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Aux 4° et 5° Siècles, la Cyrénaïque a été ravagée par les attaques des Amazighs Laguatans, puis par les incursions vandales. Après la reconquête byzantine de l’Afrique romaine, l’Empereur byzantin Justinien lance une campagne de reconstruction des villes détruites, en construisant aussi de nouvelles fortifications pour les protéger. Ce programme est appelé Ananeosis (Ἀνανέωσις), ce qui signifie « renouveau » ou « renaissance ».



Dès le début de son règne, en 527, Justinien veut reconstruire la Cyrénaïque. Il y a certainement été encouragé par son épouse, l’Impératrice Théodora, qui a vécu en Cyrénaïque avant leur mariage et est restée très attachée à la région.
Justinien commence par envoyer de nouvelles troupes en Cyrénaïque, soit pour soutenir les troupes byzantines qui continuaient à résister aux Laguatans, soit pour reconquérir les territoires perdus. Des garnisons militaires permanentes étaient à présent stationnées à Paraetonium (Marsa Matrouh) et à Antipyrgos (Tobrouk).
En 533, une révolte contre les Vandales éclate en Tripolitaine. Justinien envoie ses troupes basées en Cyrénaïque pour soutenir les insurgés. Quelques mois après, le général byzantin Bélisaire parvient à conquérir Carthage et à reprendre le contrôle de tous les territoires vandales en Afrique.

Le programme d’Ananeosis se poursuit en Cyrénaïque. Les Byzantins reconstruisent la ville de Ptolémaïs (Tolmeita), détruite par les Laguatans en 411, et restaurent Bérénice (Benghazi), ravagée par les Vandales. Ils construisent aussi une forteresse militaire à Arsinoë (Tocra), si solide qu’à l’époque de la conquête arabe, Apollonius, le dernier gouverneur byzantin de Cyrénaïque, viendra se réfugier ici.

En plus de la reconstruction des anciennes villes détruites, Justinien construit un nouveau port à Boreum (Bou Grada), à côté de la ville portuaire moderne de Marsa el-Brega. En plus des deux havres, plusieurs autres vestiges sont encore visibles aujourd’hui, notamment un mur entouré d’une douve, un quai, un tunnel allant de la citadelle au port oriental, des chambres taillées dans le roc et une grande structure, appelée « bastion » par les archéologues, dont on ignore à quoi elle servait.

Cette période sera également marquée par un renouveau religieux, avec la construction de deux monastères et de plusieurs nouvelles églises, notamment à Naustathmus (Ras al-Hilal) et à Erythron (El Athroun), près de Derna.
Le joyau de l’Ananeosis est certainement la ville nouvelle de Théodorias (Qasr Libya). Construite sur les ruines d’Olbia, une ancienne ville de Cyrénaïque détruite par les Vandales, elle est nommée Théodorias en l’honneur de sa fondatrice, l’Impératrice Théodora. Une église de la ville contient une cinquantaine de mosaïques, considérées comme parmi les plus belles du monde.

Le programme de reconstruction s’étend aussi à la Tripolitaine. Les fortifications byzantines de Leptis Magna et de Sabratha sont encore visibles aujourd’hui.
Après la mort de Justinien, la Cyrénaïque a de nouveau été largement abandonnée par ses successeurs face aux attaques récurrentes de tribus amazighes. La région était en grande partie dépeuplée au moment des conquêtes arabes.

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