine). Pourtant, plusieurs épisodes fondamentaux de l’histoire de l’Eglise chrétienne ont eu lieu ici, notamment le Concile de Carthage III, en 397, qui a définitivement fixé le Canon des Ecritures chrétiennes (c’est-à-dire les livres considérés comme sacrés).
Basilique St-Cyprien
Trois autres importantes églises de Carthage sont la Basilique Saint-Cyprien, construite sur le lieu du martyre de l’évêque Cyprien de Carthage, la Basilique Majorum, détruite, mais reconstruite à l’identique en 1930, et la Basilique de Bir el-Knissia.
Le Musée du Bardo de Tunis contient une vaste collection de pièces paléochrétiennes, retrouvées à Carthage et dans toute la Tunisie. Une des principales est la Mosaïque de Daniel dans la fosse aux lions, sur l’image de couverture de cet article, un rare exemple d’art monumental chrétien africain.
Basilique de Henchir Rhira
Les vestiges archéologique chrétiens ne sont pas limités à la région de Carthage, ni même aux grandes villes ! Des églises ont été retrouvées même sur des sites ruraux isolés, comme la Basilique de Henchir Rhira, dans la région de Beja, dont les ruines sont impressionnantes malgré son isolement.
Eglise de Victoria, Dougga
A Dougga, l’Eglise de Victoria est l’unique monument chrétien qui a été découvert sur ce site jusqu’à présent. Construite sur un ancien cimetière païen, elle est située en dessous du Temple de Saturne.
Le site archéologique de Thuburbo Majus, près de Zaghouan, contient également une église chrétienne, construite sur les vestiges d’un ancien temple païen. Son baptistère en forme de croix est caractéristique du christianisme nord-africain.
Bon Berger, gravure chrétienne dans les catacombes de Sousse
A Sousse, les Catacombes du Bon Berger contiennent près de 15 000 sépultures chrétiennes, avec des gravures qui remontent à l’époque où les chrétiens pratiquaient leur foi dans la clandestinité.
A Bekalta, dans la région de Monastir, un magnifique baptistère orné de mosaïques a été retrouvé en 1993. Il est conservé aujourd’hui au Musée archéologique de Sousse, où il constitue une des pièces principales du département paléochrétien. Un autre baptistère, retrouvé dans l’Eglise du prêtre Félix, à Demna, près de Kelibia, est conservé au Musée du Bardo de Tunis.
Baptistères de Bekalta (droite) et de Kelibia (gauche)
La Basilique de Makhtar est l’ancienne basilique romaine (tribunal) de la ville, qui a été transformée en église. Les anciens édifices civils transformés en églises sont courants dans tout le monde romain ; l’église principale d’une ville romaine, siège de l’évêque, était appelée basilique, comme l’édifice civil.
Eglise vandale de Henchir el Gousset (Source : Zaher Kammoun)
Les Vandales sont un peuple d’origine germaine, qui ont dominé l’Afrique de 439 à 533. Ils étaient chrétiens, mais adhéraient à la doctrine arienne, considérée comme hérétique par l’Eglise autochtone nord-africaine. Le site de Henchir el Gousset, près de Thélepte, dans le gouvernorat de Kasserine, est la seule ville d’origine vandale qui existe encore aujourd’hui. Son église, inaugurée en 521, sous le roi vandale Thrasamund, est une des rares églises d’origine vandale en Afrique du Nord. Une autre église vandale est la Basilique d’Hildeguns, à Makhtar.
Basilique St-Pierre du Kef
La Basilique St-Pierre du Kef, appelée également Dar El Kous, est une église du 5° Siècle, à El Kef. Elle est dédiée à Saint-Pierre, un apôtre de Christ. Cette église ancienne est si remarquablement bien conservée qu’elle a été réutilisée comme lieu de culte à l’époque du protectorat français.
Eglise de Servus, donatiste, Sbeïtla
Les ruines de la ville antique de Sufetula (Sbeïtla) contiennent plusieurs églises : les Basiliques de Bellator, de Vitalis et des Saints Sylvain et Fortunat, l’Eglise de Servus (probablement donatiste) et la Chapelle de Jucundus.
Enfin, le site byzantin de Ammaedra (Haïdra), à la frontière tuniso-algérienne, contient plusieurs églises, dont la plus grande est la Basilique de Melleus.
Il y a encore bien d’autres sites, mais nous avons dû sélectionner les plus représentatifs pour ne pas surcharger cet article.
Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, l’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour le christianisme naissant. Trois des plus grandes figures chrétiennes de cette époque étaient nord-africaines. Dans cet article, nous découvrirons la vie de Tertullien de Carthage, le premier auteur chrétien en langue latine.
Quintus Septimius Florens Tertullianus est né vers 155, à Carthage. Son nomen (nom de famille) Septimius montre qu’il était issu de la gens Septimia, une influente famille africaine romanisée, ce qui veut dire qu’il était un parent éloigné de l’Empereur Septime Sévère. Son père était centurion dans l’armée romaine. Ses origines ethniques sont débattues : il se décrit lui-même comme « Punique parmi les Romains », mais beaucoup d’Amazighs de la région de Carthage avaient adopté la langue et la culture punique. En tout cas, si sa famille était romanisée et qu’il a fait des études latines, il n’était pas d’origine romaine.
Tertullien a étudié le droit romain à Carthage, pour devenir avocat et rhéteur. A cette époque, l’Afrique romaine était réputée pour ses grands rhéteurs.
Il se convertit au christianisme vers 197-198, autour de l’âge de 40 ans. On ne connaît pas les circonstances de sa conversion, mais la manière dont il l’évoque dans ses écrits montre qu’elle a été soudaine et radicale. Deux de ses livres sont adressés à sa femme, qui était également chrétienne, peut-être déjà avant lui.
Après sa conversion, il décide de mettre ses talents littéraires et rhétoriques au service de sa foi. Il a écrit plus d’une trentaine de livres, qui s’adressent à la fois à un public païen, afin de défendre le christianisme (Apologétique, Aux nations), et à un public chrétien, sur des questions doctrinales (Du baptême, De la prière) et morales (Des spectacles, De la pudeur), ainsi que des réfutations de diverses hérésies (Contre Marcion, Contre Valentinien). Ses écrits se caractérisent par leur style enflammé, qui témoigne de son caractère passionné. Il est le premier auteur chrétien de langue latine. Il est aussi le premier à avoir employé le terme « Trinité ».
Vers la fin de sa vie, Tertullien était séduit par le montanisme, un mouvement chrétien considéré par la suite comme hérétique. Ses ouvrages plus tardifs révèlent un rigorisme moral strict, caractéristique des montanistes. Il s’oppose notamment au remariage des veufs, qu’il considère comme un adultère envers le conjoint défunt. Plus surprenant : dans son livre Du voile des vierges, il fait référence au voile intégral, porté par les femmes arabes déjà à son époque, plusieurs siècles avant l’islam1. Loin de trouver cette coutume étrange, Tertullien l’admire et semble presque encourager les femmes chrétiennes à l’imiter ! Cet enseignement n’est évidemment pas du tout représentatif du christianisme de cette époque, l’opinion de Tertullien était très minoritaire.
« Les femmes de l’Arabie, toutes païennes qu’elles sont, vous serviront de juges ; elles qui, non contentes de se voiler la tête, se couvrent aussi le visage tout entier, de sorte que, ne laissant d’ouverture que pour un œil, elles aiment mieux renoncer à la moitié de la lumière, que de prostituer leur visage tout entier. Là, une femme aime mieux voir que d’être vue. Voilà pourquoi une reine de Rome [Messaline, la femme de l’Empereur Claude] les déclarait très-malheureuses, de pouvoir aimer plus qu’elles ne peuvent être aimées, quoiqu’il soit permis de dire qu’elles sont heureuses, en ce qu’elles sont exemptes d’un autre malheur plus commun, parce que les femmes d’ordinaire peuvent être aimées plus qu’elles ne sont capables d’aimer. La modestie, imposée par cette discipline païenne, est plus pure, et pour ainsi dire, plus barbare que la nôtre. » (Du voile des vierges, chapitre 17) ↩︎
Jules l’Africain est un militaire, diplomate et écrivain, originaire d’Afrique romaine et de religion chrétienne, qui a fait carrière dans l’administration de l’Empereur romain Septime Sévère et de ses successeurs. Alors qu’il a servi sous des Empereurs païens, ses qualités étaient si précieuses pour ses maîtres qu’il n’a jamais été inquiété pour sa foi.
Vie de Jules l’Africain
Portrait tardif de Jules l’Africain
Sextus Julius Africanus, plus connu sous le nom de Jules l’Africain, est né vers 160, à Aelia Capitolina, la nouvelle ville construite par les Romains sur le site de Jérusalem. A cette époque, les Romains, après avoir chassé les Juifs de Palestine, y installent de nouvelles populations venues de tout l’Empire. La famille de Jules l’Africain, originaire d’Afrique romaine, fait partie de cette migration.
Dans sa jeunesse, il s’engage dans l’armée romaine. En tant qu’officier militaire, il participe à la campagne de l’Empereur Septime Sévère contre les Perses. Cet Empereur, lui-même d’origine Africaine, veut promouvoir une nouvelle élite romano-africaine, dont Jules l’Africain fait partie.
A un moment donné de sa vie, on ne sait pas exactement quand, il se convertit au christianisme, une religion encore très minoritaire à cette époque. Après sa conversion, il est allé à Alexandrie, pour étudier à l’école théologique chrétienne de la ville. Jules l’Africain représente une nouvelle élite chrétienne, qui a reçu une excellente éducation et maîtrise parfaitement l’héritage culturel gréco-romain. Alors qu’il a servi sous des Empereurs réputés hostiles au christianisme, il n’a jamais été inquiété pour sa foi.
Le Royaume d’Osroène et ses voisins
En 212, le nouvel Empereur Caracalla lui confie la mission la plus importante de sa vie : il le nomme Ambassadeur auprès du Royaume d’Osroène. Le roi Abgar VIII d’Osroène vient de décéder et son fils Abgar IX, qui lui succède, a grandi comme otage à Rome. Le rôle de l’Ambassadeur romain était surtout de rendre compte à Rome de la loyauté du nouveau roi. Par ailleurs, depuis la conversion d’Abgar VIII, vers 200, l’Osroène est la première nation officiellement chrétienne de l’histoire, plus d’un siècle avant Rome, ce qui a certainement influencé le choix du chrétien Jules l’Africain comme Ambassadeur.
Son séjour à Edesse (Şanlıurfa, en Turquie actuelle), la capitale de l’Osroène, a permis à Jules l’Africain de s’adonner pleinement à sa passion : la recherche scientifique et littéraire. La ville était un important centre culturel syriaque, ainsi qu’un important centre théologique chrétien. Jules l’Africain a notamment rencontre Bardesane, le premier auteur connu en langue syriaque, qui a écrit des ouvrages philosophiques et historiques. Il a également voyagé plus loin, en Perse.
En 213, Abgar IX est convoqué à Rome et tué par Caracalla, ce qui permet à l’Empire romain d’annexer l’Osroène. Jules l’Africain s’installe en Palestine, où il se consacre à l’écriture.
Emmaüs-Nicopolis
Sa vie après son retour d’Edesse est peu connue. On ignore s’il a participé à la campagne militaire de Caracalla contre les Perses, en 218. Il a écrit une lettre au théologien chrétien Origène d’Alexandrie, dans laquelle il l’appelle « mon fils ». Il a dirigé une ambassade de citoyens de la ville d’Emmaüs, où il résidait, auprès de l’Empereur Héliogabale (218-222), pour demander la restauration de leur ville ; la ville sera effectivement restaurée et renommée Nicopolis. Une de ses œuvres, les Cestes, est dédiée à l’Empereur Sévère Alexandre (222-235). Sous son règne, il aurait ouvert une bibliothèque publique au Panthéon de Rome. Il est mort sous le règne de l’Empereur Gordien (238-244).
Son œuvre
Jules l’Africain parlait couramment grec, latin, punique, hébreu et syriaque. Il écrit en grec.
Son œuvre est essentiellement historique. Il a écrit une chronique de l’histoire du monde, depuis sa création. Il s’agit de la première chronique universelle, qui raconte l’histoire de tous les hommes, alors que les chroniqueurs plus anciens se concentrent sur un peuple particulier. Jules l’Africain est aussi le premier à avoir écrit l’histoire dans une perspective chrétienne. En cela, il a beaucoup influencé les historiens chrétiens après lui.
La chronique de Jules l’Africain contient notamment une liste des vainqueurs des Jeux Olympiques, sur une période de presque 1000 ans, de la Première (-776) à la 249° Olympiade (217). Il s’agit de la seule liste complète des vainqueurs des Jeux Olympiques qui ait été conservée.
Un autre ouvrage important sont ses Cestes, une sorte d’encyclopédie du savoir, dans des domaines allant de l’agriculture aux sciences naturelles et à la stratégie militaire. Dans cet ouvrage, les parties consacrées à l’art de la guerre sont particulièrement surprenantes : pour lui, la fin justifie les moyens, seule l’efficacité d’une tactique compte, non sa moralité. Il justifie l’emploi de méthodes comme l’empoisonnement des puits et la politique de la terre brûlée pour parvenir à la victoire. La violence des méthodes qu’il décrit est peut-être la raison pour laquelle les auteurs chrétiens ultérieurs, choqués par de tels propos, ne se sont pas beaucoup servis des Cestes.
La légende des Sept Dormants raconte l’histoire de sept saints qui se sont endormis dans une grotte, pour se réveiller plusieurs siècles plus tard. D’origine chrétienne, cette légende est mentionnée dans le Coran et se retrouve, avec des variantes, dans beaucoup de régions du monde. Elle est particulièrement populaire dans le Sud de la Tunisie, où une mosquée de la région de Tataouine est consacrée aux Sept Dormants.
Les Sept Dormants dans leur grotte
La version originale de la légende se déroule à Ephèse, en Turquie actuelle. A l’époque romaine, sept jeunes hommes chrétiens, persécutés pour leur foi, ont cherché refuge dans une grotte, où ils se sont endormis. Les autorités romaines ont fait sceller la grotte. Plusieurs siècles après, lorsque la grotte scellée a été rouverte, ils se sont réveillés. Entretemps, la société dans laquelle ils vivaient avait changé : l’Empire romain, qui les persécutait pour leur foi, était devenu chrétien. Ces jeunes hommes ont été miraculeusement préservés par Dieu afin d’être témoins du triomphe de leur foi.
Dans le Coran, les Sept Dormants sont appelés Ahl al-Kahf (أهل الكهف), les gens de la caverne. La Sourate 18 La caverne (Al-Kahf الكهف) fait référence à leur histoire. Les Sept Dormants sont souvent présentés comme des saints universels, qui unissent des traditions religieuses différentes autour d’un idéal commun.
Mosquée des Sept Dormants de Chenini – photo prise par l’auteur lors de sa visite du site
Plusieurs sites dans le Sud tunisien sont consacrés aux Sept Dormants. Le plus connu est la Mosquée des Sept Dormants, à Chenini, dans la région de Tataouine. Cette mosquée, en partie souterraine, a été construite sur un sanctuaire plus ancien, excavé dans la montagne. Au pied de la mosquée, se trouvent une dizaine de tombes d’environ cinq mètres de long. L’origine de ces tombes géantes est inexpliquée jusqu’à aujourd’hui. D’après une légende locale, des chrétiens autochtones persécutés se sont endormis ici, puis ils se sont réveillés à l’ère islamique et convertis à l’islam, avant de mourir et d’être enterrés là. Pendant leur long sommeil, leurs corps ont continué à grandir, ce qui explique la taille des tombes. (Source)
D’autres sites se trouvent dans la région de Tozeur : à Taqyus (Degache), Mides et El-Ouidane. Il s’agit de sites très anciens, souvent autour de grottes ou de rochers, qui servaient de sanctuaires amazighs ou puniques et sur lesquels des temples romains, églises chrétiennes et mosquées islamiques ont ensuite été construits. Des rites traditionnels liés à ces sites semblent avoir une origine pré-islamique.
A partir du 1er Siècle, une nouvelle religion a commencé à se répandre rapidement dans tout l’Empire : le christianisme. L’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien. Dans cet article, nous découvrirons l’essor du christianisme dans les différentes provinces romaines d’Afrique du Nord.
Afrique proconsulaire
Bon Berger, gravure chrétienne dans les catacombes de Hadrumetum (Sousse)
Au 3° Siècle, l’Eglise de Carthage a commencé à organiser des conciles régionaux, avec la participation des évêques d’autres villes d’Afrique romaine, pour discuter de questions qui concernaient toutes les églises. La liste des participants à ces conciles nous donne les noms des premiers évêques chrétiens d’Afrique du Nord.
Tripolitaine
Chaire de la basilique de Septime Sévère, transformée en église
Le christianisme s’est répandu en Tripolitaine depuis Carthage. L’évêque d’Oea (Tripoli) a participé à un concile régional organisé à Carthage en 255 et pris la parole au nom de ses collègues de Leptis Magna et Sabratha, ce qui montre qu’il y avait des communautés chrétiennes bien établies dans ces trois villes.
Vers le 6° Siècle, des prédicateurs chrétiens venus de Tripolitaine ont annoncé le message chrétien aux Garamantes du Fezzan, qui se sont convertis.
Après Carthage, Cirta (Constantine) était le principal centre chrétien d’Afrique romaine. Comme Carthage, la ville était probablement majoritairement chrétienne dès la fin du 3° Siècle. L’Eglise de Cirta a particulièrement souffert pendant la persécution de l’Empereur Dioclétien, au début du 4° Siècle.
Ruines de l’église d’Hippone
L’Eglise chrétienne d’Hippone a été fondée au milieu du 3° Siècle. Le premier évêque de la ville, Théogène, est mort martyr en 259. L’Eglise d’Hippone a gagné en influence au 4° Siècle, lorsqu’Augustin, la plus grande figure du christianisme nord-africain, est devenu évêque.
Il y avait aussi des communautés chrétiennes à Madaure (M’daourouch), Thagaste (Souk Ahras, la ville natale d’Augustin d’Hippone) et plus au Sud, à Théveste (Tebessa), Lambèse (Tazoult) et Thamugadi (Timgad).
Maurétanie
Basilique Sainte-Salsa de Tipaza
Le christianisme s’est répandu en Maurétanie césarienne au 3° Siècle, d’abord à Césarée (Cherchell) et Sitifis (Setif), puis dans les plus petites villes et les régions rurales. On a retrouvé des épitaphes chrétiennes à Auzia (Sour El Ghozlane), datant de 227, à Tipasa (238), à Lalla Maghnia (273) et dans la région d’Oran (302). (Source)
Les ruines de Lixus (vers Larache) contiennent la plus ancienne église au Maroc actuel
En Maurétanie tingitane, le plus ancien vestige archéologique d’une présence chrétienne est une poterie gravée d’une ancre, retrouvée à Souk El Arbaa, qui date du 3° Siècle : l’ancre est un symbole chrétien, qui représente l’assurance des croyants face aux tempêtes de la vie. (Source) On ne sait pas si le christianisme est d’abord arrivé par voie terrestre, depuis la Mauretanie césarienne, ou par la mer, via le port de Tingis (Tanger). En tout cas, le christianisme était particulièrement bien implanté dans les villes romanisées de Tingis et Lixus, les ruines de l’ancienne église de Lixus sont encore visibles aujourd’hui. Il y a également des inscriptions chrétiennes à Volubilis, qui montrent des liens avec la communauté chrétienne d’Oranie plutôt que de Tingis. (Source)
Sidi Yahya ben Younes : un saint chrétien à Oudja ? Sidi Yahya ben Younes est le saint patron de la ville de Oudja, à l’Est du Maroc. Son mausolée se trouve dans la ville, dans l’oasis de Sidi Yahya. D’après des légendes locales, Sidi Yahya ne serait autre que Saint Jean-Baptiste ! Ce prophète, le cousin et annonciateur de Jésus-Christ, est appelé Yahya ibn Zakaria dans le Coran. Après son exécution par le roi Hérode Antipas de Judée, il aurait été enterré à Oujda.
Les catacombes de Sousse, en Tunisie, sont des galeries souterraines qui, à l’ère romaine, servaient de lieu de réunion et de cimetière clandestin pour la communauté chrétienne de la ville. Les catacombes de Sousse, uniques en Afrique du Nord, contiennent près de 15 000 sépultures, avec des gravures qui remontent à l’époque où les chrétiens pratiquaient encore leur foi dans la clandestinité.
Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, le christianisme était une religion minoritaire et persécutée. La plupart des premiers chrétiens étaient issus des couches les plus pauvres de la société. Etant donné que leurs réunions étaient illégales, ils se retrouvaient dans les catacombes, des galeries souterraines creusées en dessous des villes romaines pour y enterrer les morts, afin de célébrer leur culte. Avec le temps, la communauté chrétienne a aussi pris l’habitude d’enterrer ses morts dans les catacombes où les chrétiens se réunissaient. Ces tombes chrétiennes sont recouvertes d’inscriptions et de gravures, un aperçu rare de l’expression artistique d’une communauté clandestine.
Bon Berger, gravure chrétienne dans les catacombes de Sousse
Les catacombes de Hadrumetum, l’ancienne ville de Sousse, s’étendent sur 5 kilomètres en dessous de la medina de Sousse. Les 240 galeries contiennent près de 15 000 sépultures. Les symboles et inscriptions gravés sur ces tombes peuvent être considérés comme les œuvres d’art chrétiennes les plus anciennes d’Afrique du Nord. La plupart de ces gravures sont conservées au Musée archéologique de Sousse.
Trois catacombes, sur les quatre existantes, ont été entièrement fouillées. Les plus connues, les catacombes du Bon Pasteur, s’étendent sur 1,6 kilomètres et contiennent 6000 sépultures, creusées dans les parois, sur plusieurs étages.
Longtemps perdues, les catacombes de Sousse ont été découvertes en 1888. Si elles étaient très bien conservées au moment de leur découverte, elles se sont rapidement dégradées après avoir été déterrées, sous l’effet des eaux de ruissellement.
Les catacombes du Bon Pasteur, les seules à avoir été ouvertes au public, ont été fermées il y a quelques années pour des travaux de restauration. Les travaux ont été récemment terminés. On espère donc que les catacombes pourront bientôt à nouveau être visitées.
A partir du 1er Siècle, une nouvelle religion a commencé à se répandre rapidement dans tout l’Empire : le christianisme. L’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien. Carthage, la capitale de l’Afrique romaine, est devenue un centre chrétien particulièrement influent.
L’Eglise de Carthage a probablement été fondée depuis Rome. D’après la tradition chrétienne, le premier évêque de Carthage était Crispus, puis Epaïnète, deux croyants mentionnés dans les textes sacrés chrétiens comme membres de l’Eglise de Rome. Spératus, un des martyrs de Scillium (Kasserine), est parfois considéré comme un évêque de Carthage, mais ce n’est pas certain. Le premier évêque de Carthage officiellement documenté est Agrippinus, vers 240.
Tertullien
Tertullien, le premier auteur chrétien de langue latine, est né à Carthage vers 155, dans une famille amazighe romanisée. Il fait carrière en tant qu’avocat et rhéteur. Après sa conversion au christianisme, il décide de mettre son talent rhétorique au service de sa foi. Ses écrits passionnés défendent la foi chrétienne face aux attaques de ses contemporains.
L’évêque de Carthage le plus influent est Cyprien. Né vers 210, dans une riche famille païenne, il fait des études de droit et devient avocat. Il se convertit au christianisme vers l’âge de 35 ans, puis distribue ses biens aux pauvres, conformément à l’enseignement de l’Eglise pour les croyants riches. En 248, il est élu évêque de Carthage. Il a écrit plusieurs livres de doctrine chrétienne. Il meurt martyr en 258.
Augustin d’Hippone, le plus grand théologien de l’Eglise romano-africaine, a également vécu plusieurs années à Carthage.
Pendant l’épiscopat de Cyprien et de ses successeurs, l’Eglise de Carthage a commencé à exercer une forte influence sur les chrétiens de toute l’Afrique romaine, notamment grâce à l’organisation de conciles régionaux organisés à Carthage avec la participation des évêques d’autres villes de la région.
Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, l’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour le christianisme naissant. La première traduction de la Bible en latin, la langue officielle de l’Empire romain, a probablement été réalisée en Afrique du Nord.
Les premiers chrétiens lisaient la Bible en grec. Les Evangiles et les autres livres du Nouveau Testament ont été écrits en grec. Pour l’Ancien Testament, les chrétiens ont emprunté la Septante, la traduction grecque de la Bible hébraïque par la communauté juive alexandrine.
Le grec était parlé surtout dans les régions orientales de l’Empire romain, de la Grèce à la Syrie et à l’Egypte. A Rome et en Italie, si la langue courante était le latin, la plupart comprenaient le grec. Ce n’était pas le cas en Afrique du Nord et en Espagne, dont les habitants parlaient latin, en plus des langues locales. Les chrétiens de ces régions ont donc traduit la Bible en latin.
On sait assez peu de choses sur ces premières traductions latines de la Bible. Il n’y avait pas une seule traduction, mais plusieurs manuscrits traduits séparément dans différentes régions. La première mention d’une Bible latine vient de Tertullien de Carthage, au début du 3° Siècle, ce qui semble indiquer qu’elle a été traduite dans la région de Carthage.
A la fin du 4° Siècle, le théologien chrétien Jérôme de Stridon a traduit la Bible entière en latin. Contrairement aux traductions plus anciennes, Jérôme de Stridon ne s’est pas basé sur la Septante, mais sur le texte original hébreu de l’Ancien Testament. Sa traduction, appelée la Vulgate, s’est rapidement imposée comme la traduction officielle de l’Eglise latine. Les autres traductions ont perdu en importance à partir de là.
L’ensemble des manuscrits de la Bible latine, avant la Vulgate, sont appelés Vetus Latina (ancien latin). Le plus ancien manuscrit qui existe encore aujourd’hui date de 350.
Dans tout le monde romain, la croissance rapide du christianisme, avec ses dogmes radicalement nouveaux, suscitait beaucoup d’hostilité. Si l’Afrique du Nord était un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien, les persécutions aussi étaient particulièrement fortes dans la région. Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, un grand nombre de chrétiens nord-africains ont payé leur foi de leur vie.
Martyre de Perpétue et Félicité
Contexte
Pourquoi les autorités romaines persécutaient-elles les premiers chrétiens ?
La société romaine était polythéiste et assez tolérante en matière de religion : en plus de leurs propres dieux, les Romains « empruntaient » les divinités des peuples qu’ils avaient conquis. Le problème du christianisme était son exclusivité : les chrétiens irritaient leurs contemporains païens en proclamant que leur Dieu est le seul vrai Dieu et que tous les autres dieux ne sont que des idoles.
Un autre problème était le culte impérial : alors que l’Empereur était considéré comme divin, un intermédiaire entre les dieux et les hommes, les chrétiens (et les juifs) refusaient d’adorer un simple homme. Dans une société où les cérémonies et sacrifices en l’honneur de l’Empereur constituaient le socle de la vie civile, ne pas y participer était un crime à la fois politique et religieux. De plus, l’idée chrétienne d’égalité de tous les hommes devant Dieu était une menace pour l’ordre social antique.
Lorsque les autorités romaines arrêtaient des chrétiens, ils leur ordonnaient de renier leur foi en offrant un sacrifice à l’Empereur. Ceux qui refusaient pouvaient être exécutés pour rébellion contre l’Empereur. Les chrétiens n’avaient cependant pas peur de la mort : elle était l’accomplissement de leur espérance, leur entrée dans la vie éternelle.
Les premiers martyrs nord-africains
Les premiers martyrs chrétiens d’Afrique du Nord étaient un groupe de 12 croyants, qui ont été mis à mort à Scillium (Kasserine, en Tunisie actuelle) en l’an 180. Une lettre adressée à l’évêque Augustin d’Hippone, au 4° Siècle, mentionne quatre autres croyants qui seraient morts martyrs à Madaure (M’daourouch, en Algérie actuelle), vers la même époque. Cette source est cependant tardive et donc incertaine.
Les martyrs scillitains étaient sept hommes, appelés Spératus, Nartzalus, Cittinus, Veturius, Felix, Aquilinus et Laetantius, et cinq femmes : Januaria, Generosa, Vestia, Donata et Secunda. Leurs noms indiquent des origines à la fois amazighes, puniques et romaines, les trois principaux groupes qui composaient la société nord-africaine.
Le récit de leur martyre, qui peut être lu en ligne sur cette page, est le plus ancien texte chrétien nord-africain. Interrogés par les autorités civiles romaines, ce groupe de chrétiens, dont Spératus est le porte-parole, insistent qu’ils sont de bons citoyens, qui payent leurs impôts et ne font de tort à personne. Leur réponse au proconsul romain qui leur ordonne d’offrir un sacrifice à l’Empereur résume l’état d’esprit de tant d’autres martyrs chrétiens après eux : « Nous honorons César en tant que César, mais nous ne craignons que Dieu. » Face à leur refus, ils sont mis à mort.
Les martyrs de Carthage
Basilique Majorum de Carthage, où Perpétue et Félicité sont enterrées
Deux des martyrs les plus connus de tous sont Perpétue et son esclave Félicité, qui ont été tuées pour leur foi à Carthage, vers 203. Perpétue était une jeune femme noble de 22 ans, mère d’un enfant nouveau-né, tandis que Félicité était enceinte. On ne sait pas comment les deux jeunes femmes sont devenues chrétiennes, mais le récit de leur martyre montre clairement que, depuis qu’elles partageaient la même foi, elles ne se considéraient plus comme maîtresse et esclave, mais comme deux sœurs.
Le récit de leur martyre s’ouvre sur une visite du père de Perpétue, un notable de la ville, à sa fille emprisonnée, pour la supplier de renoncer à sa foi. Malgré les larmes de son père et son inquiétude pour le sort de son enfant, elle refuse de se laisser fléchir : sa foi en Christ est si forte que même la mort ne la séparera pas de lui.
Avant son exécution, elle a une vision dans laquelle elle se voit monter une échelle, au pied de laquelle se trouve un serpent. Le serpent ne lui fait aucun mal, elle arrive en haut de l’échelle et se retrouve dans un magnifique jardin. Elle comprend qu’elle devra mourir pour sa foi, mais qu’après sa mort, elle entrera au paradis.
Finalement, Perpétue et Félicité, avec d’autres croyants, sont dévorées par les animaux sauvages dans l’arène.
Autres martyrs nord-africains
L’évêque Cyprien de Carthage est mort martyr en 258, suivi de huit de ses disciples, Montanus, Lucius, Flavien, Julien, Victoricus, Primolus, Rhénus et Donatien.
Icône de Saint-Marcel et Saint-Cassien, Eglise orthodoxe russe de Rabat
Marcel était un centurion dans l’armée romaine, basé à Tingis (Tanger). En 298, il refuse de participer aux cérémonies organisées pour l’anniversaire de l’Empereur Maximien, à cause de sa foi chrétienne. Jugé par un tribunal militaire, il est condamné à mort et décapité. Cassien, le greffier du tribunal, a été tellement impressionné par son courage qu’il s’est converti lors du procès, a refusé de mettre par écrit cette sentence injuste et a donc été exécuté avec Marcel.
Victor le Maure, un soldat chrétien originaire de Maurétanie, qui servait dans la garde prétorienne, est mort martyr en 304, à Milan, en Italie.
Basilique Sainte-Salsa de Tipaza
Plus tard au cours du 4° Siècle, Fabia Salsa, une jeune fille chrétienne de 14 ans, a été tuée pour sa foi à Tipasa, en Algérie actuelle. D’après la légende, ses parents païens l’ont amenée à une fête en l’honneur d’une divinité locale, représentée par un dragon en bronze. Furieuse à la vue de cette idolâtrie, elle a jeté la tête du dragon à la mer pendant la nuit. Le lendemain, elle a été lapidée et jetée à la mer, mais un marin gaulois qui passait par là a recueilli et enterré son corps. Cette légende est plus tardive, donc certainement moins historique que les récits de martyrs plus anciens, mais il n’y a aucun doute que cette jeune chrétienne a effectivement été tuée pour sa foi à Tipasa. La basilique Sainte-Salsa existe encore à Tipaza aujourd’hui.
Enfin, après la conquête vandale de l’Afrique du Nord, les Vandales, qui étaient de religion arienne, ont également persécuté les chrétiens nord-africains. Plusieurs centaines, dont beaucoup d’évêques, mais aussi des croyants ordinaires, ont été mis à mort pour leur foi. Une martyr de l’époque vandale, Olive, a donné son nom à la mosquée Zitouna de Tunis, construite sur son tombeau.
Le sang des martyrs : une semence
La fermeté dans la foi des martyrs chrétiens, qui étaient prêts à mourir plutôt que de renier Christ, impressionnait tous ceux qui les voyaient et gagnait de nouvelles âmes à leur foi. L’auteur chrétien Tertullien de Carthage l’exprimait ainsi : « Le sang des martyrs est la semence de l’Eglise. »