L'Afrique du Nord romaine

L’Afrique romaine pendant la crise du 3° Siècle

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Au cours du 3° Siècle, l’Empire romain a été ébranlé par la plus longue période de crise de son histoire, avec une longue série de guerres civiles, de tentatives de sécession et d’invasions étrangères. Dans cet article, nous découvrirons l’impact de cette crise sur l’Afrique romaine.

La crise du 3° Siècle

La crise a été précipitée par la mort de Sévère Alexandre, le dernier Empereur de la dynastie (d’origine africaine) des Sévère, assassiné en 235 par ses propres troupes. Pendant les prochaines années, des officiers militaires rivaux se battent pour le trône : cette période est connue sous le nom d’Anarchie militaire. En même temps, Rome fait face à des révoltes de paysans dans les régions rurales (surtout en Gaule), à la migration en territoire romain de populations étrangères et à la menace croissante de l’Empire perse.

L’instabilité politique mène à une crise économique : la monnaie romaine est dévaluée, les routes sont mal entretenues, le commerce et la productivité s’effondrent. Entre 250 en 270, l’Empire est frappé aussi par une terrible épidémie : la peste de Cyprien, du nom de l’évêque de Carthage qui a écrit à son sujet. Au plus fort de l’épidémie, à Rome, 5000 personnes meurent tous les jours.

Monnaie à l’effigie d’Emilien

Au cours des décennies de crise, au moins une trentaine de prétendants au trône impérial se sont succédés et affrontés. La plupart n’ont régné que pendant quelques années, voire quelques mois, avant d’être tués par leur successeur. En 238, six Empereurs se sont succédés en un an, dont les trois Gordien, qui règnent à Carthage. L’Empire a retrouvé une certaine stabilité pendant le règne de Philippe l’Arabe (244-249), mais la crise a repris après sa mort. Un des Empereurs pendant cette période était un militaire d’origine nord-africaine : Emilien, né à Djerba, d’origine maure, qui a régné pendant trois mois, en 257, avant d’être tué par ses troupes, favorables à son rival Valérien.

Valérien, le successeur d’Emilien, est capturé en 260, lors d’une bataille contre les Perses, et termine sa vie comme prisonnier en Perse. Il n’aura jamais été à Rome pendant tout son règne. L’emprisonnement de l’Empereur est une humiliation pour les Romains. Avant son exil, Valérien avait lancé une féroce campagne de persécution contre les chrétiens de son Empire, au cours de laquelle l’évêque Cyprien de Carthage est mort en martyr. Les chrétiens voyaient sa capture par les Perses comme un jugement divin. Son fils Gallien, qui lui succède, accorde la liberté religieuse aux chrétiens.

L’Empire des Gaules et l’Empire palmyrénien

Après l’exil de Valérien, l’Empire sera même divisé. En 260, Postume, un général romain d’origine germaine, gouverneur de la Germanie romaine, prend le contrôle de la Gaule et de la Bretagne, où il établit l’Empire des Gaules. Il est tué en 269, mais son Empire perdure. En 270, Zénobie, la reine de Palmyre, d’origine arabe, conquiert la partie orientale de l’Empire : la Syrie, l’Anatolie et l’Egypte. Elle se présente comme la nouvelle Cléopâtre. Pendant ce temps, en Afrique, les Bavares, une confédération de tribus amazighes de Maurétanie, profitent de la crise pour se révolter contre les Romains.

L’Empereur Aurélien (270-275) parvient à rétablir l’unité de l’Empire, en reprenant le contrôle de l’Empire des Gaules, puis de l’Empire palmyrénien. Il est cependant assassiné à son tour en 275, puis les guerres entre militaires rivaux reprennent.

Cette période d’anarchie prendra fin en 284, lorsque Dioclétien s’empare du trône impérial. Après avoir écarté tous ses rivaux, il entame une réforme profonde de l’administration impériale, destinée à restaurer la stabilité.

Conséquences

Après le 3° Siècle, l’Empire romain ne contrôle plus que les villes côtières d’Afrique du Nord, tandis que les tribus amazighes de l’intérieur jouissent d’une large autonomie, tout en reconnaissant symboliquement la souveraineté de l’Empereur romain.

Laisser un commentaire