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Après la conquête romaine de l’Afrique du Nord, beaucoup de personnalités d’origine nord-africaine, issus de familles de l’élite amazighe romanisée, ont pris des responsabilités dans l’administration impériale et se sont distinguées par leur talent, à Rome et dans tout l’Empire. On estime que vers la fin du 2° Siècle, un tiers des sénateurs romains étaient d’origine africaine ! Dans cet article, de notre série sur les grandes figures romano-africaines, nous découvrirons la vie du rhéteur Fronton, qui a été le précepteur de l’Empereur Marc-Aurèle.

Marcus Cornelius Fronto est né vers l’an 100, à Cirta (Constantine). Sa famille était d’origine amazighe, mais il est citoyen romain de naissance.
Dans sa jeunesse, il s’installe à Rome pour ses études. Il fait carrière dans la capitale impériale, en tant qu’avocat, rhéteur et grammairien. Sa réputation était telle qu’il était considéré comme le plus grand orateur depuis Cicéron. Il a amassé une grande fortune est construit beaucoup d’édifices somptueux ; il a même acheté les fameux jardins de Mécène, parmi les plus beaux de Rome.
En 142, il a été élu consul pendant deux mois. Ensuite, il s’est vu proposer la fonction de gouverneur d’Asie, mais il a refusé pour des raisons de santé. Il a atteint le sommet de sa carrière lorsque l’Empereur Antonin l’a choisi comme précepteur de ses deux fils, les futurs Empereurs Marc-Aurèle et Lucius Verus. C’est lui qui a initié Marc-Aurèle, surnommé « l’Empereur philosophe », à la philosophie stoïcienne.
Fronton est mort vers 165. L’époque de sa mort coïncide avec une épidémie de peste qui a tué le quart de la population de l’Empire à cette époque (environ 10 millions de personnes), dont l’Empereur Marc-Aurèle lui-même. Aucune source ne confirme que Fronton est également mort de la peste, mais c’est possible.
L’œuvre littéraire de Fronton était prolifique. En plus de deux traités de grammaire, on dispose encore aujourd’hui des lettres qu’il a échangées avec Marc-Aurèle et Lucius Verus. Un fragment d’un de ses discours, dans lequel il critique le christianisme naissant et accuse les chrétiens d’orgies incestueuses, est cité par l’auteur chrétien romano-africain Minucius Felix. Marc-Aurèle parle de lui avec une grande affection, à la fois dans les lettres qu’il lui a adressées et dans ses Méditations.
Après Fronton, l’Afrique romaine était réputée pour ses grands rhéteurs.
NB : L’image de couverture n’est pas une statue de Fronton, mais de l’Empereur Marc-Aurèle.
