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A partir du 1er Siècle, une nouvelle religion a commencé à se répandre rapidement dans tout l’Empire romain : le christianisme. L’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien. Dans cet article, nous découvrirons les principales églises et autres vestiges archéologiques chrétiens qui existent encore aujourd’hui en Algérie et au Maroc.
Série : Les églises et autres édifices chrétiens d’Afrique du Nord antique – Tunisie – Libye – Algérie et Maroc
En Algérie

La plus ancien centre chrétien en Algérie actuelle était Cirta (Constantine), la capitale de la Numidie. La ville était probablement majoritairement chrétienne dès la fin du 3° Siècle. Aucun vestige d’église paléochrétienne ne subsiste cependant à Constantine.
Par la suite, la ville d’Hippone (Annaba) est devenue le principal centre chrétien en Numidie, sous l’influence de son évêque, le célèbre Augustin. Les ruines de l’église d’Hippone, dans laquelle prêchait Augustin, sont encore visibles aujourd’hui.

Plus au Sud, la Basilique Sainte-Crispine, à Tebessa (anciennement Théveste), est une église chrétienne particulièrement bien préservée. Elle est construite sur le site du martyre de Crispine, une femme chrétienne qui a été décapitée pour sa foi à Théveste en 304. Dans la même région, les églises de Madaure (M’daourouch) et de Thagaste (Souk Ahras), la ville natale d’Augustin, n’ont malheureusement pas été préservées.

A Timgad (anciennement Thamugadi), on trouve les ruines de l’église de l’évêque Optat, une des principales figures donatistes.
Les ruines de l’ancienne ville de Sitifis (Setif) contiennent deux basiliques chrétiennes. La ville voisine de Cuicul (Djemila) contient également des vestiges chrétiens, avec deux églises et un baptistère.

A Tipaza (anciennement Tipasa), se trouve la Basilique Sainte-Salsa, consacrée à une jeune fille chrétienne de 14 ans qui a été tuée pour sa foi par les habitants de la ville. Tipasa contient également des catacombes, moins connues que celles de Sousse.
Césarée (Cherchell), la capitale de la Maurétanie césarienne, a été largement détruite par les Vandales. Si aucune église n’a survécu à leurs pillages, la ville contient encore plusieurs inscriptions chrétiennes, visibles au Musée national de Cherchell.
Au Maroc

Au Maroc actuel, le plus ancien vestige archéologique d’une présence chrétienne est une poterie gravée d’une ancre, retrouvée à Souk El Arbaa, qui date du 3° Siècle : l’ancre est un symbole chrétien, qui représente l’assurance des croyants face aux tempêtes de la vie. (Source)
Le site archéologique de Volubilis contient des inscriptions chrétiennes. Le site de la basilique chrétienne de Volubilis est connu et ses fondations sont encore visibles, mais le bâtiment lui-même a disparu.

A Lixus (Larache), l’autre grand site archéologique de l’Antiquité romaine, les ruines de l’ancienne église de Lixus sont encore visibles. On a aussi retrouvé des inscriptions chrétiennes et des artefacts avec des croix.
A Tanger (anciennement Tingis), aucun vestige d’église pré-islamique ne subsiste aujourd’hui, mais des tombes chrétiennes ont été retrouvées.

Zilil (Dchar Jdid) est une colonie romaine, fondée par l’Empereur Auguste pour y installer des vétérans de la guerre d’Actium. La ville était située entre Tanger et Asilah. Une grande structure antique, datant du 4° ou du 5° Siècle, pourrait être une église, mais ce n’est pas certain. Son plan correspond à celui d’autres églises d’Afrique romaine. On a également retrouvé des croix et d’autres symboles chrétiens sur des poteries.
Enfin, le site archéologique de Chellah, près de Rabat, est largement d’origine islamique (mérinide), mais des fouilles ont permis de trouver des tombeaux chrétiens du 5° Siècle, et peut-être même les fondations d’une église pré-islamique.
| Sidi Yahya ben Younes : un saint chrétien à Oudja ? Sidi Yahya ben Younes est le saint patron de la ville de Oudja, à l’Est du Maroc. Son mausolée se trouve dans la ville, dans l’oasis de Sidi Yahya. D’après des légendes locales, Sidi Yahya ne serait autre que Saint Jean-Baptiste ! Ce prophète, le cousin et annonciateur de Jésus-Christ, est appelé Yahya ibn Zakaria dans le Coran. Après son exécution par le roi Hérode Antipas de Judée, il aurait été enterré à Oujda. |
