Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English
La région de Koufra, au Sud-Est de la Libye, est habitée depuis 10000 ans. Ses plus anciens habitants, des tribus nomades pastorales qui se sont installées dans l’oasis avec leurs troupeaux, ont laissé des traces de leur passage par des peintures rupestres.
A l’époque préhistorique


L’archéologie a démontré que la région de Koufra était habitée dès l’époque dite du Sahara vert (il y a 11000-5000 ans environ), par des éleveurs nomades qui faisaient paître leurs troupeaux à travers toute la région. A cette époque, le Sahara n’était pas un immense désert, mais une région verdoyante, composée de savanes, de forêts, de grands lacs et de marécages, et peuplée d’animaux comme des lions, des girafes, des éléphants, des rhinocéros, des hippopotames et des autruches. Les populations humaines qui y vivaient élevaient des troupeaux de chèvres et de brebis et chassaient les animaux de la savane. Les fameuses peintures et gravures rupestres du désert libyen, où ces premiers habitants du Sahara ont représenté les animaux sauvages et domestiques qui les entouraient, datent de cette époque.

Les premiers vestiges archéologiques de populations humaines dans la région de Koufra remontent au début de l’Holocène, il y a environ 10000 ans. Des peintures et gravures rupestres, ainsi que des poteries et des outils pastoraux en pierre, ont été retrouvés dans la région de Koufra, notamment à Bir el-Awadel, Bzima et Rebiana. Plus au Sud, à la frontière entre la Libye et le Soudan, le Jebel Uweinat contient également de très belles peintures rupestres.
L’art rupestre de Koufra, bien que moins connu que celui du Fezzan (Tadrart Acacus, Mesak Settafet), constitue néanmoins une partie importante du patrimoine archéologique libyen. Il a été étudié récemment par l’archéologue libyen Saad Buhagar, de l’Université de Benghazi.
Les ancêtres des Toubous
Il y a environ 5000 ans, le Sahara a commencé à s’assécher rapidement, jusqu’à devenir le grand désert que nous connaissons aujourd’hui. C’est à cette époque que l’oasis de Koufra est apparue.

L’oasis de Koufra, irriguée par ses nappes d’eau souterraines, est devenue un refuge pour les habitants du désert, qui y vivaient cette fois de manière permanente alors qu’ils ne faisaient que passer auparavant. Avec le temps, ils ont creusé des puits et développé l’agriculture des palmeraies, notamment la culture de la datte.
Les premiers habitants permanents de l’oasis de Koufra étaient originaires du Sud du Sahara et étaient Noirs, alors que les tribus nomades qui les ont précédés étaient des populations Blanches, apparentées aux Amazighs. L’historien grec Hérodote, au 5° Siècle avant notre ère, mentionne des « Ethiopiens » (en grec aethiops, « face brûlée », c.-à-d. Noirs) qui vivaient au Sud et à l’Est des Garamantes, une région qui incluait certainement Koufra. Ils sont devenus les ancêtres des Toubous.
A l’époque romaine

L’oasis de Koufra était connue des Carthaginois, puis des Romains. En l’an 90 de notre ère, le commerçant romain Julius Maternus, parti de Syrte, a traversé le désert jusqu’à Koufra. Il a ensuite poursuivi son voyage avec le roi des Garamantes, jusqu’aux fleuves Bahr Salamat et Bahr Aouk, au Sud du Tchad actuel. Il est retourné à Rome avec un rhinocéros à deux cornes, qui a été exposé au Colisée.
L’introduction du chameau en Afrique du Nord, vers le 2° Siècle, a rendu possible le développement à grande échelle du commerce transsaharien, en facilitant le transport de marchandises à travers le désert. A partir de là, l’oasis de Koufra est devenue une étape importante des expéditions commerciales à travers le Sahara.
Avènement de l’islam

La région a été conquise par les musulmans vers la fin du 7° Siècle. L’oasis de Koufra a été intégrée au vaste réseau de routes caravanières qui reliaient l’Egypte et la Cyrénaïque au Sahara central.
Le géographe musulman al-Idrissi mentionne l’oasis de Koufra au 11° Siècle. Au 15° Siècle, Léon l’Africain mentionne une oasis dans le pays des Berdoa, qui pourrait correspondre à l’oasis de Koufra ou de Tazerbu. Les Berdoa pourraient être les Toubous.

A partir du 18° Siècle, les Arabes de la tribu Zuwayya, originaires de Cyrénaïque, ont commencé à s’installer dans la région de Koufra, jusqu’à devenir plus nombreux que les autochtones Toubous. Au 19° Siècle, les Zuwayya se sont alliés à la confrérie sanoussie. Koufra est devenue un centre important de la confrérie, chargé de sa diffusion au Ouaddaï et au Tchad. Koufra a également servi de base arrière à la révolte d’Omar al-Mokhtar contre l’occupation italienne.
