Blog

Les Royaumes amazighs avant l'invasion romaine

Juba II, héritier de Massinissa, roi de Maurétanie

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Juba II, le dernier héritier du trône de Numidie, grandit à Rome. Jeune adulte, il est établi comme roi du dernier royaume nord-africain qui demeure indépendant de Rome, qui s’étend à la fois sur la Numidie et la Maurétanie historique.

Enfance de Juba II

Juba II est né en Numidie, vers 50 avant notre ère. Il est le fils de Juba Ier, roi de Numidie, ce qui en fait un descendant direct du glorieux roi Massinissa. Par sa mère, il est également descendant de Hannibal. Il est enfant lorsque son père, vaincu par César, se suicide, sans personne pour lui succéder sur son trône.

Après la mort de son père, Juba II grandit à Rome, dans une captivité dorée. Il est élevé par Octavie, la sœur du futur Empereur Auguste, avec plusieurs autres enfants de rois vaincus par Rome, notamment Cléopâtre Séléné, la fille du général romain Marc-Antoine et de Cléopâtre d’Egypte, qui deviendra son épouse. En effet, les Romains veulent élever une nouvelle génération de rois romanisés, qui serviront les intérêts de Rome.

Règne de Juba II

Juba II

En l’an 30 avant notre ère, le jeune Juba II est rétabli comme roi de Numidie, en tant que dernier descendant de Massinissa.

En 25, il est choisi et couronné par le premier Empereur romain Auguste comme roi d’une grande Maurétanie élargie à la Numidie occidentale. La même année, il épouse Cléopâtre Séléné, la fille de la reine Cléopâtre d’Egypte et du général romain Marc-Antoine.

Si le règne de Massinissa est l’âge d’or du Royaume de Numidie, le règne de Juba II peut être considéré comme l’âge d’or du Royaume de Maurétanie. Sa capitale est Iol (Cherchell), qu’il renomme Césarée en l’honneur de l’Empereur. Son royaume s’étend de Hippo (Annaba) et Cirta (Constantine) à Tingis (Tanger). Il règne pendant près de 50 ans (25 av. J.-C.-23 ap. J.-C.) Pendant tout son règne, il sera un allié très proche de Rome. Il est resté dans les mémoires comme le roi qui aura définitivement fait entrer la Maurétanie dans la zone d’influence romaine.

Le règne de Juba II sera une période de grande prospérité. La Maurétanie s’enrichit grâce à l’exportation de blé, de raisin, de poisson et de teinture pourpre. Le port de Tingis se développe considérablement et la ville de Lixus devient le plus grand complexe industriel du monde méditerranéen. Juba II reprend l’ancienne industrie phénicienne de fabrication de pourpre sur les Iles Purpuraires, au large de Mogador (Essaouira), et envoie même une expédition explorer les Iles Canaries.

Monnaie à l’effigie de Juba II

Partout dans son royaume, Juba II entreprend d’importants travaux de construction, afin de doter ses villes d’infrastructures de qualité. Les travaux d’architecture et de sculpture qu’il a réalisés, notamment à Césarée et Volubilis, montrent un riche mélange d’influences romaines, égyptiennes et grecques.

Juba II favorise aussi le développement des arts et la recherche scientifique. Son médecin de cour, Euphorbe, a découvert qu’une plante des montagnes de l’Atlas a un puissant effet laxatif. Juba II lui-même est un des rois les plus érudits de son époque, qui a écrit plusieurs livres sur l’histoire, les sciences naturelles, la géographie et l’art. Il a notamment écrit Libyca, sur la géographie de l’Afrique du Nord, ainsi que l’histoire et les coutumes de ses habitants.

Cléopâtre Séléné, reine de Maurétanie

Sa reine, Cléopâtre Séléné, joue un rôle très actif à ses côtés et exerce une forte influence sur sa politique. Elle fait venir un grand nombre de conseillers, scientifiques et artistes de la cour de sa mère, à Alexandrie, pour servir à Césarée. Elle fait construire aussi un phare, sur le modèle de celui d’Alexandrie, dans le port de Césarée, ainsi que beaucoup de temples consacrés à des divinités romaines et égyptiennes. Alors que la poésie romaine de cette époque donne une image très négative de Cléopâtre d’Egypte, Cléopâtre Séléné de Maurétanie a vigoureusement promu l’héritage de sa mère.

Vers le milieu de son règne, Juba II a été choisi par l’Empereur Auguste pour accompagner son petit-fils Caius César dans une expédition en Orient, afin de conseiller le jeune homme. Ce choix montre l’estime que l’Empereur avait pour lui.

Vers la fin de son règne, Juba II a dû faire face à une insurrection des tribus amazighes contre la présence romaine en Afrique du Nord, menée par Tacfarinas, un ancien soldat qui a déserté de l’armée romaine, issu de la tribu gétule des Musulames. Cette insurrection se poursuivra après sa mort, sous le règne de son fils Ptolémée.

Le Mausolée royal de Maurétanie

La reine Cléopâtre Séléné meurt en -5. Juba II se remarie avec Glaphyra, la veuve du fils du roi de Judée Hérode le Grand. Leur mariage n’est pas heureux, contrairement au précédent mariage de Juba II avec Cléopâtre Séléné.

Juba II meurt en 23. Il est enterré, avec Cléopâtre Séléné, dans le Mausolée royal de Maurétanie, près de Tipasa (Tipaza, en Algérie). Ce monument, surnommé le « tombeau de la chrétienne » (une erreur de traduction de « Qabr el-Rûmiyya », « tombeau de la Romaine »), est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Mort et succession de Juba II

Ptolémée de Maurétanie

Après la mort de Juba II, son fils Ptolémée (23-40) lui succède. Issu de plusieurs lignées royales, il a une des filiations les plus prestigieuses du monde antique. Son père, Juba II, en plus d’être un descendant direct de Massinissa, descend également de Hannibal, par sa mère. Sa mère, Cléopâtre Séléné, est la fille de Marc-Antoine et de la reine Cléopâtre d’Egypte. Ptolémée est donc à la fois l’héritier, par son père, de Massinissa et de Hannibal, et, par la mère, de l’aristocratie romaine, des anciens Pharaons et des Ptolémée d’Egypte. Enfin, il a hérité du trône des anciens rois de Maurétanie.

Une telle filiation fait de lui un prétendant potentiel au trône impérial, mais elle représente aussi un grand danger pour lui. En 40, l’Empereur Caligula le fait assassiner et annexe son Royaume. Son meurtre provoque une nouvelle révolte maure contre Rome, menée par Aedémon, un esclave affranchi de la cour royale. Peu soutenu par la population locale, Aedémon est tué après deux ans. Les Romains contrôlent à présent toute l’Afrique du Nord.

Carthage et l'Empire carthaginois, L'Afrique du Nord romaine

Les guerres puniques dans la littérature romaine : Punica, de Silius Italicus

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Les guerres entre Rome et Carthage fascinaient tellement les Romains que, dans les siècles qui ont suivi, plusieurs auteurs romains s’en sont inspirés dans leurs œuvres. La plus célèbre de ces œuvres est l’épopée Punica, du poète Silius Italicus.

Les ouvrages historiques

La principale source historique sur les guerres puniques sont les Histoires, de Polybe. L’auteur, un Grec né vers 200 avant notre ère et envoyé comme otage à Rome en 167, s’intéresse à la période au cours de laquelle Rome est devenue une grande puissance. Contrairement aux historiens romains, Polybe écrit dans une perspective largement neutre entre Carthage et Rome.

Une autre source est l’historien romain Tite-Live, qui écrit sur l’histoire de Rome, depuis sa fondation.

Les premières épopées latines

Les premiers poètes romains se sont inspirés de la poésie épique grecque. Avant Virgile, leurs œuvres ne sont cependant que de pâles imitations d’Homère.

La plus ancienne épopée latine est Bellum Punicum, de Naevius (270-201). L’auteur, qui a servi comme soldat dans la première guerre punique et a vécu la deuxième dans sa vieillesse, est un témoin direct des événements. Son œuvre combine l’histoire romaine avec un arrière-plan mythique. Cette épopée est perdue.

Un autre poète, Ennius (239-169), a écrit les Annales, une épopée en 18 livres, qui couvre l’histoire romaine, de la chute de Troie à l’époque de l’auteur. Les livres 7-9 traitent des guerres puniques. Cette épopée est également perdue, seuls des fragments ont été conservés.

Le maître de l’épopée latine est évidemment Virgile. Nous avons écrit un article détaillé sur les références aux guerres puniques dans son Enéide.

Les Punica, de Silius Italicus

Silius Italicus

Une autre épopée plus tardive traite spécifiquement des guerres puniques : les Punica, écrites par le sénateur romain Silius Italicus (26-101). Il s’agit du plus long poème en latin encore disponible à notre époque, avec plus de 12 000 vers. Longtemps perdue, elle a été redécouverte en 1417.

Cette épopée en 17 livres, a pour thème la deuxième guerre punique et se concentre surtout sur l’affrontement entre Hannibal et Scipion. L’intrigue suit largement le récit historique de Tite-Live, mais en développant et embellissant des thèmes que Tite-Live ne mentionne que brièvement. Sur le plan poétique, il s’inspire surtout de Virgile.

Manuscrit des Punica

Le poème s’ouvre sur la trahison de Didon, son suicide et sa malédiction de toute la descendance d’Enée, des thèmes qui nous sont familiers par l’Enéide. Hannibal est présenté comme l’instrument de sa vengeance. Dans le livre 3, Hannibal traverse les Alpes, puis, dans les livres suivants, il combat les Romains en Italie. Dans les livres 15-17, Scipion débarque en Espagne, conquiert Carthago Nova, fait alliance avec Massinissa, puis inflige une défaite finale aux troupes carthaginoises à la bataille de Zama. Toute cette guerre est présentée comme voulue par les dieux pour éprouver la vertu des Romains.

Cette épopée est à la fois historique et mythique. Scipion est présenté comme le fils de Jupiter, qui, comme Ulysse dans l’Odyssée et Enée dans l’Enéïde, descend aux enfers pour recevoir une prophétie sur son avenir. Plusieurs personnages ne sont probablement pas historiques, mais plutôt des parallèles à des personnages de l’Enéïde. Ainsi, la princesse libyenne Asbyte, une alliée de Hannibal, est probablement inspirée de Camille, une femme guerrière de l’Enéïde, ainsi que du mythe des Amazones libyennes.

Les Carthaginois, bien qu’ennemis de Rome, sont tout de même décrits avec beaucoup de noblesse. La vengeance de Hannibal pour la trahison dont son ancêtre Didon a été victime est présentée comme légitime. Hannibal, comme Achille dans l’Iliade et Enée dans l’Enéide, reçoit un bouclier sur lequel sont dépeintes des scènes de l’histoire carthaginoise. Contrairement au bouclier d’Achille et d’Enée, son bouclier n’est cependant pas un cadeau des dieux, mais d’un allié humain.

Les Punica peuvent être lues en ligne en français sur cette page.

Les Royaumes amazighs avant l'invasion romaine

Eunoé, reine de Maurétanie, amante de Jules César

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Le grand homme d’Etat romain Jules César a eu des liaisons avec de nombreuses femmes. L’une d’entre elles était Eunoé, l’épouse du roi Bogud de Maurétanie.

La reine Eunoé de Maurétanie était l’épouse de Bogud, roi de Maurétanie occidentale, qui correspond au Nord du Maroc actuel (à l’Ouest du fleuve Moulouya). Eunoé était d’origine maure et son nom de naissance était Ausnufa ; son nom d’usage grec indique que sa famille était issue de la noblesse hellénisée du Royaume de Maurétanie. En tout cas, elle était issue d’une lignée très noble : l’historien romain Suétone la met au même rang que la reine Cléopâtre d’Egypte.

A un moment donné, son mari Bogud a organisé une expédition d’exploration de la côte atlantique. Il est apparemment allé au-delà des frontières de son royaume, jusqu’aux tropiques. A son retour, il a présenté à Eunoé des roseaux et des asperges géants qu’il avait trouvés.

Bogud était un allié de Jules César dans la guerre civile romaine et plusieurs historiens antiques attestent qu’Eunoé a eu une liaison avec César. La date de cette liaison n’est pas certaine : soit pendant son séjour en Afrique, soit ensuite, pendant sa campagne en Espagne, où Bogud l’a accompagné.

Avant de débarquer en Afrique, César avait passé plusieurs mois en Egypte, auprès de Cléopâtre, son amante la plus connue, avec qui il a eu un enfant. Ainsi, Eunoé a remplacé Cléopâtre dans les affections de César.

Bogud, le mari d’Eunoé, était certainement au courant de la liaison de sa femme avec César et ne semble pas avoir fait quoi que ce soit pour l’empêcher. En tout cas, il a largement profité des riches cadeaux que César lui a faits.

La liaison entre Eunoé et César a inspiré beaucoup de romans historiques, qui la comparent notamment à Cléopâtre, cette autre reine amante de César.

Les Amazighs, les premiers Nord-Africains

Meddan win dallatnen ən Kel-tamajaq win Taneray: Attarex ən kəl-tamajeq

Français – عربي – ⵜⵎⴰⵣⵗⵜ – Tamacheq – English

Kəl-tamajeq ən tannay a mosan, amaziɣ, təmos alɣadat nasan təzreg, əzdaɣan taneray daɣ assaxra. Təməddurt nasan, daɣ əssuf tan təsfrâgat aggaz ən təmost nasan. Daɣ tanat ta, ən ta daɣ du zannəkšif a wa imos attarex ən kel-Tamajaq.

Kel tamajeq nəfalalan-du daɣ awatay wan karadatəmad əd wan nəkkozatamad. Immusanan aggotnen ənnan, i marawan nasan win n azzarnen kala əxsaran akal igan esəm Tafilalet, daɣ Assaxra. Weyad immusanan ordanas kel tamajeq arat daɣ tawšet tas itawanu Garamantes du Fezzan a mosan, i mo sa san əšəl agamad ən kalan nasan fəl ammatey ən təmməren d iban aman a fəl təqqal təməddurt nasan təzreg. Mijas tawšeten šin sanatat ta, artenen əqqala kel-tamajaq.

Šaššəlan ən təmənokalt Tin Hinan iga ag-Aljazayər Hocine Ziani

Tin Hinan təmənokalt a təmos tellat esəm daɣ kel tamajaq. Təmaltu daɣ awatay wan karadatamad. Almaɣna n esəm-net “təntut tan həktan”, mišan təsamadəq net iyyat “təmmarot nana ketnana”. Inna attarex ən kel tamajeq təmənokalt a təmos wər nedrer a du tətəwastaɣat daɣ tamasna n assaxra. Əgan net əzama ad tənɣa gələk daɣ taneray, har əgrawan amasa daɣ enəwan ən tətaft. Igət ən bararen-net aqqalnen imarawan ən kel tamajeq.

Šaššəlan n əzəkka ən Tin Hinan ənsan daɣ musee wan Bardo, ihan Alje

Əzəkka ən Tin Hinan iha tamakast tan Abalessa, daɣ amas n adɣaɣan win Hoggar daɣ agala n Aljazayər. Əzəkka wa, attarex zuwaran əmos, ətəwakšaf du daɣ awatay wan əgim əd tazayat təmad əd sanatatəmərəwen əd səmos, ahantu ɣasan ən təntut, əd tammaten n azrəf iwar udəm nəmənokal ən kəl-Ərrum Constantin, əd sasaran n urəɣ,d azrəf d aratan weyyad ən tanbalt. Afrag iwartu akatab ən təfinaɣ.

Tənəɣəlt tan Agadaz

Alɣadat ən kəl tamajeq, tolla əd tan n amaziɣ, itəwanay ədarəz-net daɣ Afriq tan tamasna. Əɣbadan təfuk əd talit. Šəyyad tawšeten ən kəl tamajeq kala əmosanat əlməsixitan; i marawan nasan win tawšet tas itawanu Garamantes dat iban nasan, əlməsixitan a mosan. Tənəɣəlt tan Agadaz arat daɣ ejwalan a temos ən kəl tamajeq itəwasanan, amaran tənəɣəlt tan n əlməsixitan daɣ du tət tan wanzum, tega imməttəyan s’alɣadaten ən kəl tamajeq. Dəffər məgəran n ilislam ɣur sədissatəmad nawattay, ad əqqalan kəl tamajaq ədin wan n əlislam, təzar zawazawazantu daɣ Afriq tan n ataram. Əlislam nasan, esərtayan-tu d aratan win n as əzəgzanan i marawan nasan əɣbadan tan, a mosan saɣmar ən marawan, d əsənəman. Azalada, kəl tamajeq wər nəgət a mosnen əlməsixitan daɣ Nijer.

Əlan d innokaynen kəl tamajeq əggərgasan daɣ tišət nasan kə Jula gər Marrakəš əd Tumbuktu. Təməddurt nasan, daɣ əssuf tan təsfrâgat aggaz ən təmost nasan,iyyat daɣ as nat, akatab nasan Təfinaɣ, əd əmmek was šadanan kəl amaziɣ əllan.

Tumbuktu

Tumbuktu aɣrəm a temos ihossayan, təsəmmadeq net “əljuhər ən taneray”, əkrasantu kəl-tamajeq win assitawanu Maɣšaran daɣ awattay wan nəgim əd tamadeɣ. Tumbuktu əfasan ən kəl tamajeq a taha har awattay wan nəgim d əkkozatamad, təzar obazantat kəl Sonɣai daɣ, awattay wan nəgim d əkkozatamad əd sədəsatəmərwen d etam.

Azalada, kəl tamajeq ewadan edag nəkkoz millio tan, əllaman gər tənariwen n assaxra əntanay əd imanas nasan. Təšam nasan ahan tamasna ən Nijer əd ɣələɣalayan n Agadaz daɣ imos igət nasan daɣ aytedan nakal maraw diyyan daɣ tamədey. Wiyyad kəl tamajaq han Mali, d Aljazayər, əd Libəya, əd Mortani, har tamasna ən Burkina Faso, əd Nijerəya. Əzzəmaran y əmmətey ən təmmeren, tədgazat ihərwan nasan əd jula wa tagin. Alɣadat nasan tənihaga əd teməddurt nasan daɣ taneray, tərakabdu deɣ aytedan win ta togamnen han tara ən man nasan.

Les Amazighs, les premiers Nord-Africains

Les hommes bleus du désert : histoire des Touaregs

Français – عربي – ⵜⵎⴰⵣⵗⵜ – Tamacheq – English

Les Touaregs sont un peuple amazigh, de tradition nomade, qui vit dans le désert du Sahara. Leur mode de vie nomade et leur isolation dans le désert leur a permis de préserver en grande partie leurs traditions ancestrales. Dans cet article, nous découvrirons l’histoire des Touaregs.

Les Touaregs sont apparus vers le 4° et le 5° Siècle. D’après la plupart des spécialistes, leurs premiers ancêtres ont migré du Tafilalet vers la région du Sahel. D’autres spécialistes pensent que les Touaregs descendent des Garamantes du Fezzan, qui, contraints d’abandonner leurs villes à cause du changement climatique et de l’épuisement des ressources en eau, seraient retournés à la vie nomade. Il est possible aussi que ces deux populations se sont mélangées pour donner naissance au peuple touareg.

Portrait de Tin Hinan par le peintre algérien Hocine Ziani

Tin Hinan, la Tamenokalt ou reine légendaire des Touaregs, a vécu au 4° Siècle. Son nom signifie littéralement « femme des tentes », mais peut être traduit métaphoriquement par « mère de nous tous ». D’après les légendes touarègues, c’était une princesse fugitive, chassée du Nord du Sahara. Sa caravane a failli mourir de faim dans le désert, jusqu’à ce qu’ils trouvent du grain dans des fourmilières. Ses enfants, dont le nombre varie selon les légendes, sont devenus les ancêtres des Touaregs.

Maquette du Tombeau de Tin Hinan, musée du Bardo, Alger

Le tombeau de Tin Hinan se trouve dans l’oasis d’Abalessa, dans les montagnes du Hoggar, au Sud de l’Algérie. Cette tombe monumentale, découverte en 1925, contient le squelette d’une femme, avec des pièces de monnaie à l’effigie de l’Empereur romain Constantin, des bijoux en or et en argent et du mobilier funéraire. Les murs sont recouverts d’inscriptions en tifinagh.

Croix d’Agadez

La religion traditionnelle des Touaregs est inspirée de la mythologie amazighe, dont on retrouve des traces dans toute l’Afrique du Nord. Ils adoraient surtout le soleil et la lune. Certaines tribus touarègues étaient chrétiennes ; les Garamantes, leurs ancêtres potentiels, étaient chrétiens avant leur disparition. La croix d’Agadez, un symbole touareg très populaire, pourrait être inspirée de la croix chrétienne, avec des ajouts d’éléments traditionnels touaregs. Après les conquêtes islamiques, au 7° Siècle, les Touaregs se sont convertis à l’islam et ont ensuite contribué à la diffusion de l’islam en Afrique de l’Ouest. Leur islam est cependant toujours mêlé de croyances et pratiques ancestrales, notamment la vénération des ancêtres et les fétiches. Une petite minorité touarègue aujourd’hui est chrétienne, surtout au Niger.

Au cours des siècles, les Touaregs se sont enrichis grâce aux caravanes de commerce transsaharien, de Marrakech à Tombouctou. Leur mode de vie nomade et leur isolation dans le désert leur a permis de préserver leurs traditions ancestrales, notamment l’alphabet tifinagh et le calendrier solaire amazigh.

Tombouctou

La mythique ville de Tombouctou, surnommée la « perle du désert », aurait été fondée au 12° Siècle par les Touaregs Maghsharans. Tombouctou est demeurée sous contrôle touareg jusqu’au 15° Siècle, lorsqu’elle a été conquise par l’Empire songhaï, en 1468.

Aujourd’hui, environ 4 millions de Touaregs continuent de parcourir les immenses étendues désertiques du Sahara avec leurs chameaux. Plus de la moitié vivent au Nord du Niger, autour d’Agadez, où ils représentent 11% de la population nationale. D’autres vivent au Mali, en Algérie, en Libye, en Mauritanie et jusqu’à l’extrême Nord du Burkina Faso et du Nigeria. Ils subissent les effets de la désertification, qui menace leurs troupeaux et leur commerce. Leur mode de vie traditionnel, idéalement adapté à la vie dans le désert, fascine depuis toujours les explorateurs et tous les épris de liberté.

Les Royaumes amazighs avant l'invasion romaine

Les derniers rois de Numidie et de Maurétanie

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Pour cet article, nous nous sommes largement inspirés de cet excellent blog, sur l’histoire antique de l’Algérie.

Après le règne de Massinissa et, surtout, l’insurrection de son petit-fils Jugurtha, les derniers rois de Numidie seront de plus en plus dépendants clients de Rome, jusqu’à l’annexion finale de leur royaume par l’Empire romain. Les rois de Maurétanie, eux, conserveront davantage d’autonomie, jusqu’au règne de Juba II.

L’Afrique du Nord au 1er Siècle (Source)

Les derniers rois de Numidie : les descendants de Massinissa

Gauda et ses fils

L’Afrique romaine et la Numidie à l’époque de Gauda

Après la défaite de Jugurtha, Gauda (105-88), un jeune demi-frère de Jugurtha, a été choisi par les Romains comme nouveau roi d’une Numidie amputée de la moitié de son territoire. D’après l’historien romain Salluste, pendant la guerre de Jugurtha, Gauda avait demandé au commandant romain Quintus Metellus à être traité avec les honneurs dus à ceux que les Romains reconnaissaient comme rois. Lorsque Metellus a refusé, il a conspiré avec son adjoint Caïus Marius pour salir sa réputation et le faire remplacer par Marius.

Après sa mort, son royaume est divisé entre ses fils.

La Numidie orientale

Frontière approximative entre la Numidie orientale et occidentale

Hiempsal II (88-60), l’aîné, reçoit la plus grande part, avec pour capitale Zama, en Tunisie actuelle. D’après Salluste, Hiempsal a écrit un livre sur l’histoire de l’Afrique, en langue punique.

Hiempsal sera immédiatement menacé par un usurpateur, Hierbas, qui s’est emparé du trône de son frère Masteabar. Les origines de Hierbas sont incertaines : selon certaines sources, il est également le fils de Gauda et le frère d’Hiempsal et de Masteabar, mais il est plus probable qu’il n’était pas apparenté à la famille royale. Il était peut-être d’origine gétule ; le poète romain Virgile le présente comme Gétule dans l’Enéïde.

Pendant la guerre civile romaine entre Sylla et Marius, Hiempsal prend le parti de Sylla et Hierbas celui de Marius. Lorsque Marius fuit Rome avec ses fils, Hiempsal les reçoit à sa cour avec des égards apparents, mais sa véritable intention est de les retenir prisonniers. Ils parviennent cependant à s’enfuir. En 84, Hierbas chasse Hiempsal de son trône, avec le soutien des partisans de Marius, mais en 82, Sylla envoie une armée menée par Pompée, pour le rétablir. Hierbas est tué et Hiempsal règne sans rival pendant près de 20 ans encore.

Juba Ier

Après sa mort, son fils Juba Ier (60-46) lui succède. Juba, comme son père, est un allié du général romain Pompée. En 49, lorsque la guerre civile éclate entre Pompée et Jules César, Juba prend donc logiquement le parti de Pompée. Il espère aussi profiter de la guerre civile pour préserver l’indépendance de la Numidie. Après avoir résisté courageusement aux avancées de César, Juba se suicide après la défaite finale de son camp. Son royaume devient la province romaine d’Africa Nova (Afrique nouvelle).

Son fils Juba II grandit à Rome, dans une captivité dorée. Il est élevé par Octavie, la sœur du futur Empereur Auguste, avec plusieurs autres enfants de rois vaincus par Rome, notamment Cléopâtre Séléné, la fille du général romain Marc-Antoine et de Cléopâtre d’Egypte, qui deviendra son épouse. En effet, les Romains veulent élever une nouvelle génération de rois romanisés, qui serviront les intérêts de Rome.

La Numidie occidentale

Un autre fils de Gauda, Masteabar, a reçu la partie occidentale de la Numidie, plus petite, avec pour capitale Cirta (Constantine). Ce roi a laissé très peu de traces, au point où certains historiens doutent même de son existence. Cela s’explique certainement par le fait qu’il a été renversé très tôt par Hierbas.

Son fils Massinissa II (81-46) est établi sur le trône après la chute de Hierbas, en tant que vassal de la Numidie orientale. Comme Juba Ier, il prend le parti de Pompée dans la guerre civile romaine. On ne sait pas ce qu’il est devenu après la victoire de César.

L’Afrique du Nord après la guerre civile – en vert foncé, le territoire de Publius Sittius (Source)

Après la guerre civile, la plus grande partie de la Numidie occidentale est rattachée à la Maurétanie, tandis que la région autour de Cirta devient la propriété du mercenaire romain Publius Sittius (46-44), un allié de César, qui s’y installe avec ses troupes.

Après la mort de Jules César, en 44, Arabion (44-40), le fils de Massinissa II, qui s’était enfui en Espagne, revient et parvient à tuer Sittius pour reprendre le trône de son père. Il est tué en 40, en participant à une nouvelle guerre entre forces rivales romaines.

La Numidie unifiée

En l’an 30, le jeune Juba II (30-25) est rétabli comme roi d’une Numidie unifiée, dont le territoire comprend à la fois celui de son père Juba (devenue la province romaine d’Africa Nova) et de son oncle Massinissa II. La restauration du Royaume de Numidie ne durera cependant pas longtemps : il est définitivement aboli en 25. L’ancienne Africa Nova est à nouveau annexée par Rome, tandis que la Numidie occidentale est rattachée à la Maurétanie.

Les rois de Maurétanie : les descendants de Baga

Bocchus Ier

Le premier roi connu de Maurétanie, Baga, a participé à la 2° Guerre punique avec Massinissa, est mort en 111. Son fils (ou petit-fils) Bocchus Ier (111-80), qui lui a succédé, est le beau-père de Jugurtha, qu’il finira par trahir.

Son fils Mastanesosus (80-49) lui succède. Son règne est assez peu connu. A son époque, un royaume indépendant émergera brièvement dans la région de Tingis (Tanger).

Après la mort de Mastanesosus, son royaume est divisé entre ses fils Bocchus II (49-33), à l’Est de la rivière Moulouya, et Bogud (49-38), à l’Ouest. Tous deux soutiennent tous deux Jules César contre Pompée dans la guerre civile romaine. Après sa victoire, en 46, César accorde à Bocchus une partie de la Numidie occidentale, qui sera cependant reconquise par Arabion en 44. En 45, Bogud aide César à réprimer une insurrection en Espagne. La femme de Bogud, Eunoé, a eu une liaison avec Jules César.

Après la mort de César, en 44, Bocchus soutient Octave (le futur Empereur Auguste), tandis que Bogud soutient son rival Marc-Antoine. En 38, Bocchus profite d’un voyage en Espagne de Bogud pour s’emparer du territoire de son frère. Bogud meurt pendant la guerre d’Actium.

Dès lors, Bocchus II règne seul sur toute la Maurétanie. Bien qu’allié des Romains, son royaume est bien plus indépendant de Rome que la Numidie.

Bocchus II meurt en 33, sans héritier. Après sa mort, la Maurétanie est administrée directement par Rome, sans être officiellement annexée : la région n’est pas encore assez romanisée.

Juba II et Ptolémée, rois de Numidie et de Maurétanie

Juba II

En 25, Juba II (25 av. J.-C.-23 ap. J.-C.), le dernier descendant de Massinissa, est choisi par le premier Empereur romain Auguste comme roi d’une grande Maurétanie, élargie à la Numidie occidentale. Sa capitale est Iol (Cherchell), qu’il renomme Césarée. Son royaume s’étend de Hippo (Annaba) et Cirta (Constantine) à Tingis (Tanger). Son règne de près de cinquante ans est si marquant que nous lui consacrerons un article détaillé.

Ptolémée de Maurétanie

Après la mort de Juba II, son fils Ptolémée (23-40) lui succède. Au début de son règne, il doit réprimer l’insurrection de Tacfarinas, qui avait commencé sous son père.

Ptolémée de Maurétanie, issu de plusieurs lignées royales, a une des filiations les plus prestigieuses du monde antique. Son père, Juba II, en plus d’être un descendant direct de Massinissa, descend également de Hannibal, par sa mère. Sa mère, Cléopâtre Séléné, est la fille de Marc-Antoine et de la reine Cléopâtre d’Egypte. Ptolémée est donc à la fois l’héritier, par son père, de Massinissa et de Hannibal, et, par la mère, de l’aristocratie romaine, des anciens Pharaons et des Ptolémée d’Egypte. Enfin, il a hérité du trône des anciens rois de Maurétanie.

Une telle filiation fait de lui un prétendant potentiel au trône impérial, mais elle représente aussi aussi un grand danger pour lui. En 40, l’Empereur Caligula l’invite à Rome, où il le fait assassiner. Son Royaume est annexé par les Romains.

Le meurtre de Ptolémée provoque une nouvelle révolte maure contre Rome, menée par Aedémon, un esclave affranchi de la cour royale. Peu soutenu par la population locale, Aedémon est tué après deux ans. Les Romains contrôlent à présent toute l’Afrique du Nord.

Généalogie des rois de Numidie et de Maurétanie (Source)
L'Afrique du Nord romaine

La nouvelle Carthage : une ville romaine reconstruite

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Après la destruction de Carthage, le Sénat romain a décrété que la ville devrait demeurer détruite pour toute l’éternité, avec interdiction formelle de la reconstruire. Malgré cette interdiction, le prestige de Carthage est tel qu’une nouvelle ville romaine sera construite un siècle plus tard. La nouvelle Carthage deviendra la capitale de l’Afrique romaine et une des plus grandes villes de l’Empire.

L’amphithéâtre de Carthage

Contexte

Après la chute de Carthage, la ville voisine d’Utique est devenue la capitale de la province romaine d’Afrique. Son emplacement stratégique sur le fleuve Medjerda était un grand avantage. L’érosion du fleuve, due à la culture du blé dans les montagnes, a cependant provoqué l’ensablement du port d’Utique, contraignant les Romains à chercher un autre port.

En 123 avant notre ère, l’homme politique et réformateur social romain Caïus Sempronius Gracchus a tenté d’établir une colonie romaine, nommée Colonia Junonia, sur le site de l’ancienne Carthage. Le projet sera abandonné après une trentaine d’années, en raison de l’impopularité de ce site.

La nouvelle ville de Carthage a été construite par Jules César, de 49 à 44. On ne sait pas si la construction était terminée avant la mort de César, mais en tout cas, c’est lui qui l’a ordonnée. Un siècle plus tard, Carthage était la plus grande ville d’Afrique romaine et une des plus grandes villes de tout l’Empire, avec 500 000 habitants.

Carthage romaine

Carthage est devenue la capitale de la province romaine d’Afrique, qui correspond à la partie Nord de la Tunisie actuelle. La ville était le centre politique, économique et culturel de toute l’Afrique romaine.

Carthage est également devenue un important centre chrétien, d’où le christianisme s’est répandu dans toute l’Afrique du Nord. Les martyrs chrétiens de Carthage, dont Perpétue, une jeune femme noble de 22 ans, mère d’un enfant nouveau-né, et son esclave Félicité, qui était enceinte, ont été mis à mort pour leur foi à Carthage en 203. Tertullien, le premier écrivain chrétien de langue latine, a vécu à Carthage.

Au cours du 2° Siècle, la ville a été ravagée par un grand incendie. Les secteurs affectés ont été reconstruits dans le cadre d’un vaste plan de réaménagement urbain.

Carthage est demeurée sous souveraineté romaine, jusqu’à sa conquête par les Vandales, en 435.

Les Royaumes amazighs avant l'invasion romaine

Mastanesosus, Iephtas et Ascalis : un royaume indépendant à Tingis

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

L’ancienne ville punique de Tingis, annexée par le Royaume de Maurétanie après la deuxième guerre punique, a longtemps gardé une large autonomie, continuant notamment à frapper sa propre monnaie avec des inscriptions puniques. Vers la fin du règne de Bocchus Ier de Maurétanie, des chefs locaux, Iephtas, puis son fils Ascalis, ont pris le contrôle de la région de Tanger.

Bocchus Ier, le roi de Maurétanie connu surtout pour sa participation à la guerre de Jugurtha, est mort vers 80 avant notre ère. Son fils Mastanesosus, qui lui succède, est très peu connu… ce qui pourrait être un indice montrant qu’il n’exerçait qu’un contrôle limité sur son royaume.

En effet, on sait par l’historien romain Salluste que, vers l’époque de la mort de Bocchus Ier, un royaume indépendant de Tingis a émergé. Son premier roi est Iephtas, succédé par son fils Ascalis. Ils contrôlaient probablement la côte africaine du détroit de Gibraltar. Leur capitale était Tingis (Tanger).

Dans le passé, on pensait que Iephtas et Ascalis étaient apparentés à la dynastie royale maurétanienne. Entretemps, on sait qu’il s’agit plutôt de chefs de tribu locaux du Rif. En tout cas, leurs noms montrent qu’ils étaient d’origine amazighe et non punique.

Salluste rapporte qu’Ascalis a été vaincu par le général romain Quintus Sertorius, un ancien partisan de Marius dans la guerre civile de Sylla, devenu gouverneur d’Hispanie. Sertorius a restauré l’autorité du roi de Maurétanie sur la région de Tanger.

Pour en savoir plus

L'Afrique du Nord romaine

La déesse Afrique : une incarnation du continent

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Les Romains associaient fréquemment les nouvelles régions qu’ils conquéraient à des divinités. Au cours des premiers siècles de notre ère, le culte d’une nouvelle déesse Afrique, personnification du continent africain, s’est développé en Afrique du Nord romaine.

La reine Didon de Carthage et la déesse Afrique (à droite), fresque romaine de Pompéï

La déesse Afrique est représentée comme une femme, vraisemblablement amazighe, qui porte une coiffe en forme d’éléphant. Elle est une déesse de la fertilité et de l’abondance, dans une régions aux terres très fertiles. En plus de sa coiffe d’éléphant, elle porte généralement une corne d’abondance et est souvent accompagnée d’un lion.

La coiffe d’éléphant remonte à avant l’ère romaine. Elle apparaît pour la première fois sur des pièces de monnaie commémorant l’invasion de l’Inde par Alexandre le Grand, puis dans des pièces égyptiennes. L’image a ensuite été adoptée par Agathocle de Syracuse, après sa campagne africaine, en référence aux éléphants de guerre carthaginois. Enfin, elle apparaît sur les pièces frappées par l’usurpateur Hierbas de Numidie. Les Romains ont repris ce symbole après leur victoire contre Hierbas.

Les Romains avaient déjà leurs propres dieux de la fertilité, si bien que le culte de la déesse Afrique n’a jamais été très populaire, en dehors de l’Afrique romaine elle-même.

Les Royaumes amazighs avant l'invasion romaine

Le fils de Jugurtha : Oxyntas pendant la Guerre sociale

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Le roi Jugurtha de Numidie avait deux fils, Iampsas et Oxyntas, qui ont été déportés à Rome avec lui. Après la mort de son père, Oxyntas a été libéré et exilé à Venusia, au Sud de l’Italie. Par la suite, il a joué un rôle dans la Guerre sociale, une guerre entre Rome et ses alliés en Italie.

En 91 avant notre ère, le tribun de la plèbe Marcus Livius Drusus, qui proposait d’accorder la citoyenneté romaine à tous les socii (alliés) de Rome en Italie, a été assassiné. Son assassinat a provoqué la révolte des peuples italiens, comme les Marses et les Samnites, qui auraient bénéficié de la réforme : c’est la Guerre sociale, ou Guerre marsique, qui a duré de 91 à 88.

Monnaie à l’effigie de Gaius Papius Mutilus

Dans ce contexte, un des chefs des insurgés, le Samnite Gaius Papius Mutilus, a fait appel au jeune Oxyntas, qui se trouvait sur son territoire, afin d’inspirer des défections dans les troupes numides qui servaient dans l’armée romaine. Cette stratégie semble avoir connu un certain succès : une grande partie des combattants numides ont déserté en voyant le fils de leur ancien roi.

Finalement, les Romains ont vaincu les insurgés. On ignore ce qu’Oxyntas est devenu après la fin de la guerre.