Le christianisme en Afrique du Nord

Une foi nouvelle : le christianisme en Afrique du Nord

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Alors que l’Empire romain était à son apogée, une nouvelle religion apparue en Palestine a commencé à se répandre rapidement dans tout l’Empire. Ses livres saints parlaient d’un Dieu unique et d’un sacrifice pour racheter l’humanité. Ses prédicateurs enseignaient l’amour, le pardon et l’égalité de tous les hommes devant Dieu. L’Afrique du Nord, de ses grandes villes cosmopolites à ses régions rurales les plus reculées, s’est avérée être un terrain particulièrement fertile pour l’Evangile chrétien.

En Afrique du Nord, la foi chrétienne s’est d’abord propagée en Cyrénaïque et en Égypte, dès l’époque des Apôtres. D’après la tradition chrétienne, c’est Marc, l’auteur d’un des Évangiles, qui a annoncé le message chrétien à Cyrène, dont il était originaire, puis à Alexandrie. Les deux villes avaient une forte communauté juive, riche et influente, qui ont certainement été les premiers destinataires de sa prédication. L’Église copte d’Égypte, qui est aujourd’hui la communauté chrétienne la plus nombreuse du monde musulman, remonte à la prédication de Marc à Alexandrie.

Basilique Majorum, Carthage

La communauté chrétienne de Carthage a été fondée au cours du 2° Siècle, probablement depuis Rome. La ville est rapidement devenue un centre chrétien influent. Depuis Carthage, la foi chrétienne s’est diffusée dans toute l’Afrique du Nord.

D’importantes communautés juives vivaient déjà en Afrique du Nord. Comme dans tout le monde romain, une forte proportion des premiers convertis au christianisme étaient d’origine juive. Ces croyants comprenaient l’Évangile comme l’accomplissement de l’espérance de leurs ancêtres.

Augustin d’Hippone

Plusieurs théologiens et auteurs chrétiens les plus influents des premiers siècles étaient Nord-Africains. On peut citer notamment Tertullien, le premier auteur chrétien de langue latine, Cyprien, évêque de Carthage de 248 à 258, et Augustin, évêque d’Hippone (Annaba) et le plus grand théologien de l’Église romaine. En incluant l’Égypte, on peut ajouter Origène, le père de l’exégèse biblique.

La croissance rapide du christianisme, avec ses dogmes radicalement nouveaux, suscitait aussi l’hostilité. Les persécutions, courantes partout, étaient particulièrement fortes en Afrique du Nord. La fermeté dans la foi des chrétiens qui étaient prêts à payer leur foi de leur vie impressionnait leurs contemporains et gagnait de nouvelles âmes. Tertullien de Carthage l’exprimait ainsi : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens. »

Martyre de Perpétue et Félicité

Les premiers martyrs chrétiens en Afrique du Nord étaient un groupe de 12 croyants, sept hommes et cinq femmes, qui ont été mis à mort à Scillium (Kasserine) en l’an 180. Leurs noms indiquent des origines à la fois amazighes, puniques et romaines, les trois principaux groupes qui composaient la société nord-africaine. 4 autres croyants seraient morts martyrs à Madaure (M’daourouch), en Numidie, vers la même époque, mais les sources qui en parlent ne sont pas certaines. Les martyrs nord-africains les plus connus sont certainement ceux de Carthage, exécutés en 203, notamment Perpétue, une jeune femme noble de 22 ans, mère d’un enfant nouveau-né, et son esclave Félicité, qui était enceinte. Marcel, un centurion romain basé à Tingis (Tanger), est mort martyr dans cette ville en 298.

Vers la fin du 3° Siècle, donc avant la conversion de l’Empereur Constantin, alors que les chrétiens étaient encore régulièrement persécutés, le nouveau culte était déjà solidement établi dans tous les centres urbains d’Afrique romaine. Dans certaines villes, comme Carthage ou Cirta (Constantine), le christianisme était probablement majoritaire. D’une manière générale, plus une ville était éloignée de Carthage, moins la présence chrétienne y était forte. En Maurétanie tingitane, tout à l’Ouest, la foi chrétienne était assez bien établie à Volubilis, Tingis (Tanger) et Lixus (Larache), mais moins dans le reste de la province.

Il y avait également une présence chrétienne dans les tribus amazighes qui vivaient au-delà des frontières romaines, certainement sous l’influence de prédicateurs Romano-Amazighs qui sont retournés apporter le message à leur famille dans leur région d’origine.

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