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Juba II, roi de Maurétanie de -25 à 23, est un des rois les plus érudits de son époque. Il a écrit plusieurs livres sur l’histoire, les sciences naturelles, la géographie, la grammaire et l’art.

Tous les ouvrages de Juba II sont perdus, mais une centaine de citations ont été conservées. La plupart de ces citations sont dans l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien, qui le mentionne 65 fois comme une autorité. D’autres auteurs qui citent Juba II sont Plutarque, Athénée de Naucratis, le médecin Galien et Dioscoride, le « père de la pharmacie ».
Une dizaine de livres de Juba II sont connus. Un des principaux semble être ses Όμοιότητες (Ressemblances), une comparaison entre les institutions grecques et romaines.

Euphorbe, le médecin de cour de Juba II, d’origine grecque, a découvert qu’une plante des montagnes de l’Atlas a un puissant effet laxatif. En -12, l’Empereur romain Auguste construit une statue dédiée à Antonius Musa, son médecin de cour et le frère d’Euphorbe. Juba II réagit en donnant à la plante découverte par Euphorbe le nom d’Euphorbia. Il écrit ensuite un pamphlet sur cette plante, décrivant ses usage médicaux.
Avant (ou après) son expédition en Arabie avec le prince romain Caius César, Juba II écrit un traité De l’Arabie, sur la géographie de la région et les coutumes des Arabes. Il dédie ce livre au jeune prince Caius. Les sources romaines affirment qu’il a écrit ce traité avant l’expédition, pour préparer Caius à sa rencontre avec les Arabes, mais les historiens modernes pensent plutôt qu’il s’est servi des informations récoltées pendant l’expédition pour écrire. Cet ouvrage, le seul que Juba II a écrit en latin, a connu un grand succès à Rome et a beaucoup contribué à la fascination des Romains pour l’Arabie.

Juba II a écrit d’autres ouvrages du même genre, sur d’autres régions du monde : Libyca, en trois livres, sur l’histoire, la géographie et les coutumes de l’Afrique du Nord, et De l’Assyrie, en deux livres, sur les régions orientales de l’Empire. Il a écrit aussi deux livres consacrés à l’archéologie romaine. Par ailleurs, il a traduit en latin le Périple du navigateur carthaginois Hannon.
Enfin, il a écrit un ouvrage De la peinture, en huit livres, une Histoire du théâtre, en dix-sept livres, et une livre d’Epigrammes, cité par Athénée de Naucratis.
Juba II aurait écrit aussi des pièces de théâtre, mais aucun titre ni citation n’est connu.
Juba II a organisé une expédition, au départ du port de Mogador (Essaouira), pour explorer les Îles Canaries. C’est lui qui a donné à ces îles le nom de Canaries (Canarius, de canis, chien), à cause des chiens féroces qu’il y a trouvés.
Le sophiste grec Philostrate, qui écrit 200 ans après la mort de Juba II, rapporte l’anecdote suivante : « Et j’ai lu dans le discours de Juba que les éléphants se viennent en aide les uns aux autres lorsqu’ils sont chassés, et qu’ils défendent leur congénère épuisé, et s’ils peuvent l’écarter du danger, ils oignent ses plaies des larmes de l’arbre à aloès et se tiennent autour de lui comme des médecins. »
La réputation de Juba II était telle qu’un monument a été construit en son honneur dans le Gymnase de Ptolémée, à Athènes (dont les ruines sont visibles sur l’image de couverture de cet article).

Pour conclure, on peut mentionner que plusieurs espèces de plantes ont été nommées en l’honneur de Juba II. Le biologiste Carl von Linné a appelé Euphorbia le genre entier dont fait partie la plante à laquelle Juba II a donné ce nom en l’honneur de son médecin. Une autre plante du même genre s’appelle Euphorbia regis-jubae (euphorbe du roi Juba). Enfin, plusieurs variétés de palmiers, qu’on trouve dans les Îles Canaries, en Afrique du Sud ou au Chili, s’appellent Jubaea ou d’autres noms apparentés.
