Carthage et l'Empire carthaginois

Les stèles de La Ghorfa : l’héritage punique à l’ère romaine

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Après la conquête romaine, la langue et la culture puniques n’ont pas disparu, mais ont gardé une profonde influence dans les territoires de l’ancien Empire carthaginois. Les stèles de la Ghorfa, une série de stèles retrouvées à Maghrawa, en Tunisie, témoignent des liens entre cet héritage culturel punique et la nouvelle civilisation romano-africaine.

Stèles de La Ghorfa, Musée du Louvre, Paris

Les stèles de La Ghorfa sont une collection d’une quarantaine de stèles punico-romaines, qui datent de la fin du 1° Siècle au début du 2° Siècle de notre ère, soit plus de 200 ans après la chute de Carthage. Elles ont été découvertes en plusieurs fois, entre 1842 et 1967, à Maghrawa, près de Makthar, en Tunisie. Etant donné qu’elles ont été éparpillées dès leur découverte, leur provenance exacte n’a été déterminée que récemment, grâce aux travaux du chercheur tunisien Ahmed M’Charek.

Stèles du Musée de Makthar

Ces stèles sont aujourd’hui dispersées entre plusieurs musées tunisiens et étrangers. La plus grande collection est celle du British Museum de Londres, qui compte 22 stèles. 3 stèles sont exposées au Musée du Louvre, à Paris, et 2 autres au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Enfin la Tunisie a conservé 17 stèles : 12 au Musée national du Bardo, 4 au Musée de Makthar et la dernière à l’antiquarium de Dougga. L’image de couverture de cet article montre la collection du Musée du Bardo.

Les stèles de La Ghorfa mesurent environ 1,75m de haut. Leur sommet est triangulaire, puis elles contiennent trois niveaux superposés. Certaines stèles contiennent aussi des dédicaces rédigées en latin.

Niveaux médian et inférieur de la même stèle
Niveau supérieur d’une des stèles du Bardo

Les trois niveaux des stèles représentent la hiérarchie du cosmos, selon la vision du monde traditionnelle punique. Le niveau supérieur montre le monde des dieux, représenté sous forme humaine, avec les symboles astraux de la lune et du soleil. Le signe de Tanit est parfois représenté, accompagné de divinités romaines comme Mercure ou Vénus. Le niveau médian est celui du dédicant, qui dédie la stèle aux dieux : il est debout dans une sorte de chapelle, avec des colonnes et des pontons. Il peut être un homme ou une femme. Enfin, le niveau inférieur représente le monde des hommes, avec souvent des scènes de sacrifice.

Ces stèles témoignent du syncrétisme religieux et culturel en Afrique romaine à cette époque, avec un mélange entre divinités et symboles puniques et romains.

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