Les Amazighs, les premiers Nord-Africains

Gétules et Garamantes : les Amazighs du Sahara

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Les Amazighs du Sahara, contrairement à ceux des régions côtières, n’avaient que des contacts distants avec les autres civilisations méditerranéennes. Ils sont donc assez rarement mentionnés dans les sources historiques. Ils n’ont jamais été sous domination carthaginoise, ni romaine, ce qui leur a permis de garder une culture amazighe plus authentique. Les historiens antiques parlent de deux peuples : les Gétules, qui vivaient au-delà des montagnes de l’Atlas, au Sud de la Numidie ; et les Garamantes, dans le Fezzan, qui pourraient être les ancêtres des Touaregs actuels.

Les Gétules

D’après l’historien romain Strabon, les Gétules étaient le peuple le plus nombreux d’Afrique du Nord, mais aussi le moins connu. C’étaient des tribus nomades qui vivaient dans les régions semi-désertiques au Sud de l’Atlas, jusqu’au désert du Sahara. Leur région correspond au Sud de l’Algérie et de la Tunisie actuelles. Le climat très varié de leur territoire les a forcés à s’adapter à des conditions de vie très diverses. Ils vivaient de l’agriculture, de l’élevage et de la chasse, se vêtaient de peaux d’animaux et se nourrissaient surtout de viande et de lait. Leur animal emblématique était le lion de Gétulie.

Les Romains ont découvert les Gétules pendant la guerre de Jugurtha. Ce roi numide a recruté des régiments de cavalerie gétules comme forces auxiliaires dans son armée, qui étaient très craints des troupes romaines. Plus tard, à l’époque romaine, des tribus gétules se sont installées au Sud de la Maurétanie, au Maroc actuel, où ils se sont mélangés aux populations maures demeurées libres du joug romain. Les Gétules ont pris part à toutes les révoltes africaines contre Rome. La plus importante de ces révoltes, celle de Tacfarinas, en 17 de notre ère, a été menée par la tribu gétule des Musulames.

Les Garamantes

Un autre peuple amazigh du Sahara, les Garamantes, vivaient dans le Fezzan (Phazanie, pour les Grecs et les Romains), au Sud de la Libye. Ils sont apparus vers 1000 ans avant notre ère et leur civilisation est parvenue à son apogée vers le 2° Siècle de notre ère.

Ruines de Garama, capitale des Garamantes

Les Garamantes étaient de grands bâtisseurs, la première grande civilisation saharienne, qui ont développé une société urbaine en plein désert, avec un réseau de cités-Etats centré sur les oasis de Garama (Djerma, à 150km au Sud-Ouest de Sabha), leur capitale, et de Murzouq, plus au Sud. Pour alimenter en eau leurs villes, dans une région où il n’y avait aucun fleuve, ils ont construit un système d’irrigation souterrain très élaboré (qanat). Cette infrastructure leur a permis de pratiquer l’agriculture au coeur du Sahara ! À son apogée, les Garamantes étaient la civilisation saharienne la plus riche de l’Antiquité.

Les Garamantes comme les Gétules étaient de grands éleveurs de chevaux. D’après l’historien grec Hérodote, ce sont les Garamantes qui ont appris aux Crétois à se servir de chars à chevaux.

Les Garamantes étaient aussi des acteurs importants du commerce d’esclaves, qui menaient des raids au Sud du Sahara pour capturer des esclaves, qu’ils vendaient ensuite en Libye méditerranéenne.

Conquêtes de Septime Sévère

En 202, l’Empereur romain Septime Sévère s’empare de Garama, mais la domination romaine sur la région demeurera faible et ne durera pas longtemps.

Les Garamantes se sont convertis au christianisme vers le 6° Siècle, sous l’influence de prédicateurs venus de Tripolitaine.

La civilisation garamante a entamé un long déclin à partir du 4° Siècle, à cause du changement climatique et de l’épuisement des ressources en eau. Elle semble avoir disparu avant les conquêtes arabes. Certains spécialistes pensent cependant que les Garamantes sont les ancêtres des Touaregs, ce peuple nomade amazigh qui vit aujourd’hui dans le désert du Sahara.

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