L'Afrique du Nord romaine

Les Impératrices nord-africaines

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Après la conquête romaine de l’Afrique du Nord, beaucoup de personnalités d’origine nord-africaine, issus de familles de l’élite amazighe romanisée, ont pris des responsabilités dans l’administration impériale. En plus des Empereurs d’origine africaine, dont nous avons déjà parlé, il y a eu également des Impératrices originaires d’Afrique du Nord, que nous découvrirons dans cet article.

Fulvia Plautilla : l’épouse de Caracalla

Buste de Fulvia Plautilla

Caracalla, le fils du premier Empereur nord-africain Septime Sévère, a d’abord régné avec son père, puis seul après la mort de son père.

En avril 202, alors que Caracalla a 14 ans, son père arrange son mariage avec Fulvia Plautilla. Le père de la nouvelle Impératrice, Caius Fulvius Plautianus, est préfet de la garde prétorienne. C’est un cousin et proche allié de Septime Sévère, originaire de Leptis Magna comme lui. Le mariage de sa fille avec le jeune Empereur est destiné à solidifier leur alliance.

Le mariage forcé de Caracalla et Fulvia Plautilla sera très malheureux : Caracalla méprise son épouse. L’historien latin Dion Cassius dit que la nouvelle Impératrice menait une vie de prodigalité, mais il s’agit probablement de propagande destinée à noircir son image. Des inscriptions sur des pièces de monnaie semblent indiquer qu’ils ont eu une fille, mais en réalité, leur mariage n’a probablement jamais été consommé.

En 205, Caius Fulvius Plautianus est exécuté pour trahison. Fulvia Plautilla est exilée en Sicile avec son frère. Après la mort de Septime Sévère, en 211, Caracalla les fait assassiner.

L’épouse de Macrin

Macrin, le préfet du prétoire de Caracalla, qui a régné brièvement après la mort de son maître, était originaire de Césarée (Cherchell). On ne sait presque rien de son épouse, appelée Nonia Celsa dans des sources tardives et peu fiables. Si ce nom est authentique, il pourrait indiquer qu’elle était d’origine africaine comme son mari : le nom Nonia était courant en Numidie et en Maurétanie, mais aussi en Espagne.

Les épouses d’Héliogabale

Julia Soaemias, la mère d’Héliogabale

Héliogabale est le fils de Julia Soaemias, une cousine de Caracalla. Après la mort de Caracalla, sa mère le porte au pouvoir en prétendant qu’il est le fils illégitime du défunt Empereur. La plupart des historiens modernes doutent que Caracalla était vraiment son père.

Héliogabale est d’origine syrienne : sa mère est issue de la famille royale d’Emèse (Homs). Afin de symboliser l’unité de l’Empire, il est encouragé à prendre une épouse issue des provinces occidentales. Deux de ses épouses sont parfois décrites comme d’origine nord-africaine, mais leur lien réel avec l’Afrique est ténu.

Julia Cornelia Paula

La première épouse d’Héliogabale, Julia Cornelia Paula, est issue d’une famille de la vieille noblesse romaine. On sait que sa famille possédait des terres en Afrique et que certains membres s’y sont installés. Rien n’indique cependant que Julia Cornelia Paula elle-même avait des liens avec l’Afrique.

En 220, Héliogabale a divorcé de Julia Cornelia Paula pour épouser Aquilia Severa. Ce mariage a provoqué un immense scandale à Rome : la nouvelle Impératrice est une prêtresse vestale ! Les vestales, gardiennes du feu sacré de la déesse Vesta, faisaient le vœu de rester toujours vierges. Les vestales qui perdaient leur virginité étaient enterrées vivantes. Selon certaines sources, Héliogabale aurait violé Aquilia Severa, avant de la contraindre à l’épouser pour échapper au châtiment qui l’attendait pour avoir perdu sa virginité. Pour Héliogabale, leur mariage symbolise l’union entre Elagabaal, un dieu syrien du soleil dont il était prêtre, et la déesse romaine Vesta : il espère ainsi pouvoir proclamer le culte d’Elagabaal comme nouveau culte officiel de l’Empire.

Annia Faustina

Sous la pression de son entourage, Héliogabale a divorcé d’Aquilia Severa après moins d’un an et épousé Annia Faustina, une veuve dont le premier mari, Pomponius Bassus, vient d’être exécuté pour trahison. Annia Faustina est une Impératrice bien plus acceptable pour l’élite romaine : elle est l’arrière-petite-fille de Marc-Aurèle et la descendante de l’ancienne dynastie impériale qui a précédé les Sévère. Sa mère avait un vaste domaine en Pisidie (Turquie actuelle), ou elle a grandi. Comme pour Julia Cornelia Paula, elle est parfois décrite comme d’origine africaine parce que des membres de sa famille possédaient des terres en Afrique, mais rien n’indique un lien plus profond.

Le mariage d’Héliogabale avec Annia Faustina est encore plus court que son précédent mariage : après quelques mois, Héliogabale divorce pour retourner avec Aquilia Severa, affirmant que leur divorce n’était pas valide. L’Empereur est assassiné peu après.

Héliogabale n’a jamais été proche d’aucune de ses épouses : il était homosexuel et avait une liaison avec son conducteur de chars.

Cornelia Supera : l’épouse d’Emilien

Pièce de monnaie à l’effigie de Cornelia Supera

Emilien est un militaire originaire de l’île de Djerba, qui a régné pendant trois mois en 253. Son épouse, Cornelia Supera, était également d’origine africaine. Ils se sont probablement mariés alors qu’Emilien vivait encore en Afrique.

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