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Macrobe est un écrivain latin d’origine nord-africaine du 5° Siècle. Il est considéré comme un des principaux auteurs « passerelles » dont l’œuvre a permis la transmission de l’héritage culturel antique aux siècles suivants, à travers les crises qui ont secoué le monde romain à son époque.

Macrobius Ambrosius Theodosius est né vers 400 et a écrit au début du 5° Siècle. On ne sait presque rien de sa vie, pas même sa ville de naissance ni où il vivait pendant sa carrière d’écrivain. Il écrit qu’il est né « sous un ciel étranger », c’est-à-dire, pour les Romains, en dehors de l’Italie. Le fait qu’il maîtrise mieux le latin que le grec, avec d’autres indices internes à son œuvre, a amené les spécialistes à penser qu’il était probablement originaire d’Afrique romaine. Macrobe était païen, dans un Empire romain déjà très majoritairement chrétien. Il était probablement apparenté à Symmaque, le préfet de Rome, qui était le chef de file de la résistance païenne à la christianisation de l’Empire. Il avait un fils, Eustathius, à qui il dédie ses œuvres.

Macrobe a écrit deux œuvres qui sont encore disponibles aujourd’hui. Son œuvre principale, le Commentaire du rêve de Scipion, était un des livres les plus cités au Moyen-Âge et une des principales sources sur la pensée néoplatonicienne à cette époque. Dans le Rêve de Scipion, de Cicéron, le grand général romain apparaît à son petit-fils Scipion Emilien, pour lui révéler sa destinée future et celle de sa patrie, lui exposer les récompenses qui attendent les hommes vertueux après leur mort et lui décrire le fonctionnement de l’univers et le rôle de l’homme dans l’univers. Macrobe commente ce rêve, en exposant une série de théories néoplatoniciennes sur l’origine et la signification des rêves, les propriétés mystiques des chiffres, la nature de l’âme, l’astronomie et la musique. Il affirme notamment que le soleil est deux fois plus grand que la terre. Ses sources principales sont les philosophes néoplatoniciens Plotin et Porphyre.
Son autre œuvre majeure, les Saturnales, sont un compte-rendu des discussions qui ont eu lieu dans la maison d’un riche aristocrate. Il aborde une grande diversité de sujets historiques, mythologiques et grammaticaux. Il cite l’opinion d’auteurs plus anciens, comme Virgile et Cicéron, sur ces questions.
Macrobe, avec les auteurs romains du 6° Siècle Cassiodore et Boèce, est considéré comme un des auteurs de l’Antiquité tardive dont l’œuvre a permis la transmission de l’héritage culturel gréco-romain jusqu’au Moyen-Âge.
