Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English
Strabon était un philosophe, historien et géographe influent de l’Antiquité romaine, qui a écrit la première géographie universelle. Dans cet article, nous découvrirons sa description de l’Afrique du Nord.

Strabon est né vers 64 avant notre ère, à Amasée (Amasya, au Nord-Est de la Turquie actuelle), dans une famille issue de la noblesse du Royaume du Pont, mais romanisée. Dans sa jeunesse, comme beaucoup de jeunes de familles aisées à cette époque, il a commencé à voyager. En plus de l’Asie mineure, dont il était originaire, il a parcouru l’Italie, la Grèce, les régions orientales de l’Empire romain et l’Egypte, où il est remonté le Nil jusqu’en Ethiopie.
Il est connu surtout comme l’auteur de la Géographie, une vaste « géographie universelle » en 17 livres, inspirée de ses voyages, qui offre un aperçu de toutes les régions du monde connu à cette époque, avec les coutumes de leurs peuples. Pour cet ouvrage, il s’inspire de l’œuvre d’auteurs grecs comme Posidonius, Polybe et Eratosthène, dont il n’hésite cependant pas à critiquer les conclusions et à les compléter par ses propres observations. L’objet de son ouvrage est surtout de célébrer l’avènement de l’Empire romain et son influence « civilisatrice » sur la quasi-totalité du monde tel qu’il le connaît. Il est considéré comme le plus grand géographe antique.
Après deux premiers livres introductifs, qui exposent la théorie de la science géographique, les prochains livres décrivent chacun une région du monde. Les livres 3-10 sont consacrés au continent européen, les livres 11-16 à l’Asie et le livre 17 à l’Afrique. Ce dernier livre contient trois chapitres : sur l’Egypte, l’Ethiopie et la « Libye », c’est-à-dire tout le Nord du continent, au-delà de l’Egypte. C’est à ce dernier chapitre que nous nous intéresserons ici.
Pour Strabon, le continent africain a la forme d’un triangle, dont seule la base, la côte méditerranéenne, avec l’Ethiopie, est habitée, l’intérieur étant trop chaud pour que les hommes puissent y vivre. Même la partie habitable du continent est largement désertique, notamment autour des Syrtes et en Marmarique.
Strabon commence par la Maurétanie, surtout les environs des Colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar), avec la ville de Lixus (Larache), puis Tingis (Tanger), les « Tombeaux des sept frères » (Septem Fratres) – les sept collines autour de la péninsule de Ceuta (Sebta) – et enfin le Mont Abyla (Djebel Musa). Il décrit la Maurétanie comme une région très fertile, avec des vignes géantes, peuplée aussi de beaucoup d’animaux sauvages, notamment de singes.
Entre les Colonnes d’Hercule et Carthage, Strabon ne mentionne qu’un seul endroit digne d’intérêt : Iol, récemment renommée Césarée (Cherchell). En revanche, il décrit les îles de la Mer méditerranéenne, comme la Corse, la Sardaigne, la Sicile, Malte et Lampedusa. Il s’attarde aussi longuement sur Carthage et sa région.
Après Carthage, il donne une description détaillée des contours de la Petite et le la Grande Syrte, avec une liste des villes qui s’y trouvent. Enfin, il conclut le chapitre sur la Cyrénaïque et la Marmarique.
Strabon a continué à retravailler son ouvrage jusqu’à sa mort, à l’âge de 90 ans environ. La mention de la mort récente du roi Juba II de Numidie, en 23 de notre ère (« Juba du reste vient de mourir à son tour laissant pour successeur et héritier son fils Ptolémée »), indique qu’il est lui-même mort peu après Juba II.
Le chapitre de Strabon sur la Libye peut être lu en ligne ici.
