Entre Antiquité et Moyen-Âge : les passeurs de culture, L'Afrique du Nord romaine

Martinanus Capella : l’auteur nord-africain qui a influencé le monde médiéval

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Martianus Capella est un auteur néoplatonicien du début du 5° Siècle, originaire de Madaure (M’Daourouch), en Afrique romaine. Son œuvre est à l’origine de la notion des « sept arts libéraux », qui a beaucoup influencé le système éducatif pendant tout le Moyen-Âge.

Martianus Capella est né à Madaure (M’Daourouch), en Numidie. Un autre auteur romano-africain influent était également originaire de Madaure : Apulée, l’auteur du premier roman latin. Martianus Capella écrit au début du 5° Siècle, après le sac de Rome par le roi des Visigoths Alaric I, en 410, qu’il mentionne, mais avant la conquête vandale de l’Afrique du Nord, en 429.

L’ouvrage principal de Martianus Capella, Noces de Philologie et Mercure, est un récit allégorique. Ce livre raconte le mariage de Mercure, dieu du commerce, avec Philologie, une personnification de l’amour des lettres et des études, qui est élevée par les dieux au rang de déesse. Comme cadeau de noces, ils reçoivent sept jeunes filles qui deviendront les servantes de Philologie. Chacune, lorsqu’elle est présentée, donne un exposé des principes de la science qu’elle représente.

Martianus Capella écrit dans un Empire romain largement christianisé. Le fait qu’il s’inspire de la mythologie ne veut pas forcément dire qu’il était païen : les auteurs chrétiens puisaient également des allégories de sagesse humaine dans l’univers mythologique. L’absence totale de références chrétiennes donne cependant l’impression que l’auteur n’était pas chrétien, mais païen – ce qui n’a pas empêché son œuvre d’acquérir une grande popularité dans le monde chrétien médiéval.

L’œuvre de Martianus Capella était très populaire au cours des siècles suivants et a beaucoup influencé le Moyen-Âge, dans le domaine de l’éducation et de la pédagogie. Les sept « arts libéraux », dans le système éducatif classique, ont été divisés en le trivium (rhétorique, grammaire et logique) et le quadrivium (astronomie, arithmétique, géométrie et musique).

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Macrobe : le dernier grand écrivain romano-africain

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Macrobe est un écrivain latin d’origine nord-africaine du 5° Siècle. Il est considéré comme un des principaux auteurs « passerelles » dont l’œuvre a permis la transmission de l’héritage culturel antique aux siècles suivants, à travers les crises qui ont secoué le monde romain à son époque.

Macrobe présente son œuvre à son fils

Macrobius Ambrosius Theodosius est né vers 400 et a écrit au début du 5° Siècle. On ne sait presque rien de sa vie, pas même sa ville de naissance ni où il vivait pendant sa carrière d’écrivain. Il écrit qu’il est né « sous un ciel étranger », c’est-à-dire, pour les Romains, en dehors de l’Italie. Le fait qu’il maîtrise mieux le latin que le grec, avec d’autres indices internes à son œuvre, a amené les spécialistes à penser qu’il était probablement originaire d’Afrique romaine. Macrobe était païen, dans un Empire romain déjà très majoritairement chrétien. Il était probablement apparenté à Symmaque, le préfet de Rome, qui était le chef de file de la résistance païenne à la christianisation de l’Empire. Il avait un fils, Eustathius, à qui il dédie ses œuvres.

Macrobe a écrit deux œuvres qui sont encore disponibles aujourd’hui. Son œuvre principale, le Commentaire du rêve de Scipion, était un des livres les plus cités au Moyen-Âge et une des principales sources sur la pensée néoplatonicienne à cette époque. Dans le Rêve de Scipion, de Cicéron, le grand général romain apparaît à son petit-fils Scipion Emilien, pour lui révéler sa destinée future et celle de sa patrie, lui exposer les récompenses qui attendent les hommes vertueux après leur mort et lui décrire le fonctionnement de l’univers et le rôle de l’homme dans l’univers. Macrobe commente ce rêve, en exposant une série de théories néoplatoniciennes sur l’origine et la signification des rêves, les propriétés mystiques des chiffres, la nature de l’âme, l’astronomie et la musique. Il affirme notamment que le soleil est deux fois plus grand que la terre. Ses sources principales sont les philosophes néoplatoniciens Plotin et Porphyre.

Son autre œuvre majeure, les Saturnales, sont un compte-rendu des discussions qui ont eu lieu dans la maison d’un riche aristocrate. Il aborde une grande diversité de sujets historiques, mythologiques et grammaticaux. Il cite l’opinion d’auteurs plus anciens, comme Virgile et Cicéron, sur ces questions.

Macrobe, avec les auteurs romains du 6° Siècle Cassiodore et Boèce, est considéré comme un des auteurs de l’Antiquité tardive dont l’œuvre a permis la transmission de l’héritage culturel gréco-romain jusqu’au Moyen-Âge.