Vers le début du 5° Siècle avant notre ère, Carthage intervient militairement en Sicile, contre les villes grecques de Syracuse et d’Acragas. L’armée carthaginoise est vaincue à la bataille d’Himère. Cette défaite mènera à une réforme profonde de la société carthaginoise, afin de la rendre plus démocratique en limitant les pouvoirs du roi au profit d’une assemblée élue par le peuple.
La bataille d’Himère – peinture de Giuseppe Sciuti
La Sicile avant la bataille d’Himère : territoire de Syracuse (en rouge), soumis à Syracuse (en jaune) et soumis à Acragas (en bleu) ; points noirs : villes carthaginoises
A cette époque, la plupart des villes grecques de Sicile sont tombées sous le pouvoir de tyrans (des dirigeants autoritaires, contrairement à l’idéal démocratique grec). Gélon, le tyran de Syracuse, qui contrôle le plus grand territoire, fait alliance avec Théron d’Acragas, créant un front uni des Grecs Doriens, contre les Grecs Ioniens et les autochtones Sicules. Face à cette menace, les Ioniens font alliance avec Carthage.
La bataille d’Himère
Tombeau de Théron d’Acragas, le tyran qui a vaincu Carthage à Himère
En 483, Théron d’Acragas dépose Terrilus, le tyran ionien d’Himère, qui appelle Carthage à l’aide. Les Carthaginois, craignant de voir l’alliance entre Gélon et Théron prendre le contrôle de toute la Sicile, interviennent en 480.
L’armée carthaginoise, menée par le roi Hamilcar Ier, est vaincue à la bataille d’Himère. Hamilcar lui-même est tué au combat ou se suicide après sa défaite, selon les sources. Carthage conserve cependant ses territoires en Sicile.
Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, l’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour le christianisme naissant. Trois des plus grandes figures chrétiennes de cette époque étaient nord-africaines. Dans cet article, nous découvrirons la vie d’Augustin d’Hippone, le plus grand théologien de l’Eglise romaine, surnommé le « docteur de la grâce ».
Sa vie
Augustin d’Hippone
Aurelius Augustinus Hipponensis est né le 13 novembre 354, à Thagaste (Souk Ahras), en Numidie romaine. Son père, Patricius, un décurion (officier subalterne) dans l’armée romaine, possède un modeste domaine à Thagaste. Sa mère, Monique, est d’origine amazighe et fervente chrétienne, tandis que son père est païen.
Pour ce qui est des origines ethniques d’Augustin, il est généralement admis que son père était Romain et sa mère Amazighe. Le nom de sa mère, Monique, est d’origine amazighe ; il s’agit du seul prénom moderne courant d’origine amazighe. La famille d’Augustin était fortement romanisée, ce qui ne l’empêchait pas de revendiquer fièrement ses origines africaines et ses liens avec d’autres auteurs romano-africains, comme Apulée ou Marius Victorinus. Sa langue maternelle était probablement le latin, mais il parlait aussi couramment lybique (tamazight). Il n’a jamais appris à maîtriser le grec, à cause d’une relation difficile avec son professeur de grec lorsqu’il était jeune.
Le jeune Augustin à l’école, par Niccolo di Pietro
A l’âge de 11 ans, son père l’envoie étudier à Madaure (M’daourouch), où il découvre la littérature latine. A l’âge de 17 ans, il part étudier la rhétorique à Carthage. Malgré les avertissements de sa mère, il a de mauvaises fréquentations et mène une vie dissolue. En 372, il a un fils, Adéodat (don de Dieu). La mère de son enfant, qui vit à Carthage, demeurera son amante pendant plus de 15 ans, mais il ne l’a jamais épousée.
Pendant ses études à Carthage, il lit le dialogue Hortensius, de Cicéron, qui fait naître en lui un profond amour de la philosophie. Vers la même époque, il se convertit au manichéisme, une nouvelle religion d’origine orientale. Il sera manichéen pendant dix ans, avant d’abandonner cette doctrine.
En 373, il retourne enseigner la rhétorique à Thagaste pendant un an, avant d’ouvrir sa propre école de rhétorique à Carthage. En 383, il s’installe à Rome, où il espère trouver les meilleurs rhéteurs, mais il est déçu par le manque de sérieux de ses étudiants. C’est à Rome qu’il se détourne progressivement du manichéisme.
Peu après son arrivée à Rome, il rencontre Symmaque, le préfet de la ville. En 384, il est choisi comme professeur de rhétorique à la cour impériale, qui siège à Milan à cette époque. A l’âge de 30 ans, il occupe la fonction académique la plus prestigieuse du monde romain.
Plus ancien portrait connu d’Augustin, 6° Siècle, Rome
A Milan, il découvre le néoplatonisme en lisant Plotin et Porphyre, traduits en latin par son compatriote africain Marius Victorinus. Il rend visite à Ambroise, l’évêque chrétien de la ville, après avoir entendu parler de sa réputation de grand orateur. Les deux hommes deviennent très proches et après la mort de son père, Augustin considèrera Ambroise comme un nouveau père. Son étude de la philosophie néoplatonicienne et son amitié avec Ambroise l’amènent à s’intéresser sérieusement pour la première fois au christianisme, qu’il connaissait pourtant depuis son enfance étant donné que sa mère était chrétienne.
La famille d’Augustin, qui l’a suivi à Milan, le pousse à trouver une épouse respectable. Pour cela, il doit d’abord se séparer de son amante, avec qui il a un enfant. Cette séparation lui brise le cœur : il considérait leur relation comme équivalente à un mariage, que leur différence de statut social ne leur permettait pas d’officialiser.
Augustin et son fils Adéodat sont baptisés ensemble à Pâques de l’année suivante, en 387. Sa mère, qui n’a jamais cessé de prier pour sa conversion de son fils, est très heureuse.
Après sa conversion, Augustin renonce à sa profession de rhéteur pour se consacrer à la prédication. Il décide aussi de rompre ses projets de mariage et de rester célibataire.
En 387, après son baptême, la famille d’Augustin décide de retourner en Afrique. Sa mère, Monique, meurt en route. Peu après leur arrivée à Thagaste, son fils Adéodat meurt également. Augustin, très affecté, vend le domaine familial et distribue l’argent aux pauvres. Il ne garde que la maison, où il vit en communauté avec un groupe d’amis chrétiens.
Basilique Saint-Augustin d’Annaba
En 391, Augustin est ordonné prêtre à Hippone (Annaba). Il souhaite mettre ses études philosophiques et rhétoriques au service de l’étude et de la prédication des textes sacrés. En 395, il devient évêque d’Hippone. Il passera le reste de sa vie dans cette ville.
Peu avant la mort d’Augustin, les Vandales débarquent en Afrique du Nord. Au printemps 430, ils assiègent Hippone. Augustin tombe malade et meurt pendant le siège. Il passe ses derniers jours dans la prière. Après sa mort, les Vandales prennent la ville et la brûlent entièrement, sauf l’église et la bibliothèque d’Augustin, qu’ils laissent intactes. La basilique Saint-Augustin d’Annaba, construite en 1881, est située à proximité des vestiges de son ancienne église.
Son œuvre
Manuscrit de La Cité de Dieu
En dehors de Christ et des apôtres eux-mêmes, personne d’autre n’a eu une telle influence sur l’Eglise chrétienne que le Nord-Africain Augustin d’Hippone.
Il commence à écrire immédiatement après sa conversion. A son retour en Afrique, il écrit plusieurs ouvrages critiques des manichéens, afin de combattre l’influence croissante de cette nouvelle religion. Devenu évêque d’Hippone, il s’engage dans une série de débats publics avec les manichéens de la ville. Il écrit aussi un livre pour réfuter Fauste de Milève, le chef de file des manichéens en Afrique, qu’il avait connu à Carthage à l’époque où il était lui-même manichéen.
Ses deux ouvrages principaux sont Les Confessions et La Cité de Dieu.
Manuscrit des Confessions
Les Confessions, écrites vers l’an 400, sont un récit de sa vie, dans lequel il examine son parcours spirituel, jusqu’à sa conversion. Ce livre peut être considéré comme la première autobiographie de l’histoire. Il a cependant ceci de particulier : il s’adresse directement à Dieu, à qui l’auteur confesse sa vie, ses fautes, ses errements et les leçons qu’il en a apprises.
La Cité de Dieu est de loin l’œuvre la plus influente d’Augustin. Cet ouvrage en 22 livres, écrits sur une période de 14 ans, décrit sa vision de la société chrétienne idéale, fondée sur la loi divine. Plus encore que dans ses autres ouvrages, il cite une abondance d’auteurs classiques gréco-romains, afin de démontrer en quoi l’enseignement chrétien les surpasse tous.
Il a également écrit des commentaires bibliques, des livres doctrinaux (De la doctrine chrétienne) et philosophiques, ainsi que des ouvrages polémiques contre diverses hérésies chrétiennes et contre les Juifs.
Enfin, il est célèbre autant pour ses sermons que pour son œuvre écrite : il a prêché environ 6000 sermons pendant sa vie, dont 500 ont été conservés.
Le réalisateur égyptien Samir Seif a produit Augustin : fils de ses larmes, un film sur la vie d’Augustin, en partenariat avec le Ministère algérien de la Culture. Le titre fait référence aux larmes de la mère d’Augustin, alors qu’elle priait pour la conversion de son fils. Le rôle principal est joué par l’acteur algérien Imad Benchenni. Nous partageons ce film ci-dessous.
Pendant les premiers siècles après sa fondation, Carthage était gouvernée par un chef appelé suffète (shophet). Les historiens grecs et romains les appelaient « rois » de Carthage, mais la plupart des historiens modernes pensent que c’est une erreur due à leur ignorance du système politique carthaginois. Leur rôle semble avoir été différent de celui des rois dans la plupart des royaumes antiques. Dans cet article, nous découvrirons tout ce que nous savons des anciens « rois » de Carthage.
Les suffètes de Carthage : des rois ?
Reconstitution de Carthage
L’histoire ancienne de Carthage est très peu connue : certains historiens doutent même qu’il soit possible de la reconstruire, à cause de la destruction totale des sources historiques carthaginoises lors de la destruction de la ville. On ne sait donc pas exactement quel était le rôle des premiers suffètes. En tout cas, ils n’étaient probablement pas des « rois » au sens courant dans l’Antiquité, mais plutôt de hauts magistrats (shophet 𐤔𐤐𐤈 signifie « juge » en phénicien), choisis pour leurs compétences, peut-être comme des « premiers parmi les pairs ». On ne sait pas si cette fonction était héréditaire : les suffètes étaient généralement issus de la même famille, mais il est possible qu’il s’agisse davantage d’une question d’éducation que de succession dynastique.
Les rois de Carthage
Voici la liste la plus courante des anciens rois de Carthage, fondée sur les travaux de l’historien français Gilbert Charles-Picard. Cette liste n’est qu’une hypothèse parmi d’autres. Toutes les dates sont des suppositions.
Le premier roi historique connu est Hannon I, qui aurait régné de 580 à 556. C’était probablement un descendant de Didon. On ne sait rien de plus de sa vie.
Son successeur, Malchus (556-550), était probablement issu de l’armée. C’est pendant son règne que la conquête carthaginoise de la côte nord-africaine a commencé. Vers le début de son règne, il a mené une campagne en Sicile, probablement suite à l’appel à l’aide des colonies phéniciennes face à l’expansion grecque sur l’île. Les villes phéniciennes de Sicile, comme Motya, Panorme et Solonte, sont intégrées à l’Empire carthaginois. Par la suite, il combat les Libou dans la région de Leptis Magna, pour le contrôle de la côte libyenne. Vers la fin de son règne, il est envoyé en Sardaigne à la tête d’une armée de 80 000 hommes, afin de soutenir les populations phéniciennes locales contre les autochtones nuragiques. Il remporte une série de victoires qui lui permettent d’établir des colonies puniques sur l’île. Cependant, après une défaite, lui et ce qui reste de son armée sont exilés. Il revient alors assiéger Carthage, prend le contrôle de la ville par la force et fait exécuter ceux qui l’avaient exilé.
La dynastie magonide (550-340)
Vers 550, Magon, un général de l’armée carthaginoise, s’empare du pouvoir à Carthage. Il règne de 550 à 530 et fonde une dynastie qui sera au pouvoir pendant deux siècles. On ne sait pas s’il s’agissait à l’origine d’un simple potentat militaire qui a pris le pouvoir par la force ou s’il était reconnu comme roi légitime.
Alalia, la première possession carthaginoise en Corse
Magon I commence par faire exécuter Malchus pour trahison, à cause de son attaque contre Carthage. Pendant son règne, Carthage continue à s’imposer comme la principale puissance du bassin méditerranéen occidental. Il fait alliance avec les Etrusques contre les Grecs de Massalia, une alliance qui durera jusqu’à l’époque romaine. Vers 540, Carthaginois et Etrusques attaquent ensemble Alalia, une colonie phocéenne en Corse. Les Phocéens sont vaincus et contraints d’abandonner Alalia, qui passe sous contrôle carthaginois. Magon fortifie ensuite la domination carthaginoise sur le Sud de l’Espagne, depuis Gadir (Cadiz). Vers la fin de son règne, la civilisation tartessienne, un important partenaire commercial de Carthage en Espagne, s’effondre, permettant aux Carthaginois de prendre le contrôle de leurs mines de métaux précieux.
Hasdrubal I (530-510), le fils de Magon I, lui succède. D’après l’historien romain Justin, il a été élu « roi » à 11 reprises – un indice montrant que la fonction de suffète était peut-être élective et non héréditaire. Avec son frère Hamilcar, il lance une expédition militaire en Sardaigne. Il a été honoré d’un triomphe quatre fois pour ses victoires, le seul Carthaginois à avoir reçu tant d’honneurs. Pendant son règne, le prince grec Dorieus de Sparte tente d’établir une colonie grecque près de Leptis Magna, mais il est repoussé. Hasdrubal meurt de blessure en Sardaigne, vers 510.
Son frère Hamilcar I (510-480), qui lui succède, poursuit la campagne pour le contrôle de la Sardaigne, qui dure 25 ans. Les autochtones sont soutenus par les Grecs de Magna Graecia (Sud de l’Italie). Hamilcar est connu aussi pour avoir signé le premier traité entre Carthage et Rome, qui définit leurs zones d’influence respectives et reconnaît notamment le contrôle carthaginois sur la Sicile et la Sardaigne.
La bataille d’Himère : un point tournant dans l’histoire carthaginoise
Hannibal I (440-406), le petit-fils de Hamilcar I, a mené une expédition militaire en Sicile, en 410. Les Carthaginois s’emparent des villes grecques de Sélinonte et d’Himère. Après sa victoire, Hannibal fait exécuter 3000 prisonniers de guerre, pour venger la défaite de son grand-père à Himère, 70 ans auparavant. Quelques années plus tard, Hannibal meurt de la peste, pendant le siège d’Agrigente.
Soldat carthaginois
Bomilcar, le fils de Hannibal I, meurt quelques jours après lui. C’est donc son neveu Himilcon II (406-396) qui lui succède. Himilcon II pourrait être le fils de Hannon le Navigateur. Il poursuit la guerre en Sicile, jusqu’à la conclusion d’un accord de paix avec Syracuse. La guerre reprend en 398. Himilcon assiège Syracuse. Après une défaite, il décide de lever le siège et d’évacuer tous les soldats carthaginois, abandonnant à leur sort les mercenaires étrangers qui se battaient à ses côtés. Les Carthaginois, choqués par son attitude, le destituent. D’après l’historien grec Diodore de Sicile, Himilcon, pris de regrets, se serait ensuite laissé mourir de faim à Carthage.
Son fils Magon III (375-344) continue la guerre en Sicile. Vers 345, il profite des divisions entre factions politiques rivales à Syracuse pour entrer dans la ville, sur l’invitation d’une faction. Il échoue cependant à obtenir une victoire permettant à Carthage de prendre le dessus. Peu après, il est vaincu par le général corinthien Timoléon, qui est venu en aide à Syracuse. Il se suicide pour échapper à la crucifixion, le supplice que Carthage réserve aux généraux vaincus.
Son successeur, Hannon III (344-340), est le dernier suffète de la dynastie magonide. Après la défaite de Magon III, il mène une opération de secours carthaginoise en Sicile, mais il est vaincu à son tour.
La dynastie hannonide
Un autre Hannon, qui n’est pas issu de la famille magonide, a remporté une victoire importante contre les Grecs de Sicile en 367. Il devient un des hommes les plus riches et les plus puissants de Carthage pendant vingt ans. Après la défaite de Hannon III, le dernier suffète magonide, il essaye de s’emparer du pouvoir, avec le soutien d’un chef de tribu amazigh local. Il est capturé et torturé à mort avec plusieurs membres de sa famille.
Peu après, les autorités carthaginoises font appel à Giscon, un fils de Hannon qui avait été exilé avant la mort de son père, pour continuer le combat en Sicile. Il remporte plusieurs victoires, mais ne parvient pas à vaincre Timoléon, qui a entretemps pris le pouvoir à Syracuse.
Bomilcar, le frère (ou un parent plus éloigné) de Hamilcar, tente de prendre le pouvoir à la mort de Hamilcar. Non content de la fonction de suffète, il veut restaurer les pouvoirs des anciens rois d’avant la réforme de 480. Il échoue et est crucifié.
Les Romains ont organisé plusieurs expéditions d’exploration des territoires situés au-delà du désert du Sahara. Ces expéditions n’avaient pas pour objectif de conquérir ces territoires, mais d’ouvrir de nouvelles voies commerciales.
La première expédition romaine dans le Sahara a été lancée en 19 avant notre ère, par le proconsul d’Afrique Lucius Cornelius Balbus. Parti de Sabratha, il envahit l’oasis de Ghadamès, qui était auparavant habitée par les Garamantes. Il explore ensuite le Sahara, jusqu’au fleuve Niger. Balbus, né à Gadès (Cadiz), en Espagne, dans une famille d’origine punique, avait peut-être accès, par sa famille, à des informations sur les anciennes routes commerciales puniques. Il est le premier Romain à avoir traversé le Sahara.
En 41 de notre ère, Suetonius Paulinus, un général romain envoyé en Maurétanie pour réprimer l’insurrection d’Aedemon, devient le premier Romain à traverser les montagnes de l’Atlas. Après avoir vaincu les insurgés, il voyage à travers le Sahara marocain actuel. Il serait arrivé jusqu’au fleuve Sénégal.
Le Lac Tchad, que Ptolémée appelle « Lac des hippopotames », a toujours fasciné les Romains. En 50, Septimius Flaccus, parti de Leptis Magna, traverse le Sahara en passant par l’oasis de Sebha. Il atteint le Lac Tchad en trois mois, puis remonte les fleuves Chari et Logone.
En 90, Julius Maternus, parti de Syrte, traverse le désert jusqu’à l’oasis de Kufrah, puis poursuit son voyage avec le roi des Garamantes, jusqu’aux fleuves Bahr Salamat et Bahr Aouk, au Sud du Tchad actuel. Il retourne à Rome avec un rhinocéros à deux cornes, qui est exposé au Colisée.
Les Romains voyageaient aussi vers le Sud par voie fluviale, sur le Nil, et par la mer, en remontant les côtes ouest-africaines depuis la Maurétanie, ou par la Mer rouge, jusqu’à l’île de Zanzibar.
Des pièces de monnaie romaines ont été retrouvées en Mauritanie, vers Akjoujt et Tichitt ; au Mali, dans la région du fleuve Niger ; et plus loin en Afrique de l’Ouest.
Lactance est un écrivain et rhéteur nord-africain du 4° Siècle. Après avoir commencé sa carrière dans son Afrique natale, il deviendra le conseiller de l’Empereur romain Constantin. Après avoir été lui-même victime, en tant que chrétien, de la persécution religieuse sous les prédécesseurs de Constantin, il a beaucoup influencé la politique du premier Empereur chrétien, en l’encourageant à la tolérance religieuse pour tous ses sujets, chrétiens, juifs ou païens.
Vie de Lactance
Lactance
Lucius Caecilius Firmianus, dit Lactance, est né vers 250, en Afrique romaine, dans une famille d’origine amazighe ou punique, selon les sources. Sa ville de naissance est inconnue : une inscription à Cirta (Constantine) mentionne un certain L. Caecilius Firmianus, mais on ne sait pas s’il s’agit de lui.
Dans sa jeunesse, il étudie la rhétorique auprès d’Arnobe de Sicca. On ne sait pas s’il s’est converti au christianisme sous l’influence d’Arnobe ou s’il était déjà chrétien avant lui. Il enseigne ensuite la rhétorique dans sa ville natale.
Vers 300, l’Empereur romain Dioclétien le recrute pour enseigner la rhétorique à la cour impériale. Il fait la connaissance de beaucoup de personnalités haut-placées, notamment le futur Empereur Constantin. En 303, Dioclétien publie un édit contre les chrétiens, qui ordonne que tous leurs lieux de culte soient détruits, leurs textes sacrés brûlés, leurs réunions interdites et tous les chrétiens qui servent dans l’administration impériale exclus. Lactance, qui a vu venir cet édit, démissionne de son poste à la cour peu avant sa publication. Au cours des prochaines années, plus de 3000 chrétiens, partout dans l’Empire (dont beaucoup en Afrique), sont mis à mort pour leur foi. Lactance est témoin de cette persécution et écrira par la suite un livre à ce sujet.
Dioclétien abdique en 305. Son successeur, Galère, continue à persécuter les chrétiens. Sous la pression croissante de Constantin, il sera finalement contraint de publier un édit de tolérance, en 311, quelques jours avant sa mort. Pour la première fois dans l’histoire romaine, le christianisme est une religion reconnue.
A la cour de Constantin
Constantin
Le nouvel Empereur, Constantin, se convertit lui-même au christianisme en 312. Son intérêt pour la nouvelle religion est plus ancien : dès 310, en pleine persécution, il a choisi le chrétien Lactance comme tuteur de son fils. Après la conversion de l’Empereur, Lactance deviendra son principal conseiller en matière de politique religieuse.
Le contexte dans lequel Lactance exerce ces responsabilités est très particulier : les chrétiens ne sont plus persécutés et l’administration impériale favorise même la nouvelle religion, mais la majorité de la population de l’Empire est toujours païenne. L’élite, surtout, demeure attachée aux anciennes traditions religieuses. Dans ce contexte nouveau, l’Empereur se demande comment il doit se comporter envers ses sujets qui ne partagent pas sa foi. Doit-il chercher à l’imposer par la force, en persécutant les païens comme ses prédécesseurs païens persécutaient les chrétiens ? Lactance lui conseille, au contraire, de mener une politique de tolérance religieuse, fondée sur la nature volontaire du culte rendu à Dieu : la contrainte ne fait pas de nouveaux croyants, mais seulement des hypocrites.
Manuscrit des Institutions divines
Lactance expose sa vision de la tolérance religieuse au livre 5 de ses Institutions divines. Voici quelques extraits qui résument sa pensée : « Il ne faut pas user de force puisque la religion doit être libre. Il faut employer les paroles plutôt que les coups, afin que ceux qui l’embrasseront l’embrassent volontairement. […] Il y a une extrême différence entre la cruauté et la piété. La vérité et la justice ne s’accordent point avec la dureté ni avec la violence. […] Il faut défendre la religion non en tuant les autres, mais en mourant pour elle ; non par la rigueur des supplices, mais par la patience ; non par des crimes, mais par la foi. La religion étant un bien, elle ne veut point être défendue par le mal. Si vous entreprenez de la défendre en répandant le sang, en exerçant des cruautés, et en commettant des crimes, bien loin de la défendre vous la violez. Il n’y a rien de si volontaire que la religion, et elle est entièrement détruite pour peu que la liberté de celui qui offre son sacrifice soit contrainte. Le meilleur moyen de défendre la religion est de mourir pour elle. On l’autorise de cette sorte devant les hommes, et en même temps on conserve à Dieu la fidélité qu’on lui a vouée. […] La foi que nous gardons à Dieu est suivie d’une récompense d’autant plus solide et plus éclatante, qu’elle dure non seulement autant que la vie présente qui est fort courte, mais autant que la vie future qui est éternelle. »
L’argumentation de Lactance est fondée sur l’idée chrétienne de Dieu et de l’homme, sa créature, appelée à l’adorer en justice et en vérité, car Dieu est justice et vérité. Le véritable culte rendu à Dieu doit être volontaire : s’il est contraint, il ne sera pas sincère et n’aura donc aucune valeur. D’ailleurs, en persécutant les chrétiens, les païens ont montré par cela même qu’ils sont dans l’erreur, puisque la violence est contraire à la justice de Dieu.
Constantin s’est efforcé de mettre en pratique ces principes dans sa politique religieuse : ses lois et discours officiels affirment régulièrement la vérité du christianisme, mais aucune sanction n’est prévue pour ceux qui refusent de l’accepter. Les chrétiens qui abusent de leur nouvelle influence pour traiter injustement les juifs ou les païens sont sanctionnés. Il ne s’agit pas de neutralité religieuse, au sens de la laïcité occidentale, mais de liberté religieuse, fondée sur le droit à l’erreur.
On retrouve le même principe dans le Coran : « لَآ إِكْرَاهَ فِى ٱلدِّينِ قَد تَّبَيَّنَ ٱلرُّشْدُ مِنَ ٱلْغَىِّ » en français : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. » (Sourate 2:256) Le pacte d’Omar, entre le deuxième calife Omar ibn al-Khattab et les communautés chrétiennes et juives de Syrie, applique ce principe en reconnaissant les droits des minorités religieuses en terre d’islam. Lactance va cependant encore plus loin, en affirmant que la religion est entièrement une question de conscience individuelle, pas seulement communautaire, ce qui exclut par ex. l’interdiction de l’apostasie.
L’obligation du jeûne du Ramadan : un point de tension récurrent dans les sociétés nord-africaines
A notre époque, où de plus en plus de Nord-Africains résidant à l’étranger choisissent de revenir au pays à cause des discriminations croissantes contre les musulmans en Occident, tandis que de plus en plus de voix s’élèvent pour défendre le respect des libertés individuelles et le droit de choisir sa religion dans nos pays, les réflexions de notre « compatriote » Nord-Africain Lactance nous offrent un autre modèle de tolérance et de coexistence entre concitoyens aux convictions et aux choix de vie différents.
Alexandre le Grand, le plus grand conquérant de l’Antiquité, a conquis un Empire qui s’étendait de sa Macédoine natale jusqu’au fleuve Indus. Ses conquêtes ont suscité une grande crainte à Carthage, au point où les Carthaginois ont décidé d’envoyer un espion pour les tenir informés de ses projets.
Alexandre le Grand – Mosaïque retrouvée à Pompéi
Contexte : les campagnes d’Alexandre le Grand
Le jeune roi Alexandre III de Macédoine, qui a hérité de son père un Royaume qui domine déjà la plus grande partie de la Grèce, avait surtout pour ambition de vaincre l’ennemi mortel des Grecs : l’immense Empire perse. Il traverse l’Hellespont en 334, et se lance à la conquête de l’Asie mineure (Turquie actuelle).
Siège de Tyr – Dessin d’André Castaigne
En 332, il assiège Tyr, la capitale de la confédération de cités-Etats phéniciennes. Pendant ce siège, les femmes et les enfants de la ville sont évacués à Carthage. Alexandre le Grand finit par comprendre qu’il ne pourra prendre la ville qu’avec une flotte. A ce moment-là, 80 navires perses originaires de villes qu’il a déjà conquises se rallient à lui, suivis de 120 navires venus de Chypre, qui ont entendu parler de ses exploits et souhaitent le rejoindre. Grâce à cette flotte, il prend le contrôle de la ville. La civilisation phénicienne, qui dominait jadis une grande partie du bassin méditerranéen, n’existe désormais plus que dans la diaspora, centrée sur Carthage.
En octobre 331, il affronte l’armée de l’Empereur de Perse Darius III, à Gaugamela (probablement Tel Gomel, près d’Erbil, dans le Kurdistan iraquien actuel). Sa victoire est totale. L’Empire perse, l’ennemi historique des Grecs, est vaincu. Au cours des prochaines années, il étend ses conquêtes de plus en plus loin vers l’Orient. A sa mort, en 323, il règne sur le plus grand Empire de l’histoire antique.
La réaction de Carthage
Statue équestre d’Alexandre le Grand à Thessalonique
Au début des campagnes d’Alexandre le Grand, les Carthaginois le voyaient avec une certaine indifférence : son armée était loin de leurs frontières et s’intéressait surtout aux régions orientales. Cela a changé après la conquête de Tyr, la cité-mère de Carthage, avec laquelle l’ancienne colonie avait gardé des liens étroits : les Carthaginois craignaient à présent qu’après avoir atteint son objectif en Orient, Alexandre le Grand ne se tourne vers l’Occident, vers leur Empire. Cette crainte s’est encore accentuée après la fondation d’Alexandrie, sur la rive Sud de la Mer Méditerranée, dont le port menaçait de devenir un rival de poids pour Carthage.
L’espion carthaginois Hamilcar le Rhodien – Image créée par ChatGPT
C’est à ce moment-là que les autorités carthaginoises ont décidé d’envoyer un espion auprès d’Alexandre le Grand. Cet espion est appelé Hamilcar le Rhodien (à ne pas confondre avec Hannibal le Rhodien, un officier carthaginois pendant la Première guerre punique). Sa mission était de les tenir informés de ses projets, notamment s’il prévoyait d’attaquer Carthage.
Cet espion carthaginois n’est mentionné que par trois auteurs antiques : Frontin, un officier militaire romain du 1° Siècle, Justin, un historien latin du 2° Siècle, et Paul Orose, un auteur chrétien du 5° Siècle, qui a écrit une histoire du monde dans une perspective chrétienne. Tous ces auteurs ont écrit plusieurs siècles après les faits, ce qui a amené certains historiens modernes à mettre en doute leur témoignage. Il est cependant possible qu’ils s’inspirent de sources plus anciennes, qui sont perdues. La plupart des historiens acceptent aujourd’hui que l’épisode de l’envoi de l’espion carthaginois est bien historique.
Les craintes carthaginoises étaient-elles fondées ? Alexandre le Grand avait-il effectivement l’intention de revenir attaquer Carthage après avoir conquis l’Orient ? Sur ce point, les historiens modernes sont en désaccord : selon certaines sources, après sa conquête de Tyr, il aurait renvoyé des Carthaginois vivant dans la ville avec le message que le tour de Carthage viendrait, mais même si c’est vrai, il pourrait s’agir davantage de rhétorique guerrière que d’un projet de conquête à venir. En tout cas, les craintes carthaginoises étaient bien réelles.
Qu’Alexandre le Grand ait effectivement eu l’intention de conquérir Carthage ou non, il n’en a pas eu le temps : il est mort en 323, à Babylone, à seulement 32 ans.
D’après l’Histoire Auguste, une collection de biographies d’Empereurs romains écrite au 4° Siècle, un certain Celse, un tribun militaire basé en Afrique romaine, s’est proclamé Empereur pendant le règne de Gallien (253-268). L’Histoire Auguste n’est pas considérée comme une source historique fiable : la plupart des historiens modernes pensent que cet usurpateur n’a jamais existé.
Son fils Gallien, qui lui succède, fait face à des usurpateurs qui profitent de la situation pour lui contester le trône. L’un d’eux, Postume, le gouverneur de la province de Germanie, prend le contrôle de la Gaule et de la Bretagne, où il établit un Empire rival.
Avant son exil, Valérien avait lancé une féroce campagne de persécution contre les chrétiens de son Empire, au cours de laquelle l’évêque Cyprien de Carthage est mort en martyr. Les chrétiens voyaient sa capture par les Perses comme un jugement divin. Gallien, sensible à cette idée, accorde la liberté religieuse aux chrétiens.
La rébellion de Celse
L’Histoire Auguste mentionne trente usurpateurs pendant le règne de Gallien. S’il est certain qu’il y en a eu beaucoup, ce nombre est certainement exagéré, afin d’obtenir un parallèle avec les trente tyrans d’Athènes, au 5° Siècle avant notre ère. Plusieurs noms mentionnés dans l’Histoire Auguste n’ont jamais revendiqué le trône impérial et quelques-uns sont tout simplement fictifs.
D’après l’Histoire Auguste, Celse était un simple tribun militaire qui vivait tranquillement sur ses terres, près de Sicca (El Kef), en Afrique romaine, lorsqu’il a été soudain proclamé Empereur par le proconsul d’Afrique et le général gardien des frontières libyennes. Sa nomination était si inattendue qu’il n’a pas pu se procurer les insignes du pouvoir et a été obligé de revêtir une robe prise sur la statue d’une déesse. Sa chute a été tout aussi rapide : il a été tué après sept jours et son corps a été dévoré par les chiens. Après sa mort, les habitants de Sicca ont témoigné de leur loyauté à l’Empereur Gallien, en portant l’effigie de son rival à travers la ville, accrochée à une croix.
Cet épisode est fictif. Il serait très surprenant que le proconsul d’Afrique choisisse de soutenir une figure de si faible envergure comme Empereur, au lieu de revendiquer le trône lui-même. Il s’agit probablement d’une invention de l’auteur de l’Histoire Auguste, pour parvenir au chiffre symbolique de trente usurpateurs.
Dans l’histoire de l’Empire romain, le premier Nord-Africain à avoir revendiqué le trône était un officier militaire appelé Albinus, originaire de Hadrumetum (Sousse). Nommé gouverneur de Bretagne romaine par l’Empereur Commode, il se proclame Empereur pendant la crise qui a suivi la mort de Commode. Comme il n’est pas assez puissant s’imposer dans tout l’Empire, il fait alliance avec un autre militaire d’origine africaine : Septime Sévère, qui en fait son Empereur auxiliaire, avant de le tuer.
L’Empereur Commode est assassiné en décembre 192. Le préfet du prétoire Quintus Aemilius Laetus, qui a participé au complot contre lui, était d’origine africaine, de Thenae (Thyna, près de Sfax, en Tunisie actuelle).
L’armée a choisi le sénateur Pertinax pour succéder à Commode, mais il n’a régné que trois mois avant d’être assassiné à son tour. La garde prétorienne a alors vendu le trône impérial au riche sénateur Didius Julianus (qui avait également des liens avec l’Afrique, par sa mère, issue d’une famille romaine installée à Hadrumetum (Sousse)). L’armée, scandalisée de voir le trône vendu aux enchères, s’est révoltée. Au cours de cette année, plusieurs militaires ont revendiqué le trône impérial, dont Albinus, soutenu par les légions romaines en Bretagne.
Dans la guerre civile qui a suivi, Albinus a fait alliance avec un autre militaire, également d’origine africaine : Septime Sévère. Après sa conquête de Rome, Septime Sévère devient le premier Empereur d’origine africaine. Albinus accepte de servir comme César (vice-Empereur) sous ses ordres, gouvernant la partie occidentale de l’Empire.
Après la défaite des autres prétendants au trône, Septime Sévère, résolu à s’imposer comme le seul maître de l’Empire, décide d’écarter Albinus, qui est tué en 197.
Au début du 4° Siècle, l’Empire romain est déchiré par une série de guerres civiles entre prétendants au trône impérial. Dans ce contexte, le vicaire des provinces romaines d’Afrique du Nord, Domitius Alexander, s’est brièvement proclamé Empereur.
Contexte
L’Empire romain divisé
En 293, l’Empereur Dioclétien réforme profondément l’administration impériale. L’Empire est divisé, avec pour Empereurs Dioclétien en Orient et Maximien en Occident. Chacun des deux Empereurs est secondé par un César (Empereur auxiliaire), destiné à lui succéder. Cette Tétrarchie (pouvoir de quatre hommes) est destinée à augmenter la capacité d’action du pouvoir. Dioclétien veut aussi abolir la succession héréditaire, en faveur du choix des meilleurs.
Ce régime de partage du pouvoir échouera à cause de l’ambition de ces hommes, qui veulent chacun régner seuls. En 305, Dioclétien abdique volontairement en faveur de son César, Galère, et contraint Maximien à faire de même, mais Maximien est réticent à renoncer au pouvoir. Lorsque Constance Chlore, le César et successeur de Maximien, meurt en 306, une guerre civile éclate dans la partie occidentale de l’Empire, entre Sévère, son successeur désigné, son fils Constantin, qui a le soutien des troupes de son père, et Maxence, le fils de Maximien. Dioclétien, découragé par l’échec du système qu’il a mis en place, se suicide en 311.
La révolte de Domitius Alexander
Pièce de monnaie à l’effigie de Domitius Alexander
Domitius Alexander est le vicaire (gouverneur-général) du diocèse d’Afrique, qui regroupe les provinces romaines d’Afrique du Nord (sauf la Maurétanie tingitane, qui fait partie du diocèse d’Hispanie). Il n’est pas lui-même d’origine africaine.
Vers 308, Maxence, un des prétendants au trône en Occident, envoie son portrait en Afrique pour être reconnu en tant qu’Empereur. Les troupes romaines stationnées à Carthage refusent. Alors, Maxence ordonne à Domitius Alexander d’envoyer son fils comme otage à Rome. Domitius Alexander refuse et se fait proclamer Empereur par son armée.
Domitius Alexander dispose d’un excellent moyen de pression sur Rome : ce sont les provinces africaines qui approvisionnent la capitale impériale en blé. Alors que Maxence domine l’Italie, Domitius Alexander fait alliance avec Constantin, qui contrôle la Bretagne et la Gaule.
En 310, Maxence envoie une armée en Afrique, qui prend facilement le dessus sur les troupes de Domitius Alexander, sans grande résistance. Carthage et Cirta sont pillées à l’occasion de cette guerre. Domitius Alexander lui-même est tué.
Par la suite
En 312, Constantin remporte une victoire décisive contre Maxence en Italie, lors de la Bataille du Pont Milvius, devenant le seul maître de l’Empire romain d’Occident. Constantin attribue sa victoire à Christ et se convertit au christianisme, devenant le premier Empereur romain chrétien.
Après sa victoire, Constantin reconstruit Cirta, largement détruite après la révolte de Domitius Alexander, et renomme la ville Constantine.
Une dizaine d’années plus tard, Constantin construit une « nouvelle Rome » sur le Bosphore, qui deviendra la capitale de son Empire : Constantinople, la ville de Constantin.