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L’ancienne ville punique de Tingis, annexée par le Royaume de Maurétanie après la deuxième guerre punique, a longtemps gardé une large autonomie, continuant notamment à frapper sa propre monnaie avec des inscriptions puniques. Vers la fin du règne de Bocchus Ier de Maurétanie, des chefs locaux, Iephtas, puis son fils Ascalis, ont pris le contrôle de la région de Tanger.

Bocchus Ier, le roi de Maurétanie connu surtout pour sa participation à la guerre de Jugurtha, est mort vers 80 avant notre ère. Son fils Mastanesosus, qui lui succède, est très peu connu… ce qui pourrait être un indice montrant qu’il n’exerçait qu’un contrôle limité sur son royaume.
En effet, on sait par l’historien romain Salluste que, vers l’époque de la mort de Bocchus Ier, un royaume indépendant de Tingis a émergé. Son premier roi est Iephtas, succédé par son fils Ascalis. Ils contrôlaient probablement la côte africaine du détroit de Gibraltar. Leur capitale était Tingis (Tanger).
Dans le passé, on pensait que Iephtas et Ascalis étaient apparentés à la dynastie royale maurétanienne. Entretemps, on sait qu’il s’agit plutôt de chefs de tribu locaux du Rif. En tout cas, leurs noms montrent qu’ils étaient d’origine amazighe et non punique.
Salluste rapporte qu’Ascalis a été vaincu par le général romain Quintus Sertorius, un ancien partisan de Marius dans la guerre civile de Sylla, devenu gouverneur d’Hispanie. Sertorius a restauré l’autorité du roi de Maurétanie sur la région de Tanger.
