Au 3° Siècle, l’Empire romain est passé par la plus longue période d’instabilité de son histoire : l’Anarchie militaire, marquée par les affrontements entre officiers militaires rivaux pour le pouvoir. En quelques décennies, une trentaine de prétendants au trône impérial se succèdent. En 240, alors que l’Empereur en place, Gordien III, n’a que 15 ans, le proconsul d’Afrique Sabinianus se révolte contre lui et se proclame Empereur à sa place. Dans cet article, nous découvrirons l’histoire peu connue de ce prétendant au trône d’origine africaine.
Sabinianus, le successeur de Gordien comme proconsul d’Afrique, est issu d’une importante famille d’origine romano-africaine : il est originaire de la ville d’Acholla (Ras Botria, au Nord de Sfax). Les ruines d’Acholla, où Sabinianus est né, sont visibles sur la photo de couverture de cet article.
En 240, Sabinianus se proclame Empereur à la place de Gordien III. Basé à Carthage, il contrôle la province d’Afrique, mais il n’est pas reconnu ailleurs dans l’Empire. Sa rébellion sera de courte durée : il est rapidement éliminé par les fidèles de Gordien III.
Au 3° Siècle, l’Empire romain est passé par la plus longue période d’instabilité de son histoire : l’Anarchie militaire, marquée par les affrontements entre officiers militaires rivaux pour le pouvoir. En quelques décennies, une trentaine de prétendants au trône impérial se succèdent. En 238, l’année qui peut être considérée comme l’apogée de la crise, six Empereurs se sont succédés en un an ! Trois d’entre eux, sans être d’origine africaine, avaient des liens étroits avec l’Afrique et ont régné à Carthage.
Contexte
Maximin le Thrace
En 235, Sévère Alexandre, le dernier Empereur de la dynastie (d’origine africaine) des Sévère, est assassiné par ses troupes. Son assassinat marque le début de la période d’instabilité. L’armée choisit Maximin, un officier d’origine thrace, comme nouvel Empereur. Le Sénat confirme ce choix avec réticence, à cause des origines modestes de Maximin, le premier Empereur qui n’est pas issu de l’élite romaine. Pour consolider son pouvoir, Maximin commence par éliminer les fonctionnaires proches de son prédécesseur.
L’Afrique se révolte
Gordien I
Maximin s’avère être un Empereur très impopulaire. En 238, une révolte éclate en Afrique romaine, d’une ampleur telle que les propriétaires terriens arment même leurs ouvriers agricoles ! Les insurgés entrent à Thysdrus (El Jem), où ils tuent un fonctionnaire romain stationné dans la ville, puis proclament Gordien, le proconsul d’Afrique, Empereur à la place de Maximin. Gordien, âgé de 80 ans, commence par refuser à cause de son âge, mais accepte finalement, à condition que son fils, qui servait auparavant comme légat de son père à Thysdrus, soit co-Empereur avec lui. Ils règnent ensemble sous le nom de Gordien I et Gordien II et adoptent le cognomen (nom honorifique) Africanus.
Quelques jours après, Gordien entre à Carthage, avec le soutien de la population et des autorités locales. Il envoie des messagers au Sénat romain, qui le reconnaît comme Empereur à la place de Maximin.
Gordien II
Cependant, Capelianus, le gouverneur de Numidie, qui a des comptes à régler avec Gordien à cause d’un procès entre eux, fait alliance avec Maximin et envahit l’Afrique. Gordien II l’affronte près de Carthage, mais il est vaincu et tué. Ensuite, Gordien se suicide en se pendant avec sa ceinture. Les deux co-Empereurs n’ont régné que 22 jours.
Par la suite
Gordien III
L’échec de la rébellion en Afrique met le Sénat romain dans une position délicate : alors que Maximin se dirige vers Rome pour reprendre son trône, ils ne peuvent s’attendre à aucune clémence de sa part après avoir soutenu son rival. Alors, ils choisissent deux sénateurs, Pupien et Balbien, comme co-Empereurs. Ces deux hommes, issus de l’aristocratie, sont cependant honnis du peuple romain, qui proteste en jetant des pierres et des bâtons sur le cortège impérial. Sous la pression, ils font appel à Gordien III, le petit-fils de Gordien I et le neveu de Gordien II, pour régner avec eux.
En route pour Rome, Maximin assiège la ville d’Aquilée. Pendant le siège, ses troupes, qui manquent de nourriture, se mutinent et tuent Maximin. Pupien et Balbien sont tués peu de temps après par la garde prétorienne. Gordien III, le dernier Empereur survivant, règne seul.
Amphithéâtre d’El Jem, probablement construit par Gordien III
Gordien III est tué en 244, dans une bataille contre les Perses. Son successeur, Philippe l’Arabe (244-249), parvient à restaurer une certaine stabilité dans l’Empire, avant que la crise ne reprenne après sa mort.
Au cours du 3° Siècle, l’Empire romain a été ébranlé par la plus longue période de crise de son histoire, avec une longue série de guerres civiles, de tentatives de sécession et d’invasions étrangères. Les Amazighs de l’intérieur du continent africain, qui n’ont jamais accepté la domination romaine, en profitent pour se rebeller.
Contexte
A l’époque romaine, les grandes villes comme Carthage, Cirta (Constantine), Césarée (Cherchell) et Tingis (Tanger) étaient habitées par des populations aux origines mélangées, à la fois romaines et africaines. Les Amazighs romanisés des villes appréciaient les conforts liés à l’art de vivre romain et ont d’ailleurs acquis une forte influence dans l’administration impériale. En revanche, les Amazighs des régions rurales ont gardé leur mode de vie traditionnel et étaient hostiles à la domination romaine. Au 3° Siècle, lorsque le pouvoir romain était plus affaibli que jamais, ils ont saisi l’occasion pour se rebeller.
Inscription commémorant une victoire romaine contre les Bavares (Source)
A cette époque, deux confédérations de tribus amazighes dominent les régions rurales à l’intérieur des limes romaines. Les Bavares vivent en Maurétanie césarienne et sitifienne (Algérie actuelle) : le cœur de leur territoire est la Kabylie et il s’étend jusqu’à l’Ouarsenis et l’Oranais. L’historien français Gabriel Camps a suggéré que le terme « Berbère » ne vient pas de « barbare », comme couramment admis, mais des Bavares. Les Baquates, eux, sont situés en Maurétanie tingitane (Maroc actuel), dans la région de Taza et le Rif oriental. Les Baquates sont mentionnés dans des inscriptions dès le 2° Siècle, tandis que les Bavares apparaissent pour la première fois dans une inscription à Volubilis, qui commémore une rencontre entre un émissaire de l’Empereur Septime Sévère (222-235) et un « princeps gentis Bavarum et Baquatum » (prince des peuples Bavares et Baquates). Ces peuples sont parfois décrits comme nomades, d’autres fois comme montagnards sédentaires, ce qui semble indiquer qu’il y avait à la fois des tribus nomades et sédentaires. Le géographe romain Julius Honorius précise que le fleuve Malva (Moulouya) constituait la frontière entre le territoire bavare et baquate.
L’insurrection bavare
Carte de l’insurrection bavare (clic pour agrandir) (Source)
Les Bavares entrent en rébellion en 253 et affrontent les troupes romaines en Maurétanie. En 255, ils envahissent la Numidie. Ils attaquent Cuicul (Djemila), puis remontent le fleuve Ampsaga (Oued Rhumel), jusqu’à Milève (Mila), où ils sont battus et repoussés par le légat de Numidie Macrinus Decianus, en 259. Ces événements sont décrits dans une inscription retrouvée à Lambèse (Tazoult). Une autre inscription, retrouvée vers El-Mahdia dans la plaine de Setif, relate l’insurrection bavare en Maurétanie.
La défaite des Bavares en Numidie ne suffit pas à arrêter leur insurrection : en 260, le commandant romain d’Auzia (Sour el Ghozlane), qui avait capturé et exécuté le chef bavare Faraxen, est tué dans une embuscade. Une autre offensive a lieu un peu plus tard au col de Teniet el-Meksen, dans les Babors. Une inscription retrouvée sur le champ de bataille mentionne les trois « rois » qui ont mené cette bataille : Taganin, Masmul et Fahem. Le titre de « rois » indique qu’ils commandaient des troupes assez nombreuses.
Une nouvelle rébellion éclate entre 290 en 298, obligeant l’Empereur Maximien à venir lui-même en Maurétanie pour mener la campagne contre les insurgés.
Autel de la paix de Volubilis, qui commémore l’accord de paix entre le chef baquate Ucmet et les Romains
Les Baquates ont causé beaucoup de problèmes aux Romains dès le 2° Siècle. Vers 117, après le meurtre du général romain d’origine maure Lucius Quietus, ils ont attaqué la ville romaine de Cartennae (Ténès). Vers 173, ils s’allient à la tribu voisine des Makanitai et détruisent ensemble une légion romaine près de Volubilis, poussant les Romains à construire de nouvelles murailles pour la ville. La paix est restaurée en 175, par un accord entre les Romains et le chef baquate Ucmet. Vers 180, le nouveau chef baquate devient citoyen romain.
Vers 235, les Baquates, mécontents de l’expansion du territoire de la ville romaine de Volubilis sur des terres qu’ils utilisaient auparavant comme pâturages, font alliance avec les Bavares. Inquiets, les Romains envoient deux légats pour les amener à rompre leur alliance. Une série de quatre colloques organisés entre 239 et 245 indique d’intenses négociations pour résoudre le problème par voie diplomatique, sans succès.
Ruines de Julia Valentia (Banasa), la première ville romaine conquise par les Baquates
Les Baquates entrent en rébellion en même temps que les Bavares. Vers 259, ils s’emparent de la ville romaine de Julia Valentia (Banasa), dans la plaine du Gharb. Un peu plus tard, ils prennent Thamusida (vers Kenitra).
La paix revient au cours de la décennie 270. Vers 277, les Romains accordent au chef baquate le statut de rex (roi). Un nouveau traité de paix, en 280, vise a établir une paix perpétuelle. Peu après, les Romains évacuent Volubilis. Les Baquates prennent le contrôle de la ville sans combats et récupèrent leurs terres.
Après le 3° Siècle, l’Empire romain ne contrôle plus que les villes côtières d’Afrique du Nord, de Césarée (Cherchell) à Tingis (Tanger). Les tribus amazighes de l’intérieur jouissent d’une large autonomie, tout en reconnaissant symboliquement la souveraineté de l’Empereur romain. Volubilis, la capitale historique de la Maurétanie, est de nouveau une ville amazighe, tout en gardant ses infrastructures romaines.
Au 4° Siècle, les Bavares ont également participé à la révolte de Firmus.
Au cours du 3° Siècle, l’Empire romain a été ébranlé par la plus longue période de crise de son histoire, avec une longue série de guerres civiles, de tentatives de sécession et d’invasions étrangères. Dans cet article, nous découvrirons l’impact de cette crise sur l’Afrique romaine.
La crise du 3° Siècle
La crise a été précipitée par la mort de Sévère Alexandre, le dernier Empereur de la dynastie (d’origine africaine) des Sévère, assassiné en 235 par ses propres troupes. Pendant les prochaines années, des officiers militaires rivaux se battent pour le trône : cette période est connue sous le nom d’Anarchie militaire. En même temps, Rome fait face à des révoltes de paysans dans les régions rurales (surtout en Gaule), à la migration en territoire romain de populations étrangères et à la menace croissante de l’Empire perse.
L’instabilité politique mène à une crise économique : la monnaie romaine est dévaluée, les routes sont mal entretenues, le commerce et la productivité s’effondrent. Entre 250 en 270, l’Empire est frappé aussi par une terrible épidémie : la peste de Cyprien, du nom de l’évêque de Carthage qui a écrit à son sujet. Au plus fort de l’épidémie, à Rome, 5000 personnes meurent tous les jours.
Monnaie à l’effigie d’Emilien
Au cours des décennies de crise, au moins une trentaine de prétendants au trône impérial se sont succédés et affrontés. La plupart n’ont régné que pendant quelques années, voire quelques mois, avant d’être tués par leur successeur. En 238, six Empereurs se sont succédés en un an, dont les trois Gordien, qui règnent à Carthage. L’Empire a retrouvé une certaine stabilité pendant le règne de Philippe l’Arabe (244-249), mais la crise a repris après sa mort. Un des Empereurs pendant cette période était un militaire d’origine nord-africaine : Emilien, né à Djerba, d’origine maure, qui a régné pendant trois mois, en 257, avant d’être tué par ses troupes, favorables à son rival Valérien.
Valérien, le successeur d’Emilien, est capturé en 260, lors d’une bataille contre les Perses, et termine sa vie comme prisonnier en Perse. Il n’aura jamais été à Rome pendant tout son règne. L’emprisonnement de l’Empereur est une humiliation pour les Romains. Avant son exil, Valérien avait lancé une féroce campagne de persécution contre les chrétiens de son Empire, au cours de laquelle l’évêque Cyprien de Carthage est mort en martyr. Les chrétiens voyaient sa capture par les Perses comme un jugement divin. Son fils Gallien, qui lui succède, accorde la liberté religieuse aux chrétiens.
L’Empereur Aurélien (270-275) parvient à rétablir l’unité de l’Empire, en reprenant le contrôle de l’Empire des Gaules, puis de l’Empire palmyrénien. Il est cependant assassiné à son tour en 275, puis les guerres entre militaires rivaux reprennent.
Cette période d’anarchie prendra fin en 284, lorsque Dioclétien s’empare du trône impérial. Après avoir écarté tous ses rivaux, il entame une réforme profonde de l’administration impériale, destinée à restaurer la stabilité.
Conséquences
Après le 3° Siècle, l’Empire romain ne contrôle plus que les villes côtières d’Afrique du Nord, tandis que les tribus amazighes de l’intérieur jouissent d’une large autonomie, tout en reconnaissant symboliquement la souveraineté de l’Empereur romain.
L’Empire romain contrôlait tout le contour du bassin méditerranéen. En Afrique, il ne s’est jamais vraiment intéressé aux terres situées au-delà des côtes méditerranéennes, à l’intérieur du continent. Au début du 3° Siècle, l’Empereur Septime Sévère, qui était d’origine amazighe libyenne, a cependant brièvement conquis de nouveaux territoires, étendant sa domination sur certaines régions du Sahara.
Conquêtes de Septime Sévère dans le Sahara
Avant Septime Sévère
La frontière Sud de l’Afrique romaine était une des plus dangereuses de l’Empire, attaquée régulièrement par les tribus amazighes du Sahara. Les Romains ont même créé une province militaire spéciale dans le Sud de la Numidie, avec pour capitale Lambèse (Tazoult), afin de lutter contre ces insurrections.
Après sa victoire contre les Perses, Septime Sévère décide de sécuriser la frontière Sud de son Empire, dans son Afrique natale. Il commence par installer une garnison militaire à Cydamus, d’où il entame une campagne militaire contre les Garamantes. Il conquiert d’abord les villes garamantes de Garbia et Gholaia (Bu Njem), au Sud de Leptis Magna, dont il fait des camps militaires. En 202, il s’empare de Garama, la capitale des Garamantes, et prend le contrôle de leur territoire.
Septime Sévère élargit également le territoire de la Numidie romaine, en conquérant une grande partie du territoire des Gétules.
Après sa campagne africaine, Septime Sévère fortifie toute la frontière saharienne. Les tribus nomades du Sahara ne peuvent à présent plus s’attaquer à l’Afrique romaine, puis s’enfuir dans le désert.
Les conquêtes de Septime Sévère seront cependant éphémères : les Romains, peu habitués au climat désertique de ces régions, ne sauront pas les défendre. Les Garamantes reprendront vite le contrôle de tout leur territoire, y compris Cydamus.
En Afrique romaine comme dans tout le monde romain, les combats de gladiateurs, courses de chars et représentations théâtrales étaient des divertissements extrêmement populaires. Beaucoup de gladiateurs, auriges, athlètes et acteurs adulés du public romain étaient originaires d’Afrique. Dans cet article, nous découvrirons les plus célèbres gladiateurs, athlètes, dramaturges et acteurs d’Afrique romaine.
Mosaïque des Gladiateurs, Villa Bar Duc Ammera, Zliten, Libye
Les gladiateurs étaient des combattants armés, entraînés pour se battre jusqu’à la mort dans l’arène contre d’autres gladiateurs. Ces combats étaient sans pitié : il fallait tuer pour ne pas être tué… pour le plus grand plaisir du public ! La plupart des gladiateurs étaient des captifs ou des esclaves contraints de se battre, d’autres s’engageaient volontairement, pour échapper à la pauvreté ou par soif de célébrité.
A Rome, plusieurs inscriptions funéraires de gladiateurs montrent qu’ils étaient d’origine africaine (avec des noms comme Afer, Numidicus, Maurus ou Getulicus). Le poète romain Martial mentionne un gladiateur du nom de Lucius Afer, qui est devenu célèbre à Rome. A Capoue, où le célèbre Spartacus a reçu sa formation de gladiateur, un gladiateur thrace (référence à son armure, et non à ses origines), tué à 25 ans après plusieurs victoires, est décrit comme Afer.
En Afrique, il y avait des écoles de gladiateurs (ludi) à Carthage, Leptis Magna, Hadrumetum (Sousse) et Lambèse (Tazoult). Les gladiateurs africains entraînés sur place intégraient ensuite des troupes de gladiateurs, qui se battaient dans les villes africaines ou, pour les meilleurs d’entre eux, étaient envoyés à Rome. Des inscriptions retrouvées à Thuburbo Maius, près de Zaghouan en Tunisie, mentionnent deux gladiateurs locaux appelés Quintianus et Pudentilla. Pudentilla est un nom féminin : les femmes gladiatrices étaient rares et d’autant plus appréciées.
Lions dévorant un sanglier, mosaïque de combat d’animaux, Musée archéologique d’El Jem
Les courses de chars étaient un autre élément important des spectacles populaires. Il y avait le plus souvent quatre écuries : les Bleus, les Verts, les Rouges et les Blancs, alignés sur des factions politiques. Les chevaux numides, célèbres dans tout le monde antique pour leur vitesse, étaient particulièrement prisés pour ces courses. Les coureurs étaient appelés auriges, tandis que l’arène de la course était appelée cirque.
Un autre aurige célèbre, dont le nom indique une probable origine africaine, est Scorpus, qui faisait partie de l’écurie des Verts, à Rome. Il est mort à 27 ans, après plus de 2000 victoires. La cause de sa mort est inconnue, mais il est probable que ce soit un des nombreux accidents dans l’arène qui lui a coûté la vie. Le poète Martial a écrit un poème en son honneur.
Statue en l’honneur de Porphyre, à Constantinople
Porphyre, un aurige de l’époque byzantine, considéré comme le meilleur aurige de son temps, était originaire de Libye. Alors que traditionnellement, les champions de course étaient honorés d’une seule statue, pas moins de sept statues de Porphyre ont été érigées le long de l’hippodrome de Constantinople, après son départ à la retraite, vers l’âge de 60 ans. Son époque est considérée comme l’âge d’or des courses de char byzantines.
Athlètes
Portique de Petronii : gymnase de Thuburbo Maius (Source : Zaher Kammoun)
Les courses à pied, combats de boxe et de lutte et compétitions de tir à l’arc, de lancer de disque ou de javelot, étaient également très populaires dans le monde romain. Les entraînements sportifs dans les gymnases constituaient un élément fondamental de la formation des jeunes hommes, selon la devise latine « Mens sana in corpore sano », « Un esprit sain dans un corps sain ». De grandes compétitions sportives, inspirées des Grecs, étaient organisées régulièrement.
Marcius Porcius, un athlète originaire de Leptis Magna, est mentionné dans une inscription honorifique : il a remporté des compétitions athlétiques à Rome, en Grèce et en Asie Mineure.
Un autre athlète d’origine africaine est Victorinus de Cuicul (Djemila, près de Setif, en Algérie actuelle). Il est honoré dans une inscription en Numidie.
Théâtre
Le théâtre était un art florissant en Afrique romaine. Plus de 40 théâtres ont été construits dans des villes africaines.
Térence
Un des principaux dramaturges du monde romain, Térence, était d’origine africaine. Né à Carthage entre la deuxième et la troisième guerre punique, il a été vendu comme esclave à Rome dans sa jeunesse. Ses comédies latines d’inspiration grecque étaient jouées dans tout l’Empire.
Il y avait aussi des acteurs d’origine africaine. A Thamugadi (Timgad, en Algérie actuelle), un autel dédié à Apollon a été offert à la ville par un groupe d’acteurs itinérants. À Sabratha, les statues honorifiques dans le théâtre montrent que les acteurs, qui étaient souvent des esclaves affranchis, pouvaient atteindre un certain prestige social.
Il y avait également des concours de théâtre : à Carthage, une inscription fait référence à un « acteur tragique couronné », qui a remporté le concours local de tragédie.
Avons-nous des noms d’acteurs ? A Thuburbo Maius, une inscription funéraire mentionne un certain Quintus Valerius Restitutus, histrio (acteur comique) originaire de la ville.
Après la conquête romaine de l’Afrique du Nord, les populations urbaines africaines ont adopté avec ferveur la langue latine et les mœurs gréco-romaines. Leurs enfants étudiaient le latin, comme les jeunes nord-africains aujourd’hui font leurs études en français ou en arabe littéraire. Plusieurs des plus grands écrivains, poètes et dramaturges latins étaient d’origine africaine. Dans cet article, nous découvrirons Apulée, l’auteur de L’Âne d’or, le plus ancien roman écrit en latin.
Lucius Apuleius Madaurensis est né vers 124, à Madaure (M’Daourouch), qui était à l’époque une colonie romaine en Numidie, à la frontière avec la Gétulie. Son père était un magistrat de la ville. Dans son œuvre, il se décrit lui-même comme « mi-Numide et mi-Gétule ». Son prénom est inconnu, mais on lui attribue généralement le prénom du héros de son roman, Lucius.
Le jeune Apulée a d’abord étudié à Carthage, puis à Athènes, où il découvre la philosophie platonicienne. Il part ensuite à Rome, pour étudier la rhétorique latine, avant de retourner dans son Afrique natale. Il a voyagé aussi en Egypte et en Asie mineure, où il a été initié à divers mystères (mouvements religieux secrets). Il était notamment prêtre d’Eusculape.
De retour en Afrique, Apulée s’installe à Oea (Tripoli), où il est accueilli dans la maison d’un ancien camarade d’études à Athènes et finit par épouser sa mère, Pudentilla, une riche veuve nettement plus âgée que lui. Après son décès, d’autres membres de la famille portent plainte contre Apulée pour sorcellerie, l’accusant d’avoir eu recours à la magie pour obtenir les faveurs de Pudentilla (et son argent). Le procès a lieu dans la ville voisine de Sabratha. L’accusation est si ridicule qu’Apulée est facilement acquitté. Sa défense, lors de ce procès, a été publiée sous le titre de Discours sur la magie.
L’œuvre principale d’Apulée, L’Âne d’or, est le plus ancien roman en langue latine. Cette œuvre imaginative et irrévérencieuse raconte les aventures de Lucius (probablement l’auteur lui-même), un jeune homme victime de sa propre curiosité : en voulant jeter un sort qui le transformerait un oiseau, il est accidentellement transformé en âne. Pour retrouver sa forme humaine, il doit manger des roses. Il entame ensuite un long voyage en quête de salut. Finalement, il est délivré par la déesse Isis, retrouve sa forme humaine et devient prêtre d’Isis.
Le thème de l’intervention d’Isis pour sauver le narrateur pourrait être une critique du christianisme naissant, qui se propage très vite en Afrique du Nord à l’époque de l’auteur. Isis est présentée comme une déesse salvatrice, un salut païen, par opposition au salut chrétien.
Cupidon et Psyché
Pendant son voyage, Lucius raconte au lecteur une série d’autres histoires, qui constituent des disgressions dans la trame du roman. La plus connue de ces « histoires parallèles » est celle de Cupidon et Psyché. Psyché, la plus jeune et la plus belle fille d’un roi, est honorée comme une incarnation de Vénus, la déesse de l’amour. Celle-ci, jalouse, envoie son fils Cupidon afin de la rendre amoureuse du plus vil des hommes. En la voyant, Cupidon tombe lui-même follement amoureux d’elle. Il l’enlève et l’amène dans un magnifique palais, où il vient passer chaque nuit avec elle. Psyché n’a cependant pas le droit de voir son visage. Lorsqu’elle retourne rendre visite à ses sœurs, celles-ci, jalouses de son bonheur, la convainquent que son amant doit être un monstre affreux et que c’est pour cela qu’il ne veut pas qu’elle le voie. La nuit suivante, elle allume une lampe à huile et voit le beau visage du dieu qui dort à ses côtés. Malheureusement pour elle, alors qu’elle reste là à l’admirer, une goutte d’huile brûlante tombe sur la peau de Cupidon, qui se réveille. Aussitôt, le bonheur de Psyché prend fin : elle est chassée du palais et condamnée à errer en quête de son amour perdu. Le mythe de Psyché est certainement plus ancien, mais le récit d’Apulée est le seul dont nous disposons. D’une certaine manière, Psyché est une figure de Lucius, qui s’est perdu lui-même à cause de son désir d’un savoir interdit et a été condamné à une vie d’errance, en quête du salut.
Après la conquête romaine de l’Afrique du Nord, les populations urbaines africaines ont adopté avec ferveur la langue latine et les mœurs gréco-romaines. Leurs enfants étudiaient le latin, comme les jeunes nord-africains aujourd’hui font leurs études en français ou en arabe littéraire. Plusieurs des plus grands écrivains, poètes et dramaturges latins étaient d’origine africaine. Dans cet article, nous découvrirons Térence, le maître de la comédie latine.
Térence
Publius Terentius Afer est né à Carthage, entre la deuxième et la troisième guerre punique. Ses parents étaient probablement esclaves, comme lui. Etant donné son excellente maîtrise du latin et du grec, certains spécialistes ont suggéré que sa mère était peut-être une esclave italienne (éventuellement du Sud de l’Italie, où il y avait beaucoup de colonies grecques) capturée par Hannibal.
Dans sa jeunesse, il a été amené à Rome et vendu comme esclave à un sénateur romain. Son maître l’a éduqué, puis, impressionné par son talent, il l’a affranchi et adopté, une pratique courante pour les jeunes esclaves talentueux. Son nom latin lui vient de son ancien maître. Il est devenu membre du Cercle des Scipions, un groupe de philosophes et poètes qui se réunissaient pour discuter de littérature, sous le patronage de Scipion Emilien.
Il a commencé à écrire en -166. Ses œuvres sont inspirées de la comédie grecque, notamment de Ménandre. Contrairement aux comédiens latins plus anciens, ses comédies sont plus sentimentales, fondées surtout sur le comique de caractère, avec une psychologie plus fine. Enfin, elles apportent toutes une réflexion morale. Il a écrit six pièces : L’Andrienne, L’Hécyre, L’Heautontimoroumenos, L’Eunuque, Phormion et Adelphes.
Vers -160, Térence voyage en Grèce, en quête d’inspiration pour ses pièces. Il ne reviendra pas à Rome : il meurt en -159, soit de maladie, soit dans un naufrage pendant son voyage de retour.
Après sa mort, ses pièces ont commencé à circuler comme des œuvres littéraires à lire, plutôt que des pièces de théâtre à mettre en scène. Il s’est rapidement imposé comme auteur « classique », dont les œuvres étaient étudiées dans les écoles.
La dynastie impériale des Sévère, d’origine africaine, a supervisé la construction de beaucoup d’édifices prestigieux, à Rome, en Afrique et ailleurs. Cette période est parfois considérée comme un « deuxième âge d’or » de l’architecture romaine : si les Sévère n’ont jamais su rivaliser avec l’esprit d’innovation et le génie technique de leurs prédécesseurs du 1° Siècle, leurs constructions monumentales reflètent le besoin des Empereurs d’affirmer leur autorité dans un Empire plus immense que jamais.
Arc de Septime Sévère, sur le Forum de Rome
A Rome
Arc de Septime Sévère
Après sa victoire contre les Perses, Septime Sévère a construit un arc de triomphe en marbre blanc, sur le Forum romain. L’Arc de Septime Sévère, le plus monumental des arcs de triomphe romain, mesure 23m de hauteur et 25m de large. Il s’agit d’un monument de propagande qui célèbre la puissance de Rome et la gloire de son Empereur.
Septime Sévère a également agrandi le Palais impérial, sur le Palatin. Le Domus Severiana, les espaces résidentiels et cérémoniels construits par Septime Sévère, constitue la dernière extension du Palais impérial.
Reconstitution 3D du Septizodium
Enfin, Septime Sévère a construit le Septizodium (ou Septisolium, « sept soleils »), une façade monumentale, au pied du Mont Palatin et en face de la Voie Appienne, la plus grande voie romaine. L’objectif principal de ce monument semble avoir été d’impressionner les voyageurs qui arrivaient à Rome par le Sud, notamment ceux qui venaient d’Afrique. Le Septizodium n’existe plus, mais plusieurs représentations ont été conservées.
Caracalla, le fils de Septime Sévère, a construit les Thermes de Caracalla, les plus grands bains de Rome, visibles sur la photo de couverture de cet article.
Les Sévère ont aussi agrandi le port d’Ostie, la ville portuaire de Rome. Ailleurs en Italie, ils ont fait construire un grand nombre d’édifices publics, théâtres, bains et entrepôts.
A Leptis Magna
Forum de Leptis Magna, construit par Septime Sévère et terminé par son fils Caracalla
La ville natale de Septime Sévère a été considérablement embellie sous son règne. Septime Sévère a fait de la Tripolitaine une province romaine à part entière, avec pour capitale Leptis Magna. Plusieurs des édifices les plus somptueux de la ville ont été construits par lui.
L’Arc de Septime Sévère, à Leptis Magna
Lorsque Septime Sévère a visité Leptis Magna, en 203, les autorités de la ville ont construit en son honneur un arc qui célèbre ses exploits militaires. Pour les remercier, l’Empereur a fait construire un vaste nouveau forum, avec une basilique (tribunal) richement décorée, inspirée de la Basilique Ulpia de Rome. La construction du forum et de la basilique a été terminée par Caracalla, le fils et successeur de Septime Sévère. La basilique sévérienne a été transformée en église à l’époque byzantine.
Septime Sévère a également reconstruit et agrandi le port de Leptis Magna, afin de développer le commerce.
Enfin, il a fait construire de nouvelles fortifications sur la frontière Sud de l’Afrique romaine, afin de protéger le territoire romain contre les attaques des tribus amazighes du Sahara.
En Syrie
Ruines de Palmyre, en 2010 (avant leur destruction par DAECH)
L’Impératrice Julia Domna, l’épouse de Septime Sévère et la mère de Caracalla, était originaire de Syrie et la région a beaucoup bénéficié des largesses de la famille impériale.
Temple de Bel, à Palmyre, rénové par les Sévère
Dans la glorieuse ville de Palmyre, les Sévère ont fait rénover et agrandir les édifices emblématiques de la ville, qui existaient déjà avant eux, comme le Temple de Bel, la Grande Colonnade et les Arcs monumentaux.
A Emèse (Homs), la ville natale de Julia Domna, les Sévère ont fait agrandir le Temple d’Héliogabale, un dieu syrien du soleil. Le père de Julia Domna était grand-prêtre d’Héliogabale. Ce temple n’existe plus : son site est aujourd’hui occupé par la Mosquée omeyyade de Homs.
Temple de Jupiter, Baalbek
Enfin, les Sévère ont fait rénover le Temple de Jupiter à Baalbek, au Liban actuel. Ce temple est le deuxième plus grand temple au monde, après le Temple de Vénus de Rome.
Ailleurs dans l’Empire
A Alexandrie, en Egypte, Septime Sévère et Caracalla ont fait rénover le Sérapion, le temple de Sérapis, le dieu protecteur de la ville.
En Bretagne, Septime Sévère a restauré et fortifié le Mur d’Hadrien.
Enfin, les Sévère ont construit beaucoup de forteresses sur le Danube, la frontière Nord de l’Empire, ainsi qu’une série de ponts par-dessus le fleuve.
Caracalla était un Empereur romain, d’origine amazighe d’Afrique du Nord par son père et arabe de Syrie par sa mère. Né à Lugdunum (Lyon), en Gaule, il a été proclamé Empereur en Bretagne. A l’image de son Empereur, l’Empire romain de cette époque était plus multiculturel que jamais auparavant. C’est donc en toute logique que Caracalla a accordé, pour la première fois, la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de son Empire, quelles que soient leurs origines.
Origines et accession au trône de Caracalla
Portrait de la famille impériale : Septime Sévère et Julia Domna, avec leurs fils Caracalla et Geta (dont le visage a été effacé après sa mort)
Lucius Septimius Bassianus, dit Caracalla, est le fils aîné de Septime Sévère, le premier Empereur romain d’origine nord-africaine. Sa mère, l’Impératrice Julia Domna, est d’origine arabe, issue de la dynastie royale d’Emèse (Homs), en Syrie. Il est né en 188, à Lugdunum (Lyon), pendant que son père était gouverneur de Gaule. Son surnom, Caracalla, vient de la tunique à capuche d’origine gauloise qu’il aimait porter et qu’il a contribuée à populariser. La diversité de ses origines témoigne de ce que l’Empire romain est devenu : un vaste territoire cosmopolite, où se côtoient des populations aux origines très diverses.
Vers l’âge de 10 ans, Caracalla commence à régner comme co-Empereur de son père, avec son frère Geta, qui a un an de moins que lui.
Septime Sévère meurt en 211, en Bretagne, en pleine campagne pour la conquête de la Calédonie (Ecosse actuelle). Ses deux fils, Caracalla et Geta, lui succèdent. Ils commencent par conclure un accord de paix avec les Calédoniens. Alors que Septime Sévère voulait qu’ils règnent ensemble, les deux frères se sont avérés incapables de partager le pouvoir. Finalement, Caracalla a fait assassiner Geta pour régner seul.
Citoyenneté pour tous
Caracalla
Avant le règne de Caracalla, moins de 10% de la population de l’Empire étaient citoyens romains : seuls les habitants de l’Italie et ceux des colonies romaines, ainsi que les élites locales des provinces, avaient droit à la citoyenneté. L’immense majorité des provinciaux n’étaient pas citoyens et étaient donc exclus de la vie civile.
Caracalla – d’origine provinciale par ses deux parents – estime que la citoyenneté romaine ne devrait pas dépendre des origines ou de l’appartenance ethnique. Son père, le premier Empereur d’origine provinciale, lui avait ouvert la voie en incluant les provinciaux dans l’administration impériale. Dès le début de son règne, en 212, Caracalla fait adopter une loi révolutionnaire, accordant la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire.
Cette mesure a été particulièrement bien accueillie en Afrique du Nord, en Syrie et en Gaule, les provinces d’origine de ses deux parents et sa propre province de naissance, qui faisaient partie des provinces les plus fortement romanisées de l’Empire.
Les historiens romains, issus de l’élite latine historique et cyniques sur le bien-fondé de cette mesure, affirment qu’il voulait surtout augmenter les revenus de l’Etat en faisant payer des impôts aux nouveaux citoyens. En réalité, il semble avoir agi par conviction que les provinciaux d’autres origines méritaient d’être reconnus comme partenaires égaux des Romains.
Un Empereur universaliste
Peu après l’adoption de sa réforme de la citoyenneté, Caracalla quitte Rome, pour une campagne militaire contre les Germains. Il ne reviendra jamais dans la capitale impériale.
Après sa victoire contre les Germains, il entame une vaste tournée des provinces de son immense Empire. Arrivé à Alexandrie, en Egypte, en 215, il rend hommage à Sérapis, le dieu tutélaire de la ville. Caracalla semble avoir eu beaucoup de dévotion pour Sérapis pendant toute sa vie : alors qu’il était encore co-Empereur de son père, il a fait renouveler le Sérapion, le temple de Sérapis à Alexandrie. Par la suite, il commence à frapper des pièces de monnaie avec son effigie sur une face et Sérapis sur l’autre.
Pièce de monnaie – Avers : tête de Caracalla (Source)
Caracalla semble avoir eu pour ambition de faire de Sérapis le dieu protecteur de son Empire. Selon la vision du monde antique, un Empire universel a besoin d’un dieu universel – non pas un dieu unique, au sens des religions monothéistes, mais le dieu de tous les peuples. Sérapis, dont le culte est un syncrétisme entre la religion traditionnelle grecque et égyptienne, semble être le candidat idéal pour ce rôle.
La population d’Alexandrie n’est cependant pas sensible à ses faveurs : elle lui reproche son meurtre de son frère et d’autres injustices. Caracalla réagit en envoyant son armée piller la ville et massacrer ses habitants pendant plusieurs jours.
Caracalla part ensuite à Antioche, en Syrie, où il prépare une expédition militaire contre les Perses. Il demande la fille de l’Empereur de Perse en mariage, afin d’unir les deux Empires. Lorsque l’Empereur de Perse refuse, il profite de ce prétexte pour l’attaquer.
La famille impériale déchue soutient Héliogabale, le fils d’une cousine de Caracalla, dont la mère prétend qu’il est le fils illégitime de l’Empereur assassiné. La plupart des historiens modernes doutent que Caracalla était vraiment son père. Macrin est tué et Héliogabale lui succède.