Les Grecs en Afrique du Nord

Thibron le Spartiate : une révolte en Cyrénaïque après la mort d’Alexandre le Grand

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Pendant les années de chaos qui ont suivi la mort d’Alexandre le Grand et l’éclatement de son Empire, Thibron, un mercenaire originaire de Sparte, a mené une révolte en Cyrénaïque, profitant de l’insatisfaction d’un groupe de Cyrénéens en exil pour conquérir un Empire pour lui-même.

En 332, Alexandre le Grand s’empare de l’Egypte, où il fonde sa nouvelle capitale : Alexandrie. Les Grecs de Cyrénaïque, heureux de voir un roi grec qui aspire à réunir tous les Grecs, se soumettent à lui. L’Empire d’Alexandre le Grand était le plus grand Empire du monde antique ; mais il sera très éphémère : après sa mort, en 323, à seulement 32 ans, il est divisé entre ses généraux. Les cités grecques de Cyrénaïque réaffirment alors leur autonomie.

Harpale (image créée par ChatGPT)

Thibron est un mercenaire d’origine lacédémonienne, probablement de la ville de Sparte. Il commence sa carrière comme officier et confident de Harpale, un proche d’Alexandre le Grand, qu’il a choisi comme trésorier de son Empire. Peu avant la mort d’Alexandre le Grand, Harpale s’enfuit de Babylone à Athènes, puis en Crète, avec une grande somme d’argent qu’il a volée à son maître. Thibron, qui accompagne Harpale en Crète, l’assassine et s’empare de ses richesses, de son armée et de sa flotte. Il s’allie ensuite à des exilés cyrénéens en Crète et décide de profiter du vide de pouvoir laissé par la mort d’Alexandre le Grand pour conquérir la Cyrénaïque avec l’aide de ces alliés.

Thibron débarque en Cyrénaïque vers la fin de l’année 323. Une première victoire sur les Cyrénéens permet à Thibron de prendre le contrôle d’Apollonie, la ville portuaire de Cyrène. Fort de sa victoire, Thibron exige de Cyrène un tribut de 500 talents d’or, ainsi que la moitié des chars de guerre de la ville pour son armée.

Pièce de monnaie à l’effigie de Thibron

Les Cyrénéens commencent par accepter les conditions posées par Thibron, mais ils changent d’avis lorsque Mnasiclès, un officier de Thibron, déserte et rejoint leurs rangs avec ses troupes. Sous le commandement de Mnasiclès, Cyrène parvient à reprendre Apollonie. Thibron, lui, est soutenu par les villes de Euhespérides (Benghazi) et Barca (El-Marj) et a conquis Taucheira (Tocra).

Peu après la reconquête d’Apollonie, la flotte de Thibron est presque entièrement détruite par une tempête et beaucoup de ses hommes meurent noyés.

Pièce d’or à l’effigie d’Ophellas, en tant que gouverneur de Cyrène

Thibron, imperturbable, recrute des renforts dans le Péloponnèse, tandis que Cyrène reçoit le soutien des Amazighs libyens et de Carthage. Après une nouvelle victoire, Thibron assiège Cyrène. L’oligarchie cyrénéenne fait appel à Ptolémée I Soter, un général d’Alexandre le Grand qui règne sur l’Egypte depuis sa mort, pour venir délivrer la ville. Ptolémée envoie une grande armée contre Thibron, dirigée par Ophellas. Le peuple de Cyrène rejoint Thibron contre ce nouvel envahisseur. Malgré cela, Ophellas est victorieux.

Après sa défaite, Thibron s’enfuit, mais il est capturé par des Amazighs, qui le livrent au nouveau gouverneur de Taucheira nommé par Ophellas. Les citoyens de Taucheira le livrent à Cyrène et il est crucifié à Apollonie en 322.

La Cyrénaïque fait à présent partie de l’Empire des Ptolémée. Ophellas devient son premier gouverneur et gouverne avec une large autonomie.

Une dizaine d’années plus tard, Ophellas s’allie au roi Agathocle de Syracuse pour attaquer Carthage, devenant le premier à mener une armée à travers le désert de Libye centrale. Cependant, quelques jours après son arrivée à Carthage, Agathocle le fait tuer. Son successeur, Magas, établira un royaume indépendant de Cyrénaïque.

Les Grecs en Afrique du Nord, Les Perses en Afrique du Nord

Le feu sacré : une influence mazdéenne dans les temples grecs de Cyrénaïque pendant l’ère perse ?

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Au 5° Siècle avant notre ère, la Cyrénaïque est brièvement passée sous la domination de l’Empire perse. A partir de cette époque, des chercheurs ont noté une présence accrue, dans les temples grecs de Cyrène et des autres villes de la région, d’éléments cultuels nouveaux, liés au feu. Il pourrait s’agit d’une influence de cultes orientaux, peut-être du culte officiel de l’Empire perse.

Feu sacré dans un temple zoroastrien

Le mazdéisme, la religion officielle de l’Empire perse, était centré sur le culte du feu sacré, symbole de purification. Dans les temples du feu, un feu sacré brûlait en permanence. D’autres cultes du feu sacré existaient aussi dans d’autres régions de l’Orient. Une forme de cette religion, le zoroastrisme, inspiré de la prédication du prophète persan Zarathoustra, existe encore aujourd’hui en Iran.

Contrairement à l’Egypte voisine, la Cyrénaïque n’a pas été occupée par les Perses. Les rois de Cyrène ont continué à régner en tant que vassaux des Perses, qui exerçaient une domination politique et économique souple. L’élite grecque de Cyrénaïque avait probablement des liens avec la cour impériale perse et a pu être influencée par les pratiques religieuses perses. En même temps, des commerçants perses, peut-être même des prêtres, circulaient en Cyrénaïque via l’Egypte. Dans une région au carrefour des civilisations, qui a toujours été très ouverte à une diversité d’idées religieuses et philosophiques, les cultes orientaux du feu sacré ont facilement trouvé leur place.

Une présence mazdéenne en Cyrénaïque semble peu probable. Aucun temple du feu n’a été retrouvé à ce jour en Libye. Cependant, des recherches récentes ont montré qu’un certain nombre d’éléments cultuels liés au feu ou à la lumière sont apparus à cette époque. Le professeur Robert G. Goodchild, un des pionniers de l’archéologie en Cyrénaïque, note que des aménagements liés au feu rituel, comme des foyers ou des autels circulaires, dans certains sanctuaires, peuvent refléter des cultes à forte symbolique lumineuse ou purificatrice. (The Sanctuary of Apollo at Cyrene, revue Libyan Studies) À Apollonie, certains temples présentent même une architecture intérieure adaptée au maintien d’un feu continu. Ces usages cultuels du feu n’étaient pas courants dans la religion grecque classique. Il s’agit donc d’une influence syncrétiste de cultes orientaux, peut-être du mazdéisme de l’Empire perse, sur la religion traditionnelle grecque.

Carthage et l'Empire carthaginois, Les Grecs en Afrique du Nord

Agathocle de Syracuse : le tyran grec qui a assiégé Carthage

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Syracuse est une colonie grecque en Sicile, qui, au cours du 5° et du 4° Siècles avant notre ère, a mené plusieurs guerres contre Carthage et ses colonies siciliennes, pour le contrôle de l’île. Un siècle avant les guerres puniques, le tyran Agathocle de Syracuse a déjà essayé de conquérir Carthage et s’est emparé de plusieurs villes puniques de la région.

Villes occupées par Agathocle (en bleu) et par Eumachos (en vert)
Agathocle de Syracuse

Depuis le début du 5° Siècle, Syracuse est dirigée par des tyrans, des dirigeants autoritaires, contrairement à l’idéal démocratique grec. Agathocle a commencé sa carrière d’officier militaire en tant que partisan de la faction démocratique. D’origine modeste, il aime à se présenter comme un homme du peuple. Cependant, après avoir pris le pouvoir par un coup d’Etat en 317, il s’avère être encore plus tyrannique que ses prédécesseurs. Surtout, il mène une politique militaire très agressive : il ambitionne de suivre le modèle d’Alexandre le Grand en devenant le nouveau protecteur du monde grec contre les « barbares » – en l’occurrence, les Carthaginois.

Sitôt au pouvoir, Agathocle déclare la guerre à Carthage. En 311, il est vaincu par l’armée carthaginoise, qui assiège Syracuse. Il prend alors une mesure désespérée : avec les troupes qui lui restent dans la ville, il force le blocus carthaginois et envahit l’Afrique, afin d’attaquer Carthage elle-même. Il espère contraindre les troupes qui assiègent Syracuse à lever le siège pour revenir défendre leur patrie.

Pièce d’argent à l’effigie d’Agathocle de Syracuse

L’armée d’Agathocle débarque sur le Cap Bon en août 310. Agathocle remporte une première victoire, qui lui permet d’établir son camp près de Tunis. Il assiège Carthage, mais la ville est trop bien fortifiée pour qu’il puisse espérer la conquérir.

Agathocle décide alors de se tourner vers l’Est et de prendre le contrôle des villes puniques de la côte, comme Neapolis (Nabeul), Hadrumetum (Sousse) et Thapsus (Bekalta). Pour cette campagne, il fait alliance avec Aylimas, le roi des Numides Massyles et un ancêtre de Massinissa. Ensemble, ils occupent tout le Nord de la Tunisie actuelle. Ensuite, cependant, Agathocle, qui veut s’étendre vers l’intérieur des terres, tue son allié Aylimas, devenu un obstacle à son ambition, et prend le contrôle de l’armée numide et de ses chars de guerre.

Pièce d’or à l’effigie d’Ophellas de Cyrène

Après la rupture de son alliance avec Aylimas, Agathocle, en quête de nouveaux alliés, contacte Ophellas, un ancien officier d’Alexandre le Grand, devenu gouverneur de Cyrénaïque pour le compte de Ptolémée d’Alexandrie. Afin de convaincre Ophellas de l’aider à combattre les Carthaginois, il promet de lui céder tous les territoires conquis en Afrique, ne gardant pour lui que la Sicile. Ophellas lève une grande armée, puis marche vers l’Ouest pour rejoindre Agathocle à Carthage, devenant le premier à mener une armée à travers le désert de Libye centrale. Quelques jours après l’arrivée d’Ophellas, Agathocle le fait tuer. L’armée cyrénéenne, privée de commandant, rejoint Agathocle.

Les Carthaginois, calquant leur stratégie sur celle d’Agathocle, envoient une nouvelle armée contre Syracuse. Agathocle retourne en Sicile, laissant derrière lui en Afrique son lieutenant Eumachos, qui poursuit les conquêtes vers l’Ouest, jusqu’à Hippone (Annaba).

Pièce d’argent à l’effigie d’Agathocle de Syracuse

En 307, Agathocle revient en Afrique pour mener la conquête finale de Carthage. Face au mécontentement de ses hommes à cause de leurs soldes impayés, il leur promet un énorme butin en cas de victoire. Après une série de défaites, son armée l’abandonne et il est contraint de fuir en Sicile, abandonnant ses conquêtes en Afrique. L’année suivante, il signe un traité de paix avec les Carthaginois, qui leur permet de récupérer tout leur territoire.

Après sa campagne africaine, Agathocle se proclame roi de Sicile. Il consacre le reste de sa vie à imposer sa domination sur les villes grecques de l’île, puis sur la Magna Graecia, région du Sud de l’Italie où se trouvent beaucoup de colonies grecques. On raconte qu’au moment de sa mort, en 289, il préparait une nouvelle attaque contre Carthage.

Carthage et l'Empire carthaginois, Les Grecs en Afrique du Nord

Arae Philaenorum : la frontière entre la Tripolitaine et la Cyrénaïque

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Pendant l’Antiquité, le désert de Syrte constituait la frontière naturelle entre la Tripolitaine carthaginoise et la Cyrénaïque grecque. D’après une légende, afin de déterminer l’emplacement exact de la frontière, deux jeunes hommes, partis le même jour de Carthage et de Cyrène, ont voyagé à pied le long de la côte jusqu’à ce qu’ils se rencontrent. L’endroit où ils se sont rencontrés est devenu la frontière.

L’Arc des Philènes, en mars 1937

Lorsque les émissaires des deux villes se sont rencontrés, les Grecs ont accusé les Carthaginois d’avoir triché en partant en avance. Ils ont accepté de reconnaître leur lieu de rencontre comme point de frontière à condition que les Carthaginois soient enterrés vivants sur place. Les émissaires Carthaginois, deux frères, appelés les Philènes, ont accepté de se sacrifier pour leur patrie. Un monument en leur honneur a été érigé sur leur tombe.

L’historien romain Salluste fait le récit de cette légende dans sa Guerre de Jugurtha, au chapitre 79 :

Puisque les affaires de Leptis nous ont conduit dans ces contrées, il ne sera pas hors de propos de raconter un trait héroïque et admirable de deux Carthaginois : le lieu même nous y fait penser.

Dans le temps que les Carthaginois donnaient la loi à presque toute l’Afrique, les Cyrénéens n’étaient guère moins riches et moins puissants. Entre les deux États était une plaine sablonneuse, toute unie, sans fleuve ni montagne qui marquât leurs limites. De là une guerre longue et sanglante entre les deux peuples, qui, de part et d’autre, eurent des légions, ainsi que des flottes détruites et dispersées, et virent leurs forces sensiblement diminuées.

Les vaincus et les vainqueurs, également épuisés, craignant qu’un troisième peuple ne vînt les attaquer, convinrent, à la faveur d’une trêve, qu’à un jour déterminé des envoyés partiraient de chaque ville, et que le lieu où ils se rencontreraient deviendrait la limite des deux territoires. Deux frères nommés Philènes, que choisit Carthage, firent la route avec une grande célérité ; les Cyrénéens arrivèrent plus tard. Fut-ce par leur faute ou par quelque accident ? c’est ce que je ne saurais dire ; car, dans ces déserts, les voyageurs peuvent se voir arrêtés par les ouragans aussi bien qu’en pleine mer ; et, lorsqu’en ces lieux tout unis, dépourvus de végétation, un vent impétueux vient à souffler, les tourbillons de sable qu’il soulève remplissent la bouche et les yeux, et empêchent de voir et de continuer son chemin.

Les Cyrénéens, se trouvant ainsi devancés, craignent, à leur retour dans leur patrie, d’être punis du dommage qu’ils lui avaient fait encourir. Ils accusent les Carthaginois d’être partis de chez eux avant le temps prescrit ; ils soutiennent que la convention est nulle, et se montrent disposés à tout plutôt que de céder la victoire. Les Carthaginois consentent à de nouvelles conditions, pourvu qu’elles soient égales. Les Grecs leur laissent le choix ou d’être enterrés vifs à l’endroit qu’ils prétendaient fixer pour limites de leur pays, ou de laisser avancer leurs adversaires jusqu’où ils voudraient, sous la même condition. Les Philènes acceptent la proposition ; ils font à leur patrie le sacrifice de leurs personnes et de leur vie, et sont enterrés vifs. Les Carthaginois élevèrent sur le lieu même des autels aux frères Philènes, et leur décernèrent d’autres honneurs au sein de leur ville.

Le monument construit sur le tombeau des deux frères avait déjà disparu à l’époque romaine. Ce site est resté la frontière entre la Tripolitaine et la Cyrénaïque romaines, entre l’Empire romain d’Occident et d’Orient, puis entre la Tunisie ziride et l’Egypte fatimide. Pendant l’occupation italienne de la Libye, un nouveau monument, l’Arc des Philènes, a été construit, près de Ras Lanouf. Considéré comme un symbole colonial, il a été démoli en 1973.

Les Grecs en Afrique du Nord

Les grands esprits de Cyrène : Callimaque et Eratosthène

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Pendant l’ère hellénistique, Cyrène, la première colonie grecque en Libye, a donné naissance à des scientifiques et poètes prestigieux, qui ont contribué au rayonnement culturel du monde grec à cette époque. Dans cet article, nous découvrirons l’histoire de deux grands esprits grecs d’Afrique du Nord, originaires de Cyrène, qui ont fait carrière à Alexandrie : le poète Callimaque et le mathématicien Eratosthène.

Callimaque : le poète de la simplicité

Callimaque est né vers 310 avant notre ère, à Cyrène, dans une famille influente, qui descend de la dynastie des Battiades. Son grand-père, qui s’appelait également Callimaque, a été un général de Cyrène.

Dans sa jeunesse, il fait ses études à Alexandrie, la capitale de l’Egypte des Ptolémée et la ville la plus influente du monde grec à cette époque. Après avoir travaillé comme enseignant, il passe sous le patronage du roi Ptolémée II, qui veut promouvoir les arts et la culture dans son Royaume. Il travaille à la bibliothèque d’Alexandrie, dont il deviendra le directeur. Il meurt vers 240.

Callimaque a écrit plus de 800 œuvres, en vers et en prose, dont la plupart sont perdus. La plus célèbre est l’Aitia, un poème en quatre livres, qui s’intéresse aux origines de diverses coutumes humaines. Sa poésie favorise les thèmes simples, quotidiens, voire obscurs, sur les grand enjeux, et les textes courts, mais finement travaillées, sur les œuvres plus longues. Pour cette raison, il refuse d’écrire des épopées, le genre littéraire le plus en vogue à son époque. Son approche de la poésie marque une rupture fondamentale avec les poètes grecs plus anciens.

Dans le cadre de sa fonction de directeur de la bibliothèque d’Alexandrie, il a écrit aussi les Pinakes, un ouvrage bibliographique qui contient un court résumé de tous les manuscrits contenus dans la bibliothèque. Les Pinakes peuvent être considérés comme le premier catalogue littéraire de l’histoire.

Eratosthène : le fondateur de la géographie

Eratosthène est également né à Cyrène, en 276. Après avoir commencé ses études dans une école locale, il les poursuit à Athènes, où il devient disciple du philosophe Zénon de Kition, le fondateur du stoïcisme. Il étudie aussi à l’Académie platonicienne. Plus tard, il s’installe à Alexandrie, où il découvre la poésie sous la direction d’un autre Cyrénéen, Callimaque. Il succède à Callimaque comme directeur de la bibliothèque d’Alexandrie.

Eratosthène s’intéressera davantage aux mathématiques et aux sciences naturelles qu’à la poésie. Il est connu surtout pour avoir calculé la circonférence de la terre, avec une précision remarquable : son résultat est très proche de la circonférence terrestre que nous connaissons aujourd’hui.

A partir de là, Eratosthène est parti de ses connaissances sur la taille et la forme de la terre pour la décrire plus en détail, et même la représenter. Sa Géographie, en grande partie fondée sur les récits de voyage auxquels il avait accès dans la bibliothèque d’Alexandrie, contient la plus ancienne carte du monde connue. Il divise le monde en cinq zones climatiques : les deux pôles, deux zones tempérées et la zone intertropicale chaude, traversée par l’équateur. Il est considéré comme le fondateur de la géographie moderne.

Dans sa vieillesse, Eratosthène devient aveugle, ce qui l’empêche de poursuivre ses travaux. Déprimé, il se laisse mourir de faim. Il meurt en 194.

Les Grecs en Afrique du Nord

La philosophie cyrénaïque : une école philosophique nord-africaine

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Le philosophe Aristippe de Cyrène, à l’origine un disciple du grand philosophe athénien Socrate, a ensuite fondé sa propre école de philosophie, dans sa ville natale. Cette école philosophique, connue comme l’école cyrénaïque, enseignait que le seul bien auquel nous devons aspirer dans la vie est le plaisir.

Aristippe de Cyrène

Aristippe, le fondateur de cette école philosophique, est né à Cyrène, vers 435 avant notre ère. Venu en Grèce pour voir les Jeux Olympiques, il a rencontré Socrate à Athènes et est devenu son disciple. Sa philosophie s’est cependant rapidement éloignée de celle de Socrate, notamment à cause de son intérêt pour le plaisir. Alors, il est parti à Syracuse, où il a vécu une vie de luxe et de sensualité, à la cour du roi Denys de Syracuse. Plus tard, il est retourné à Cyrène, où il a fondé son école de philosophie.

La doctrine philosophique d’Aristippe est centrée sur la quête du plaisir : pour lui, le sens de la vie consiste à non seulement à éviter la souffrance, comme l’enseignent d’autres écoles philosophiques, mais à rechercher activement le plaisir, sous toutes ses formes, mais surtout le plaisir physique, considéré comme plus intense et durable. Il ne s’agit cependant pas d’un hédonisme sans morale : Aristippe reconnaît l’importance de respecter les conventions sociales et affirme qu’un comportement altruiste peut aussi être source de plaisir. Contrairement à Socrate, qui pense que le bien suprême est la vertu, tandis que le plaisir qu’on en tire n’est que secondaire, pour Aristippe, le plaisir doit être l’objectif premier, même d’un comportement vertueux. Aristippe insiste aussi sur l’importance de ne pas laisser l’objet de notre plaisir dominer nos sens, ce qui détruirait le plaisir qu’on en tire, mais de toujours demeurer maîtres de nous-mêmes, selon sa devise : « Je possède, je ne suis pas possédé. »

Aristippe était aussi le premier disciple de Socrate qui acceptait d’être payé pour ses leçons de philosophie, un choix que Socrate condamnait absolument. Pour cette raison, ainsi que pour sa doctrine, les autres disciples de Socrate l’ont beaucoup critiqué, l’accusant de trahir la pensée de leur maître.

Après la mort d’Aristippe, sa fille Arété lui a succédé à la tête de son école de philosophie. Son petit-fils, Aristippe le Jeune, a formalisé la doctrine philosophique cyrénaïque.

Aucun écrit des philosophes cyrénéens n’a été conservé, leur pensée est connue uniquement par d’autres auteurs plus tardifs.

La philosophie cyrénaïque est tombée en désuétude au 3° Siècle, supplantée par l’épicurisme, une autre doctrine philosophique également d’inspiration hédoniste.

L'Afrique du Nord romaine, Les Grecs en Afrique du Nord

La Cyrénaïque romaine

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Après la mort de Ptolémée Apion, le dernier roi de Cyrénaïque, la région passe sous contrôle romain. Elle fera partie de l’Empire romain, dès sa fondation.

Buste de l’Empereur Antonin, Cyrène romaine

Contexte

A l’époque hellénistique, de la mort d’Alexandre le Grand à l’avènement de l’Empire romain, la Cyrénaïque fait partie de la sphère d’influence de l’Egypte des Ptolémée. En 105, Ptolémée VIII Physcon établit son fils Ptolémée Apion comme roi de Cyrénaïque. Lorsque Ptolémée Apion meurt sans héritier, en 96, son Royaume est légué à la République romaine.

Débuts

Dans un premier temps, ce nouveau territoire est largement ignoré par les Romains.

A Cyrène, un tyran du nom de Nicocrate prend le pouvoir et brutalise la population. Son épouse Arétaphile, qu’il avait forcée à l’épouser après avoir tué son premier mari, complote pour le faire assassiner. Malheureusement, son frère Léandre, qui lui succède, s’avèrera aussi tyrannique que lui. Alors, Arétaphile fait appel à un prince libyen pour le renverser. L’historien grec Plutarque mentionne Arétaphile dans son ouvrage De la vertu des femmes, comme un modèle de femme vertueuse, qui aspire à libérer son peuple de la tyrannie. Elle semble avoir été l’objet d’un culte pour les femmes de cette époque.

Le général romain Lucullus visite Cyrène en 87, réprime la tyrannie et établit une nouvelle Constitution. Le premier gouverneur romain est envoyé à Cyrène en 74. Après l’annexion romaine de la Crète, en 67, la Cyrénaïque sera intégrée à la province romaine de Crète et Cyrénaïque. La capitale de la province est Gortyne, en Crète, mais la Cyrénaïque jouit d’une large autonomie, avec Cyrène comme principale ville.

Province romaine

Statue d’Apollon, Cyrène romaine

Au début de l’époque romaine, la ville de Cyrène a connu une nouvelle ère de prospérité, avec beaucoup de nouvelles constructions au cours du 1er Siècle. Les autres villes de Cyrénaïque en ont profité aussi.

Vers le milieu du 1er Siècle, l’administration romaine a lancé une vaste campagne de recouvrement de terres publiques autour de Cyrène qui avaient été accaparées illégalement par des personnes privées.

Cyrène, qui avait une large population juive depuis l’époque hellénistique, est également devenue un important centre chrétien. D’après la tradition chrétienne, Marc, l’auteur d’un des Evangiles, était originaire de Cyrène et a prêché le message chrétien dans la ville.

En 115-117, une importante révolte juive a lieu en Cyrénaïque, causant plus de 200 000 morts dans toute la région. Cyrène a été saccagée par les insurgés et presque tous les bâtiments ont été détruits. La reconstruction de la ville a pris plusieurs décennies.

En 131, Cyrène est devenue membre du Panhellenion, une alliance de villes grecques créée par l’Empereur romain Hadrien, un grand admirateur de la Grèce antique. D’autres villes grecque de Cyrénaïque ont voulu devenir membres du Panhellenion, mais Cyrène a bloqué leur entrée.

Maison de Jason Magnus

Vers la fin du 2° Siècle, la ville était de nouveau prospère. Plusieurs palais ont été construits à cette époque, notamment la Maison de Jason Magnus, le plus beau vestige architectural de la Cyrène romaine.

Cyrène a recommencé à décliner au 3° Siècle. En 262, la ville a été ravagée par un tremblement de terre. Peu après, elle a été pillée par des nomades libyens. La ville a été reconstruite, mais n’a plus jamais retrouvé sa grandeur passée. Dorénavant, la ville la plus influente de Cyrénaïque était Ptolémaïs (Tolmeita).

Ruines de Ptolémaïs

Un nouveau tremblement de terre, en 365, a presque entièrement détruit les cinq villes historiques de la Pentapole. Ptolémaïs, relativement épargnée par le tremblement de terre, est devenue capitale de province.

La dernière figure influente de la Cyrénaïque romaine est le philosophe néoplatonicien Synesios de Cyrène. Né à Balagrae (El-Bayda) en 373, il a grandi à Cyrène et étudié la philosophie à Alexandrie, puis été envoyé comme émissaire de la Cyrénaïque à la cour de l’Empereur. Vers la fin de sa vie, il est même devenu évêque de Ptolémaïs.

Ptolémaïs a été détruite par les Libyens en 411.

La Cyrénaïque a été conquise par les Arabes en 643. La ville de Cyrène, déjà largement dépeuplée, a été abandonnée peu après.

Les Grecs en Afrique du Nord

Magas de Cyrène et le Royaume de Cyrénaïque

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En 332, Alexandre le Grand s’empare de l’Egypte. Les Grecs de Cyrénaïque, heureux de voir un roi grec qui aspire à réunir tous les Grecs, se soumettent à lui. Après sa mort, en 323, son Empire est divisé entre ses généraux. La Cyrénaïque fera d’abord partie de l’Egypte des Ptolémée. En 276, elle deviendra un Royaume indépendant, avec pour roi Magas de Cyrène.

Magas de Cyrène

Magas de Cyrène est un noble grec, originaire de Macédoine. Son père, Philippe, un officier d’Alexandre le Grand, est mort alors qu’il était enfant.

Monnaie à l’effigie de Ptolémée I et Bérenice

Après la mort de son père, sa mère, Bérénice, est allée vivre avec ses enfants à Alexandrie, à la cour du roi Ptolémée Ier Soter. Eurydice, l’épouse de Ptolémée, était la cousine de Bérénice.

Bérénice est rapidement devenue la maîtresse de Ptolémée Ier. En 317, il répudie Eurydice pour l’épouser. En tant que reine d’Egypte, elle deviendra la mère du futur roi Ptolémée II.

Par le mariage de sa mère, le jeune Magas est devenu membre de la dynastie des Ptolémée, en tant que fils de la reine.

Vers l’âge de 20 ans, Magas est nommé gouverneur de Cyrénaïque, succédant à Ophellas.

Monnaie à l’effigie de Magas de Cyrène

Après la mort de Ptolémée Ier, en 283, et l’avènement de Ptolémée II Philadelphe, le demi-frère de Magas, comme nouveau roi d’Egypte, Magas commence à chercher à obtenir l’indépendance de la Cyrénaïque. Pour cela, il fait alliance avec le roi Antiochos Ier de Syrie, de la dynastie séleucide, les grands rivaux des Ptolémée, dont il épouse la fille, Apama II. En 276, Magas se proclame finalement roi de Cyrénaïque.

En 274, Magas et Antiochos attaquent l’Egypte ensemble, à l’Est et à l’Ouest. Magas sera cependant contraint de battre en retraite à cause d’une révolte des tribus amazighes libyennes de Marmarique.

A l’issue de cette attaque, Ptolémée II est contraint de reconnaître l’indépendance de la Cyrénaïque. Pour sceller leur alliance, la fille de Magas, Bérénice II, est fiancée au fils de Ptolémée II, le futur Ptolémée III Evergète. A partir de là, la paix prévalut entre les deux demi-frères.

La Cyrénaïque demeurera un Royaume indépendant pendant toute la vie de Magas. Pendant son règne, Magas favorise le développement des arts et de la culture, notamment de l’école philosophique cyrénéenne. Il aurait également reçu des émissaires bouddhistes venus d’Inde, envoyés par l’Empereur Ashoka. Au cours des dernières années de sa vie, il est devenu si gros qu’il ne pouvait plus se déplacer. Il meurt en 250, peut-être des conséquences de ses excès de nourriture.

Par la suite

Monnaie à l’effigie de Bérénice II

Après la mort de Magas, sa veuve rompt les fiançailles entre Bérénice II et Ptolémée III et propose sa fille en mariage à Démétrios Kalos, le plus jeune fils du roi Démétrios Ier de Macédoine. Démétrios Kalos accepte, devenant le nouveau roi de Cyrénaïque, mais il sera vite assassiné par Bérénice II elle-même, qui retourne vers son premier fiancé. Ptolémée III et Bérénice II se marient et deviennent roi et reine d’Egypte. La ville d’Euhespérides (Benghazi) est renommée Bérénice, en l’honneur de la nouvelle reine. La Cyrénaïque fait de nouveau partie de l’Egypte des Ptolémée, mais avec une large autonomie. Ptolémée III construit une nouvelle ville, Ptolémaïs, afin d’en faire la demeure du gouverneur de Cyrénaïque.

En 163, Ptolémée VIII Physcon, chassé d’Egypte par son frère Ptolémée VI Philometor, s’installe à Cyrène. Il règne sur la Cyrénaïque en tant que vassal de son frère, jusqu’en 145, lorsqu’il est rétabli comme roi d’Egypte. En 105, il établit son fils Ptolémée Apion sur le trône de Cyrénaïque. Ptolémée Apion meurt en 96. Comme il n’a pas d’héritier, son royaume est légué à Rome.

Les Grecs en Afrique du Nord, Les Perses en Afrique du Nord

La conquête perse de la Cyrénaïque

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En 525 avant notre ère, l’Egypte, la plus ancienne et prestigieuse nation du monde antique, est conquise par l’Empire perse. Le roi Arcésilas III de Cyrène fait alliance avec les Perses. Après sa mort, les Perses prennent le contrôle de Cyrène : c’est le début de la domination perse sur la Cyrénaïque.

Soldat libyen dans l’armée perse

Contexte

Pendant le règne de Battos III (550-530), le législateur Démonax a mis en œuvre une série de réformes visant à rendre la société plus démocratique en limitant les pouvoirs du roi. Si Battos III a accepté ces réformes, son fils et successeur Arcésilas III (530-515) veut restaurer ses pouvoirs royaux. En 518, il demande le rétablissement de tous les pouvoirs dont les réformes de Démonax l’ont privé. Il est soutenu par sa mère, Phérétima. Le peuple se rebelle et le roi est obligé de s’enfuir sur l’île de Samos avec sa mère.

Depuis Samos, il recrute une armée pour l’aider à reprendre le pouvoir. Il consulte l’oracle de Delphes, qui lui dit qu’il réussira, mais l’avertit aussi que s’il se montre cruel envers ses sujets, il ne régnera pas sur eux longtemps. Il parvient effectivement à reprendre le pouvoir en Cyrène et à exiler ses adversaires.

Craignant des représailles, il quitte Cyrène pour la ville voisine de Barca (Marj), laissant la régence à sa mère. Alazir, le gouverneur de Barca, issu d’une tribu amazighe libyenne alliée aux Cyrénéens, est le père de sa femme. Un jour, sur la place du marché de Barca, il sera reconnu par un groupe d’exilés de Cyrène, qui le tuent avec Alazir.

L’invasion perse

Après la mort d’Arcésilas III, sa mère Phérétima fait appel au gouverneur perse d’Egypte pour le venger, prétendant qu’il a été tué pour sa loyauté aux Perses. L’armée perse assiège Barca et déporte sa population, puis entre dans Cyrène, sur l’invitation de Phérétima.

Phérétima meurt peu après, d’une maladie de peau. Le nouveau roi de Cyrène, Battos IV (515-465), sera un client de l’Empire perse, de même que son fils Arcésilas IV (465-440). Après sa mort, Cyrène devient une République, toujours sous souveraineté perse.

La Cyrénaïque, contrairement à l’Egypte, n’a pas été occupée par l’armée perse : les Perses exerçaient leur pouvoir indirectement, en contrôlant l’élite locale.

Les Grecs en Afrique du Nord

La dynastie battiade : les premiers rois de Cyrène

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Les premiers rois de Cyrène, héritiers du fondateur de la ville, ont régné pendant deux siècles. Le prestige de cette dynastie était tel que, plus d’un siècle après la chute du dernier roi, le poète Callimaque de Cyrène se revendique encore avec fierté descendant des Battiades.

Battos 1er

Ruines du tombeau de Battos 1er

Le chef des colons grecs qui ont fondé Cyrène s’appelle Battos (630-600). D’après l’historien grec Hérodote, son nom signifie « roi » dans la langue des tribus amazighes locales. En grec, « battos » signifie « bégaiement », une origine moins glorieuse, mais plus probable.

Battos est né sur l’île de Thera (Santorini), dans une famille d’origine crétoise. D’après la légende, alors que l’île était frappée d’une forte sécheresse qui menaçait ses habitants, le roi de Thera est allé consulter l’oracle de Delphes. L’oracle lui a répondu qu’il devait fonder une colonie en Libye. Le roi était lui-même trop vieux pour un tel voyage, si bien qu’il a chargé Battos d’accomplir cette mission.

Battos a donc embarqué pour la Libye, à la tête d’un groupe de colons. Ils s’installent d’abord sur une île au large des côtes libyennes, puis sur le continent, où ils fondent une ville, qu’ils appellent Cyrène.

Battos devient le premier roi de Cyrène. Il a la réputation d’être un roi juste et bienveillant. Pendant son règne, Cyrène s’enrichit rapidement, grâce aux ressources naturelles de la région environnante. Après sa mort, ses sujets le vénèrent comme un héros. Tous les rois de Cyrène après lui, jusqu’à Alexandre le Grand, sont ses descendants directs.

Les premiers Battiades

A la mort de Battos, son fils Arcésilas (600-583) lui succède. Son règne est assez peu connu.

La population de Cyrène commence à se multiplier pendant le règne de son fils Battos II (583-560). De nouveaux colons affluent de toute la Grèce, grâce à un oracle de Delphes les encourageant à s’installer dans la colonie. Battos II devra aussi faire face à la première tentative d’invasion de l’Egypte voisine. Vers 570, l’armée égyptienne est battue par les Cyrénéens, établissant la souveraineté grecque sur la région.

Le règne de son fils Arcésilas II (560-550) sera moins heureux. Son conseiller, Léarque (qui était aussi son frère, selon certaines sources), se rebelle contre lui, s’enfuit et fonde la ville voisine de Barca (Marj). Il fait alliance avec les tribus amazighes de la région, auparavant alliées à Cyrène, privant le roi de précieux alliés. Ensemble, ils déclarent la guerre à Cyrène. Victorieux, Léarque tue le roi et s’empare du trône. Pour affermir son pouvoir, il veut épouser Eryxo, la veuve du roi défunt. Eryxo fait mine d’accepter et invite Léarque à entrer dans sa chambre à coucher, où elle a caché des hommes pour le tuer.

Les réformes de Démonax

Battos III (550-530), le fils d’Arcésilas II, devient roi à la mort de Léarque. Conscient de l’instabilité à Cyrène, après l’assassinat de son père et la rupture de l’alliance avec les tribus amazighes, il comprend qu’une réforme profonde des institutions est nécessaire. Pour cela, il fait appel au réformateur Démonax.

Démonax met en place une série de réformes, censées rendre la société plus démocratique. Ces mesures sont inspirées par d’autres législateurs grecs de la même époque, comme Solon d’Athènes et Lycurgue de Sparte. Il crée notamment un Sénat, composé de représentants des différentes communautés qui vivent à Cyrène, qui vote les lois et gère les affaires de la cité. Les pouvoirs du roi sont considérablement réduits.

La période perse

Soldat libyen dans l’armée perse

Si Battos III accepte ces réformes, son fils et successeur Arcésilas III (530-515) cherchera à restaurer ses pouvoirs royaux. En 518, il demande le rétablissement de tous les pouvoirs dont les réformes de Démonax l’ont privé. Le peuple se rebelle et le roi s’enfuit. Il reprend le pouvoir, mais est tué en 515. Après sa mort, sa mère Phérétima invite les Perses à entrer à Cyrène : c’est le début de la domination perse sur la Cyrénaïque.

Les deux derniers rois de la dynastie battiade, Battos IV (515-465) et son fils Arcésilas IV (465-440), seront des clients de l’Empire perse. En 462, Arcésilas IV remporte la course de chars aux Jeux pythiques de Delphes, avec un attelage de chevaux libyens. Son règne deviendra de plus en plus tyrannique, si bien qu’il sera renversé et s’enfuira à Euhespérides (Benghazi), où il sera tué en 440. Après sa mort, Cyrène deviendra une République, toujours sous souveraineté perse.