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Carthage et l'Empire carthaginois

La deuxième guerre punique (218-201) : la revanche de Hannibal

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Après la défaite carthaginoise lors de la première guerre punique, Hamilcar Barca, le général vaincu en Sicile, a compris que, pour faire face à Rome à l’avenir, Carthage aurait besoin de développer ses bases économiques et militaires. Par conséquent, il a consacré le reste de sa vie à étendre les possessions carthaginoises en Espagne. Après sa mort, son fils Hannibal, à qui son père avait fait jurer vengeance, a mené une campagne contre Rome depuis l’Espagne : c’est le début de la deuxième guerre punique.

Contexte

Hannibal

En 219, Hannibal assiège la ville de Sagonte, une des forteresses les plus puissantes de la région, qui était alliée aux Romains. Les Sagontins ont fait appel à Rome, mais n’ont pas reçu d’aide, si bien que Hannibal a conquis la ville. Cette victoire lui a permis d’obtenir le soutien du Sénat carthaginois, pourtant dominé par une faction relativement pro-romaine menée par Hannon le Grand, pour son offensive contre Rome. Par la suite, le Sénat était souvent en désaccord avec les méthodes agressives de Hannibal, ce qui explique en partie son échec final.

Hannibal en Italie

En 218, Hannibal assemble une armée à Carthago Nova (l’actuelle Carthagène), la capitale de l’Espagne carthaginoise, à la tête de laquelle il remonte la côte espagnole, traverse la Gaule, puis franchit les Alpes pour envahir l’Italie par le Nord. Son armée contient notamment 37 éléphants de guerre, dont plusieurs mourront pendant la traversée des Alpes, mais dont les survivants participeront aux combats en Italie.

En novembre 2018, la cavalerie romaine est vaincue lors de la bataille du Tessin, suivie de l’infanterie, fin décembre, lors de la bataille de la Trebbia. Après ces deux victoires, les tribus gauloises de Gaule cisalpine s’allient à Hannibal et beaucoup rejoignent son armée.

Au printemps 217, l’armée de Hannibal passe les Apennins sans rencontrer de résistance. En juin 217, une armée romaine de 25 000 hommes est entièrement détruite lors de la bataille du Lac Trasimène. Hannibal poursuit sa marche vers le Sud de l’Italie, espérant obtenir des défections dans les villes grecques et italiques de la région.

Territoire contrôlé par Hannibal et ses alliés

Au printemps 216, Hannibal s’empare du dépôt de vivres de Cannae, en Apulie. L’armée romaine, toujours affaiblie par sa série de lourde défaites, envoie une armée de 86 000 hommes, la plus large de l’histoire romaine, qui sera vaincue à son tour à la bataille de Cannae (août 216). Les alliés de Rome en Italie, Sardaigne et Sicile font défection pour rejoindre Hannibal. En Sicile, le roi Hiéron II de Syracuse, la dernière ville officiellement indépendante (bien que vassale) de Rome, meurt en 215 et son successeur Hiéronyme s’allie à Hannibal. En 215 aussi, le roi Philippe V de Macédoine s’allie à Hannibal et déclare également la guerre à Rome. Rome réagit par des mesures drastiques pour lever de nouvelles légions, en recrutant même des esclaves et des criminels.

Malgré toutes ces victoires successives, Hannibal ne peut s’aventurer à une attaque contre la ville de Rome elle-même : il n’est pas soutenu par le Sénat carthaginois, qui refuse de lui envoyer les renforts dont il aurait besoin pour cela.

Pendant ce temps, en Afrique, de 215 à 212, le prince Massinissa, le fils du roi numide Gaïa, allié de Carthage, remporte une victoire décisive un autre roi numide, Syphax, allié de Rome.

En Sicile, les Romains assiègent Syracuse en 213. Pendant le siège, le célèbre scientifique Archimède, qui vivait à Syracuse, se serait servi d’une de ses inventions pour incendier la flotte romaine à l’aide d’une série de miroirs qui reflètent et amplifient la lumière du soleil. Les Romains finissent par prendre Syracuse en 212 et contrôlent à présent toute l’île ; Archimède est tué à la fin du siège de la ville.

En 211, les légions romaines reconstruites assiègent Capoue, la principale alliée des Carthaginois en Italie du Sud. Après avoir vainement essayé de chasser les assaillants, Hannibal marche sur Rome, espérant ainsi les contraindre à lever le siège. Sa stratégie échoue : le siège est maintenu et la ville tombe. Hannibal campe devant les murailles de Rome, mais ses forces sont insuffisantes pour attaquer la ville.

Hasdrubal en Espagne

Pendant tout ce temps, Hasdrubal, le jeune frère de Hannibal, gouverne les possessions carthaginoises en Espagne. Après sa victoire contre Syphax en Afrique, Massinissa le rejoint, avec sa puissante cavalerie numide.

En 210, le général romain Publius Cornelius Scipio (Scipion) arrive en Espagne avec des renforts en troupes romaines. En 209, il s’empare facilement de Carthago Nova. En 208, il défait les troupes de Hasdrubal à la bataille de Baecula.

En 207, Hasdrubal franchit les Alpes à son tour, pour soutenir Hannibal en Italie, mais il sera vaincu avant de pouvoir rejoindre son frère, lors de la bataille du Métaure. Cette bataille marque un point tournant en Italie : les forces romaines sont dorénavant plus puissantes que celles de Hannibal.

La bataille d’Ilipa, en 206, marque la fin de la présence carthaginoise en Espagne. Voyant le vent tourner, Massinissa rompt son alliance avec Carthage et se rallie à Rome.

Scipion en Afrique

Scipion l’Africain

En 204, Scipion envahit l’Afrique depuis la Sicile. Peu après son arrivée, il sera rejoint par Massinissa, à la tête d’une armée numide ; son rival, Syphax, est maintenant allié aux Carthaginois. Le Sénat carthaginois est contraint de rappeler Hannibal, qui abandonne sa campagne en Italie pour venir commander les forces carthaginoises en Afrique. La bataille décisive entre son armée et les forces alliées romaines et numides, commandées par Scipion et Massinissa, a lieu en octobre 202, à Zama (près de la ville moderne de Siliana). La victoire romaine est totale ; Hannibal lui-même est un des seuls combattants carthaginois survivants. Pour sa victoire, Scipion reçoit le titre honorifique de Scipion l’Africain.

Le nouveau traité de paix prive Carthage de toutes ses possessions en Espagne, qui deviennent la province romaine d’Hispanie. Une grande partie de son territoire en Afrique est accordé aux Royaumes de Numidie et de Maurétanie, alliés de Rome. Seuls les environs immédiats de la ville de Carthage et la Tripolitaine demeurent sous souveraineté carthaginoise. Le traite impose également à Carthage de payer de lourdes indemnités financières, lui interdit l’usage d’éléphants de guerre, limite sa flotte à dix navires de guerre et lui interdit de mener des guerres en Afrique sans la permission romaine. L’ancien Empire le plus puissant du bassin méditerranéen serait dorénavant soumis à Rome.

Les Grecs en Afrique du Nord

Magas de Cyrène et le Royaume de Cyrénaïque

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En 332, Alexandre le Grand s’empare de l’Egypte. Les Grecs de Cyrénaïque, heureux de voir un roi grec qui aspire à réunir tous les Grecs, se soumettent à lui. Après sa mort, en 323, son Empire est divisé entre ses généraux. La Cyrénaïque fera d’abord partie de l’Egypte des Ptolémée. En 276, elle deviendra un Royaume indépendant, avec pour roi Magas de Cyrène.

Magas de Cyrène

Magas de Cyrène est un noble grec, originaire de Macédoine. Son père, Philippe, un officier d’Alexandre le Grand, est mort alors qu’il était enfant.

Monnaie à l’effigie de Ptolémée I et Bérenice

Après la mort de son père, sa mère, Bérénice, est allée vivre avec ses enfants à Alexandrie, à la cour du roi Ptolémée Ier Soter. Eurydice, l’épouse de Ptolémée, était la cousine de Bérénice.

Bérénice est rapidement devenue la maîtresse de Ptolémée Ier. En 317, il répudie Eurydice pour l’épouser. En tant que reine d’Egypte, elle deviendra la mère du futur roi Ptolémée II.

Par le mariage de sa mère, le jeune Magas est devenu membre de la dynastie des Ptolémée, en tant que fils de la reine.

Vers l’âge de 20 ans, Magas est nommé gouverneur de Cyrénaïque.

Monnaie à l’effigie de Magas de Cyrène

Après la mort de Ptolémée Ier, en 283, et l’avènement de Ptolémée II Philadelphe, le demi-frère de Magas, comme nouveau roi d’Egypte, Magas commence à chercher à obtenir l’indépendance de la Cyrénaïque. Pour cela, il fait alliance avec le roi Antiochos Ier de Syrie, de la dynastie séleucide, les grands rivaux des Ptolémée, dont il épouse la fille, Apama II. En 276, Magas se proclame finalement roi de Cyrénaïque.

En 274, Magas et Antiochos attaquent l’Egypte ensemble, à l’Est et à l’Ouest. A l’issue de cette révolte, Ptolémée II est contraint de reconnaître l’indépendance de la Cyrénaïque. Pour sceller leur alliance, la fille de Magas, Bérénice II, est fiancée au fils de Ptolémée II, le futur Ptolémée III Evergète.

La Cyrénaïque demeurera un Royaume indépendant, jusqu’à la mort de Magas, en 250. Pendant son règne, il a favorisé le développement des arts et de la culture, notamment de l’école philosophique cyrénéenne.

Par la suite

Monnaie à l’effigie de Bérénice II

Après la mort de Magas, sa veuve rompt les fiançailles entre Bérénice II et Ptolémée III et propose sa fille en mariage à Démétrios Kalos, le plus jeune fils du roi Démétrios Ier de Macédoine. Démétrios Kalos accepte, devenant le nouveau roi de Cyrénaïque, mais il sera vite assassiné par Bérénice II elle-même, qui retourne vers son premier fiancé. Ptolémée III et Bérénice II se marient et deviennent roi et reine d’Egypte. La ville d’Euhespérides (Benghazi) est renommée Bérénice, en l’honneur de la nouvelle reine. La Cyrénaïque fait de nouveau partie de l’Egypte des Ptolémée, mais avec une large autonomie. Ptolémée III construit une nouvelle ville, Ptolémaïs, afin d’en faire la demeure du gouverneur de Cyrénaïque.

En 163, Ptolémée VIII Physcon, chassé d’Egypte par son frère Ptolémée VI Philometor, s’installe à Cyrène. Il règne sur la Cyrénaïque en tant que vassal de son frère, jusqu’en 145, lorsqu’il est rétabli comme roi d’Egypte. En 105, il établit son fils Ptolémée Apion sur le trône de Cyrénaïque. Ptolémée Apion meurt en 96. Comme il n’a pas d’héritier, son royaume est légué à Rome.

Carthage et l'Empire carthaginois

L’Espagne carthaginoise : une nouvelle Carthage

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Après la Première guerre punique, le général carthaginois Hamilcar Barca est parti en Espagne, afin d’y conquérir un nouvel Empire, pour compenser les pertes carthaginoises en Sicile et dans les autres îles méditerranéennes. Son ambition est surtout d’en faire une base pour sa future vengeance contre Rome. Après sa mort, son gendre Hasdrubal le Beau et son fils Hannibal poursuivront l’aventure.

Contexte

Territoire carthaginois en Espagne, avant la Première guerre punique

Carthage avait des colonies en Espagne dès le 7° Siècle, notamment Gadès, sur le détroit de Gibraltar, qui était un des ports principaux de son Empire et le probable point de départ des expéditions des explorateurs carthaginois. Ces villes carthaginoises en Espagne peuvent être considérées comme les premières colonies africaines en Europe. Depuis les côtes, Carthage avait étendu son contrôle sur un territoire assez large, au Sud et à l’Est de la péninsule ibérique.

L’essentiel de ce territoire sera cependant perdu pendant la Première guerre punique : à l’issue de cette guerre, Carthage ne contrôle plus que Gadès et quelques autres villes sur la côte Sud de l’Espagne.

Les conquêtes barcides en Espagne

L’Espagne carthaginoise à son apogée

En 236, Hamilcar Barca, le dernier commandant de l’armée carthaginoise pendant la Première guerre punique, après avoir maté l’insurrection des anciens mercenaires de l’armée carthaginoise, décide de reconquérir les territoires perdus par Carthage en Espagne. Sa conquête de la péninsule ibérique sera une affaire familiale : Hamilcar est entouré de son gendre Hasdrubal le Beau et de son fils Hannibal. Son armée est composée surtout de combattants numides.

D’après l’historien grec Polybe, Carthage était tellement affaiblie par la guerre qu’elle n’a pas pu mettre de flotte a disposition de Hamilcar, si bien que son armée a dû marcher de Carthage à Tingis avant de traverser le détroit.

En huit ans, Hamilcar s’empare de la moitié de la péninsule ibérique, à la fois par les armes et par la diplomatie. Ses succès augmentent encore le prestige de celui qui est déjà considéré comme le plus grand stratège militaire de l’histoire de Carthage. Son ambition : construire un nouvel Empire carthaginois en Espagne, qui servira de base pour une nouvelle guerre contre Rome.

En 228, Hamilcar meurt au combat, à seulement 46 ans. Sa mort ne sera cependant pas la fin de l’aventure : son gendre Hasdrubal le Beau continue ses conquêtes.

Peu après la mort de Hamilcar, Hasdrubal fonde la capitale nouvelle de l’Espagne barcide : Cartago Nova, la nouvelle Carthage (aujourd’hui Carthagène).

Hasdrubal le Beau est assassiné en 221, par un esclave du roi d’une tribu celte locale, pour venger la mort de son maître. Hannibal, le fils de Hamilcar, lui succède.

Dès leur arrivée en Espagne, Hamilcar et ses successeurs avaient pour vision de consolider leur domination sur ce territoire, afin de s’en servir pour attaquer Rome. En 218, cette attaque sera enfin prête : Hannibal assemble une armée à Carthago Nova et envahit l’Italie.

Español

Hispania cartaginesa: una nueva Cartago

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Después de la Primera Guerra Púnica, el general cartaginés Amílcar Barca partió hacia España para conquistar allí un nuevo Imperio, para compensar las pérdidas cartaginesas en Sicilia y las demás islas del Mediterráneo. Su ambición es sobre todo convertirlo en una base para su futura venganza contra Roma. Tras su muerte, su yerno Asdrúbal el Bello y su hijo Aníbal continuaron la aventura.

Contexto

Territorio cartaginés en España, antes de la Primera Guerra Púnica

Cartago tuvo colonias en España desde el siglo VII, destacando Gades, en el Estrecho de Gibraltar, que fue uno de los principales puertos de su Imperio y probable punto de partida de las expediciones de los exploradores cartagineses. Estas ciudades cartaginesas en España pueden considerarse las primeras colonias africanas en Europa. Desde la costa, Cartago había extendido su control sobre un territorio bastante extenso, al sur y al este de la Península Ibérica.

La mayor parte de su territorio, sin embargo, se perdió durante la Primera Guerra Púnica: al final de esta guerra, Cartago sólo controlaba Gades y algunas otras ciudades en la costa sur de España.

Las conquistas bárcidas en España

Hispania cartaginesa en su apogeo

En el año 236, Amílcar Barca, último comandante del ejército cartaginés durante la Primera Guerra Púnica, tras haber sofocado la insurrección de los antiguos mercenarios del exército cartaginés, decidió reconquistar los territorios perdidos por Cartago en España. Su conquista de la Península Ibérica será un asunto de familia: Amílcar está rodeado de su yerno Asdrúbal el Bello y su hijo Aníbal. Su ejército está formado principalmente por combatientes númidas.

Según el historiador griego Polibio, Cartago estaba tan debilitada por la guerra que no pudo poner una flota a disposición de Amílcar, por lo que su ejército tuvo que marchar desde Cartago a Tingis antes de cruzar el estrecho.

En ocho años, Amílcar se apoderó de la mitad de la Península Ibérica, tanto por las armas como por la diplomacia. Sus éxitos aumentan aún más el prestigio del hombre que ya era considerado el mayor estratega militar de la historia de Cartago. Su ambición: construir un nuevo Imperio cartaginés en España, que sirva de base para una nueva guerra contra Roma.

En 228, Amílcar murió en batalla, con sólo 46 años. Su muerte, sin embargo, no será el final de la aventura: su yerno Asdrúbal el Bello continúa sus conquistas.

Poco después de la muerte de Amílcar, Asdrúbal fundó la nueva capital de la España bárcida: Cartago Nova, la nueva Cartago (hoy Cartagena).

Asdrúbal el Bello fue asesinado en 221 por un esclavo del rey de una tribu celta local, para vengar la muerte de su amo. Le sucede Aníbal, hijo de Amílcar.

A su llegada a España, Amílcar y sus sucesores tuvieron la visión de consolidar su dominio sobre este territorio, para utilizarlo para atacar a Roma. En 218, este ataque finalmente estará listo: Aníbal reúne un ejército en Carthago Nova e invade Italia.

Les Grecs en Afrique du Nord, Les Perses en Afrique du Nord

La conquête perse de la Cyrénaïque

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En 525 avant notre ère, l’Egypte, la plus ancienne et prestigieuse nation du monde antique, est conquise par l’Empire perse. Le roi Arcésilas III de Cyrène fait alliance avec les Perses. Après sa mort, les Perses prennent le contrôle de Cyrène : c’est le début de la domination perse sur la Cyrénaïque.

Soldat libyen dans l’armée perse

Contexte

Pendant le règne de Battos III (550-530), le législateur Démonax a mis en œuvre une série de réformes visant à rendre la société plus démocratique en limitant les pouvoirs du roi. Si Battos III a accepté ces réformes, son fils et successeur Arcésilas III (530-515) veut restaurer ses pouvoirs royaux. En 518, il demande le rétablissement de tous les pouvoirs dont les réformes de Démonax l’ont privé. Il est soutenu par sa mère, Phérétima. Le peuple se rebelle et le roi est obligé de s’enfuir sur l’île de Samos avec sa mère.

Depuis Samos, il recrute une armée pour l’aider à reprendre le pouvoir. Il consulte l’oracle de Delphes, qui lui dit qu’il réussira, mais l’avertit aussi que s’il se montre cruel envers ses sujets, il ne régnera pas sur eux longtemps. Il parvient effectivement à reprendre le pouvoir en Cyrène et à exiler ses adversaires.

Craignant des représailles, il quitte Cyrène pour la ville voisine de Barca (Marj), laissant la régence à sa mère. Alazir, le gouverneur de Barca, issu d’une tribu amazighe libyenne alliée aux Cyrénéens, est le père de sa femme. Un jour, sur la place du marché de Barca, il sera reconnu par un groupe d’exilés de Cyrène, qui le tuent avec Alazir.

L’invasion perse

Après la mort d’Arcésilas III, sa mère Phérétima fait appel au gouverneur perse d’Egypte pour le venger, prétendant qu’il a été tué pour sa loyauté aux Perses. L’armée perse assiège Barca et déporte sa population, puis entre dans Cyrène, sur l’invitation de Phérétima.

Phérétima meurt peu après, d’une maladie de peau. Le nouveau roi de Cyrène, Battos IV (515-465), sera un client de l’Empire perse, de même que son fils Arcésilas IV (465-440). Après sa mort, Cyrène devient une République, toujours sous souveraineté perse.

La Cyrénaïque, contrairement à l’Egypte, n’a pas été occupée par l’armée perse : les Perses exerçaient leur pouvoir indirectement, en contrôlant l’élite locale.

Carthage et l'Empire carthaginois

La Guerre des Mercenaires : l’Afrique se rebelle

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Après la défaite carthaginoise à la Première guerre punique, les soldats étrangers qui se sont battus en Sicile se mutinent pour réclamer le paiement de leur solde. Les villes nord-africaines sous domination carthaginoise en profitent pour entrer en rébellion.

Contexte

Le chef rebelle Mathos, dessiné par Victor-Armand Poirson, pour le roman historique Salammbô, de Gustave Flaubert

En même temps que Carthage était en guerre contre Rome en Sicile, le général carthaginois Hannon le Grand a mené une série de campagnes militaires afin d’étendre le territoire carthaginois en Afrique. Afin de financer l’effort de guerre, il impose une taxation drastique aux villes et régions soumises à Carthage, qui doivent notamment donner la moitié de leur production agricole comme impôt de guerre. Ces mesures provoqueront des famines dans certaines régions.

L’armée carthaginoise était composée surtout d’étrangers : les citoyens carthaginois ne se battaient qu’en cas de menace directe contre la ville de Carthage. La plupart étaient des Libyens et des Numides d’Afrique du Nord, avec quelques Ibères et Gaulois.

A la fin de la Première guerre punique, l’armée carthaginoise en Sicile comptait environ 20 000 combattants, qui ont été évacués à Carthage. Avec plusieurs années de soldes impayés, ces hommes s’attendaient à recevoir tous leurs arriérés immédiatement à leur arrivée à Carthage. Lorsque les autorités carthaginoises ont tenté de négocier un paiement inférieur, ils se sont révoltés.

Lorsque la nouvelle s’est répandue, les Libyens et Numides qui souffraient sous la domination carthaginoise ont vu en cette rébellion une occasion de reconquérir leur liberté. Une armée de 70 000 hommes, venus de toute l’Afrique du Nord, a rejoint les premiers insurgés.

Les commandants de l’armée rebelle étaient Spendios, un ancien esclave romain, Mathos, un soldat d’origine libyenne, et Autaritos, un chef mercenaire gaulois.

La Guerre des Mercenaires (241-238)

Mouvements de troupes pendant la guerre

La première action entreprise par les rebelles a été le blocus d’Utique et Hippo Diarrhytos (Bizerte), deux villes alliées de Carthage. La riposte carthaginoise était menée par Hannon le Grand.

Début 240, Hannon le Grand force le blocus d’Utique et entre dans la ville en triomphe. Son armée était encore en train de fêter leur victoire lorsque les rebelles ont contre-attaqué et les ont chassés de la ville. Pendant le reste de l’année, ils affronteront sporadiquement les rebelles, sans parvenir à leur infliger de défaite significative.

Face aux échecs répétés d’Hannon le Grand, Carthage lève une autre armée, plus petite, sous le commandement d’Hamilcar Barca (le dernier commandant des troupes carthaginoises en Sicile et le père de Hannibal Barca), qui fait campagne à l’Ouest et au Sud de Carthage. Hamilcar et Hannon sont officiellement co-commandants, mais ils ne collaborent pas. Alors que Hannon est intransigeant avec les rebelles, Hamilcar fait preuve de davantage de diplomatie, en promettant l’amnistie aux combattants rebelles qui le rejoignent et en faisant des concessions en faveur des villes rebelles. Ces mesures lui permettront de ramener certaines villes à leur allégeance à Carthage sans recourir à la force.

Le chef numide Naravas (frère de Gaïa, le père de Massinissa), qui avait combattu aux côtés de Hamilcar en Sicile et admirait sa bravoure, rompt avec les rebelles et rejoint l’armée carthaginoise avec ses 2000 cavaliers. Pour éviter de nouvelles défections, l’armée rebelle fait torturer à mort 700 prisonniers carthaginois, dont le général Giscon, qui avait signé le traité de paix avec Rome en Sicile. Hamilcar réagit en tuant tous ses prisonniers. Après ces massacres, l’animosité entre les deux camps sera telle qu’aucun compromis ne sera plus possible.

Début 239, les garnisons carthaginoises de Sardaigne se rebellent à leur tour et tuent le gouverneur carthaginois de l’île. Les troupes envoyées pour reprendre l’île rejoignent la rébellion et massacrent les populations carthaginoises restantes.

Pièce de monnaie à l’effigie des chefs rebelles

Le prochain coup dur pour les Carthaginois sera la défection d’Utique et Hippo Diarrhytus, qui rejoignent la rébellion entre mars en septembre 239. Les habitants d’Utique offrent la ville à Rome, qui refuse, n’étant pas prête pour une nouvelle guerre avec Carthage.

La même année, les troupes d’Hamilcar et de Hannon se rejoignent, mais les deux généraux sont en désaccord sur la stratégie à suivre. Conformément à la coutume carthaginoise, l’armée vote pour décider qui d’entre eux sera leur commandant. Hamilcar est élu.

Début 238, les rebelles sont contraints de lever le siège de Carthage et se retirent à Tunis. Peu après, Hamilcar parvient à prendre une partie de l’armée rebelle au piège dans un passage montagneux : c’est la bataille du défilé de la Scie. Les rebelles sont massacrés jusqu’au dernier, écrasés sous les pieds des éléphants de guerre carthaginois. Cette victoire s’avèrera déterminante pour la victoire finale.

Chefs rebelles crucifiés pendant le siège de Tunis

Après cette bataille, Hamilcar assiège Tunis, la base de la rébellion, mais il est contraint de lever le siège après une attaque nocturne des rebelles.

Pendant ce temps, le Sénat carthaginois négocie une réconciliation entre Hamilcar et Hannon, qui acceptent de servir ensemble. Les rebelles, voyant qu’ils ne peuvent pas résister à une armée carthaginoise unifiée, quittent Tunis pour Leptis Parva (Lemta, vers Monastir), une des premières villes qui s’étaient rebellées contre Carthage. L’armée carthaginoise les poursuit. La bataille finale aura lieu fin 238 : tous les combattants rebelles restants sont massacrés. C’est la fin de la rébellion.

Les dernières villes rebelles qui n’avaient pas encore passé d’accord avec Carthage le font immédiatement. Les dernières seront Utique et Hippo Diarrhytus, qui craignent des représailles pour leur trahison.

Par la suite

En Sardaigne, les populations autochtones se soulèvent contre les troupes rebelles en 237 et les chassent de l’île. Les rebelles s’enfuient sur le continent, où ils font appel à Rome. Cette fois, Rome accepte d’intervenir et prend le contrôle de la Sardaigne et de la Corse. Le ressentiment suscité par la conquête romaine de la Sardaigne contribuera fortement à la reprise de la guerre entre Rome et Carthage.

Après la fin de la Guerre des Mercenaires, Hamilcar s’installe en Espagne, où il passera le reste de sa vie à solidifier la domination carthaginoise, en prévision d’une nouvelle guerre contre Rome.

La Guerre des Mercenaires inspirera le roman historique Salammbô, du romancier français Gustave Flaubert.

Les Grecs en Afrique du Nord

La dynastie battiade : les premiers rois de Cyrène

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Les premiers rois de Cyrène, héritiers du fondateur de la ville, ont régné pendant deux siècles. Le prestige de cette dynastie était tel que, plus d’un siècle après la chute du dernier roi, le poète Callimaque de Cyrène se revendique encore avec fierté descendant des Battiades.

Battos 1er

Ruines du tombeau de Battos 1er

Le chef des colons grecs qui ont fondé Cyrène s’appelle Battos (630-600). D’après l’historien grec Hérodote, son nom signifie « roi » dans la langue des tribus amazighes locales. En grec, « battos » signifie « bégaiement », une origine moins glorieuse, mais plus probable.

Battos est né sur l’île de Thera (Santorini), dans une famille d’origine crétoise. D’après la légende, alors que l’île était frappée d’une forte sécheresse qui menaçait ses habitants, le roi de Thera est allé consulter l’oracle de Delphes. L’oracle lui a répondu qu’il devait fonder une colonie en Libye. Le roi était lui-même trop vieux pour un tel voyage, si bien qu’il a chargé Battos d’accomplir cette mission.

Battos a donc embarqué pour la Libye, à la tête d’un groupe de colons. Ils s’installent d’abord sur une île au large des côtes libyennes, puis sur le continent, où ils fondent une ville, qu’ils appellent Cyrène.

Battos devient le premier roi de Cyrène. Il a la réputation d’être un roi juste et bienveillant. Pendant son règne, Cyrène s’enrichit rapidement, grâce aux ressources naturelles de la région environnante. Après sa mort, ses sujets le vénèrent comme un héros. Tous les rois de Cyrène après lui, jusqu’à Alexandre le Grand, sont ses descendants directs.

Les premiers Battiades

A la mort de Battos, son fils Arcésilas (600-583) lui succède. Son règne est assez peu connu.

La population de Cyrène commence à se multiplier pendant le règne de son fils Battos II (583-560). De nouveaux colons affluent de toute la Grèce, grâce à un oracle de Delphes les encourageant à s’installer dans la colonie. Battos II devra aussi faire face à la première tentative d’invasion de l’Egypte voisine. Vers 570, l’armée égyptienne est battue par les Cyrénéens, établissant la souveraineté grecque sur la région.

Le règne de son fils Arcésilas II (560-550) sera moins heureux. Son conseiller, Léarque (qui était aussi son frère, selon certaines sources), se rebelle contre lui, s’enfuit et fonde la ville voisine de Barca (Marj). Il fait alliance avec les tribus amazighes de la région, auparavant alliées à Cyrène, privant le roi de précieux alliés. Ensemble, ils déclarent la guerre à Cyrène. Victorieux, Léarque tue le roi et s’empare du trône. Pour affermir son pouvoir, il veut épouser Eryxo, la veuve du roi défunt. Eryxo fait mine d’accepter et invite Léarque à entrer dans sa chambre à coucher, où elle a caché des hommes pour le tuer.

Les réformes de Démonax

Battos III (550-530), le fils d’Arcésilas II, devient roi à la mort de Léarque. Conscient de l’instabilité à Cyrène, après l’assassinat de son père et la rupture de l’alliance avec les tribus amazighes, il comprend qu’une réforme profonde des institutions est nécessaire. Pour cela, il fait appel au réformateur Démonax.

Démonax met en place une série de réformes, censées rendre la société plus démocratique. Ces mesures sont inspirées par d’autres législateurs grecs de la même époque, comme Solon d’Athènes et Lycurgue de Sparte. Il crée notamment un Sénat, composé de représentants des différentes communautés qui vivent à Cyrène, qui vote les lois et gère les affaires de la cité. Les pouvoirs du roi sont considérablement réduits.

La période perse

Soldat libyen dans l’armée perse

Si Battos III accepte ces réformes, son fils et successeur Arcésilas III (530-515) cherchera à restaurer ses pouvoirs royaux. En 518, il demande le rétablissement de tous les pouvoirs dont les réformes de Démonax l’ont privé. Le peuple se rebelle et le roi s’enfuit. Il reprend le pouvoir, mais est tué en 515. Après sa mort, sa mère Phérétima invite les Perses à entrer à Cyrène : c’est le début de la domination perse sur la Cyrénaïque.

Les deux derniers rois de la dynastie battiade, Battos IV (515-465) et son fils Arcésilas IV (465-440), seront des clients de l’Empire perse. En 462, Arcésilas IV remporte la course de chars aux Jeux pythiques de Delphes, avec un attelage de chevaux libyens. Son règne deviendra de plus en plus tyrannique, si bien qu’il sera renversé et s’enfuira à Euhespérides (Benghazi), où il sera tué en 440. Après sa mort, Cyrène deviendra une République, toujours sous souveraineté perse.

Carthage et l'Empire carthaginois

La première guerre punique (264-241) : bataille pour la Sicile

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Au début du 3° Siècle avant notre ère, la domination de l’Empire carthaginois sur le bassin méditerranéen était menacée par l’émergence de Rome. Cette jeune puissance, qui venait de prendre le contrôle de la plus grande partie de l’Italie, s’intéressait maintenant à la Sicile. La première des trois guerres entre Carthage et Rome sera pour le contrôle de cette île, située à la croisée de leurs champs d’influence.

Contexte

A cette époque, la Sicile est partagée entre l’Empire carthaginois et le Royaume de Syracuse, une colonie grecque. Les deux puissances se sont déjà livrées plusieurs guerres pour le contrôle de l’île.

En 289, les Mamertins, un groupe de mercenaires d’origine italienne auxquels le roi de Syracuse avait fait appel pour l’aider à combattre les Carthaginois, se rebellent et occupent la ville de Messana (Messine), depuis laquelle ils pillent les régions environnantes. En 265, menacés par le roi de Syracuse, qui veut reprendre Messana, ils font appel à la fois aux Carthaginois et aux Romains pour venir les défendre. Les Carthaginois sont les premiers à répondre et envoient une garnison militaire à Messana, mais cette tutelle ne convient pas aux Mamertins, qui expulsent les forces carthaginoises et appellent Rome à l’aide, au nom de la solidarité italienne.

Guerre en Sicile (264-256)

Les Romains, d’abord réticents à venir en aide à des mercenaires, même Italiens, qui avait pris par traîtrise une ville à ses maîtres légitimes, se décident finalement à intervenir en voyant les bénéfices potentiels d’une présence en Sicile. En 264, les troupes romaines traversent le détroit de Messine sans grande résistance et contraignent les forces carthaginoises et syracusaines à lever leur siège de Messana. Les Carthaginois se retirent, confiants en la supériorité de leur flotte pour continuer à dominer les mers.

En 263, les Romains assiègent Syracuse. La ville sera contrainte à s’allier à Rome et à contribuer à l’effort de guerre romain en Sicile. Dans les mois qui suivent, plusieurs possessions carthaginoises en Sicile font allégeance à Rome. En 262, les Romains assiègent Akragas (Agrigente), la principale ville carthaginoise en Sicile.

Pendant ce temps, les Carthaginois ont recruté une armée, qui rejoint Akragas par la mer et attaque les Romains au printemps 261. Les Romains, victorieux, s’emparent de la ville. La bataille d’Akragas est la première grande victoire romaine contre Carthage.

Pendant les années qui suivent, les combats s’enlisent en Sicile : Rome contrôle la plus grande partie de l’île, mais les Carthaginois n’ont aucun mal à défendre leurs villes côtières bien fortifiées. L’enlisement en Sicile a convaincu les Romains de construire leur propre flotte, afin d’étendre les combats en mer. La première grande bataille navale, à Mylae (Milazzo), en 260, sera une victoire surprise des Romains. Ensuite, la flotte romaine prendra le contrôle de la Corse, puis de la Sardaigne.

Expédition romaine en Afrique (256-255)

Encouragés par ces succès en mer, les Romains décident de traverser la Méditerranée pour envahir l’Afrique. Les flottes romaine et carthaginoise s’affronteront en 256, au Sud de la Sicile, lors de la bataille du Cap Ecnome, peut-être la plus grande bataille navale de l’histoire, qui aboutira à une nouvelle victoire romaine. La voie est libre pour permettre aux Romains d’envahir l’Afrique.

Les Romains abordent à Aspis (Kelibia) et prennent le contrôle de la campagne autour de Carthage. Les plus grands généraux carthaginois sont rappelés pour défendre la ville, mais leur armée est vaincue à son tour. Les Romains prennent Tunis, à 16 km seulement de Carthage. Désespérés, les Carthaginois font appel au mercenaire spartiate Xanthippe, qui parvient à vaincre les Romains et à les chasser d’Afrique en 255.

Fin de la guerre en Sicile (255-241)

Après l’échec de leur invasion de l’Afrique, les Romains se concentrent sur leur offensive en Sicile. En 254, ils prennent Panorme (Palerme) par la mer. Lorsque le général carthaginois Hasdrubal tente de reprendre la ville, son armée, pourtant bien plus nombreuse, subit une défaite décisive à la bataille de Panorme, en 250. Les Carthaginois ne contrôlent plus que deux villes siciliennes : Lilybée (Marsala) et Drépane (Trapani) ; mais il s’agit de villes côtières, très bien fortifiées et faciles à ravitailler par voie marine.

Après la défaite finale de la flotte romaine, pratiquement anéantie lors de la bataille de Phintias, en 249, les Carthaginois n’ont plus à craindre d’attaques par la mer. Ils réduiront donc fortement leur effort de guerre, se contentant de fortifier leurs dernières possessions tout en évitant les affrontements avec des forces romaines largement supérieures.

En 247, un jeune général carthaginois, Hamilcar Barca (le père du célèbre Hannibal), prend le commandement des forces carthaginoises en Sicile. Il décide de mener une guerre d’attrition, par de petites escarmouches contre les forces romaines, mais sans combats à grande échelle.

En 243, comprenant qu’ils ne parviendraient pas à chasser les Carthaginois de Sicile sans bloquer leurs voies de ravitaillement par la mer, le Sénat romain décide de construire une nouvelle flotte. En 241, la flotte carthaginoise est vaincue par la flotte romaine, lors de la bataille des Iles Egades. Le Sénat carthaginois, qui, après plus de 20 ans de guerre, n’avait pas les moyens financiers de construire une nouvelle flotte, ordonne à Hamilcar de négocier un accord de paix. Hamical refuse par fierté, si bien que c’est un autre général, Giscon, qui s’en charge. Le traité de Lutatius, signé fin 241, met fin à la première guerre punique : Carthage évacue la Sicile et les Romains sont les nouveaux maîtres de l’île.

Les Grecs en Afrique du Nord

Histoire de la Cyrénaïque

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La ville de Cyrène a été fondée en 631 avant notre ère, par des colons grecs, originaires de l’île de Thera (Santorini). Peu après, Cyrène et les autres villes grecques des environs formaient une Pentapole. La région a été sous influence grecque pendant toute l’Antiquité. Cet article est le sommaire de nos articles sur l’histoire des Grecs de Cyrénaïque, de la fondation de Cyrène à l’avènement de l’Empire romain.

Battos, le chef du groupe de colons grecs à l’origine de la ville, est devenu le premier roi de Cyrène. Ses descendants, la dynastie battiade, ont régné pendant deux siècles.

En 525, l’Empire perse envahit l’Egypte. Le roi de Cyrène fait alliance avec les Perses, qui profitent des luttes de pouvoir locales pour prendre le contrôle de la région.

En 462, le roi Arcésilas IV de Cyrène remporte la course de chars aux Jeux pythiques de Delphes, avec un attelage de chevaux libyens.

Vers 460, les Grecs de la Ligue de Délos soutiennent la révolte du chef libyen Inaros, un descendant des anciens Pharaons, contre les Perses. Après sa défaite, les derniers survivants grecs de son armée se réfugient à Cyrène.

Cyrène devient une République en 440, après la mort du dernier roi. Au cours de la deuxième moitié du 5° Siècle, Barca supplante Cyrène comme la ville la plus influente de la région.

En 414, pendant la Guerre du Péloponnèse, le général spartiate Gylippe, en route pour la Sicile, est repoussé vers les côtes libyennes par des vents contraires. Arrivé en Cyrénaïque, il délivre la ville d’Euhespérides (Benghazi), qui était assiégée par des tribus amazighes libyennes. Pour le remercier, Cyrène lui fournit des navires pour le guider jusqu’en Sicile.

Au cours du 5° Siècle, la Cyrénaïque était en concurrence avec Carthage pour le contrôle de la Syrte et des routes commerciales transsahariennes qui y aboutissent. Leur frontière a été fixée à Arae Philaenorum. A l’Ouest, la frontière entre la Cyrénaïque et l’Egypte était à Catabathmus Magnus (Salloum).

Vers la fin du 5° Siècle, un certain Ariston prend le pouvoir à Cyrène et tue 500 de ses citoyens les plus influents. Il voulait peut-être établir une démocratie selon le modèle athénien.

En 399, un groupe de 3000 Messéniens, chassés de leur capitale, Naupacte, par les Spartiates, se réfugient à Euhespérides (Benghazi).

L’Egypte parviendra à se libérer de l’emprise perse de 404 à 343, pendant les 28°, 29° et 30° dynasties pharaoniques. La Cyrénaïque a peut-être aussi repris son indépendance, mais on ne sait rien de son histoire pendant cette période. Les Perses reprendront l’Egypte en 343.

Vers 350, Cyrène a construit une trésorerie à Delphes.

En 332, Alexandre le Grand s’empare de l’Egypte. Les Grecs de Cyrénaïque, heureux de voir un roi grec qui aspire à réunir tous les Grecs, se soumettent à lui.

Après la mort d’Alexandre le Grand, en 323, son Empire est divisé entre ses généraux. Le mercenaire spartiate Thibron tente alors de prendre le contrôle de Cyrène. La Cyrénaïque fera ensuite partie de l’Egypte des Ptolémée.

Vers 320, pendant une famine en Grèce, Cyrène a envoyé 40 millions de litres de blé à la famille royale macédonienne et aux villes grecques.

Un Royaume indépendant de Cyrénaïque sera brièvement formé par Magas de Cyrène, mais ne durera pas.

Après la mort de Magas de Cyrène, sa fille Bérénice épouse Ptolémée III Evergète et devient reine d’Egypte. La ville d’Euhespérides est renommée Bérénice, en son honneur. Ptolémée III fonde aussi une nouvelle ville en Cyrénaïque, Ptolémaïs, dont il fait le siège de son gouverneur.

En 163, Ptolémée VIII Physcon, chassé d’Egypte par son frère Ptolémée VI Philométor, règne sur la Cyrénaïque en tant que vassal de son frère. Il est rétabli comme roi d’Egypte en 145.

En 105, Ptolémée Apion, le fils de Ptolémée VIII, est proclamé roi de Cyrénaïque. Après sa mort, en 96, comme il n’a pas d’héritier, la Cyrénaïque est léguée à la République romaine. Elle fera partie de l’Empire romain, dès sa fondation.

Carthage et l'Empire carthaginois

Les guerres puniques : Carthage contre Rome

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Au début du 3° Siècle avant notre ère, la domination de l’Empire carthaginois sur le bassin méditerranéen était menacée par l’émergence de Rome, qui avait pris le contrôle de la plus grande partie de l’Italie. Le conflit entre deux puissances situées si près l’une de l’autre, sur les deux rives de la Mer Méditerranée, était inévitable. Cet article est le sommaire de la série consacrée aux trois guerres puniques.

Origines

D’après la tradition, Rome a été fondée en 753 av. J.-C., par des réfugiés d’origine troyenne, qui se sont échappés des ruines de leur ville à la fin de la guerre de Troie. La ville se revendique donc comme la « Nouvelle Troie », destinée à retrouver la gloire perdue de l’ancienne Troie.

Au cours du 4°, puis du 3° Siècles, Rome a mené une série de campagnes militaires qui lui ont permis de prendre le contrôle de la péninsule italienne. Maintenant, les généraux romains tournent les regards vers la Sicile, où les Carthaginois sont également présents…

Sommaire


La première guerre punique (264-241) opposera Rome et Carthage, pour le contrôle de la Sicile et des îles voisines.

Pendant la deuxième guerre punique (218-201), le général carthaginois Hannibal traverse les Alpes pour envahir l’Italie par le Nord et parvient presque à détruire Rome, avant d’être finalement repoussé en Afrique.

La troisième guerre punique (149-146) aboutit à la chute et à la destruction de Carthage.

– La première guerre punique (264-241) : bataille pour la Sicile
– La Guerre des Mercenaires : l’Afrique se rebelle
– L’Espagne carthaginoise : une nouvelle Carthage
– La deuxième guerre punique (218-201) : la revanche de Hannibal
– Diviser pour mieux régner : les rois amazighs pendant les guerres puniques
– Le général vaincu : Hannibal après la deuxième guerre punique
– La guerre numido-carthaginoise : la dernière bataille de Carthage
– La troisième guerre punique (149-146) et la destruction de Carthage
– Carthage et les guerres puniques dans l’Enéide de Virgile