Alors que l’influence romaine s’accroît en Afrique du Nord, le règne des derniers rois de Numidie et de Maurétanie sera tellement lié à Rome que les guerres et intrigues politiques romaines auront un impact croissant sur l’Afrique du Nord. Dans cet article, de notre série sur les dernières décennies de la République romaine, nous découvrirons la guerre d’Actium, la dernière guerre civile romaine avant la fondation de l’Empire, qui a eu lieu en grande partie en Egypte.
Contexte
Jules César, bien qu’il ait eu plusieurs enfant de différentes femmes, n’avait pas d’héritier légitime selon la loi romaine. Peu avant sa mort, il avait invité Cléopâtre d’Egypte à Rome, avec leur fils Césarion. Il avait probablement l’intention de faire de Césarion son héritier, mais il n’en a pas eu le temps.
Marc-Antoine
Après sa mort, son fidèle allié Marc-Antoine et son fils adoptif Octave s’allient pour combattre ses assassins. Une fois victorieux, ils menacent de se battre entre eux pour le pouvoir.
Pour éviter une nouvelle guerre civile, ils forment un triumvirat avec un autre homme politique romain, Lépide, et décident de diviser le territoire romain entre eux. Pour sceller cet accord, Marc-Antoine épouse Octavie, la sœur d’Octave, présentée par les historiens romains comme la femme romaine idéale.
Octave Auguste
Peu après, cependant, Marc-Antoine part en Egypte, où, comme César avant lui, il a une liaison avec la reine Cléopâtre. Ils auront plusieurs enfants, dont Cléopâtre Séléné, la future épouse du roi Juba II de Maurétanie. En Egypte, Marc-Antoine tombe sous le charme, non seulement de Cléopâtre, mais aussi des mœurs flamboyantes de l’Orient… un crime impardonnable pour les sobres et fiers Romains.
Son rival, Octave, en profite pour fustiger Marc-Antoine comme un homme immoral, qui abandonne sa fidèle épouse et leurs enfants pour une vie de débauche avec une reine étrangère. En 32 avant notre ère, le Sénat romain déclare la guerre à Marc-Antoine, à l’initiative d’Octave.
La guerre d’Actium
Les premiers combats entre les armées d’Octave et de Marc-Antoine ont lieu en Grèce.
En septembre 31, leurs deux flottes s’affrontent en mer, lors de la bataille d’Actium. Cette bataille est une victoire décisive pour Octave : la flotte de Marc-Antoine, la plus large dans l’histoire romaine, est entièrement détruite. Marc-Antoine et Cléopâtre s’enfuient à Alexandrie.
Au printemps suivant, Octave poursuit Marc-Antoine jusqu’en Egypte. En juillet 30, il arrive à Alexandrie et assiège la ville. Marc-Antoine et Cléopâtre, vaincus, se suicident, Marc-Antoine en se jetant sur sa propre épée et Cléopâtre en se faisant mordre le sein par un aspic.
Après la guerre
Césarion, le fils de Cléopâtre et César, qui régnait sur l’Egypte avec sa mère, est tué peu après. Les enfants de Cléopâtre et Marc-Antoine sont amenés à Rome, pour être élevés par Octavie selon les mœurs romaines.
La défaite de Cléopâtre marque la fin du Royaume des Ptolémée : Octavien est proclamé Pharaon et l’Egypte devient sa propriété personnelle. En 27, lors de la fondation de l’Empire, l’Egypte devient une province romaine.
Par la suite
Après la défaite de Marc-Antoine, Octave règne en maître incontesté à Rome. En même temps, sa victoire met fin à la série de guerres civiles fratricides qui ont ravagé le monde romain, offrant aux peuples sous domination romaine ce qu’ils désiraient par-dessus tout : la paix.
Dans les mois qui suivent, il met en place une série de lois qui, tout en préservant les formes de la République, lui donnent des pouvoirs sans précédent dans l’histoire romaine. En 27, il proclame l’Empire romain et devient le premier Empereur, sous le nom d’Auguste.
Cléopâtre Séléné, la fille de Marc-Antoine et Cléopâtre, épousera Juba II et deviendra reine de Maurétanie. A Césaree (Cherchell), leur capitale, elle cherchera à raviver l’héritage de sa mère et de l’Egypte hellénistique. Leur fils Ptolémée sera le dernier roi de Maurétanie, avant son annexion par l’Empire romain.
Alors que l’influence romaine s’accroît en Afrique du Nord, le règne des derniers rois de Numidie et de Maurétanie sera tellement lié à Rome que les guerres et intrigues politiques romaines auront un impact croissant sur l’Afrique du Nord. Dans cet article, de notre série sur les dernières décennies de la République romaine, nous découvrirons l’impact de la guerre civile romaine de 49-45, entre Jules César et Pompée, en Afrique romaine et sur les Royaumes de Numidie et de Maurétanie.
Contexte
Pompée
Jules César
Vers le milieu du 1er Siècle avant notre ère, la République romaine est en crise profonde, ébranlée par la dictature de Sylla, puis le complot de Catilina. En 59, les trois hommes les plus puissants de Rome, Jules César, Pompée et Crassus, s’allient, formant le premier triumvirat. Cette alliance servira leurs intérêts, mais ses conséquences pour la République seront néfastes.
De 58 à 50, César est absent de Rome, pour sa guerre de conquête en Gaule. Ses succès militaires, notamment sa victoire contre le chef gaulois Vercingétorix, en 52, lui permettent d’accroître de plus en plus son pouvoir et ses richesses. Pendant ce temps, Pompée accumule les pouvoirs à Rome. Après la mort de Crassus, en 53, un affrontement entre César et Pompée semble inévitable.
En 52, Pompée est élu consul unique, rompant avec la tradition des deux consuls. En 50, il exige que César renonce au commandement de ses légions, argumentant que la conquête de la Gaule est terminée.
Début de la guerre civile
César franchit le Rubicon
En janvier 49, César franchit le Rubicon, une petite rivière qui marque la frontière de l’Italie romaine, à la tête de ses troupes. D’après la loi romaine, pour revenir sur le territoire romain, il aurait d’abord dû dissoudre son armée. Cet acte de César est donc une déclaration de guerre, par laquelle il se déclare rebelle contre la République romaine. A l’occasion de son passage du Rubicon, il aurait prononcé la fameuse phrase : « Alea jacta est », « Le dé est jeté. »
L’Italie romaine n’était pas du tout préparée pour une invasion. César s’empare sans résistance de plusieurs villes, puis il marche sur Rome. Pompée et ses alliés fuient la ville, avec beaucoup de sénateurs, craignant des représailles.
Pendant que César prend le contrôle de toute l’Italie, Pompée parvient à s’échapper en Grèce, d’où il lève une armée issue des provinces romaines orientales.
Au cours de la guerre civile, les partisans de César et de Pompée s’affronteront en Italie, en Espagne, en Afrique, en Grèce et en Asie. Dans cet article, nous nous concentrerons sur l’Afrique.
Premiers combats en Afrique
Juba Ier
Après la fuite de Pompée en Grèce, César marche vers l’Espagne. En même temps, il envoie un de ses alliés, Caïus Scribonius Curion, en Sicile, puis en Afrique. Les troupes de Pompée en Afrique sont commandées par Publius Attius Varus et soutenues par la cavalerie du roi de Numidie Juba Ier.
La première bataille a lieu près d’Utique. Les partisans de César sont victorieux et Varus est repoussé dans la ville d’Utique. Quelques mois plus tard, cependant, les troupes de César subissent une défaite décisive à la bataille de Bagradas (près du fleuve Medjerda), en octobre 49. Curion lui-même est tué au combat. Les partisans de Pompée contrôlent l’Afrique.
Juba Ier entre dans Utique et tue les derniers survivants du camp de César, sauf quelques sénateurs romains, qu’il fait prisonniers et ramène avec lui en Numidie, où ils seront exécutés. Après cette victoire, Juba Ier reçoit le titre de roi ami de Rome. Sa relation avec ses alliés romains reste cependant marquée par une certaine défiance : il exige d’être traité comme un allié, non comme un vassal, et veut surtout préserver l’indépendance de la Numidie.
Guerre de succession en Egypte
Cléopâtre
En 48, César et Pompée s’affrontent en Macédoine. Après plusieurs défaites, Pompée, désespéré, s’enfuit en Egypte. Dès son arrivée à Pélouse (Tell el-Farama), il est assassiné. César, qui le poursuit, arrive en Egypte trois jours après sa mort.
A cette époque, les deux derniers héritiers de la dynastie des Ptolémée, Ptolémée XIII et sa sœur Cléopâtre, s’affrontent pour le trône de l’Egypte. En arrivant en Egypte, César exige le remboursement de la dette égyptienne et propose de jouer le rôle de médiateur dans le conflit entre les deux prétendants. Assiégé à Alexandrie par les hommes de Ptolémée XIII, César rencontre Cléopâtre, qui le séduit et devient son amante. César prend alors le parti de Cléopâtre contre son frère.
Pendant le siège, César fait brûler les navires égyptiens qui se trouvent dans le port d’Alexandrie. L’incendie se répand et la bibliothèque d’Alexandrie est brûlée.
Début 47, une armée de soutien, venue de Syrie, arrive en Egypte. L’armée de César et Cléopâtre traverse le Nil pour les rejoindre. Ensemble, ils engagent le combat contre les troupes de Ptolémée XIII : c’est la bataille du Nil, qui se termine sur une victoire de César. Ptolémée XIII se noie en essayant de s’enfuir.
Après sa victoire, César reste plusieurs mois en Egypte. Sa croisière sur le Nil, avec Cléopâtre, est l’occasion de se reposer, mais aussi de s’assurer de la loyauté à Rome de la nouvelle reine d’Egypte. Lorsqu’il repart, Cléopâtre est enceinte. Leur fils, Ptolémée XV César, sera plus connu sous le nom de Césarion.
Dernière campagne de César en Afrique
Caton d’Utique
Après la mort de Pompée, certains de ses partisans ont décidé de poursuivre le combat. L’un d’eux, Caton, mène ses troupes à travers le désert de Cyrénaïque, jusqu’en Afrique, où il retrouve Scipion Metellus, le commandant des troupes africaines de Pompée. Le gouverneur romain de la province d’Hispanie ultérieure, au Sud de l’Espagne, se rallie à eux.
En quittant l’Egypte, César doit d’abord gérer une crise en Asie, où le roi Pharnace II a profité de la guerre civile pour reconquérir des territoires que Rome avait pris à son père, Mithridate VI. Sa victoire contre Pharnace sera si facile qu’il la décrira par un autre adage devenu célèbre : « Veni, vidi, vici », « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ».
De retour à Rome, il fait face à une mutinerie. En décembre 47, il rassemble ses légions en Sicile, pour aller combattre les derniers partisans de Pompée en Afrique. D’après une rumeur, en débarquant sur la côte africaine, César aurait trébuché, mais, en se relevant, il aurait apaisé les craintes superstitieuses de ses officiers, en saisissant deux poignées de sable et en s’exclamant : « Je te tiens, Afrique ! »
Au début de sa campagne, les troupes de César sont nettement moins nombreuses que leurs adversaires : Scipion Metellus commande dix légions (contre six pour César), sans compter la cavalerie numide de Juba Ier, avec aussi 120 éléphants de guerre. Après le refus de la ville d’Hadrumetum (Sousse) de lui ouvrir ses portes, César établit son quartier-général à Ruspina (Monastir). La première bataille, à Ruspina, est une victoire des partisans de Pompée.
A ce moment-là, le roi Bocchus II de Maurétanie envahit la Numidie, avec le soutien du mercenaire romain Publius Sittius. César n’a joué aucun rôle dans cette attaque, mais il en a profité, car Juba Ier a été contraint de se retirer pour défendre son territoire.
En février 46, César assiège Thapsus (Ras ed-Dimas), afin de pousser Scipion Metellus à l’affronter. La bataille décisive a lieu en avril 46. La victoire de César est totale : plus de 10 000 soldats ennemis sont tués. Metellus Scipion parvient à s’échapper par la mer, mais il se suicide lorsque son navire est intercepté.
Après la guerre
Caton, l’autre chef des partisans de Pompée, n’a pas pris part à la bataille, parce qu’il gardait la ville d’Utique avec ses hommes. A la nouvelle de la défaite, il se suicide pour ne pas être capturé par César. Sa popularité à Utique est telle que, sans craindre la vengeance de César, les habitants de la ville l’enterrent avec honneur et lui donnent le nom honorifique de Caton l’Uticain (Cato Uticensis).
Juba Ier n’a pas non plus participé à la bataille. Après la défaite, il erre de ville en ville, jusqu’à sa capitale, Zama. Partout, ses sujets lui ferment les portes de leurs villes, parce qu’il leur avait auparavant ordonné de ne pas l’accueillir s’il perdait sa guerre contre César. Seul et abandonné de tous, il finit par se suicider.
Massinissa II, le frère de Juba Ier, qui règne sur la Numidie avec lui, a également pris le parti de Pompée. On ignore ce qu’il est devenu après la guerre.
L’Afrique du Nord après la guerre civile – en vert foncé, le territoire de Publius Sittius (Source)
La Numidie est divisée : la partie orientale devient la province romaine d’Africa Nova, tandis que la partie occidentale est rattachée à la Maurétanie. Publius Sittius prend possession de la région de Cirta (Constantine), comme butin de guerre.
De retour à Rome, César est proclamé dictateur à vie. Peu après, le 15 mars 44, il est assassiné par un groupe de sénateurs, menés par Brutus, qui s’inquiètent de le voir accumuler tant de pouvoir.
En Numidie, Arabion, le fils de Massinissa II, parviendra à chasser Bocchus II et Publius Sittius, pour reprendre le trône de son père.
Juba II, le fils de Juba Ier, grandit en captivité à Rome. Il deviendra par la suite le dernier roi de Numidie et de Maurétanie, avant leur annexion par Rome.
La guerre civile dans la poésie romaine Un siècle après les événements, le poète romain Lucain a écrit une épopée, la Pharsale, qui met en scène la guerre civile romaine dans un cadre semi-mythologique. Par son admiration pour les partisans de Pompée, qui représentent l’ancienne République, l’auteur exprime sa nostalgie de ce passé et son hostilité à l’Empire. Par la suite, Lucain sera arrêté et condamné à mort pour sa participation à un complot contre l’Empereur Néron. Les livres 4, 9 et 10 se déroulent en Afrique. La Pharsale peut être lue en ligne sur cette page.
Lucius Sergius Catilina est né vers 108 avant notre ère, dans une vieille famille patricienne. Pendant la guerre civile de Sylla, il rejoint le camp de Sylla et s’enrichit ensuite pendant sa dictature, grâce aux proscriptions.
En 67-66, il est gouverneur de la province romaine d’Afrique. Après son retour à Rome, des ambassades africaines viennent protester contre son administration. Il veut se présenter aux élections consulaires en 65, mais sa candidature est refusée. Il est jugé pour corruption pendant son mandat de gouverneur, mais acquitté grâce à ses relations haut-placées. Il se présente aux élections consulaires de 64 et 63, mais il n’est pas élu.
La conjuration de Catilina
Après sa dernière défaite aux élections consulaires, il commence à comploter pour s’emparer du pouvoir par la force en renversant les deux consuls de 63 : Cicéron – le plus grand orateur de l’histoire de Rome – et Caïus Antonius Hybrida. Sa conspiration rassemble une coalition de mécontents : sénateurs corrompus, aristocrates mécontents d’avoir perdu des élections, nostalgiques de la dictature de Sylla, etc.
Le complot est découvert par Cicéron, qui dénonce Catilina et ses complices au Sénat. Catilina fuit Rome, mais il est capturé, condamné à mort et exécuté.
Il est possible que Cicéron ait exagéré la menace que la conjuration de Catilina représentait pour Rome, afin de promouvoir sa propre carrière politique.
Par la suite
Pour les historiens romains, la conjuration de Catilina est un signe du déclin de la République romaine, qu’ils attribuent à la perte des valeurs traditionnelles romaines. L’historien Salluste en fait une des étapes principales de ce déclin, avec la guerre de Jugurtha, la dictature de Sylla et la guerre civile entre César et Pompée. L’Empire romain sera fondé par la suite afin de restaurer ces valeurs perdues.
Caïus Marius est né en 157, dans une famille plébéïenne. Il commence sa carrière militaire en 134, en tant qu’officier dans le siège de Numance, en Espagne. En 109, il devient l’adjoint du général Quintus Metellus, le commandant des troupes romaines qui combattent Jugurtha en Numidie. En 108, il quitte la Numidie pour se présenter aux élections consulaires, contre l’avis de Metellus. Elu consul en 107, il est ensuite choisi par les comices (conseil plébéïen) pour succéder à Metellus. Par cette décision, les comices usurpent les prérogatives du Sénat ; sa nomination est aussi contraire aux coutumes militaires romaines.
Pièce à l’effigie de Sylla
Lucius Cornelius Sylla est né en 138, dans une vieille famille patricienne. Dans sa jeunesse, il s’engage dans l’armée. En 108, il est élu questeur, à l’âge de 30 ans (l’âge minimal requis pour cette fonction). Il est envoyé servir en Numidie, sous Marius.
La rivalité entre les deux hommes remonte à la guerre de Jugurtha : alors que Sylla avait été à l’origine de la capture de Jugurtha, Marius, son supérieur, s’est attribué tout le mérite. Par ailleurs, Sylla est un conservateur, qui défend les valeurs traditionnelles romaines face aux réformateurs populistes comme Marius.
Début de la guerre civile
Après une série de succès militaires, Sylla est élu consul en 88. La même année, Marius, qui aspire à un nouveau commandement militaire, passe un accord secret avec le tribun de la plèbe Sulpicius : en échange de son soutien, il veut que le commandement de la guerre contre le roi Mithridate du Pont, qui avait été confié à Sylla, lui soit transféré. Sylla ordonne alors à ses troupes de marcher sur Rome : c’est la première fois dans l’histoire romaine qu’un homme s’empare du pouvoir par la force.
Après sa marche sur Rome, Sylla fait bannir Marius et ses alliés. Marius s’enfuit en Afrique avec ses fils. Le roi Hiempsal de Numidie les reçoit à sa cour avec des égards apparents, mais sa véritable intention est de les retenir prisonniers. Ils parviennent cependant à s’enfuir.
Marius revient à Rome en 87 et s’allie au consul Lucius Cornelius Cinna. Il meurt en 86. Pendant que Sylla mène la guerre contre Mithridate, les partisans de Marius et Cinna reprennent le dessus à Rome.
Pendant cette période, les deux camps mettront en place une campagne de proscription : les partisans du camp adverse qui étaient dénoncés voyaient leurs terres confisquées sans procès et accordées à celui qui les avait dénoncés.
La guerre civile reprend
Scuplture tardive de Sylla
En 84, les partisans de Marius et Cinna envoient une armée pour relever Sylla de ses fonctions. Le commandant de cette armée est assassiné et beaucoup de ses soldats rejoignent Sylla. Pendant ce temps, en Numidie, le roi Hiempsal, un allié de Sylla, a été renversé par l’usurpateur Hierbas, avec le soutien des partisans de Marius et Cinna.
En 83, après une victoire provisoire contre Mithridate, Sylla revient en Italie, déterminé à reprendre le contrôle de Rome à ses ennemis. Le jeune Pompée (le futur rival de Jules César) lève trois légions pour le soutenir. Metellus, l’ancien commandant des forces romaines contre Jugurtha, le rejoint également. Ses adversaires, eux, s’allient à deux peuples italiens voisins de Rome : les Samnites et les Lucaniens.
En novembre 82, les armées de Sylla et de ses adversaires s’affrontent aux portes de Rome. Environ 50 000 hommes meurent dans cette bataille, mais Sylla sera victorieux. Le lendemain, il fait encore massacrer 8 000 combattants qu’il avait faits prisonniers après la bataille, en pleine réunion avec le Sénat.
Denier d’or représentant le char triomphal de Sylla, émis en 82
Après sa victoire, Sylla est élu dictateur par le Sénat. Il met en œuvre une série de réformes profondes des institutions de la République, qui visent selon lui à restaurer les valeurs traditionnelles romaines ; dans les faits, loin de rétablir un ordre passé, ses réformes introduisent des éléments tout à fait nouveaux, avec un Sénat élargi et des pouvoirs accrus pour les magistrats. Alors que, jusqu’ici, les dictateurs romains étaient élus avec une mission précise et quittaient leurs fonctions dès que cette mission était accomplie, Sylla envisage la dictature comme un moyen d’accroître son pouvoir personnel. Il mène également une vaste campagne de proscription contre ses ennemis.
En 80, Sylla est élu consul et renonce à sa fonction de dictateur. L’année suivante, il prend sa retraite de la vie publique. Les dernières années de sa vie seront consacrées à l’écriture de ses mémoires. Il meurt en 78.