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De Didon (Elissa), la légendaire reine fondatrice de Carthage, à Cléopâtre de Maurétanie et à Dihya (Kahina), la reine des Aurès, puis, plus récemment, de la reine almoravide Zeynab Nefzaouia à la corsaire de Tétouan Sayyida al-Hurra et à la résistante anticoloniale Lalla Fatma N’Soumer, les femmes ont toujours joué un rôle important dans l’histoire des peuples et des nations nord-africaines. Dans cet article, publié spécialement pour la Journée internationale des droits des femmes, nous découvrirons douze femmes qui ont marqué notre histoire.
Didon (Elissa) : la fondatrice de Carthage

Didon, ou Elissa, est la reine légendaire qui a fondé Carthage. Elle était la sœur du roi Pygmalion de Tyr, mariée à Acerbas (Zakarbaal), le grand-prêtre de la ville. Lorsque son frère a tué son mari, Didon et ses alliés ont fui la Phénicie et se sont établis en Afrique du Nord, où ils ont fondé Carthage. Article détaillé
Les Amazones lybiennes : un peuple de femmes guerrières
Les Amazones sont un peuple légendaire de femmes guerrières, qui vivait sur l’île d’Hespéra, dans le Lac Triton (probablement le Chott el-Jerid, en Tunisie actuelle). Leur société était entièrement féminine : elles ne rencontraient des hommes qu’occasionnellement, pour se reproduire, puis élevaient leurs filles selon leurs coutumes et tuaient les garçons. Les Amazones apparaissent souvent dans la mythologie grecque. Article détaillé
La mère de Massinissa : reine et prophétesse
Les légendes amazighes contiennent une abondance de récits de femmes capables de prédire l’avenir, de cheffes charismatiques dotées d’une puissante baraka, de figures maternelles qui protègent leur peuple et le guident vers la liberté. La mère de Massinissa, le plus grand des anciens rois de Numidie, était une telle reine-prophétesse, qui a prédit le glorieux destin de son fils dès avant sa naissance. Article détaillé
Sophonisbe : la reine sacrifiée

Sophonisbe, la fille d’un influent général carthaginois, était fiancée au prince numide Massinissa. Lorsque Massinissa a fait alliance avec les Romains, les Carthaginois ont donné Sophonisbe en mariage à Syphax, le roi d’une tribu numide rivale. Le cœur de Massinissa était cependant toujours attaché à sa fiancée : après sa victoire, il retrouve Sophonisbe et l’épouse. Lorsque les Romains exigent qu’elle soit faite prisonnière et amenée à Rome pour leur triomphe, préférant la mort au déshonneur, elle boit une coupe empoisonnée, reçue des mains de son bien-aimé Massinissa. Article détaillé
Arétaphile : la libératrice de Cyrène
Au 1° Siècle avant notre ère, un tyran du nom de Nicocrate prend le pouvoir à Cyrène et brutalise la population. Arétaphile, une femme de la ville, est contrainte de l’épouser, après qu’il ait tué son premier mari. Arétaphile se bat toute sa vie pour libérer son peuple de la violence du tyran Nicocrate, puis de son frère Léandre, qui lui succède. Dans le monde antique, Arétaphile était considérée comme un modèle de femme vertueuse, à cause de sa lutte courageuse pour la liberté de ses concitoyens. Article détaillé
Cléopâtre et Cléopâtre Séléné : reines d’Egypte et de Maurétanie

Cléopâtre, la dernière héritière de la glorieuse dynastie des Ptolémée d’Alexandrie, a consacré sa vie à préserver la souveraineté de sa patrie, l’Egypte, face aux grandes puissances du bassin méditerranéen. Elle a mené une armée au combat contre son propre frère, qui lui contestait le trône. Habile négociatrice, elle parlait neuf langues couramment et entretenait des relations diplomatiques avec tous les souverains de son époque, dont Jules César, avec qui elle a eu un enfant.
Sa fille Cléopâtre Séléné épousera le roi Juba II de Maurétanie. En tant que reine de Maurétanie, elle s’attache à faire revivre l’héritage de sa patrie maternelle dans sa nouvelle capitale, Césarée (Cherchell). Elle fait notamment construire un phare, sur le modèle de celui d’Alexandrie, dans le port de Césarée, ainsi que beaucoup de temples consacrés à des divinités romaines et égyptiennes. Article détaillé
Perpétue et Félicité : les martyrs chrétiennes de Carthage

Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, alors que l’Afrique du Nord s’est avérée être un terrain très fertile pour la nouvelle religion, un grand nombre de chrétiens nord-africains, persécutés par les autorités romaines, ont payé leur foi de leur vie. A Carthage, Perpétue, une jeune femme noble de 22 ans, mère d’un enfant nouveau-né, a été mise à mort en même temps que son esclave Félicité, qui était enceinte. Parce qu’elles ont choisi de demeurer fidèles à leur foi jusqu’à la mort, elles ont été dévorées par les animaux sauvages dans l’arène. L’auteur chrétien carthaginois Tertullien écrira à leur sujet : « Le sang des martyrs est la semence de l’Eglise. » Article détaillé
Tin Hinan : la reine des Touaregs

Tin Hinan, la reine légendaire des Touaregs, a vécu au 4° Siècle. Son nom peut être traduit par « mère de nous tous ». D’après les légendes touarègues, c’était une princesse fugitive, dont la caravane a failli mourir de faim dans le désert, jusqu’à ce qu’elle trouve du grain dans des fourmilières. Ses enfants sont devenus les ancêtres des Touaregs. Le tombeau de Tin Hinan, découvert en 1925, se trouve dans l’oasis d’Abalessa, dans les montagnes du Hoggar, au Sud de l’Algérie. Article détaillé
Monique : la prière d’une mère

Monique, la mère d’Augustin d’Hippone, était une femme amazighe de Thagaste (Souk Ahras) et une chrétienne fervente, alors que son mari Patricius était un païen d’origine romaine. Lorsque son fils, pris par les passions de la jeunesse, fait de mauvais choix de vie, elle demeure à ses côtés et continue à prier sans relâche, souvent en pleurant, pour qu’il retrouve le droit chemin. Sa persévérance sera récompensée : Augustin, le « fils de ses larmes », deviendra l’évêque d’Hippone (Annaba) et le théologien le plus influent de l’Eglise romaine. Après la mort de sa mère, il parlera toujours d’elle avec une grande tendresse. Article détaillé
Cyria : la guerrière amazighe

Au 4° Siècle, Firmus, le chef de la tribu amazighe des Jubaleni (Zouaoua), qui vit en Kabylie actuelle, se proclame Empereur d’Afrique et se rebelle contre les Romains. Sa sœur Cyria mène son armée au combat. Pendant cinq ans, cette intrépide guerrière tient tête aux légions romaines, digne prédécesseure des autres héroïnes amazighes, de Dihya à Lalla Fatma N’Soumer, qui se sont battues pour la liberté de leur peuple et de la terre de leurs ancêtres. Article détaillé (à venir)
Hypatie : la dernière philosophe d’Alexandrie

Hypatie d’Alexandrie est une philosophe néoplatonicienne, mathématicienne et astronome du 4°-5° Siècle, qui dirigeait l’école néoplatonicienne d’Alexandrie. Elle était païenne, mais a eu beaucoup d’étudiants chrétiens, dont de futurs évêques. Réputée pour son savoir, elle était respectée de tous pour sa sagesse. Elle a même servi comme conseillère du gouverneur d’Alexandrie. Malheureusement, victime d’intrigues politiciennes, elle a été mise à mort par une foule furieuse en mars 415. Article détaillé (à venir)
Dihya (Kahina) : la dernière reine amazighe libre

Dihya, appelée Kahina (« prêtresse » ou « voyante ») par les Arabes, était la reine des Aurès et la dernière meneuse de la résistance amazighe contre les envahisseurs arabes. L’histoire de cette femme, qui a unifié les tribus amazighes et tenu tête aux troupes du califat pendant quinze ans, est tellement enrobée de légende que le fond historique est difficile à déterminer, mais son existence réelle ne fait aucun doute. Elle a finalement été vaincue par le commandant omeyyade Hassan ibn Numan, à la Bataille de Tabarka. Article détaillé (à venir)