Le christianisme en Afrique du Nord

Maximilien de Théveste : le premier objecteur de conscience

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Le fondement de la puissance de l’Empire romain était son armée, redoutable, bien armée et très disciplinée. A son apogée, on estime que l’armée romaine comptait environ 450 000 soldats. Vers la fin du 3° Siècle, Maximilien, un chrétien de la ville de Théveste (Tebessa), en Numidie, a été exécuté pour avoir refusé de servir dans l’armée. Il est considéré comme le premier objecteur de conscience, une inspiration pour tous ceux qui, après lui, ont refusé de porter les armes et de tuer pour une cause en laquelle ils ne croyaient pas.

Maximilien de Théveste est né en 274, à Théveste (aujourd’hui Tebessa, en Algérie). Son père, Fabius Victor, est un vétéran de l’armée romaine. En tant que fils d’un ancien soldat, la loi romaine exige que Maximilien se fasse enrôler dans l’armée à l’âge de 21 ans.

A cette époque, l’attitude des chrétiens à l’égard du service militaire variait beaucoup. En plus du recours à la violence, les sacrifices offerts lors des cérémonies militaires posaient également un problème de conscience aux chrétiens. D’une manière générale, les chrétiens déjà baptisés n’avaient pas le droit (ou, du moins, étaient découragés) de s’engager dans l’armée, mais les militaires qui se convertissaient au christianisme pouvaient continuer leur service. Certains chrétiens, comme Jules l’Africain, qui a servi comme officier sous Septime Sévère, avaient une vision beaucoup plus favorable de l’engagement militaire. Sous le règne de Dioclétien, qui a restauré une discipline militaire plus stricte, l’Eglise chrétienne a adopté une doctrine fermement antimilitariste.

Le 12 mars 295, jour de son 21° anniversaire, Maximilien a été amené par son père devant le proconsul d’Afrique, afin d’être enrôlé dans l’armée. Le père de Maximilien était lui-même chrétien et ne voyait manifestement pas de contradiction entre sa foi et l’engagement militaire. Maximilien, cependant, refuse de servir dans l’armée : « Je ne puis servir, je ne puis faire le mal, je suis chrétien. » Il ne veut pas non plus porter à son cou la médaille à l’effigie de l’Empereur Dioclétien, obligatoire pour tous les conscrits, parce qu’il estime que ce serait trahir Christ.

Face à son refus, Maximilien est arrêté et emprisonné.  Lorsque le proconsul l’interroge sur les raisons de son refus, il répond qu’il croit que l’Evangile chrétien interdit toute forme de violence et que par conséquent, sa conscience lui interdit de servir dans l’armée. Lorsque le proconsul menace de le condamner à mort s’il persiste, il répond : « Je ne sers pas, tranche-moi la tête, je ne milite pas dans l’armée de ce monde, mais dans celle de mon Dieu. » Le proconsul, craignant que d’autres chrétiens ne suivent son exemple, le fait décapiter. Une matrone chrétienne appelée Pompeiana obtient son corps et l’enterre à Carthage.

L’histoire se souvient de Maximilien de Théveste comme le premier objecteur de conscience. A la même époque, d’autres chrétiens ont certainement aussi été mis à mort pour avoir refusé de servir dans l’armée. Pendant la guerre du Vietnam, un groupe de responsables religieux américains opposés à la guerre ont adopté le nom d’Order of Maximilian (Ordre de Maximilien), en mémoire de leur glorieux prédécesseur nord-africain.

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