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Le philosophe Aristippe de Cyrène, à l’origine un disciple du grand philosophe athénien Socrate, a ensuite fondé sa propre école de philosophie, dans sa ville natale. Cette école philosophique, connue comme l’école cyrénaïque, enseignait que le seul bien auquel nous devons aspirer dans la vie est le plaisir.

Aristippe, le fondateur de cette école philosophique, est né à Cyrène, vers 435 avant notre ère. Venu en Grèce pour voir les Jeux Olympiques, il a rencontré Socrate à Athènes et est devenu son disciple. Sa philosophie s’est cependant rapidement éloignée de celle de Socrate, notamment à cause de son intérêt pour le plaisir. Alors, il est parti à Syracuse, où il a vécu une vie de luxe et de sensualité, à la cour du roi Denys de Syracuse. Plus tard, il est retourné à Cyrène, où il a fondé son école de philosophie.
La doctrine philosophique d’Aristippe est centrée sur la quête du plaisir : pour lui, le sens de la vie consiste à non seulement à éviter la souffrance, comme l’enseignent d’autres écoles philosophiques, mais à rechercher activement le plaisir, sous toutes ses formes, mais surtout le plaisir physique, considéré comme plus intense et durable. Il ne s’agit cependant pas d’un hédonisme sans morale : Aristippe reconnaît l’importance de respecter les conventions sociales et affirme qu’un comportement altruiste peut aussi être source de plaisir. Contrairement à Socrate, qui pense que le bien suprême est la vertu, tandis que le plaisir qu’on en tire n’est que secondaire, pour Aristippe, le plaisir doit être l’objectif premier, même d’un comportement vertueux. Aristippe insiste aussi sur l’importance de ne pas laisser l’objet de notre plaisir dominer nos sens, ce qui détruirait le plaisir qu’on en tire, mais de toujours demeurer maîtres de nous-mêmes, selon sa devise : « Je possède, je ne suis pas possédé. »
Aristippe était aussi le premier disciple de Socrate qui acceptait d’être payé pour ses leçons de philosophie, un choix que Socrate condamnait absolument. Pour cette raison, ainsi que pour sa doctrine, les autres disciples de Socrate l’ont beaucoup critiqué, l’accusant de trahir la pensée de leur maître.
Après la mort d’Aristippe, sa fille Arété lui a succédé à la tête de son école de philosophie. Son petit-fils, Aristippe le Jeune, a formalisé la doctrine philosophique cyrénaïque.
Aucun écrit des philosophes cyrénéens n’a été conservé, leur pensée est connue uniquement par d’autres auteurs plus tardifs.
La philosophie cyrénaïque est tombée en désuétude au 3° Siècle, supplantée par l’épicurisme, une autre doctrine philosophique également d’inspiration hédoniste.
