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Dans l’Antiquité, la ville d’Agadir était un port phénicien, le dernier maillon d’une chaîne de comptoirs commerciaux qui s’étendait le long de la côte atlantique. Le nom de la ville est cependant d’origine amazighe, ce qui montre que ce site était connu des populations autochtones de la région bien avant l’arrivée des navires phéniciens. Ce nom a même été emprunté par les Phéniciens, qui ont appelé ainsi plusieurs autres villes qu’ils ont fondées.

Après la fondation de Carthage, des marchands phéniciens ont fondé une chaîne de comptoirs commerciaux au-delà des Colonnes d’Hercule, sur la côte atlantique du Maroc actuel. Depuis ces comptoirs, les Phéniciens nouaient des relations avec les populations autochtones et faisaient du commerce avec eux. Le dernier de ces comptoirs était probablement situé sur le Cap Ghir. On ne sait rien d’autre sur ce comptoir, qui n’a jamais été très important (contrairement à celui des Îles Purpuraires, au large d’Essaouira, où les Phéniciens ont développé une fabrique de pourpre). Des vestiges phéniciens, essentiellement des poteries, ont été retrouvés dans la région.

Le nom « Agadir » est d’origine amazighe : un « agadir » (en tifinagh : ⴰⴳⴰⴷⵉⵔ) est un grenier fortifié, utilisé par les tribus amazighes des montagnes pour stocker leurs récoltes et leurs autres possessions. On en trouve encore plusieurs au Maroc, à travers le Haut-Atlas, l’Anti-Atlas et la Vallée du Draa. Lorsque les Phéniciens sont arrivés dans la région, ils ont emprunté ce terme : en langue punique, un « gadir » (𐤀𐤂𐤃𐤓) est un mur, une enceinte fortifiée. Les Phéniciens ont donné ce nom à plusieurs autres villes qu’ils ont fondées, notamment Gadir (Cadiz), au Sud de l’Espagne.
Au 5° Siècle avant notre ère, l’explorateur carthaginois Hannon le Navigateur a mené une expédition d’exploration de la côte ouest-africaine, en fondant des colonies sur sa route (ou, plus probablement, en rétablissant d’anciennes colonies phéniciennes abandonnées). Son récit de voyage mentionne cinq villes qu’il a fondées : Karikon-Teichos (château du soleil), Gytte (peut-être dérivé de geth, « bétail », ou de gt, « pressoir »), Akra (promontoire), Melitta (abeille à miel) et Arambys (montagne de raisins). Ces villes sont difficiles à identifier avec certitude. Certains pensent que Akra correspond à Agadir. La plupart des spécialistes les situent cependant plus au Nord, entre El-Jadida et Essaouira. L’identification la plus communément admise pour ces cinq villes, d’après l’étymologie de leur nom, est Azemmour, El-Jadida, Oualidia, Cap Beddouza et l’Île de Mogador, au large d’Essaouira. Le fleuve Lixus, également mentionné dans l’itinéraire de voyage, est probablement le Oued Draa.
Parmi les produits que les populations locales vendaient aux Phéniciens, il y avait l’huile d’argan, produite par les Amazighs à partir du fruit de l’arganier, un arbre qui pousse uniquement dans cette région du monde. Il y a plus de 3000 ans, les Phéniciens exportaient déjà de l’huile d’argan à travers tout le bassin méditerranéen et s’en servaient comme complément alimentaire et comme cosmétique.

A l’époque romaine, le Cap Ghir était connu comme « Cap Rhysaddir ». Ce nom, mentionné par l’historien Polybe, vient du phénicien Rs ‘dr, « Cap du Puissant », probablement en référence à la déesse punique Tanit. Il n’y avait apparemment pas de ville à cette époque. Le nom actuel du Cap Ghir vient du tamazight ighir (ⵉⵖⵉⵔ), qui signifie « épaule » (d’une montagne).

La ville actuelle a été fondée par les Portugais, en 1505, sous le nom de Santa Cruz do Cabo de Aguer (Sainte Croix du Cap Ghir). Les Portugais construisent la Casbah de Agadir Oufella. La ville devient marocaine en 1541, après sa conquête par la dynastie saadienne.



























