Les Amazighs, les premiers Nord-Africains

Les premiers habitants d’Afrique du Nord : les Amazighs

Français – عربي – ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ – English

Les racines des premiers hommes qui ont habité notre région remontent à des milliers d’années. Originaires de la vallée du Nil, ils ont traversé le Nord du désert du Sahara et se sont installés dans la région située au Nord du continent africain, dont les vastes terres fertiles et bien irriguées offraient des pâturages en abondance pour eux et leurs troupeaux. Leur culture a très peu changé à travers les siècles : le mode de vie traditionnel de leurs descendants à notre époque ressemble toujours beaucoup à ce qu’on sait de celle de leurs lointains ancêtres.

Représentation d’un Amazigh de Libye, dans la tombe du Pharaon Séti 1er

La plupart de ces premiers Nord-Africains étaient des éleveurs nomades, qui vivaient sous tente et se déplaçaient au rythme des saisons avec leurs troupeaux de moutons et de chèvres. Avec le temps, certains se sont installés dans les plaines fertiles des régions montagneuses, où ils habitaient dans des maisons en pierre ou en terre, élevaient du bétail et cultivaient du blé, de l’orge et des oliviers. Partout, nomades ou sédentaires, ils vivaient au plus près de la nature.

Les hommes fabriquaient des outils de bois et de pierre, tandis que les femmes cousaient du tissu et faisaient de la poterie. Ensuite, ces ressources étaient échangées selon les besoins de chacun. Les métaux étaient réservés aux bijoux et l’argent inconnu.

Ils portaient des tuniques ornées de bandes rouges. Dans les climats plus froids, les tuniques étaient en laine, avec une capuche. Les hommes comme les femmes appréciaient beaucoup les bijoux, surtout en argent.

La base de leur alimentation était une épaisse semoule de blé ou d’orge : le seksou, qu’ils mangeaient avec du lait de chèvre ou de brebis.

Les familles vivaient ensemble, sous l’autorité du grand-père ou de l’aîné des oncles. Ils construisaient leurs villages sur le flanc des montagnes, pour pouvoir se défendre facilement en cas d’attaque. Les femmes fabriquaient des tapis, une autre activité emblématique, avec pour motifs les symboles des tribus.

Les tribus et villages formaient des alliances régionales, pour se protéger mutuellement ou attaquer des tribus rivales. Ces confédérations tribales étaient dirigées par une assemblée composée de tous les chefs de clan.

En vivant en contact si étroit avec la nature, ils ne pouvaient qu’être fascinés par les forces qui leur semblaient se cacher derrière la nature. Ils imaginaient le ciel comme la demeure du dieu soleil, parfois représenté comme un lion à la crinière étincelante. D’autres divinités influentes étaient Ayyur, la lune, et Gurzil, le tonnerre. Les rochers étaient la demeure des jnun, les esprits de la terre. Les rites saisonniers de la fertilité étaient censés garantir une bonne récolte et une bonne santé des troupeaux.

En même temps, la nature si belle pouvait aussi être terrifiante, d’où le besoin de se protéger contre les puissances spirituelles malfaisantes. Pour cela, ils portaient des amulettes, comme des ossements ou des coquillages, et avaient recours à des sortilèges. Le symbole de la main ouverte pour se protéger du mauvais œil remonte à bien avant l’islam.

Quel était le nom de ces premiers Nord-Africains ? Les Grecs, la civilisation la plus prestigieuse du bassin méditerranéen antique, les appelaient les Libyi. A d’autres moments, les populations autochtones d’Afrique du Nord, ou bien certaines tribus spécifiques, ont été appelés Massyles, Numides, Maures, Gétules ou Garamantes.

Plus tard, leurs nouveaux voisins Arabes les appelleront بربر, Berbères. Ce nom est dérivé du grec barbaroi, étrangers, qui a également donné « barbares » en français.

Eux-mêmes se désignaient sous le nom d’Amazigh, ou Imazighen au pluriel, ce qui signifie « hommes libres » dans leur langue. Ce nom, qui existe depuis des millénaires, était connu dans l’Antiquité et on en retrouve des variantes dans les textes d’autres peuples.

Le meilleur endroit pour découvrir davantage l’histoire et la culture amazighe est certainement le Musée Pierre Bergé des arts berbères, dans le Jardin Majorelle, à Marrakech, au Maroc, que nous recommandons à tous

Laisser un commentaire