Les Byzantins en Afrique du Nord

Le retour des Romains : l’Afrique du Nord byzantine

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Après un siècle d’occupation vandale, l’Empire byzantin décide de reconquérir les anciens territoires romains en Afrique du Nord. Les Byzantins dominent la région à leur tour pendant un siècle, jusqu’au début de la conquête arabe.

La reconquête byzantine

Depuis le début du 4° Siècle, l’Empire romain est divisé. La partie occidentale a pour capitale Rome, tandis que la partie orientale a pour capitale Constantinople (Istanbul). Après la chute de l’Empire romain d’Occident, l’Empire romain d’Orient sera connu sous le nom d’Empire byzantin.

Bélisaire, le général byzantin qui a conquis l’Afrique du Nord

En 530, le roi vandale Hildéric est renversé par son cousin Gélimer. L’Empereur byzantin Justinien, qui entretenait de bonnes relations avec Hildéric, envoie une délégation à Carthage pour exiger son rétablissement. Lorsque Gélimer refuse, Justinien déclare la guerre aux Vandales.

En 533, une troupe de 15 000 hommes, menée par le général Bélisaire, débarque en Afrique du Nord, alors que l’armée vandale est déjà engagée en Sardaigne, contre la révolte du gouverneur gothique Godas. Les Byzantins prennent le contrôle de tous les territoires vandales en quelques mois, sans grande résistance. Les tribus amazighes locales, soulagées d’être délivrés de la tyrannie des Vandales, soutiennent les Byzantins. Justinien voulait d’abord rétablir Hildéric sur son trône, mais celui-ci a déjà été tué par Gélimer, ce qui le décide finalement à annexer la région. Gélimer est exilé en Asie.

Dans un premier temps, l’Afrique du Nord byzantine est un domaine privé de l’Empereur Justinien et de son Impératrice Théodora. Après la mort de Justinien, elle devient l’exarchat d’Afrique, avec une large autonomie.

L’Afrique du Nord byzantine

L’Afrique du Nord byzantine, vers 600

La domination byzantine sur l’Afrique du Nord a toujours été faible : les Byzantins, qui ne connaissent pas la région et ses habitants, dépendent uniquement de la force militaire pour garder le contrôle. Officiellement, ils occupent toute la côte nord-africaine, mais dans les faits, leur pouvoir ne s’étend que sur une chaîne de villes côtières, de Leptis Magna à Césarée (Cherchell), puis Septem (Sebta) et Tingis (Tanger). L’Afrique du Nord byzantine est une aventure condamnée à l’échec dès son commencement.

A l’intérieur des terres, de nouveaux royaumes amazighs se forment. Alors que les Amazighs avaient d’abord soutenu la reconquête byzantine, ils se retournent rapidement contre leurs nouveaux maîtres en constatant qu’ils sont aussi oppressifs que les Vandales. Plusieurs guerres ont lieu entre Byzantins et royaumes amazighs.

Baptistère byzantin de Bekalta, conservé au Musée archéologique se Sousse

L’ère byzantine est marquée par un renouveau du christianisme nord-africain, affaibli sous les Vandales, y compris dans les régions auparavant faiblement christianisées. Les Byzantins mènent une politique d’hégémonie religieuse : le christianisme catholique est la religion officielle, les minorités chrétiennes dissidentes, comme les donatistes et les ariens (d’origine vandale), sont discriminées. Les Juifs, surtout, sont cruellement persécutés, si bien que beaucoup d’entre eux fuient les villes pour aller vivre à la campagne, parmi les tribus amazighes.

Même dans les villes romanisées, les Byzantins sont impopulaires, à cause des taxes très lourdes qu’ils imposent aux commerçants et aux artisans.

Sufetula (Sbeïtla), le site d’une bataille entre Arabes et Byzantins

Lorsque les troupes du califat envahissent la région un siècle plus tard, ils se retrouvent face à une administration byzantine très affaiblie. Ils prennent Tripoli dès 643, puis affrontent l’armée byzantine à Sufetula (Sbeïtla) en 647. Carthage tombe en 698 : c’est la fin de l’Afrique byzantine. Les autochtones amazighs, ainsi que les minorités religieuses, comme les Juifs et les chrétiens donatistes, verront d’abord les Arabes comme des libérateurs.