Les Phéniciens en Afrique du Nord

Agadir : ville amazighe et comptoir phénicien

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Dans l’Antiquité, la ville d’Agadir était un port phénicien, le dernier maillon d’une chaîne de comptoirs commerciaux qui s’étendait le long de la côte atlantique. Le nom de la ville est cependant d’origine amazighe, ce qui montre que ce site était connu des populations autochtones de la région bien avant l’arrivée des navires phéniciens. Ce nom a même été emprunté par les Phéniciens, qui ont appelé ainsi plusieurs autres villes qu’ils ont fondées.

Après la fondation de Carthage, des marchands phéniciens ont fondé une chaîne de comptoirs commerciaux au-delà des Colonnes d’Hercule, sur la côte atlantique du Maroc actuel. Depuis ces comptoirs, les Phéniciens nouaient des relations avec les populations autochtones et faisaient du commerce avec eux. Le dernier de ces comptoirs était probablement situé sur le Cap Ghir. On ne sait rien d’autre sur ce comptoir, qui n’a jamais été très important (contrairement à celui des Îles Purpuraires, au large d’Essaouira, où les Phéniciens ont développé une fabrique de pourpre). Des vestiges phéniciens, essentiellement des poteries, ont été retrouvés dans la région.

Agadir de Tasguent, Anti-Atlas

Le nom « Agadir » est d’origine amazighe : un « agadir » (en tifinagh : ⴰⴳⴰⴷⵉⵔ) est un grenier fortifié, utilisé par les tribus amazighes des montagnes pour stocker leurs récoltes et leurs autres possessions. On en trouve encore plusieurs au Maroc, à travers le Haut-Atlas, l’Anti-Atlas et la Vallée du Draa. Lorsque les Phéniciens sont arrivés dans la région, ils ont emprunté ce terme : en langue punique, un « gadir » (𐤀𐤂𐤃𐤓) est un mur, une enceinte fortifiée. Les Phéniciens ont donné ce nom à plusieurs autres villes qu’ils ont fondées, notamment Gadir (Cadiz), au Sud de l’Espagne.

Itinéraire possible de Hannon le Navigateur

Au 5° Siècle avant notre ère, l’explorateur carthaginois Hannon le Navigateur a mené une expédition d’exploration de la côte ouest-africaine, en fondant des colonies sur sa route (ou, plus probablement, en rétablissant d’anciennes colonies phéniciennes abandonnées). Son récit de voyage mentionne cinq villes qu’il a fondées : Karikon-Teichos (château du soleil), Gytte (peut-être dérivé de geth, « bétail », ou de gt, « pressoir »), Akra (promontoire), Melitta (abeille à miel) et Arambys (montagne de raisins). Ces villes sont difficiles à identifier avec certitude. Certains pensent que Akra correspond à Agadir. La plupart des spécialistes les situent cependant plus au Nord, entre El-Jadida et Essaouira. L’identification la plus communément admise pour ces cinq villes, d’après l’étymologie de leur nom, est Azemmour, El-Jadida, Oualidia, Cap Beddouza et l’Île de Mogador, au large d’Essaouira. Le fleuve Lixus, également mentionné dans l’itinéraire de voyage, est probablement le Oued Draa.

Arganier

Parmi les produits que les populations locales vendaient aux Phéniciens, il y avait l’huile d’argan, produite par les Amazighs à partir du fruit de l’arganier, un arbre qui pousse uniquement dans cette région du monde. Il y a plus de 3000 ans, les Phéniciens exportaient déjà de l’huile d’argan à travers tout le bassin méditerranéen et s’en servaient comme complément alimentaire et comme cosmétique.

Phare du Cap Ghir, construit en 1926

A l’époque romaine, le Cap Ghir était connu comme « Cap Rhysaddir ». Ce nom, mentionné par l’historien Polybe, vient du phénicien Rs ‘dr, « Cap du Puissant », probablement en référence à la déesse punique Tanit. Il n’y avait apparemment pas de ville à cette époque. Le nom actuel du Cap Ghir vient du tamazight ighir (ⵉⵖⵉⵔ), qui signifie « épaule » (d’une montagne).

Agadir Oufellah

La ville actuelle a été fondée par les Portugais, en 1505, sous le nom de Santa Cruz do Cabo de Aguer (Sainte Croix du Cap Ghir). Les Portugais construisent la Casbah de Agadir Oufella. La ville devient marocaine en 1541, après sa conquête par la dynastie saadienne.

L'Afrique du Nord romaine, Les Amazighs, les premiers Nord-Africains, Les Phéniciens en Afrique du Nord

Tamusiga : la ville antique d’Essaouira

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A l’époque romaine, la ville d’Essaouira s’appelait Tamusiga. Bien qu’elle n’était pas située en territoire romain, Tamusiga entretenait des liens commerciaux avec l’Afrique romaine. Les Îles Purpuraires, au large de la ville, contenaient une importante fabrique de pourpre qui remontait à l’ère phénicienne.

Les Îles Purpuraires, au large de Essaouira

Origines

Assiette phénicienne du 7° Siècle, retrouvée sur l’Île de Mogador

Les origines de la ville se perdent dans la nuit des temps. Après la fondation de Carthage, des marchands phéniciens ont fondé une chaîne de comptoirs commerciaux au-delà des Colonnes d’Hercule, sur la côte atlantique du Maroc actuel. Le dernier de ces comptoirs était probablement Agadir. Le site de Essaouira, qui offre un des meilleurs ancrages sur ces côtes, a certainement accueilli un de ces comptoirs. Les plus anciens vestiges phéniciens sur ce site remontent au 7° Siècle avant notre ère.

Les Phéniciens ont noué des relations avec les populations autochtones et faisaient du commerce avec eux. Sur les îles situées au large de Essaouira, ils ont développé une fabrique de teinture pourpre, à partir des coquillages qu’ils trouvaient sur la côte. L’industrie de la pourpre a donné à ces îles le nom d’Îles Purpuraires.

Arganier

En plus de la pourpre, les Phéniciens faisaient aussi du commerce d’huile d’argan, produite par les populations amazighes locales à partir du fruit de l’arganier, un arbre qui pousse uniquement dans cette région du monde. Il y a plus de 3000 ans, les Phéniciens exportaient déjà de l’huile d’argan à travers tout le bassin méditerranéen et s’en servaient comme complément alimentaire et comme cosmétique.

Itinéraire possible de Hannon le Navigateur

Au 5° Siècle avant notre ère, l’explorateur carthaginois Hannon le Navigateur a mené une expédition d’exploration de la côte ouest-africaine, en fondant des colonies sur sa route. Dans son itinéraire de voyage, la ville punique située sur le site d’Essaouira est appelée Arambys (Har Anbin, « montagne des raisins »). Elle était probablement abandonnée avant la visite de Hannon. Certains spécialistes identifient l’Île de Cerné, également mentionnée dans son itinéraire de voyage, à l’Île de Mogador, mais la plupart pensent que cette île est située plus au Sud, dans le Banc d’Arguin, en Mauritanie actuelle.

Des Phéniciens aux Amazighs et aux Romains

Après la chute de Carthage, les anciens comptoirs puniques ont été annexés par le Royaume de Maurétanie.

Manteau de pourpre romain

Le roi de Maurétanie Juba II rétablit l’ancienne industrie de fabrication de pourpre sur les Îles Purpuraires. A l’époque romaine, la pourpre était employée pour teindre les toges des sénateurs romains. Juba II organise aussi une expédition au départ des Îles Purpuraires pour explorer les Iles Canaries.

Pendant le règne de Juba II, une ville s’est développée sur les Îles Purpuraires. Les Amazighs l’appelaient Amagdul (« bien gardée »). Les Romains l’ont renommée Tamusiga. La ville était limitée aux îles : la baie d’Essaouira n’était pas occupée avant l’ère moderne.

Amphore originaire d’Hispanie bétique, 2° Siècle
Pièces de monnaie romaines du 3° Siècle, retrouvées sur l’île de Mogador

Tamusiga était la plus grande ville de Maurétanie située au-delà des frontières de l’Empire romain. Elle entretenait cependant des liens commerciaux étroits avec l’Afrique romaine, à travers son port. Une villa et une nécropole romaines ont été excavées, ainsi qu’un vase et des pièces de monnaie, conservés aujourd’hui Musée Sidi Mohammed ben Abdallah, à Essaouira.

Par la suite

Sanctuaire Regraga

Après la chute de l’Empire romain, Tamusiga a été abandonnée. La région environnante était habitée par des tribus amazighes, notamment les Regraga, qui étaient de religion chrétienne avant l’arrivée de l’islam. D’après une légende, pendant la vie du Prophète Mohammed, sept hommes de la tribu Regraga ont voyagé à La Mecque, où ils se sont convertis à l’islam.

Tombeau de Sidi Mogdoul, à Essaouira

Au 11° Siècle, Sidi Mogdoul, un saint musulman issu de la tribu Regraga, a été enterré à Essaouira. Son nom est probablement à l’origine de Mogador, le nom donné à la ville par les Portugais. Les anciens Amazighs l’appelaient déjà Amagdul, du phénicien Migdol, « petite forteresse ».

La Casbah de Essaouira, construite par Sidi Mohammed ben Abdallah

Au début du 16° Siècle, les Portugais construisent une forteresse à Mogador. Ils doivent faire face à la féroce résistance des Regraga et seront finalement chassés par les Saadiens. Le sultan saadien Ahmed al-Mansour établit une importante sucrerie dans la région de Essaouira et importe des esclaves Noirs originaires d’Afrique subsaharienne pour y travailler – les ancêtres des fameux Gnaouas. La ville moderne a été construite au 18° Siècle, par le sultan alaouite Sidi Mohammed ben Abdallah (Mohammed III). A la fin du protectorat, Mogador est renommée Essaouira, de l’arabe الصويرة (as-sawîra), « petite muraille » – un sens proche de l’ancien nom amazigh, phénicien et latin.

Synagogue Slat Lkahal de Essaouira

La communauté juive d’Essaouira, très influente jusqu’à aujourd’hui, remonte au 18° Siècle. Il est cependant possible qu’il y avait déjà des Juifs à Tamusiga à l’époque romaine : aucune trace archéologique ne l’atteste, mais c’est plausible dans la mesure où des communautés juives vivaient dans les villes de Maurétanie romaine, comme Volubilis et Sala. Pour la même raison, une présence chrétienne à la même époque n’est pas documentée, mais probable.

Aujourd’hui, la ville de Essaouira est fière de son héritage multiculturel, avec ses racines européennes, marocaines et subsahariennes (festival Gnaoua) et ses influences musulmanes, juives et chrétiennes. L’histoire antique montre que cette diversité n’est pas nouvelle : il y a plus de 2000 ans déjà, autochtones amazighs, commerçants phéniciens et aventuriers romains se côtoyaient dans le port et dans les rues de la ville.

Vue d’Essaouira aujourd’hui
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Carthage au secours de la Phénicie

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Vers le début du 6° Siècle avant notre ère, Tyr, la cité-mère de Carthage, était menacée par l’Empire babylonien, si bien qu’elle ne pouvait plus assurer la défense des colonies phéniciennes dans le bassin méditerranéen occidental. Carthage, qui avait récemment pris son indépendance, a alors pris le relais. Son rôle de protecteur des autres colonies phéniciennes lui a permis de poser les bases de l’Empire carthaginois.

Contexte

Siège de Tyr

Au 7° Siècle, Tyr et les autres cités-États phéniciennes sont passées sous la domination de l’Empire assyrien, tout en gardant une large autonomie. L’affaiblissement de Tyr a permis à Carthage de prendre son indépendance, vers 650.

Ensuite, Tyr a été assiégée par le roi Nabuchodonosor de Babylone, de 586 à 573. Nabuchodonosor n’est jamais parvenu à conquérir la ville, mais après 13 ans de siège, les Tyriens se sont rendus.

Carthage protectrice des villes phéniciennes

En 580, un groupe de colons grecs originaires de Rhodes et de Cnide, mené par Pentathlos de Cnide, tente d’établir une colonie grecque en Sicile, sur l’emplacement de la future ville de Lilybée (aujourd’hui Marsala). D’autres colonies grecques, comme Syracuse, avaient déjà été fondées auparavant, mais elles étaient éloignées des villes phéniciennes à l’Ouest de l’île et ne représentaient pas une menace pour elles. Cette fois, la nouvelle colonie est située en plein territoire phénicien, tout près de la ville de Motya.

La Sicile au 6° Siècle – Bleu : zone d’influence grecque – Violet : zone d’influence phénicienne – Clic pour agrandir

Les Phéniciens de Sicile décident de s’unir pour chasser cette nouvelle colonie grecque dans leur zone d’influence. Tyr, qui est alors assiégée par les Babyloniens, ne peut leur venir en aide. C’est donc Carthage qui prend la tête des forces phéniciennes unies.

A cette époque, la ville grecque de Sélinonte était en guerre contre les Elymes (un peuple autochtone de Sicile) de Ségeste, qui étaient alliés aux Phéniciens de Motya. Les nouveaux arrivants Grecs décident de venir en aide à leurs compatriotes de Sélinonte, mais ils sont battus par l’alliance entre les Phéniciens et les Elymes. Leur chef, Pentathlos de Cnide, est tué au combat. Les survivants s’enfuient et fondent une colonie grecque à Lipari, dans les Îles Eoliennes.

L’émergence de l’Empire carthaginois

Après cet épisode, Carthage s’impose comme force protectrice des colonies phéniciennes du bassin méditerranéen occidental. Ce rôle lui permet de prendre progressivement le contrôle des autres colonies phéniciennes.

Alors que les Phéniciens étaient une civilisation commerçante, qui fondait des colonies et achetait des biens produits par les populations environnantes, les Carthaginois ont rompu avec la tradition pacifique phénicienne en ayant recours à la force militaire afin d’étendre leur Empire.

Nécropole punique d’Utique

La conquête carthaginoise de l’Afrique du Nord a commencé sous le règne du roi Malchus (556-550). Carthage prend le contrôle des anciennes colonies phéniciennes sur le détroit de Gibraltar et en Tripolitaine. Alors que Oea (Tripoli) avait été conquise par les Grecs de Cyrénaïque, les Carthaginois reprennent la ville. Utique, la plus ancienne colonie phénicienne en Afrique, n’est passée sous contrôle carthaginois que tardivement, vers 540.

Les ambitions carthaginoises s’étendent cependant au-delà de l’Afrique. Une campagne militaire en Sicile, probablement suite à l’appel à l’aide des Phéniciens de l’île face à l’expansion grecque, permet à Carthage d’intégrer les villes phéniciennes de Sicile à son Empire.

Vers 550, Malchus est envoyé en Sardaigne, afin de soutenir les populations phéniciennes locales contre les autochtones nuragiques. Il remporte une série de victoires qui lui permettent d’établir des colonies puniques sur l’île.

Vers 540, le nouveau roi Magon de Carthage l’allie aux Etrusques pour attaquer ensemble Alalia, une colonie fondée en Corse par les Grecs de Massalia (Marseille). Les Phocéens sont vaincus et contraints d’abandonner Alalia, qui passe sous contrôle carthaginois.

L’Empire carthaginois à son apogée

Vers 530, la civilisation tartessienne, un important partenaire commercial de Carthage en Espagne, s’effondre, permettant aux Carthaginois de d’étendre leur influence en Espagne.

A partir de 480, Carthage mènera sept guerres contre les Grecs de Syracuse, pour le contrôle de la Sicile. En 397, après la destruction de Motya, les survivants fondent la ville de Lilybée, sur l’emplacement de l’éphémère colonie grecque.

Plus d’un siècle plus tard, en 332, Alexandre le Grand assiège Tyr et s’empare de la ville. La civilisation phénicienne, qui dominait jadis une grande partie du bassin méditerranéen, ne survit désormais plus que dans l’Empire carthaginois.

Les Phéniciens en Afrique du Nord

Un don du ciel : l’histoire de l’olivier en Afrique du Nord

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L’olivier est aujourd’hui un arbre typique des paysages nord-africains, qu’on aperçoit partout en se promenant en campagne. Pourtant, la culture de l’olivier en Afrique du Nord n’a commencé qu’assez récemment, il y a environ 3000 ans. Si les populations autochtones connaissaient l’olivier sauvage, l’olivier domestique a été apporté sur les navires des Phéniciens, mais aussi des Grecs de Cyrénaïque.

L’olivier : un cadeau des dieux

L’olivier est un arbre que l’on trouve dans tout le bassin méditerranéen. Sa culture joue un rôle très important dans l’économie de la région, avec des milliers de cultivars connus. L’huile d’olive, employée depuis l’Antiquité comme combustible, huile alimentaire et cosmétique, a beaucoup enrichi les peuples qui la produisaient.

Athéna offre l’olivier aux Athéniens

Les Grecs voyaient l’olivier comme un cadeau des dieux. D’après la mythologie, après la fondation d’Athènes, les dieux Athéna et Poséidon se disputaient le droit de donner leur nom à la ville. Zeus, le roi des dieux, a décrété que le dieu qui offrirait le meilleur cadeau à ses habitants l’emporterait. Poséidon a frappé un rocher avec son trident, faisant jaillir de l’eau douce. Athéna, elle, a frappé la terre de sa lance, faisant pousser un olivier. Les Athéniens ont préféré son cadeau, source de lumière et de chaleur.

En plus d’être résistant à la sécheresse, l’olivier a aussi la particularité de vivre très longtemps : il y a des arbres vieux de plusieurs milliers d’années !

La culture de l’olivier

La culture de l’olivier a commencé il y a environ 7000 ans, au Moyen-Orient. Ce n’est pas un hasard si cette époque coïncide avec le développement des premières grandes villes dans cette région.

Depuis le Moyen-Orient, la culture de l’olivier s’est répandue dans tout le bassin méditerranéen, grâce notamment aux commerçants phéniciens. En Crète, les Minoens, les premiers ancêtres de la civilisation grecque, cultivaient l’olivier il y a 5000 ans. L’huile d’olive était peut-être la source de la richesse de la civilisation minoenne. Ensuite, la culture de l’olivier s’est diffusée dans toute la Grèce.

Pressoir à olives

Les olives étaient cultivées surtout pour en faire de l’huile de lampe. Cette huile était brûlée dans les temples, comme une offrande aux dieux. Elle servait aussi à entretenir la flamme des Jeux Olympiques.

L’huile d’olive était connue dans l’Antiquité pour ses vertus médicales et cosmétiques. On s’en servait pour oindre les rois. Les Grecs se couvraient le corps et les cheveux d’huile d’olive parfumée. Les vainqueurs de compétitions sportives recevaient une couronne de branches d’olivier. Aujourd’hui, le rameau d’olivier est un symbole universel de paix.

L’huile d’olive était aussi employée en cuisine. Elle est aujourd’hui un ingrédient de base de toute la cuisine du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen. Ses vertus nutritives sont nombreuses : riche en vitamines et en bonnes graisses, elle est aussi faible en cholestérol.

L’olivier jouait aussi un rôle important dans la religion juive, puis dans le christianisme et dans l’islam. Les prêtres juifs étaient oints d’huile et certaines traditions chrétiennes s’en servent pour les baptêmes. L’olivier est mentionné dans la Bible et dans le Coran, toujours comme une source de richesse.

L’olivier en Afrique du Nord

L’olivier sauvage était présent en Afrique du Nord depuis toujours. Les premiers habitants de la région le connaissaient : ils s’en servaient comme combustible, et peut-être aussi comme nourriture ; mais ils ne le cultivaient pas.

Ce sont les deux grandes civilisations maritimes du bassin méditerranéen, les Phéniciens et les Grecs, qui ont commencé à cultiver des oliviers sur les côtes nord-africaines. Alors que les Grecs de Cyrénaïque le cultivaient surtout eux-mêmes, les Phéniciens, étant davantage commerçants qu’agriculteurs, ont appris aux populations amazighes locales à en cultiver sur leurs terres, particulièrement fertiles. Ainsi, les Amazighs de Numidie et de Maurétanie ont appris à cultiver l’olivier, à greffer des branches d’olivier sauvage sur des oliviers domestiques et à produire de l’huile d’olive.

A l’époque romaine, la culture de l’olivier a certainement beaucoup contribué à faire de l’Afrique du Nord une des régions les plus riches de l’Empire.

Avec la découverte du pétrole, l’usage de l’huile d’olive comme combustible a cessé. Aujourd’hui, la culture de l’olivier est surtout alimentaire. Environ 80% des olives cultivées servent à produire de l’huile, tandis que 20% sont des olives de table, destinées à être mangées. L’huile d’olive est l’huile de cuisson la plus couramment employée dans la région. Le fruit aussi fait partie de la recette des plats traditionnels nord-africains.

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Au bout du monde : les villes autour du détroit de Gibraltar

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A l’entrée de la Mer Méditerranée, l’Afrique et l’Europe, éloignées de quelques dizaines de kilomètres à peine, se touchent presque. Les deux rives ne sont séparées que par un étroit bras de mer : le détroit de Gibraltar, connu jadis sous le nom de « colonnes d’Hercule ». D’après la mythologie, les deux continents n’en formaient jadis qu’un seul, jusqu’à ce que le héros Hercule les sépare. Dans l’Antiquité, le détroit était davantage un point de passage qu’une frontière. Dans cet article, nous découvrirons l’histoire des villes situées sur le détroit de Gibraltar.

Du mythe…

Grotte d’Hercule

Dans l’Antiquité, on pensait que la terre était un disque plat. La Maurétanie et l’Espagne étaient considérées comme les dernières régions habitées et le détroit de Gibraltar représentait l’extrémité du monde. Les « colonnes d’Hercule », deux montagnes situées de part et d’autre du détroit, indiquent aux voyageurs qu’ils sont arrivés aux limites du monde connu. Il s’agit probablement du Rocher de Gibraltar, sur la rive Nord, et du Djebel Musa, au Sud. Près de Tanger, la grotte d’Hercule, où il aurait passé la nuit pendant ses voyages, est un site touristique très populaire.

Avec une telle vision du monde, les villes situées sur le détroit jouaient un rôle important, en tant que gardiennes du monde civilisé. Les Grecs, qui étaient fascinés par ces villes éloignées, y ont situé certains de leurs mythes, en les mêlant à des mythes amazighs locaux. D’après un de ces mythes, Tingis (Tanger) a été fondée par Syphax, le fils d’Hercule et de la fille du roi Atlas de Maurétanie, qui a donné à la ville le nom de sa mère. Selon certaines sources, le jardin des Hespérides, où Hercule est allé trouver les fameuses pommes d’or, se trouvait à Lixus. Les ruines de Lixus (près de la ville moderne de Larache) contiennent beaucoup de fresques de scènes mythologiques.

… à l’histoire

La plus ancienne ville construite sur le détroit est Tingis, fondée vers le 8° Siècle, par des marchands phéniciens. Son nom vient de l’amazigh tinjit, masse d’eau. Du fait de son emplacement stratégique, Tingis s’est vite retrouvé au cœur des voies commerciales phéniciennes. D’autres colonies phéniciennes sont apparues, notamment à Lixus (Larache), Abyla (Sebta) et Rusadir (Melilla), puis plus au Sud, le long de la côte atlantique.

Statue d’Hercule Gaditain

Une autre colonie phénicienne a été fondée du côté espagnol du détroit, juste en face de Tanger. Ce site servait certainement comme port saisonnier déjà auparavant, mais la première population permanente remonte au 7° Siècle et était probablement d’origine carthaginoise. Le nom phénicien de cette ville, Gadir, a la même racine qu’Agadir, une autre ville portuaire d’origine phénicienne. Les Romains l’appelleront Gades, qui deviendra Gadix, puis Cadiz. La ville était célèbre surtout pour son temple du dieu phénicien Melqart, que les Grecs et les Romains assimileront à Hercule.

Au cours du 7° Siècle, les colonies phéniciennes autour du détroit sont passées sous contrôle carthaginois. Tingis était un des ports principaux de l’Empire carthaginois, avec Carthage et Leptis Magna, tandis que Gadir était la principale ville carthaginoise en Espagne avant la fondation de Carthage Nova (Carthagène). Les expéditions des grands explorateurs carthaginois sont probablement parties de Tingis et de Gadir. Alors que la présence phénicienne s’étendait plus loin vers le Sud, jusqu’à Agadir, l’influence carthaginoise s’arrêtait à Lixus.

Les villes du détroit ne joueront qu’un rôle secondaire dans les guerres puniques : les Romains attaquent l’Afrique depuis la Sicile. Avant sa campagne militaire en Italie, Hannibal a offert un sacrifice à Melqart/Hercule, au temple de Gadir.

Après la deuxième guerre punique, les villes nord-africaines ont été annexées par le Royaume de Maurétanie. Tingis a cependant maintenu son héritage punique, en continuant notamment à frapper des pièces en bronze avec des inscriptions puniques. C’est vers cette époque que la ville de Tamuda (Tetouan) a été construite par le roi Baga.

Le règne de Juba II de Maurétanie était l’âge d’or de la ville de Lixus, devenue un centre économique de premier plan grâce à son complexe industriel, le plus grand du bassin méditerranéen. Son économie dépendait surtout de la pêche et de la viticulture.

Après l’annexion romaine, Tingis est devenue la capitale de la province de Maurétanie tingitane. La ville a connu une forte croissance, qui lui a permis de dépasser Volubilis, la capitale historique de la Maurétanie.

Amphithéâtre romain de Lixus

En plus de Tingis, Lixus, Abyla (renommée Septem) et Rusadir ont obtenu le statut de colonies romaines. Ces villes étaient fortement romanisées, alors que le reste de la Maurétanie était hostile à la domination romaine. Sur le plan économique, la région, surtout Septem, se spécialisait dans la vente de poisson salé.

Tingis et Lixus étaient aussi les deux principaux centres chrétiens en Maurétanie tingitane. Les martyrs chrétiens de Maurétanie ont été mis à mort à Tingis, vers la fin du 3° Siècle. Les ruines de l’ancienne église de Lixus sont encore visibles aujourd’hui.

Au 5° Siècle, les Vandales, déjà présents en Espagne, traversent le détroit de Gibraltar pour envahir l’Afrique du Nord. Quelques siècles plus tard, une armée de Maures musulmans traverse le détroit dans l’autre sens et part à la conquête de l’Espagne. Le nom moderne de Gibraltar vient de Djebel Tariq, d’après Tariq ibn Ziyad, le commandant des forces omeyyades en Espagne. Depuis cette époque lointaine, tous les envahisseurs successifs, jusqu’aux colonisateurs européens de l’ère moderne, sont passées par le port de Tanger. Ceuta (Sebta) et Melilla, derniers vestiges de la présence espagnole en Afrique du Nord, témoignent de l’histoire complexe d’une région à cheval entre deux continents.

Bien avant que Tanger ne devienne ville internationale au 20° Siècle, les villes du détroit, en tant que ports commerciaux ouverts sur le monde, ont toujours été très cosmopolites. Au fil des siècles, elles ont aussi accueilli beaucoup de réfugiés qui fuyaient la persécution, de part et d’autre du détroit : chrétiens catholiques chassés par les Vandales, musulmans et juifs expulsés d’Espagne ou militants anticolonialistes. Leur emplacement stratégique est ce qui fait leur identité particulière, de villes africaines au plus près de l’Europe, multiculturelles et tolérantes.

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La Tripolitaine, des Phéniciens aux Romains

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Alors que la Cyrénaïque antique faisait partie du monde grec, la région plus à l’Ouest, voisine de Carthage, a vu naître plusieurs colonies phéniciennes, avant de se retrouver au coeur de la lutte d’influence entre Grecs et Phéniciens/Carthaginois en Afrique. Dans cet article, nous découvrirons les colonies phéniciennes à l’Ouest de la Libye actuelle.

Leptis Magna (Source)

Leptis Magna et la Tripolitaine originelle

Du 7° au 6° Siècle avant notre ère, des commerçants phéniciens ont fondé trois colonies sur les côtes libyennes : Leptis (Khoms), Oyat (Tripoli) et Sabratha. En 515, le prince Dorieus de Sparte a tenté d’établir une colonie grecque dans la région, mais il a été repoussé par les Phéniciens de Leptis. Ensuite, Oyat a été conquise par les Grecs de Cyrénaïque, qui lui ont donné le nom grec d’Oea, puis reprise par les Carthaginois. Dès lors, les trois villes faisaient partie de l’Empire carthaginois. Leptis, désormais appelée Leptis Magna pour la distinguer de Leptis Parva (Lemta, en Tunisie), est devenue le principal port oriental de Carthage.

Après les guerres puniques, la région a été annexée par le roi Massinissa de Numidie. Pendant la guerre de Jugurtha contre Rome, Leptis Magna s’est rangée du côté des Romains, ce qui lui a valu de recevoir le statut de ville libre lorsque Rome a pris le contrôle de la région après la défaite de Jugurtha.

À l’époque romaine, la région faisait d’abord partie de la province d’Afrique. Vers le début du 3° Siècle de notre ère, elle a commencé à être connue sous le nom de Tripolitania, en référence à ses trois villes (tri polis). L’Empereur romain Septime Sévère (193-211), né à Leptis Magna, en a fait une province romaine à part entière.

Sous l’influence de Carthage, la Tripolitaine est devenue une des régions les plus fortement chrétiennes de l’Empire romain. Les noms des évêques de Leptis Magna, Oea et Sabratha figurent sur la liste des participants à plusieurs conciles régionaux organisés à Carthage.

La Tripolitaine romaine a commencé à décliner à partir du 5° Siècle. Sa capitale, Leptis Magna, était pratiquement abandonnée au moment des conquêtes arabes. Les Arabes ont fait de Oea, renommée Tripoli comme la région elle-même, la nouvelle capitale régionale.

Au-delà de Leptis Magna

Les côtes libyennes, de Leptis Magna à Cyrène, étaient particulièrement redoutées des marins, du fait de la présence de bancs de sable mouvant, appelés les Syrtes, sur lesquels les navires risquaient d’échouer. Les géographes antiques distinguaient la Grande Syrte (Golfe de Syrte) et la Petite Syrte (Golfe de Gabès). C’est pour cette raison qu’il n’y avait pas de ville portuaire importante entre Leptis Magna et Cyrène.

Il y avait cependant un comptoir commercial d’origine phénicienne, connu à l’époque romaine sous le nom de Thubactis, au niveau de l’actuelle ville de Misrata. Aucun vestige de la ville antique ne subsiste aujourd’hui et son emplacement exact est débattu : elle était située soit à l’Est, soit à l’Ouest, soit au Sud de l’oasis de Misrata. La ville actuelle a été construite par les Arabes.

Une autre ville phénicienne dont il ne reste aucune trace, Macomedes-Euphranta, s’élevait à l’emplacement de l’actuelle ville de Syrte. La région était réputée comme très dangereuse, infestée de brigands sur terre et de pirates en mer. Du fait de son isolement, il s’agit de la dernière région en Afrique où le punique, la langue de l’ancien Empire carthaginois, était toujours parlée, jusqu’au 5° Siècle. Le désert de Libye centrale, largement infranchissable par voie terrestre avant l’introduction du chameau en Afrique du Nord, marquait la limite entre Phéniciens/Carthaginois et Grecs de Cyrène.

Le centre de la Libye est habité depuis l’époque romaine. Les Romains ont construit une ville, Corniclanum, sur le site de la ville moderne d’Ajdabiya. Ce site, qui a été choisi pour ses réserves d’eau potable, deviendra une étape importante sur la route entre la Tripolitaine et la Cyrénaïque.

Carthage et l'Empire carthaginois, L'Afrique du Nord romaine, Les Phéniciens en Afrique du Nord

Utique : la première colonie phénicienne en Afrique du Nord

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La première ville fondée par des marchands phéniciens sur les côtes nord-africaines était Utique, située près de l’embouchure du fleuve Medjerda. Bien qu’elle faisait partie de l’Empire carthaginois, elle a toujours su garder une certaine autonomie par rapport à son puissant voisin. Après la chute de Carthage, elle est devenue la première capitale de l’Afrique romaine.

La ville punique

Nécropole punique d’Utique

D’après plusieurs sources antiques, Utique aurait été fondée vers 1100 avant notre ère. La recherche archéologique moderne semble cependant indiquer une fondation plus récente, peu avant -800. Son nom phénicien, ʿtq (𐤏𐤕𐤒‬), apparenté à l’arabe ʿatiqah (عَتِيقَة), signifie « ancienne », par opposition à Carthage, la « nouvelle ville ». Utica étant située quelque peu à l’intérieur des terres, la ville voisine de Rusucmona (Ghar el-Melh) lui sert de port.

Carthage, fondée peu après, à environ 40km d’Utique, est vite devenue la ville la plus puissante de la région. Utique a cependant longtemps préservé son autonomie politique et économique : elle n’est passée sous contrôle punique que tardivement, vers -540, et même ensuite, elle a gardé un statut privilégié de ville alliée de Carthage. En même temps, il y a toujours eu des rivalités commerciales entre les deux villes.

Les guerres puniques seront l’occasion pour Utique de tenter de se libérer de la domination carthaginoise. Après la première guerre punique, lors du soulèvement des anciens mercenaires de l’armée carthaginoise, Utique, avec la ville voisine de Hippo Diarrhytos (Bizerte), soutient la révolte. Pendant la deuxième guerre punique, la ville sera assiégée par le général romain Scipion l’Africain, qui veut en faire une base arrière pour sa campagne en Afrique, mais il ne parviendra pas à la conquérir. Enfin, en -150, à la veille de la troisième guerre punique, Utique fait défection en s’alliant à Rome. En récompense, la ville deviendra la capitale de la nouvelle province romaine d’Afrique et recevra des Romains le contrôle de tout le territoire allant de Carthage à Hippo Diarrhytos.

La ville romaine

Caton d’Utique

Pendant la guerre civile romaine (49-45), une des principales batailles entre les partisans de Jules César et ceux de Pompée a eu lieu à Utique. Vers la fin de la guerre, les derniers partisans de Pompée, dont leur chef, le sénateur Caton le Jeune, se réfugient à Utique après leur défaite. Caton se suicide, mais sa popularité est telle que, sans craindre la vengeance de César, les habitants de la ville l’enterrent avec honneur et lui donnent le nom honorifique de Caton l’Uticain (Cato Uticensis).

En -44, Jules César décide de reconstruire Carthage pour en faire la capitale de l’Afrique Romaine. À partir de là, Utique a progressivement perdu en importance. Sous le règne de l’Empereur Hadrien, la ville a demandé à devenir une colonie romaine, mais ce statut ne lui a été accordé que par l’Empereur Septime Sévère, qui était originaire d’Afrique.

Au début de l’ère chrétienne, la ville, comme toute la province d’Afrique, avait une forte communauté chrétienne. Le nom de l’évêque d’Utique figure sur la liste des participants à plusieurs conciles régionaux organisés à Carthage.

Le déclin d’Utique a été accéléré par l’ensablement de son port, qui a coupé la ville du commerce maritime. Le passage à une économie basée sur l’agriculture a permis de quelque peu contrecarrer ce déclin, mais ces efforts se sont avérés insuffisants. Le pillage de la ville par les Vandales, en 439, a achevé son déclin. La ville existait encore au moment de la reconquête de l’Afrique romaine par l’Empire byzantin, mais elle semble avoir été abandonnée avant le début des conquêtes arabes. Ses ruines peuvent encore être visitées, dans le gouvernorat tunisien de Bizerte.

Les Phéniciens en Afrique du Nord

Marins et commerçants : les colonies phéniciennes en Afrique du Nord

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Les Phéniciens étaient la première grande civilisation maritime au monde. Originaires du Liban actuel, ils ont fondé des villes-Etats comme Tyr, Sidon et Byblos, d’où leurs navires partaient pour des expéditions commerciales dans tout le bassin méditerranéen. Les marchands phéniciens ont fondé de nombreuses colonies, d’abord sur les îles de la Mer méditerranéenne, puis sur les côtes nord-africaines et jusqu’en Espagne.

La première colonie phénicienne en Afrique du Nord était Utique, en Tunisie actuelle, située à mi-chemin entre Carthage et Hippo Diarrhytos (Bizerte), à l’extrême Nord du continent. Par la suite, Carthage est devenue le centre de l’empire colonial phénicien. Leur voie commerciale principale allait de la Phénicie à Leptis Magna (Khoms), Carthage, puis Tingis (Tanger). Si leur zone d’influence durable s’arrêtait à Lixus (Larache), ils ont cependant construit des colonies bien plus loin, jusqu’à Essaouira et Agadir.

Les colonies phéniciennes étaient d’assez petite taille : seule Carthage et quelques villes voisines avaient plus de 1000 habitants. Chaque colonie était assez autonome, avec son propre gouvernement, mais avec une langue et une culture commune. Elles devaient aussi envoyer un tribut annuel à leur ville mère. Si les rivalités commerciales entre villes phéniciennes pouvaient être intenses, les guerres étaient rares.

Les Phéniciens n’étaient pas des conquérants, mais des commerçants. Leurs expéditions leur ont permis d’entrer en contact avec de nombreuses autres civilisations, avec lesquelles ils faisaient du commerce et entretenaient le plus souvent des relations pacifiques. En Afrique du Nord, ils n’allaient pas au-delà des zones côtières, mais établissaient des alliances commerciales avec les tribus amazighes de l’intérieur, qui leur vendaient des produits agricoles et artisanaux. En échange, les Phéniciens les protégeaient contre des envahisseurs potentiels.

En même temps, une autre puissance maritime, la Grèce, avait également des ambitions en Afrique du Nord. Elle était présente surtout à l’Est de la Libye, du fait de la proximité géographique. Les colonies grecques de Cyrène (Shahhat), Euhespérides/Bérénice (Benghazi), Taucheira/Arsinoë (Tocra), Balagrae (Bayda) et Barca (Marj), formaient la Pentapole, une alliance de cinq villes, qui est à l’origine de la région de Cyrénaïque.

Voie commerciale phénicienne

Pour conclure, voici une liste des principales villes fondées par les Phéniciens en Afrique du Nord :
En Libye : Leptis Magna (Khoms), Oea (Tripoli), Sabratha
En Tunisie : Carthage, Utique, Hippo Diarrhytos (Bizerte), Kerkouane, Hadrumetum (Sousse), Leptis Parva (Monastir), Thapsus (Bekalta) ; Vaga (Béja) et Taparura (Sfax) sont à l’origine des villes amazighes, conquises par les Phéniciens
En Algérie : Hippone (Annaba), Iol (Cherchell), Russicada (Skikda), Icosium (Alger), Portus Magnus (Oran)
Au Maroc : Rusadir (Melilla), Tingis (Tanger), Lixus (Larache), Thymaterion (Mehdya, province de Kenitra), Chellah (Rabat-Salé), Anfa (Casablanca), Gytte (Mazagan/Eljadida), Melitta (Oualidia), Mogador (Essaouira), Agadir