Les Amazighs, les premiers Nord-Africains, Les Perses en Afrique du Nord

Inaros de Saïs : prince libyen d’Egypte, rebelle contre les Perses

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Inaros était un prince égyptien d’origine libyenne. Au 5° Siècle avant notre ère, pendant l’occupation perse de l’Egypte, Inaros, qui était probablement apparenté à l’ancienne dynastie pharaonique renversée par les Perses, mène une rébellion contre l’Empereur de Perse Artaxerxès. Il est soutenu par les Grecs de la Ligue de Délos, une confédération menée par Athènes.

Le sceau de Zvenigorodsky, selon certains spécialistes, pourrait représenter la soumission d’Inaros, après sa défaite

Qui était Inaros ?

Ruines de Saïs

Inaros était le prince de la ville de Saïs, dans le Delta du Nil. Il régnait sur un territoire qui s’étendait de Saïs à Maréa, sur la côte méditerranéenne. Saïs, une ville importante en Egypte, avait été le siège de la dynastie pharaonique déchue. Le père d’Inaros s’appelait Psammetique, comme le Pharaon renversé par les Perses, ce qui semble indiquer qu’il était peut-être son descendant.

L’historien grec Hérodote dit qu’Inaros était d’origine libyenne. La 26° dynastie pharaonique, vaincue par les Perses, est parfois décrite comme d’origine libyenne, mais ce n’est pas certain. En tout cas, son territoire faisait partie des régions habitées par des tribus libyennes et ses sujets étaient donc Libyens.

Inaros est souvent confondu avec un autre Inaros, qui a vécu deux siècles avant lui : Inaros d’Arthribis, un prince égyptien, également d’origine libyenne, qui s’est révolté contre l’occupation assyrienne de l’Egypte. Les récits légendaires à leur sujet mêlent la vie des deux personnages. Pour les distinguer, les historiens parlent d’Inaros I et Inaros II.

La révolte d’Inaros

Carte des batailles entre Inaros et les Perses

Vers 460 avant notre ère, Inaros chasse les collecteurs d’impôts impériaux de son territoire et commence à lever une armée pour se révolter contre l’Empire perse.

Pour sa révolte, Inaros s’allie à Amyrtée, un prince voisin, qui contrôle les marécages du Nord du Delta du Nil, une région très difficile à pénétrer pour les armées étrangères. La plupart des spécialistes pensent que cet Amyrtée était apparenté au futur Pharaon Amyrtée, qui, une soixantaine d’années après, a vaincu les Perses et restauré la souveraineté égyptienne.

La flotte de Charitimide

Inaros est également soutenu par la Ligue de Délos, une confédération de cités grecques menée par Athènes, hostile aux Perses. La Ligue de Délos envoie une flotte de 200 navires pour soutenir Inaros, menée par le général athénien Charitimide.

Après l’arrivée des Athéniens, l’alliance rebelle menée par Inaros affronte une armée de 400 000 combattants perses, menée par Achéménès, le frère de l’Empereur Artaxerxès, à la bataille de Papremis. Les Perses, vaincus, battent en retraite. Peu après, les Athéniens affrontent la flotte perse en mer et l’anéantissent.

Les insurgés assiègent ensuite la ville de Memphis, où les survivants de l’armée perse se sont réfugiés. Ce siège durera quatre ans. L’Empereur Artaxerxès envoie un messager à Sparte, en Grèce, pour convaincre les Spartiates, ennemis historiques des Athéniens, d’attaquer Athènes afin d’obliger la flotte athénienne à se retirer d’Egypte. Lorsqu’ils refusent, Artaxerxès envoie une grande armée en Egypte pour combattre les insurgés.

Modèle de trirème, le navire employé par les flottes grecque et persane

A l’arrivée de la nouvelle armée perse, les insurgés sont vaincus et contraints de lever le siège de Memphis. Les Athéniens se réfugient sur l’île de Prosopitis, dans le Delta du Nil, où ils amarrent leur flotte. Les Perses assiègent l’île pendant 18 mois. Finalement, ils parviennent à relier l’île au continent, en construisant des canaux pour drainer le fleuve, ce qui leur permet de traverser. Les Grecs, vaincus, sont massacrés ; seuls quelques rares survivants parviennent à s’enfuir jusqu’à Cyrène, d’où ils retournent à Athènes par la mer.

Une nouvelle armée grecque, envoyée d’Athènes pour venir en aide aux assiégés de Prosopitis, sera également détruite.

Inaros, vaincu et blessé, se réfugie à Papremis, sa dernière forteresse dans les marécages du Delta du Nil. Après avoir résisté pendant un an, il est vaincu et capturé. Emprisonné à Suse, la capitale de l’Empire perse, il est exécuté en 454.

Conclusion

La révolte d’Inaros, malgré son échec final, est la plus importante révolte égyptienne contre l’occupation perse. D’après l’historien grec Hérodote, Inaros a fait davantage de mal aux Perses que l’importe qui d’autre avant lui.

La défaite d’Inaros a provoqué une vague de panique en Grèce, poussant la Ligue de Délos à relocaliser son trésor de l’île de Délos à Athènes.

Une soixantaine d’années après, le prince égyptien Amyrtée (peut-être un descendant de l’allié d’Inaros) a vaincu les Perses et restauré la souveraineté égyptienne, devenant Pharaon et fondant une nouvelle dynastie.

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Le Canal des Pharaons : le Canal de Suez antique

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Le Canal des Pharaons était un canal qui, dans l’Antiquité, reliait le Nil à la Mer rouge. Ce canal, commencé par les anciens Pharaons, a probablement été terminé par l’Empereur de Perse Darius le Grand, après la conquête perse de l’Egypte.

Itinéraire approximatif du Canal des Pharaons

Le premier Pharaon d’Egypte à avoir tenté de construire un canal entre le Nil et la Mer rouge est Sésostris (1878-1839), un Pharaon de la 12° dynastie. Il s’est cependant retrouvé confronté à l’obstacle insurmontable de la différence du niveau des eaux du fleuve et de la mer. Alors, il a abandonné son projet.

Plus tard, le projet de construction d’un canal a été repris sous le Pharaon Néco II (610-595). Les sources antiques divergent sur la question de savoir s’il a terminé la construction du canal ou non. En tout cas, même s’il l’a terminé, son canal n’a pas duré longtemps.

Fragment de la Stèle de Chalouf, un des monuments commémorant la construction du canal par Darius

Après la conquête perse de l’Egypte, l’Empereur Darius le Grand a décidé de terminer (ou de reconstruire) le canal. Cinq grands monuments en Egypte commémorent la construction du canal par Darius. A travers la propagande qui entoure ce projet, Darius se présente comme un Empereur bâtisseur, qui poursuit l’œuvre des Pharaons antiques.

Mais Darius lui-même a-t-il achevé la construction du canal ? C’est ce qu’affirment ses monuments, mais plusieurs auteurs antiques, comme Aristote, Strabon et Pline l’Ancien écrivent qu’il n’a pas terminé les travaux. En tout cas, il est certain que son projet était plus avancé que celui de ses prédécesseurs.

Forteresse construite par Dioclétien pour protéger l’entrée du canal

Après la mort d’Alexandre le Grand, le nouveau roi d’Egypte d’origine grecque Ptolémée II a repris la construction du canal. Il est le premier à avoir résolu le problème de la différence du niveau des eaux, en construisant des écluses. Le canal a encore été reconstruit par l’Empereur romain Trajan. L’Empereur Dioclétien a bâti une forteresse pour protéger son entrée.

A l’époque de la conquête islamique de l’Egypte, le canal, qui était ensablé, a été rouvert par Amr ibn Al-As. Son entrée sur la Mer rouge été fermée définitivement en 767, afin d’empêcher qu’il soit utilisé pour le ravitaillement de la rébellion alide à La Mecque. La section proche du Nil, appelée Khalil, est demeurée en usage dans le cadre du système d’infrastructure aquatique de la ville du Caire, jusqu’en 1890, lorsqu’elle a été entièrement couverte. Elle correspond aujourd’hui à la rue de Port Saïd, au Caire.

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Le feu sacré : une influence mazdéenne dans les temples grecs de Cyrénaïque pendant l’ère perse ?

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Au 5° Siècle avant notre ère, la Cyrénaïque est brièvement passée sous la domination de l’Empire perse. A partir de cette époque, des chercheurs ont noté une présence accrue, dans les temples grecs de Cyrène et des autres villes de la région, d’éléments cultuels nouveaux, liés au feu. Il pourrait s’agit d’une influence de cultes orientaux, peut-être du culte officiel de l’Empire perse.

Feu sacré dans un temple zoroastrien

Le mazdéisme, la religion officielle de l’Empire perse, était centré sur le culte du feu sacré, symbole de purification. Dans les temples du feu, un feu sacré brûlait en permanence. D’autres cultes du feu sacré existaient aussi dans d’autres régions de l’Orient. Une forme de cette religion, le zoroastrisme, inspiré de la prédication du prophète persan Zarathoustra, existe encore aujourd’hui en Iran.

Contrairement à l’Egypte voisine, la Cyrénaïque n’a pas été occupée par les Perses. Les rois de Cyrène ont continué à régner en tant que vassaux des Perses, qui exerçaient une domination politique et économique souple. L’élite grecque de Cyrénaïque avait probablement des liens avec la cour impériale perse et a pu être influencée par les pratiques religieuses perses. En même temps, des commerçants perses, peut-être même des prêtres, circulaient en Cyrénaïque via l’Egypte. Dans une région au carrefour des civilisations, qui a toujours été très ouverte à une diversité d’idées religieuses et philosophiques, les cultes orientaux du feu sacré ont facilement trouvé leur place.

Une présence mazdéenne en Cyrénaïque semble peu probable. Aucun temple du feu n’a été retrouvé à ce jour en Libye. Cependant, des recherches récentes ont montré qu’un certain nombre d’éléments cultuels liés au feu ou à la lumière sont apparus à cette époque. Le professeur Robert G. Goodchild, un des pionniers de l’archéologie en Cyrénaïque, note que des aménagements liés au feu rituel, comme des foyers ou des autels circulaires, dans certains sanctuaires, peuvent refléter des cultes à forte symbolique lumineuse ou purificatrice. (The Sanctuary of Apollo at Cyrene, revue Libyan Studies) À Apollonie, certains temples présentent même une architecture intérieure adaptée au maintien d’un feu continu. Ces usages cultuels du feu n’étaient pas courants dans la religion grecque classique. Il s’agit donc d’une influence syncrétiste de cultes orientaux, peut-être du mazdéisme de l’Empire perse, sur la religion traditionnelle grecque.

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L’armée perdue de l’Empereur de Perse

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Après la conquête perse de l’Egypte, en 525, l’Empereur de Perse Cambyse II a envoyé une armée de 50 000 hommes prendre le contrôle de l’oasis de Siwa. Cette armée n’est jamais arrivée dans l’oasis : elle s’est entièrement perdue dans le désert, sans laisser aucune trace.

Itinéraire de l’armée de Cambyse

D’après l’historien grec Hérodote, Cambyse voulait prendre le contrôle de l’oracle d’Ammon, à Siwa. Son armée est partie de Thèbes (Louxor), a fait sept jours de voyage à travers le désert et a été aperçue pour la dernière fois dans l’oasis de Dakhla. Arrivés à mi-chemin de Siwa, une immense tempête de sable les a tous enterrés. Ce récit n’est pas entièrement historique : aucune tempête de sable ne peut submerger une armée aussi nombreuse ! La légende de la tempête de sable a peut-être été inventée par les habitants de l’oasis eux-mêmes, comme un signe de protection divine.

Plusieurs expéditions ont été entreprises récemment dans le désert égyptien, afin de retrouver des traces de cette armée perdue. La plus célèbre est celle du journaliste américain Gary Chafetz, en 1983-1984, avec le soutien de l’Université de Harvard et de la National Geographic Society. Il a découvert environ 500 monts funéraires, dont certains contenaient des os, qui ont été datés à environ 1500 avant notre ère, soit près d’un millénaire avant l’invasion perse de l’Egypte. Le seul élément qui correspondrait à cette époque est une statuette de sphinx, apparemment d’origine persane, trouvée dans l’oasis de Sitra (à l’Est de Siwa). Rien n’indique cependant que ce sphinx serait un vestige de l’armée perdue de Cambyse.

En été 2000, une équipe de géologues de l’Université de Helwan, au Caire, qui cherchait du pétrole, est tombée sur des fragments de métaux ressemblant à des armes, avec des vestiges humains, qui pourraient correspondre à l’armée perdue de Cambyse. Le Conseil supérieur des antiquités égyptiennes a annoncé une expédition pour étudier le site de cette découverte, mais aucune information supplémentaire n’a été publiée depuis.

Certains spécialistes pensent aussi que cette armée ne sera jamais retrouvée parce qu’elle n’a jamais été perdue. Il est possible qu’elle ait en fait été prise au piège et vaincue par le chef rebelle égyptien Pétoubastis. Par la suite, l’Empereur Darius de Perse, qui a vaincu Pétoubastis, aurait inventé la légende de la tempête de sable pour cacher cette défaite.

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La conquête perse de l’Egypte

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L’Egypte, la plus ancienne et prestigieuse nation du monde antique, a été envahie par plusieurs nations étrangères au cours de son histoire millénaire : Hyksos, Libyens, Nubiens… Ces envahisseurs étrangers ont généralement été rapidement assimilés à la nation égyptienne. Au 6° Siècle avant notre ère, le puissant Empire perse, qui dominait déjà tout le Moyen-Orient, jusqu’en Inde, ambitionnait de conquérir aussi le Royaume des Pharaons.

L’invasion perse

Le sceau de Zvenigorodsky : l’Empereur de Perse frappe le Pharaon d’Egypte de sa lance, en tenant quatre prisonniers égyptiens

D’après le récit de l’historien grec Hérodote, le conflit entre la Perse et l’Egypte a commencé après que l’Empereur de Perse Cyrus le Grand ait demandé au Pharaon Ahmôsis II de lui envoyer un ophtalmologue égyptien pour sa cour. Pour satisfaire cette demande, Ahmôsis a forcé un de ses médecins à s’exiler en Perse en laissant sa famille derrière lui. Pour se venger, cet ophtalmologue a profité de sa proximité avec Cambyse II, le fils et successeur de Cyrus, pour le dresser contre le Pharaon.

L’ophtalmologue a d’abord convaincu Cambyse de demander la fille du Pharaon en mariage, afin de renforcer ses liens avec l’Egypte. Ahmôsis, qui ne voulait pas que sa fille devienne une concubine de l’Empereur de Perse, mais n’osait pas non plus défier ouvertement son puissant voisin, a décidé de lui envoyer à la place la fille d’Apriès, son prédécesseur, qu’il avait tué. Lorsqu’il a appris la vérité, Cambyse, furieux d’avoir été trompé, a envahi l’Egypte. Ahmôsis lui-même est mort avant de devoir affronter l’armée perse, mais son fils Psammétique III a ensuite été facilement vaincu par Cambyse.

La première satrapie (525-404)

La conquête perse de l’Egypte a eu lieu en 525 avant notre ère. Cambyse et ses successeurs règnent sur l’Egypte avec le titre de Pharaons : la 27° dynastie pharaonique. Puisqu’ils n’étaient pas toujours présents en Egypte, ils étaient représentés par un satrape. Malgré leurs efforts afin de respecter la culture et les traditions égyptiennes, les Perses étaient impopulaires en Egypte. Surtout, la décision de Cambyse de cesser de faire payer des taxes au peuple égyptien pour l’entretien des temples a suscité l’hostilité des prêtres égyptiens.

Après sa conquête de l’Egypte, Cambyse envoie une armée de 50 000 hommes prendre le contrôle de l’oasis de Siwa. Cette armée n’est jamais arrivée dans l’oasis : elle s’est entièrement perdue dans le désert, sans laisser aucune trace.

Après la mort de Cambyse, en 522, une rébellion éclate. Pétoubastis III, un héritier de l’ancienne dynastie pharaonique, renverse le satrape Aryandès et se proclame Pharaon. Le nouvel Empereur Darius intervient, réprime la rébellion et rétablit Aryandès en 521.

Statue égyptienne de l’Empereur Darius I

Pendant son règne, Darius importe des artisans et ouvriers égyptiens en Perse pour lui construire des palais. Il construit aussi un canal reliant le Nil à la Mer Rouge.

En 515, les Perses profitent des luttes de pouvoir internes à Cyrène pour prendre le contrôle de la Cyrénaïque.

En 497, le satrape Aryandès, qui gouverne l’Egypte depuis le début la conquête perse, est destitué et exécuté par Darius, apparemment pour avoir cherché à obtenir l’indépendance de l’Egypte sous son autorité.

Une nouvelle rébellion égyptienne a éclaté après la mort de Darius, en 486. Le nouvel Empereur Xerxès la réprime et installe son frère Achéménès comme satrape. Xerxès est connu surtout pour avoir tenté sans succès de conquérir la Grèce.

Au cours du règne de l’Empereur Artaxerxès (465-424), le chef libyen Inaros, un descendant des anciens Pharaons, parvient à s’emparer d’une partie de l’Egypte, avec le soutien des Grecs de la Ligue de Délos. Il sera vaincu et tué en 454.

Pendant toute cette période, les Egyptiens se rebellaient régulièrement contre les Perses. Cette série de rébellions finira par briser la domination persane : en 404, l’Empereur Darius II est chassé d’Egypte par Amyrtée, un descendant des anciens Pharaons. Son fils Artaxerxès II essayera sans succès de reprendre le contrôle de l’Egypte.

La souveraineté retrouvée (404-343)

Amyrtée se proclame Pharaon et rétablit le Royaume de ses ancêtres. Les 28°, 29° et 30° dynasties pharaoniques sont égyptiennes.

La deuxième satrapie (343-332)

Artaxerxès III en tenue de Pharaon

Les Perses n’ont cependant jamais renoncé à leur ambition de reconquérir l’Egypte.

L’Empereur Artaxerxès III (359-338) fera de cette conquête sa première priorité. Après un premier échec en 351, suivi de plusieurs années de préparations méticuleuses, il revient en 343, à la tête d’une armée composée d’une imposante flotte de guerre et de nombreux mercenaires Grecs. Cette fois, l’Egypte se soumet.

Artaxerxès se proclame Pharaon : la 31° dynastie pharaonique sera perse.

En 332, Alexandre le Grand s’empare de l’Egypte. Il y fonde une nouvelle ville, Alexandrie, dont il ambitionne de faire la capitale de son Empire. Deux ans après, le dernier roi de Perse, Darius III (336-330), est vaincu par Alexandre le Grand.

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La conquête perse de la Cyrénaïque

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En 525 avant notre ère, l’Egypte, la plus ancienne et prestigieuse nation du monde antique, est conquise par l’Empire perse. Le roi Arcésilas III de Cyrène fait alliance avec les Perses. Après sa mort, les Perses prennent le contrôle de Cyrène : c’est le début de la domination perse sur la Cyrénaïque.

Soldat libyen dans l’armée perse

Contexte

Pendant le règne de Battos III (550-530), le législateur Démonax a mis en œuvre une série de réformes visant à rendre la société plus démocratique en limitant les pouvoirs du roi. Si Battos III a accepté ces réformes, son fils et successeur Arcésilas III (530-515) veut restaurer ses pouvoirs royaux. En 518, il demande le rétablissement de tous les pouvoirs dont les réformes de Démonax l’ont privé. Il est soutenu par sa mère, Phérétima. Le peuple se rebelle et le roi est obligé de s’enfuir sur l’île de Samos avec sa mère.

Depuis Samos, il recrute une armée pour l’aider à reprendre le pouvoir. Il consulte l’oracle de Delphes, qui lui dit qu’il réussira, mais l’avertit aussi que s’il se montre cruel envers ses sujets, il ne régnera pas sur eux longtemps. Il parvient effectivement à reprendre le pouvoir en Cyrène et à exiler ses adversaires.

Craignant des représailles, il quitte Cyrène pour la ville voisine de Barca (Marj), laissant la régence à sa mère. Alazir, le gouverneur de Barca, issu d’une tribu amazighe libyenne alliée aux Cyrénéens, est le père de sa femme. Un jour, sur la place du marché de Barca, il sera reconnu par un groupe d’exilés de Cyrène, qui le tuent avec Alazir.

L’invasion perse

Après la mort d’Arcésilas III, sa mère Phérétima fait appel au gouverneur perse d’Egypte pour le venger, prétendant qu’il a été tué pour sa loyauté aux Perses. L’armée perse assiège Barca et déporte sa population, puis entre dans Cyrène, sur l’invitation de Phérétima.

Phérétima meurt peu après, d’une maladie de peau. Le nouveau roi de Cyrène, Battos IV (515-465), sera un client de l’Empire perse, de même que son fils Arcésilas IV (465-440). Après sa mort, Cyrène devient une République, toujours sous souveraineté perse.

La Cyrénaïque, contrairement à l’Egypte, n’a pas été occupée par l’armée perse : les Perses exerçaient leur pouvoir indirectement, en contrôlant l’élite locale.