L'Afrique du Nord romaine, Les Amazighs, les premiers Nord-Africains

Ghadamès, la perle du désert : à la croisée des cultures

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La ville de Ghadamès, située à la frontière entre la Libye, l’Algérie et la Tunisie, a toujours été à la croisée des chemins entre les civilisations du bassin méditerranéen et du Sahara. Dans l’Antiquité, l’oasis de Ghadamès, habitée à l’origine par les Garamantes, était connue des Romains, qui l’appelaient Cydamus.

La vieille ville de Ghadamès

Ghadamès est une des plus anciennes villes pré-sahariennes : l’oasis est habitée depuis 6000 ans. Son emplacement, près d’un point d’eau au milieu du désert, en fait un endroit idéal pour s’installer. Le nom de Ghadamès vient probablement des Tidamendi, une tribu amazighe du Fezzan.

Les Romains ont découvert Ghadamès en 19 avant notre ère, lorsque le proconsul d’Afrique Lucius Cornelius Balbus a envahi l’oasis, qui était auparavant habitée par les Garamantes. Depuis Cydamus, Balbus a organisé une expédition d’exploration du Sahara, jusqu’au fleuve Niger. Le contrôle romain sur Cydamus était cependant limité avant le règne de Septime Sévère, le premier Empereur romain d’origine amazighe.

Système d’irrigation traditionnel

Au début du 2° Siècle, Septime Sévère a décidé de sécuriser la frontière Sud de son Empire, menacée par les attaques récurrentes de tribus amazighes du Sahara. Il a commencé par installer une garnison militaire à Cydamus, d’où il a lancé une campagne militaire contre les Garamantes. Il a conquis les villes garamantes de Garbia et Gholaia (Bu Njem), dont il fait des camps militaires. En 202, il s’est emparé de Garama, la capitale des Garamantes, et a pris le contrôle de leur territoire.

Les conquêtes de Septime Sévère seront cependant éphémères : les Romains, peu habitués au climat désertique de ces régions, ne savent pas les défendre. Les Garamantes reprendront vite le contrôle de tout leur territoire, y compris Cydamus.

Mausolée

Au 6° Siècle, les habitants de Cydamus se sont convertis au christianisme, sous l’influence de prédicateurs chrétiens venus de Tripolitaine. L’oasis, du fait de son isolement, est devenue un fief du mouvement donatiste.

Les Arabes, contrairement aux civilisations méditerranéennes qui ont dominé l’Afrique du Nord avant eux, n’avaient pas peur du désert. Après la conquête arabe, Ghadamès a été islamisée et est devenue un important centre du commerce transsaharien. Par la suite, la ville a fait partie du territoire de la tribu touarègue Kel Ajjer, basée à Ghat. Au 12° Siècle, des commerçants de Ghadamès ont participé à la fondation de Tombouctou, la plus importante cité caravanière du Sahara.

Aujourd’hui, la vieille ville de Ghadamès est classée patrimoine mondial de l’UNESCO.

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