Le christianisme en Afrique du Nord

Victor de Tunnuna : l’évêque nord-africain qui a écrit une Chronique de l’histoire du monde

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Au 6° Siècle, l’évêque nord-africain Victor de Tunnuna a été emprisonné par l’Empereur byzantin Justinien, pour avoir refusé de se soumettre à un édit impérial condamnant certains textes religieux. En prison, il a écrit une suite à la Chronique de l’histoire du monde, commencée par Jules l’Africain.

Victor de Tunnuna – Image créée par ChatGPT

Au début du 6° Siècle, l’Empereur byzantin Justinien a décidé de condamner trois textes religieux. Cette décision a provoqué une importante controverse qui a divisé l’Eglise pendant plusieurs décennies. Les responsables d’église nord-africains ont joué un rôle crucial dans cette controverse, en défendant les textes condamnés et en rejetant toute ingérence impériale dans les affaires de l’Eglise.

Victor de Tunnuna était l’évêque chrétien de la ville de Tunnuna. Cette ville était située en Tunisie actuelle, son emplacement exact est inconnu. Comme les autres évêques nord-africains, Victor de Tunnuna a refusé de se soumettre à la décision de l’Empereur. A cause de cela, il a été exilé dans les Îles Baléares, puis emprisonné dans un monastère à Constantinople. Il est mort en prison.

Jérôme de Stridon, qui a traduit la Chronique en latin

Pendant son emprisonnement, Victor de Tunnuna a écrit une suite à un ouvrage important de l’Eglise des premiers siècles. La Chronique de Jules l’Africain, un érudit chrétien d’origine nord-africaine du 3° Siècle, est une chronique de l’histoire du monde, de sa création à l’époque de l’auteur. Il s’agit du premier livre historique écrit dans une perspective chrétienne. La Chronique de Jules l’Africain contient notamment la seule liste complète des vainqueurs des Jeux Olympiques.

Au cours des siècles suivants, chaque génération a entrepris de continuer la Chronique de Jules l’Africain, avec les événements survenus pendant leur vie. Le premier à avoir fait ce travail est Eusèbe de Césarée, puis Jérôme de Stridon, qui a traduit la Chronique du grec en latin. Ensuite, Prosper d’Aquitaine, un disciple d’Augustin d’Hippone, a écrit une suite à la Chronique, jusqu’au milieu du 5° Siècle.

Isidore de Séville

Victor de Tunnuna a repris ce travail à son tour, alors qu’il était emprisonné à Constantinople. Il écrit sur les événements survenus entre 444 et 566. Il s’intéresse notamment à l’Afrique vandale et à la reconquête byzantine, ainsi qu’aux polémiques théologiques survenues pendant cette période. Il mentionne aussi comment l’évêque Laetus de Nepta (Nefta, en Tunisie actuelle), brûlé vif pour sa foi à l’époque vandale, serait apparu en rêve à l’Empereur byzantin Justinien, pour le supplier de délivrer l’Afrique du Nord des Vandales.

Après Victor de Tunnuna, son travail a été poursuivi par l’évêque espagnol Jean de Biclar, qui écrit surtout sur l’histoire byzantine et sur les rois Visigoths d’Espagne. Le dernier continuateur de la Chronique est l’évêque Isidore de Séville, au 7° Siècle. A cause de sa mort en prison pour avoir refusé d’obéir à l’Empereur, Isidore de Séville décrit Victor de Tunnuna comme un martyr.

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