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A partir du 1er Siècle, une nouvelle religion a commencé à se répandre rapidement dans tout l’Empire : le christianisme. L’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien. Dans cet article, nous découvrirons l’essor du christianisme dans les différentes provinces romaines d’Afrique du Nord.
Afrique proconsulaire

Carthage, la capitale de l’Afrique romaine, était un centre chrétien influent. C’est depuis Carthage que le christianisme s’est diffusé dans toute l’Afrique du Nord. Nous avons écrit un article détaillé sur le christianisme à Carthage.
Dès le 2° Siècle, le christianisme était déjà présent dans d’autres villes d’Afrique proconsulaire. Les premiers martyrs chrétiens d’Afrique du Nord ont été mis à mort pour leur foi à Scillium (Kasserine), en 180. Les catacombes d’Hadrumetum (Sousse) contiennent les sépultures de près de 15 000 chrétiens de la ville. Les communautés chrétiennes d’Utique, Hippo Diarrhytos (Bizerte), Taparura (Sfax), Sicca (El Kef) et Sufetula (Sbeïtla) sont également documentées.
Au 3° Siècle, l’Eglise de Carthage a commencé à organiser des conciles régionaux, avec la participation des évêques d’autres villes d’Afrique romaine, pour discuter de questions qui concernaient toutes les églises. La liste des participants à ces conciles nous donne les noms des premiers évêques chrétiens d’Afrique du Nord.
Tripolitaine

Le christianisme s’est répandu en Tripolitaine depuis Carthage. L’évêque d’Oea (Tripoli) a participé à un concile régional organisé à Carthage en 255 et pris la parole au nom de ses collègues de Leptis Magna et Sabratha, ce qui montre qu’il y avait des communautés chrétiennes bien établies dans ces trois villes.
Vers le 6° Siècle, des prédicateurs chrétiens venus de Tripolitaine ont annoncé le message chrétien aux Garamantes du Fezzan, qui se sont convertis.
En 533, la basilique de Septime Sévère, un des bâtiments emblématiques de Leptis Magna, a été transformée en église. (Source)
Numidie
Après Carthage, Cirta (Constantine) était le principal centre chrétien d’Afrique romaine. Comme Carthage, la ville était probablement majoritairement chrétienne dès la fin du 3° Siècle. L’Eglise de Cirta a particulièrement souffert pendant la persécution de l’Empereur Dioclétien, au début du 4° Siècle.

L’Eglise chrétienne d’Hippone a été fondée au milieu du 3° Siècle. Le premier évêque de la ville, Théogène, est mort martyr en 259. L’Eglise d’Hippone a gagné en influence au 4° Siècle, lorsqu’Augustin, la plus grande figure du christianisme nord-africain, est devenu évêque.
Il y avait aussi des communautés chrétiennes à Madaure (M’daourouch), Thagaste (Souk Ahras, la ville natale d’Augustin d’Hippone) et plus au Sud, à Théveste (Tebessa), Lambèse (Tazoult) et Thamugadi (Timgad).
Maurétanie

Le christianisme s’est répandu en Maurétanie césarienne au 3° Siècle, d’abord à Césarée (Cherchell) et Sitifis (Setif), puis dans les plus petites villes et les régions rurales. On a retrouvé des épitaphes chrétiennes à Auzia (Sour El Ghozlane), datant de 227, à Tipasa (238), à Lalla Maghnia (273) et dans la région d’Oran (302). (Source)

En Maurétanie tingitane, le plus ancien vestige archéologique d’une présence chrétienne est une poterie gravée d’une ancre, retrouvée à Souk El Arbaa, qui date du 3° Siècle : l’ancre est un symbole chrétien, qui représente l’assurance des croyants face aux tempêtes de la vie. (Source) On ne sait pas si le christianisme est d’abord arrivé par voie terrestre, depuis la Mauretanie césarienne, ou par la mer, via le port de Tingis (Tanger). En tout cas, le christianisme était particulièrement bien implanté dans les villes romanisées de Tingis et Lixus, les ruines de l’ancienne église de Lixus sont encore visibles aujourd’hui. Il y a également des inscriptions chrétiennes à Volubilis, qui montrent des liens avec la communauté chrétienne d’Oranie plutôt que de Tingis. (Source)
| Sidi Yahya ben Younes : un saint chrétien à Oudja ? Sidi Yahya ben Younes est le saint patron de la ville de Oudja, à l’Est du Maroc. Son mausolée se trouve dans la ville, dans l’oasis de Sidi Yahya. D’après des légendes locales, Sidi Yahya ne serait autre que Saint Jean-Baptiste ! Ce prophète, le cousin et annonciateur de Jésus-Christ, est appelé Yahya ibn Zakaria dans le Coran. Après son exécution par le roi Hérode Antipas de Judée, il aurait été enterré à Oujda. |
