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Aurelius Victor, appelé aussi Victor Afer, est un historien romano-africain du 4° Siècle, considéré comme l’historien de référence pour cette époque. Il a écrit un ouvrage monumental sur l’histoire de la Rome impériale, de l’Empereur Auguste aux successeurs de Constantin.

Origines et débuts
Sextus Aurelius Victor est né vers 320, dans une région rurale d’Afrique du Nord (peut-être vers Leptis Magna). Il grandit dans la pauvreté et est le premier de sa famille à avoir appris à lire et à écrire. Il étudie d’abord à Carthage, puis à Rome. Il fait ensuite carrière dans l’administration romaine et est envoyé dans les Balkans, une région au cœur du système civil romain. En tant que fonctionnaire, il est témoin de la guerre civile des années 350, sur laquelle il reviendra dans son œuvre. Son surnom, Victor Afer, fait référence à ses origines africaines.

Vers 360, il se fait connaître en publiant un ouvrage historique : De Caesaribus (Des Césars), qui couvre toute l’histoire de l’Empire romain, de sa fondation par Auguste jusqu’au règne de Constantin, le premier Empereur à avoir adopté la nouvelle religion chrétienne, et de son fils Constance II. Son livre devient vite un ouvrage historique de référence.
Victor Afer et l’Empereur Julien

En 361, le nouvel Empereur Julien, qui admire son œuvre, convoque Victor Afer à sa cour à Naissus (Niš, en Serbie actuelle), la ville de naissance de Constantin, et le nomme gouverneur de la province de Pannonie. Julien fait même construire une statue de bronze en son honneur à Naissus.
L’ambition de l’Empereur Julien va au-delà de la promotion d’un historien talentueux : Julien, le neveu de Constantin, a renié son éducation chrétienne et cherche à rétablir la religion traditionnelle romaine comme le culte officiel de son Empire. Pour cette raison, il est surnommé « Julien l’Apostat » par les historiens chrétiens. Victor Afer est également païen, comme Julien, alors que la majorité de la population romaine est déjà chrétienne à cette époque. En recrutant Victor Afer, Julien veut faire de lui un allié dans son ambitieuse vision : restaurer la gloire passée de la Rome antique, en rétablissant le culte des dieux de ses ancêtres.
Julien est tué au combat contre les Perses après deux ans de règne. Son projet de rétablissement du paganisme a échoué. Tous les Empereurs romains après lui seront chrétiens.
Par la suite

La carrière publique de Victor Afer n’est pas terminée pour autant : il continue à gravir les échelons de l’administration romaine, jusqu’à devenir consul. En 389, il est même nommé préfet de la ville de Rome. Cette nomination est d’autant plus surprenante qu’il a été choisi par Théodose le Grand, un Empereur réputé pour son hostilité envers les païens, qui a proclamé le christianisme comme religion officielle de l’Empire !
Tout au long de sa carrière, Victor Afer continue aussi son travail d’historien. Ses fonctions civiles font de lui un témoin privilégié des intrigues politiques de son époque, qu’il expose et analyse dans son œuvre. En plus de son ouvrage principal, De Caesaribus, il a également écrit De Viris Illustribus (Des hommes illustres), une collection de courtes biographies de personnages importants de l’histoire romaine. Un livre Origo Gentis Romanae (Origines du peuple romain) lui était attribué dans le passé, mais cette attribution est aujourd’hui contestée.
Bien que Victor Afer était païen et très critique de Constantin et des autres Empereurs chrétiens, son œuvre était néanmoins très appréciée aussi de ses contemporains chrétiens. Le Père de l’Eglise Jérôme de Stridon, dans une de ses lettres, demande au destinataire de lui envoyer une copie de l’œuvre de Victor Afer.

Malheureusement, l’œuvre de Victor Afer est largement perdue : seule une édition abrégée de De Caesaribus est parvenue jusqu’à nous. Ammien Marcellin, un autre historien contemporain de Victor Afer, qui le connaissait, est plus connu aujourd’hui. Pourtant, de son vivant, Victor Afer était considéré comme l’historien de référence pour cette époque mouvementée de l’histoire romaine.

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