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Au début du 3° Siècle avant notre ère, la domination de l’Empire carthaginois sur le bassin méditerranéen était menacée par l’émergence de Rome. Cette jeune puissance, qui venait de prendre le contrôle de la plus grande partie de l’Italie, s’intéressait maintenant à la Sicile. La première des trois guerres entre Carthage et Rome sera pour le contrôle de cette île, située à la croisée de leurs champs d’influence.
Contexte

A cette époque, la Sicile est partagée entre l’Empire carthaginois et le Royaume de Syracuse, une colonie grecque. Les deux puissances se sont déjà livrées plusieurs guerres pour le contrôle de l’île.
En 289, les Mamertins, un groupe de mercenaires d’origine italienne auxquels le roi de Syracuse avait fait appel pour l’aider à combattre les Carthaginois, se rebellent et occupent la ville de Messana (Messine), depuis laquelle ils pillent les régions environnantes. En 265, menacés par le roi de Syracuse, qui veut reprendre Messana, ils font appel à la fois aux Carthaginois et aux Romains pour venir les défendre. Les Carthaginois sont les premiers à répondre et envoient une garnison militaire à Messana, mais cette tutelle ne convient pas aux Mamertins, qui expulsent les forces carthaginoises et appellent Rome à l’aide, au nom de la solidarité italienne.
Guerre en Sicile (264-256)
Les Romains, d’abord réticents à venir en aide à des mercenaires, même Italiens, qui avait pris par traîtrise une ville à ses maîtres légitimes, se décident finalement à intervenir en voyant les bénéfices potentiels d’une présence en Sicile. En 264, les troupes romaines traversent le détroit de Messine sans grande résistance et contraignent les forces carthaginoises et syracusaines à lever leur siège de Messana. Les Carthaginois se retirent, confiants en la supériorité de leur flotte pour continuer à dominer les mers.
En 263, les Romains assiègent Syracuse. La ville sera contrainte à s’allier à Rome et à contribuer à l’effort de guerre romain en Sicile. Dans les mois qui suivent, plusieurs possessions carthaginoises en Sicile font allégeance à Rome. En 262, les Romains assiègent Akragas (Agrigente), la principale ville carthaginoise en Sicile.
Pendant ce temps, les Carthaginois ont recruté une armée, qui rejoint Akragas par la mer et attaque les Romains au printemps 261. Les Romains, victorieux, s’emparent de la ville. La bataille d’Akragas est la première grande victoire romaine contre Carthage.
Pendant les années qui suivent, les combats s’enlisent en Sicile : Rome contrôle la plus grande partie de l’île, mais les Carthaginois n’ont aucun mal à défendre leurs villes côtières bien fortifiées. L’enlisement en Sicile a convaincu les Romains de construire leur propre flotte, afin d’étendre les combats en mer. La première grande bataille navale, à Mylae (Milazzo), en 260, sera une victoire surprise des Romains. Ensuite, la flotte romaine prendra le contrôle de la Corse, puis de la Sardaigne.
Expédition romaine en Afrique (256-255)
Encouragés par ces succès en mer, les Romains décident de traverser la Méditerranée pour envahir l’Afrique. Les flottes romaine et carthaginoise s’affronteront en 256, au Sud de la Sicile, lors de la bataille du Cap Ecnome, peut-être la plus grande bataille navale de l’histoire, qui aboutira à une nouvelle victoire romaine. La voie est libre pour permettre aux Romains d’envahir l’Afrique.
Les Romains abordent à Aspis (Kelibia) et prennent le contrôle de la campagne autour de Carthage. Les plus grands généraux carthaginois sont rappelés pour défendre la ville, mais leur armée est vaincue à son tour. Les Romains prennent Tunis, à 16 km seulement de Carthage. Désespérés, les Carthaginois font appel au mercenaire spartiate Xanthippe, qui parvient à vaincre les Romains et à les chasser d’Afrique en 255.
Fin de la guerre en Sicile (255-241)

Après l’échec de leur invasion de l’Afrique, les Romains se concentrent sur leur offensive en Sicile. En 254, ils prennent Panorme (Palerme) par la mer. Lorsque le général carthaginois Hasdrubal tente de reprendre la ville, son armée, pourtant bien plus nombreuse, subit une défaite décisive à la bataille de Panorme, en 250. Les Carthaginois ne contrôlent plus que deux villes siciliennes : Lilybée (Marsala) et Drépane (Trapani) ; mais il s’agit de villes côtières, très bien fortifiées et faciles à ravitailler par voie marine.
Après la défaite finale de la flotte romaine, pratiquement anéantie lors de la bataille de Phintias, en 249, les Carthaginois n’ont plus à craindre d’attaques par la mer. Ils réduiront donc fortement leur effort de guerre, se contentant de fortifier leurs dernières possessions tout en évitant les affrontements avec des forces romaines largement supérieures.
En 247, un jeune général carthaginois, Hamilcar Barca (le père du célèbre Hannibal), prend le commandement des forces carthaginoises en Sicile. Il décide de mener une guerre d’attrition, par de petites escarmouches contre les forces romaines, mais sans combats à grande échelle.
En 243, comprenant qu’ils ne parviendraient pas à chasser les Carthaginois de Sicile sans bloquer leurs voies de ravitaillement par la mer, le Sénat romain décide de construire une nouvelle flotte. En 241, la flotte carthaginoise est vaincue par la flotte romaine, lors de la bataille des Iles Egades. Le Sénat carthaginois, qui, après plus de 20 ans de guerre, n’avait pas les moyens financiers de construire une nouvelle flotte, ordonne à Hamilcar de négocier un accord de paix. Hamical refuse par fierté, si bien que c’est un autre général, Giscon, qui s’en charge. Le traité de Lutatius, signé fin 241, met fin à la première guerre punique : Carthage évacue la Sicile et les Romains sont les nouveaux maîtres de l’île.
