Les Juifs en Afrique du Nord

Les Juifs troglodytes du désert libyen

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Depuis l’Antiquité, des communautés juives installées dans le désert vivaient une vie entièrement souterraine : leurs maisons, et même leurs synagogues, sont des grottes creusées ! Les plus connus sont ceux du plateau de Gharyan, à l’Ouest de la Libye, appelés djebalia dans le dialecte local.

L’existence de Juifs troglodytes est attestée depuis l’Antiquité : ils sont mentionnés par l’historien juif Flavius Josèphe. De telles communautés ont vécu pendant des siècles dans les régions désertiques de la Libye, de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc actuels. Les seules qui ont survécu jusqu’à l’ère moderne sont celles de Gharyan et, dans une moindre mesure, celles des monts de Matmata, en Tunisie.

La description la plus détaillée de la vie des communautés juives troglodytes du Gharyan est celle de l’archéologue Nahum Slouschz, en 1906. Leur habitat souterrain était centré sur une cour, qui servait d’étable, d’atelier pour les artisans et de cuisine. Les logements individuels sont des compartiments creusés dans les murs de ces cours. Même les synagogues sont construites sous la terre, seuls les cimetières sont en surface.

Comme les Juifs du Mzab, les Juifs de Gharyan étaient arabophones dans une région largement amazighophone.

Après l’invasion de Tripoli par l’Espagne, en 1510, 800 Juifs de Tripoli ont fui à Gharyan et dans les environs. Au cours des siècles suivants, beaucoup de Juifs de Gharyan ont migré vers Tripoli, les autres villes côtières libyennes et Gabès, en Tunisie. Au début du 20° Siècle, il y avait encore entre 2000 et 2500 Juifs dans le Jebel Nefoussa. Comme les autres Juifs libyens, ils ont émigré au cours du 20° Siècle.

Certains noms de famille courants dans la communauté juive nord-africaine, comme Fitoussi, Gallula, Ankri, Magaïdes, Sitruk, Djebali, Gharyani ou Sroussi, correspondent à des toponymes du Jebel Nefoussa. Cela montre que ces familles ont des origines nefoussies.

Aujourd’hui, les communautés juives troglodytes n’existent plus. Certaines de leurs grottes sont louées comme gîtes touristiques par les habitants de la région.

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