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En Afrique romaine comme dans tout le monde romain, les combats de gladiateurs, courses de chars et représentations théâtrales étaient des divertissements extrêmement populaires. Beaucoup de gladiateurs, auriges, athlètes et acteurs adulés du public romain étaient originaires d’Afrique. Dans cet article, nous découvrirons les plus célèbres gladiateurs, athlètes, dramaturges et acteurs d’Afrique romaine.
Les gladiateurs

Les gladiateurs étaient des combattants armés, entraînés pour se battre jusqu’à la mort dans l’arène contre d’autres gladiateurs. Ces combats étaient sans pitié : il fallait tuer pour ne pas être tué… pour le plus grand plaisir du public ! La plupart des gladiateurs étaient des captifs ou des esclaves contraints de se battre, d’autres s’engageaient volontairement, pour échapper à la pauvreté ou par soif de célébrité.
A Rome, plusieurs inscriptions funéraires de gladiateurs montrent qu’ils étaient d’origine africaine (avec des noms comme Afer, Numidicus, Maurus ou Getulicus). Le poète romain Martial mentionne un gladiateur du nom de Lucius Afer, qui est devenu célèbre à Rome. A Capoue, où le célèbre Spartacus a reçu sa formation de gladiateur, un gladiateur thrace (référence à son armure, et non à ses origines), tué à 25 ans après plusieurs victoires, est décrit comme Afer.
En Afrique, il y avait des écoles de gladiateurs (ludi) à Carthage, Leptis Magna, Hadrumetum (Sousse) et Lambèse (Tazoult). Les gladiateurs africains entraînés sur place intégraient ensuite des troupes de gladiateurs, qui se battaient dans les villes africaines ou, pour les meilleurs d’entre eux, étaient envoyés à Rome. Des inscriptions retrouvées à Thuburbo Maius, près de Zaghouan en Tunisie, mentionnent deux gladiateurs locaux appelés Quintianus et Pudentilla. Pudentilla est un nom féminin : les femmes gladiatrices étaient rares et d’autant plus appréciées.

Les gladiateurs se battaient aussi contre des bêtes sauvages, lors de reconstitutions de chasse appelées venationes. D’autres fois, les animaux se battaient entre eux, ou bien dévoraient des prisonniers condamnés à mort (notamment des martyrs chrétiens). Les animaux employés lors de ces mises en scène grandioses venaient le plus souvent d’Afrique.
Auriges

Les courses de chars étaient un autre élément important des spectacles populaires. Il y avait le plus souvent quatre écuries : les Bleus, les Verts, les Rouges et les Blancs, alignés sur des factions politiques. Les chevaux numides, célèbres dans tout le monde antique pour leur vitesse, étaient particulièrement prisés pour ces courses. Les coureurs étaient appelés auriges, tandis que l’arène de la course était appelée cirque.
Le premier célèbre aurige d’origine africaine est Mastanabal, le fils du roi Massinissa de Numidie. En 168 ou 164, il a remporté la course de chars aux Jeux panathénaïques, une compétition sportive organisée à Athènes.
Un autre aurige célèbre, dont le nom indique une probable origine africaine, est Scorpus, qui faisait partie de l’écurie des Verts, à Rome. Il est mort à 27 ans, après plus de 2000 victoires. La cause de sa mort est inconnue, mais il est probable que ce soit un des nombreux accidents dans l’arène qui lui a coûté la vie. Le poète Martial a écrit un poème en son honneur.
Porphyre, un aurige de l’époque byzantine, considéré comme le meilleur aurige de son temps, était originaire de Libye. Alors que traditionnellement, les champions de course étaient honorés d’une seule statue, pas moins de sept statues de Porphyre ont été érigées le long de l’hippodrome de Constantinople, après son départ à la retraite, vers l’âge de 60 ans. Son époque est considérée comme l’âge d’or des courses de char byzantines.
Athlètes

Les courses à pied, combats de boxe et de lutte et compétitions de tir à l’arc, de lancer de disque ou de javelot, étaient également très populaires dans le monde romain. Les entraînements sportifs dans les gymnases constituaient un élément fondamental de la formation des jeunes hommes, selon la devise latine « Mens sana in corpore sano », « Un esprit sain dans un corps sain ». De grandes compétitions sportives, inspirées des Grecs, étaient organisées régulièrement.
Marcius Porcius, un athlète originaire de Leptis Magna, est mentionné dans une inscription honorifique : il a remporté des compétitions athlétiques à Rome, en Grèce et en Asie Mineure.
Un autre athlète d’origine africaine est Victorinus de Cuicul (Djemila, près de Setif, en Algérie actuelle). Il est honoré dans une inscription en Numidie.
Théâtre
Le théâtre était un art florissant en Afrique romaine. Plus de 40 théâtres ont été construits dans des villes africaines.

Un des principaux dramaturges du monde romain, Térence, était d’origine africaine. Né à Carthage entre la deuxième et la troisième guerre punique, il a été vendu comme esclave à Rome dans sa jeunesse. Ses comédies latines d’inspiration grecque étaient jouées dans tout l’Empire.
Il y avait aussi des acteurs d’origine africaine. A Thamugadi (Timgad, en Algérie actuelle), un autel dédié à Apollon a été offert à la ville par un groupe d’acteurs itinérants. À Sabratha, les statues honorifiques dans le théâtre montrent que les acteurs, qui étaient souvent des esclaves affranchis, pouvaient atteindre un certain prestige social.
Il y avait également des concours de théâtre : à Carthage, une inscription fait référence à un « acteur tragique couronné », qui a remporté le concours local de tragédie.
Avons-nous des noms d’acteurs ? A Thuburbo Maius, une inscription funéraire mentionne un certain Quintus Valerius Restitutus, histrio (acteur comique) originaire de la ville.

